Quelles interventions au Proche et Moyen-Orient ?

Quelles interventions au Proche et Moyen-Orient ?

Comment agir en Syrie, au Liban et en Irak ? Trois associations présentent leurs projets menés dans des contextes extrêmement difficiles : L’Œuvre d’Orient, Care et Fraternité en Irak. Au-delà de l’aide alimentaire et sanitaire d’urgence, l’éducation et la réconciliation entre communautés sont au cœur de la reconstruction.

Visoconférence le 15 avril 2021

“En Syrie, les communautés chrétiennes et musulmanes ont la volonté de reconstruire le pays ensemble.”

Pierre Sabatié-Garat, président de L’Œuvre d’Orient

Née en 1856, L’Œuvre d’Orient vient en aide aux communautés chrétiennes locales. Elle est présente dans 24 pays au Moyen-Orient, en Afrique de l’Est, en Inde et en Europe de l’Est.

Au-delà de l’aide alimentaire et sanitaire d’urgence, L’Œuvre d’Orient agit pour que ces communautés puissent rester chez elles et que leur place soit reconnue dans les sociétés locales. Ses actions se focalisent sur

  • l’éducation et la formation professionnelle,
  • la santé et l’action sociale,
  • le soutien à la vie des communautés : églises et patrimoine culturel.
Quelles actions sont menées actuellement en Syrie ?

Nous avons commencé à reconstruire les maisons, les écoles, les dispensaires. Nous avons rouvert des écoles, des centres de formation professionnelle, des centres pour personnes handicapées et personnes âgées. Nous soutenons 2 initiatives locales remarquables :

  • proposer à des jeunes une formation complémentaire d’un an, très concrète, pour les aider à entrer dans la vie active ;
  • aider de petits entrepreneurs à lancer des micro-activités professionnelles au sein de “hope centers, qui leur procurent un accompagnement financier et administratif.

Ces initiatives donnent de l’espoir aux gens pour reconstruire. Sous les bombes, les communautés chrétiennes et musulmanes ont appris à se connaître et ont la volonté de reconstruire le pays ensemble.

“Je rends hommage à l’accueil des Libanais vis-à-vis des Syriens.”

Philippe Lévêque, directeur de Care France

Fondée en 1945, l’ONG internationale Care est l’un des plus grands réseaux d’aide humanitaire au monde. 

Care a pour mission de lutter contre la pauvreté et de défendre l’accès aux droits fondamentaux, notamment des femmes et des filles. Les projets sont menés à partir des demandes des communautés : santé, éducation, développement économique… Nous travaillons à développer les compétences locales pour leur passer le relais.

Aide d’urgence au Liban

Il y a actuellement environ un million de réfugiés syriens au Liban, sur une population de 4 millions d’habitants. Les Libanais ont ouvert leurs écoles : je rends hommage à leur accueil vis-à-vis des Syriens.

Depuis la pandémie, nous avons par exemple soutenu des femmes qui fabriquent des masques artisanaux, du gel, nous avons formé aux gestes barrières dans les zones rurales…

 

Nos équipes au Syrie et Liban sont dans un épuisement total, il est très difficile de les remplacer. Elles sont dans un grand isolement sur le terrain. Il est très compliqué d’envoyer des fonds car les banques sont dans un délire bureaucratique à cause de règles de conformité.

Nous apportons une aide d’urgence par la distribution de nourriture. Au départ, nous disposions de 20 000 € puis des fondations nous ont soutenus. Nous démarrons également un très gros projet d’agriculture dans la plaine de la Bekaa et au nord car les paysans ratent les saisons agricoles.

 


 

“Nous soutenons les minorités pour qu’elles jouent un rôle positif et apaisant pour la majorité.”

Faraj-Benoît Camurat, fondateur et directeur général 

Né en 2011, Fraternité en Irak a pour mission d’aider les chrétiens et les autres minorités de ce pays à vivre dignement chez eux.

Les chrétiens sont très reconnus en Irak pour la qualité de leurs écoles. Nous les avons aidé à construire une école à Kirkouk, qui accueille les enfants de toutes les communautés ; une école a également été ouverte à Bessorah et deux écoles pour les enfants yezidis déplacés. Les écoles ont été fermées presque un an à cause du coronavirus.

Nous soutenons les minorités afin qu’elles jouent un rôle positif et apaisant pour la majorité. Comment revivre ensemble dans la plaine de Ninive, alors que certains de vos voisins ont soutenu Daech ? La réconciliation ne se décrète pas, elle doit se vivre. Dans cet objectif, nous soutenons l’hôpital de Qaraqosh, dont les cadres sont principalement chrétiens, qui accueille tous les malades sans distinction. Nous soutenons aussi l’hôpital Saint-Raphaël de Bagdad. Un tiers des patients de cet hôpital, de toutes les communautés, sont soignés gratuitement.

Nous avons coconstruit notre programme de relance économique avec la fondation AnBer. Des microentrepreneurs reçoivent une somme pour lancer leur activité, composée à 80 % de prêts à taux 0 et à 20 % de dons. Nous avons aidé à recréer 366 emplois dans la plaine de Ninive, plus d’une centaine de petites entreprises dans le bâtiment, les services, l’agriculture.

La réconciliation est au cœur du sujet : se côtoyer, avoir à nouveau des échanges entre communautés.

Guillaume Poitrinal : “La Fondation du Patrimoine est déjà intervenue dans plus d’une commune sur deux en France”

Guillaume Poitrinal :

“La Fondation du Patrimoine est déjà intervenue dans plus d’une commune sur deux en France”

Visioconférence le 29 mars 2021

L’incendie de Notre-Dame a mis en lumière la Fondation du Patrimoine, qui a recueilli les deux tiers des fonds collectés : c’est le plus grand mouvement de philanthropie jamais connu. Mais la Fondation organise actuellement 1700 collectes sur son site Internet pour restaurer un patrimoine non classé certes moins prestigieux, mais qui contribue à la fierté locale et à l’attractivité du territoire. Guillaume Poitrinal, président de la Fondation du Patrimoine, nous présente ses actions et ses enjeux actuels.

La Fondation du Patrimoine a sauvé le magnifique théâtre à l’italienne de ma ville natale, Châtellerault, qui était resté fermé pendant 15 ans. C’est ainsi que j’ai découvert cette formidable institution, créée par Jacque Chirac en 1996. Auparavant, aucune institution ne prenait en charge le patrimoine vernaculaire, non classé, de nos campagnes.

Les fondateurs sont des grandes entreprises du CAC40. La Fondation rassemble 70 salariés et un réseau de 700 bénévoles à travers toute la France. Bien que de caractère privé, ses statuts sont inscrits dans une loi de 1996.

Deux modes d’action
  • Délivrer des labels pour que les propriétaires puissent déduire de leurs impôts les travaux qu’ils réalisent sur des monuments non classés d’intérêt patrimonial.
  • Organiser des collectes de fonds : 1700 collectes pour le patrimoine sont ouvertes sur le site de la Fondation. Nous menons ces collectes en partenariat avec de petites associations ou fondations qui nous demandent de l’aide. La Fondation du Patrimoine participe et attire d’autres donateurs, publics et privés.

Les bâtiments à restaurer sont des églises, moulins, théâtres, ponts, vieilles locomotives, vieux avions, maisons d’auteurs (Victor Hugo à Guernesey)…, ainsi que le patrimoine naturel et industriel.

Nous sauvons 120 bâtiments par an mais recevons 3000 dossiers : les besoins sont énormes.

Nos enjeux actuels
  • Recruter des bénévoles : la Fondation est déjà intervenue dans plus d’une commune sur deux en France. Les bénévoles de terrain sont essentiels, qui montent une association pour sauver un patrimoine local et bénéficient de l’aide de la Fondation pour y parvenir. Pour diversifier les profils, nous cherchons actuellement des bénévoles plutôt féminins en activité. Il faut savoir que le National Trust en Angleterre, équivalent de la Fondation du Patrimoine, rassemble 30 000 bénévoles.
  • Etre plus présents sur le numérique, les réseaux sociaux.
Un budget en forte croissance

Le budget de la fondation s’élevait à 30 millions € en 2017. Je me suis donné pour objectif de le doubler en 4 ans. La Fondation est affectataire des successions en déshérence, qui sont en diminution. Nous recevons des legs, donations et mécénats d’entreprise. Nos ressources ont été diversifiées : le loto du Patrimoine est un tirage supplémentaire du loto, qui fonctionne bien, ainsi que des jeux de grattage. 18 sites sont retenus pour l’édition de 2021.

La collecte après l’incendie de Notre-Dame nous a permis de progresser. Nous pouvons être plus efficaces dans la gestion des collectes et la fidélisation des donateurs. Les dons que nous recevons s’étendent de 50 centimes à 100 millions €. Mais la crise sanitaire à réduit de 20 % nos ressources en 2020.

Guillaume Poitrinal est chef d’entreprise. Il a débuté sa carrière chez Morgan Stanley avant de rejoindre Unibail-Rodemco qu’il dirige de 2005 à 2013. Il démissionne pour créer Woodeum puis WO2, deux promoteurs immobiliers spécialisés dans la construction bas carbone et le bois. Dans le même temps il lance le fonds d’investissement ICAMAP, spécialisé dans l’immobilier bas carbone. Il est président de la Fondation du Patrimoine depuis 2017 ; son mandat vient d’être renouvelé pour 4 ans.

Quelle place donnez-vous à l’inclusion sociale dans les projets de restauration du patrimoine ? 

Je crois à la collaboration public-privé : les DRAC (Directions régionales de l’Action culturelle) nous apportent beaucoup de dossiers. Le secteur public ne veut pas intervenir sur des bâtiments privés, dont la restauration bénéficie à un individu ou à une entreprise. Il faut se prendre en mains et arrêter de tout attendre de l’Etat ! Le sujet du patrimoine s’y prête bien.

Solitudes : comment recréer du lien social ?

Solitudes : comment recréer du lien social ? 

7 millions de personnes souffrent d’isolement relationnel en 2020, soit 13 % des Français. Le nombre de personnes isolées augmente chaque année et comprend de plus en plus de jeunes. La pandémie accroît la précarité, l’une des principales causes de l’isolement. Depuis 2010, l’Observatoire de la Fondation de France conduit une étude annuelle sur les solitudes en France : Laurence de Nervaux, responsable de l’Observatoire, analyse les résultats de l’édition 2020. 3 associations présentent leurs actions pour lutter contre l’isolement dans toute la population (Astrée) ou chez des cibles spécifiques comme les agriculteurs (Solidarité Paysans) ou les adolescents (Maison des Adolescents).

Visoconférence animée par Cyril Maury, fondateur du fonds de dotation Après-Demain, vice-président d’Un Esprit de Famille

Laurence de Nervaux, responsable de l’Observatoire de la Philanthropie à la Fondation de France

Depuis 10 ans, l’Observatoire de la Fondation de France publie une étude annuelle sur les solitudes. Ces études mesurent “l’isolement relationnel objectif”, qui diffère du sentiment de solitude : elles se concentrent sur les contacts des personnes de visu à travers 5 grands réseaux : la famille, les amis, les voisins, les collègues de travail et les activités associatives. Ces critères sont actuellement challengés par la pandémie.

Notre dernière étude relate une enquête sur le terrain réalisée sur 3000 personnes en janvier 2020, donc avant la pandémie.

  • L’isolement relationnel progresse fortement : 7 millions de personnes sont concernées, soit 14 % des Français en 2020 (10 % en 2010).
  • Les personnes âgées sont les plus concernées : 1 sur 3 est isolée.
  • La situation des jeunes est préoccupante : 13 % des jeunes sont en isolement relationnel en 2020, contre 2 % en 2010.
  • 22 % des Français n’ont qu’un seul réseau de sociabilité, le réseau amical étant le plus stable. Le réseau familial progresse, les réseaux de voisinage et associatif s’affaiblissent chaque année.

Les facteurs aggravants

  • La précarité mais les personnes qui disposent de hauts revenus sont désormais concernées : de 6 à 11 % de 2016 à 2020.
  • La santé : les malades limitent leurs contacts, notamment de peur d’être un poids pour leurs proches.
  • L’horizon de mobilité a un lien très direct avec l’isolement relationnel. Il se réduit à cause contraintes financières, de contraintes de santé, du temps de travail.

Quelles sont incidences de la crise du Covid sur l’isolement ?

Une enquête a été menée en mai et juin 2020, puis en janvier 2021.

  • Les personnes isolées ont moins mal vécu le premier confinement, le poids de la solitude étant partagé par tous. Le premier confinement a généré un sursaut de solidarité qu’il faut faire durer.
  • Comme la précarité augmente, l‘isolement, qui lui est fortement lié, augmente.
  • La communication à distance ne remplace pas la sociabilité de visu. Les personnes qui ont une forte sociabilité basculent plus facilement dans la communication à distance.
  • L’accoutumance à la restriction des liens sociaux peut générer une peur de l’autre : moins on se voit, moins on se fait confiance.
  • La distanciation sociale supprime les contacts intermédiaires : ainsi elle amoindrit notre capacité d’empathie et c’est une menace pour la cohésion sociale.
Astrée : rompre la solitude à tous les âges

Djelloul Belbachir, délégué général de l’assocation Astrée

Depuis plus de 30 ans, Astrée se donne pour mission de rompre l’isolement à tous les âges de la vie. On parle souvent du sentiment de solitude des personnes âgées mais les plus jeunes sont largement concernés.

Nous intervenons grâce à notre expertise de l’écoute personnalisée et de l’accompagnement relationnel. 700 bénévoles d’Astrée agissent dans 21 villes en France. Ils sont formés à l’écoute et s’engagent à suivre des groupes de régulation tous les mois pour débriefer des situations qu’ils rencontrent.

Astrée agit dans 3 directions :

  • Accompagner des adultes : le même bénévole accompagne la même personne dans la durée, 1 h 30 à 2 h par semaine. Les bénévoles deviennent des personnes de confiance. Les personnes accompagnées ont en moyenne 49 ans : 75 % sont des femmes, 86 % vivent seules et 60 % sont inactives. La solitude a des conséquences sociales et sanitaires : par exemple, 43 % des personnes qui se sentent seules consomment des psychotropes, contre 11 % pour l’ensemble de la population.
  • Accompagner 3000 jeunes :
    • Collégiens : “Attentifs aux autres” est notre programme de soutien par les pairs ; l’accent est mis sur l’accueil en 6è car cette transition est délicate.
    • Lycéens : des professeurs sont formés pour mettre en place des points d’écoute pour les jeunes.
    • Etudiants : nous favorisons la mise en relation de jeunes qui n’ont pas bénéficié d’intégration pendant la crise du Covid.
  • Faire avancer la cause : le sujet de la solitude est mal connu. Il faut briser le tabou : Les deux tiers des personnes qui vivent dans la solitude n’osent pas en parler. Nous avons lancé la journée nationale des solitudes le 23 janvier, notamment avec des spots télévisés qui ont un gros impact. Nous avons créé un kit de sensibilisation pour que chacun puisse agir à son échelle.
Solidarité Paysans : combattre l'isolement de familles d'agriculteurs et les soutenir pour résoudre leurs difficultés

Elisabeth Chambry, directrice de l’association Solidarité Paysans de Bretagne

Lutter contre l’isolement est un axe de travail important de notre association : il est prépondérant dans les difficultés que rencontrent les paysans que nous accompagnons. Solidarité Paysans de Bretagne fait partie du réseau Solidarité Paysans qui comprend 30 associations régionales.

En Bretagne, nous accompagnons chaque année 350 familles rurales, dont beaucoup de producteurs de lait : c’est un métier très prenant et difficile.

Les personnes en difficulté nous appellent, souvent pour une urgence, comme un huissier qui arrive. Nous gérons l’urgence puis déployons une approche globale. Plusieurs rencontres sont nécessaires pour établir un diagnostic partagé puis coconstruire un plan d’actions. Nous aidons les personnes dans les démarches, notamment administratives, qui peuvent être très lourdes.

Nous visons aussi une aide à la personne, affaiblie par des années de difficultés. Agriculteur est la profession qui connaît le plus fort taux de suicide. Nous aidons la personne à se reconstruire intérieurement et extérieurement pour qu’elle se mobilise dans l’objectif du redressement. Les accompagnements peuvent s’étaler sur plusieurs années.

Une famille est accompagnée par un salarié en binôme avec un bénévole qui a un rôle de pair – l’association compte 10 salariés et 120 bénévoles. Il y a aussi un portage collectif car les problématiques sont complexes et transverses : par exemple, la comptabilité n’est plus tenue, ce qui coupe également les droits sociaux et les crédits.

Quelles sont les causes des difficultés ? Les problèmes de santé sont une cause majeure. Également des problèmes de structures d’exploitation, familiaux, de financement…

Les partenaires de nos accompagnements sont les travailleurs sociaux, les services des conseils départementaux, la fondation Abbé Pierre pour le logement, diverses organisations agricoles…

Les freins rencontrés sont l’isolement et le manque d’information, le déni de la situation, la perte de confiance et de mobilisation, la peur d’être jugé.

Maisons des Adolescents : écouter et accompagner les jeunes en difficulté

Delphine Rideau, directrice de la Maison des Ados de Strasbourg et secrétaire générale de l’Association Nationale Maisons de Adolescents

110 Maisons des Adolescents existent en France depuis 2000 : ce sont des lieux d’écoute et d’accompagnement des jeunes de 11 à 25 ans, ainsi que de leurs familles et leurs proches. La deuxième cause de mortalité chez les adolescents est le suicide. Des ruptures de période sont difficiles à gérer, comme l’entrée en 6è et en 2è.

Les équipes des Maisons des Ados sont pluridisciplinaires, rassemblant professions médicales, paramédicales et travailleurs sociaux.

  • Le socle de l’activité est d’accueillir et accompagner par des entretiens individuels ; ils sont gratuits, sans formalité administrative, avec ou sans rendez-vous. L’anonymat est possible. La radicalisation est une tentation notamment quand on n’est pas écouté.
  • Les entretiens individuels, mais aussi des ateliers artistiques, sportifs ou culturels aident à exprimer des souffrances. Le cirque, le théâtre ou la photographie ont une composante thérapeutique.
  • Le troisième mode d’intervention en cours de développement est la mobilité, pour aller vers les jeunes. Beaucoup d’antennes existent dans des villes secondaires.
  • Un quatrième mode d’intervention est en développement sur les territoires numériques. C’est un formidable outil pour nous contacter de façon anonyme et entretenir des relations avec des jeunes qui vivent dans des zones rurales, entre des rendez-vous physiques.

Nous intervenons de plus en plus en milieu scolaire pour la prévention primaire : sexualité, addictions, famille, scolarité, thème particulièrement sensible depuis la crise sanitaire. Les jeunes ont beaucoup de difficultés à rester investis dans leur parcours scolaire, les décrochages sont difficiles à vivre pour eux et leur famille.

Notre projet des ambassadeurs de La Maison des Ados de Strasbourg est soutenu par la Fondation de France : des étudiants en travail social ou psychologie sont ambassadeurs de la Maison des Ados sur les réseaux sociaux, dans la logique des pairs aidants.

Brik’école est un projet de solidarité pour les décrocheurs scolaires. Il n’existe pas de solution pour des grands décrocheurs dans l’Education Nationale. Nous avons un projet de scolarité adaptée, avec ateliers et soins.

Le réseau VIRAGE prévient la radicalisation de jeunes isolés et décrocheurs qui sont des proies pour les mouvements idéologiques radicaux et parfois violents. Le transgénérationnel est un bon outil de prévention et de prise en charge des jeunes en dérive radicale : l’échange avec des personnes de la génération des grands-parents est souvent plus porteur qu’avec la génération des parents.

La solitude est un phénomène lié à l’évolution des sociétés occidentales : individualisation des modes de vie, défiance envers les institutions, développement des sociabilités virtuelles… Les pays du Sud de l’Europe connaissent plus de sociabilité familiale qui sont des réseaux très résilients, pour toute la vie.

Sortir les jeunes de la pauvreté par la Dotation d’Action Territoriale

Sortir les jeunes de la pauvreté :
la Dotation d’Action Territoriale

Visioconférence le 8 mars 2021

“Je crois profondément au déterminisme social mais je crois aussi profondément en la force de l’humain” (pour sortir de ce déterminisme). Dans cet état d’esprit, Bruno Lajara a fondé l’Envol, l’une des associations “pépites” soutenues par la fondation Break Poverty. Break Poverty a créé le dispositif de Dotation d’Action Territoriale (DAT) pour identifier et soutenir les associations les plus pertinentes qui luttent pour “un monde où les enfants pauvres ne deviennent pas des adultes pauvres.”
Les acteurs de la DAT qui s’expriment dans cette table ronde montrent comment Break Poverty façonne des alliances territoriales avec les entreprises, les pouvoirs publics et les associations pour lutter plus efficacement contre la pauvreté.

Denis Metzger, président fondateur de Break Poverty Foundation : la France est l’avant-dernier pays de l’OCDE en matière d’égalité des chances, c’est un drame national. Je trouvais qu’il y avait un déficit d’analyse de la cause de ce problème : c’est pourquoi, avec des amis, nous avons créé Break Poverty Foundation en 2017. Break Poverty est un think tank et un acteur grâce à son équipe opérationnelle qui identifie les projets les plus pertinents pour les faire changer d’échelle. Le déterminisme social se créée avant 3 ans ; l’écart se creuse au collège et devient encore plus béant au moment de la recherche d’emploi. Nous avons donc concentré nos efforts sur 3 axes : la petite enfance, la lutte contre l’échec scolaire et l’accès au premier emploi.

Break Poverty fait appel à la générosité des entreprises et fondations locales qui veulent traiter ces problèmes sur leur territoire. Les pouvoirs publics sont toujours très présents et leur abondement est multiple, par l’incitation fiscale et des subventions. Nous avons mené trois projets pilotes : notre objectif était de toucher 1000 jeunes à Romans-sur-Isère, ainsi qu’à Béthune ; à Nantes, nous ciblons une population de 10 000 jeunes. Notre ambition dans les deux prochaines années est de toucher 100 000 jeunes dans 50 territoires.

Comment Break Poverty agit sur le terrain ?

  • En mobilisant toutes les parties prenantes car la pauvreté a des racines sociales, psychologiques, économiques…
  • En créant des alliances territoriales nécessaires pour résoudre les problèmes au niveau local.
  • En mettant l’accent sur la culture du résultat.

Bruno Lajara, fondateur et directeur général de l’Envol

Que faire quand on voit son territoire du Pas-de-Calais s’enfoncer, la jeunesse manquer de perspectives et de vision d’avenir ? J’ai créé l’Envol, Centre d’Art et de Transformation sociale qui s’adresse à la jeunesse NEET (Not in Education, Employment, Training) de 16 à 25 ans : je suis convaincu que l’art et la culture apportent une plus-value pour sortir de forts traumatismes.

L’Envol est une structure d’innovation sociale et d’expérimentation. Sa méthode est “la classe Départ“, mise en œuvre depuis 2015 à Arras, puis à Béthune, à Lyon en 2019. Nous allons essaimer dans les Yvelines, à Avignon et Roubaix. Ce dispositif travaille sur 3 volets.

  • L’art comme moyen d’expression : pendant sept mois de service civique, les jeunes expérimentent des pratiques artistiques qui les aident à s’exprimer et avancer.
  • Monter des projets citoyens avec eux : comment peuvent-ils agir dans leur territoire ?
  • Ecrire avec eux leur projet de vie : quels sont leurs objectifs ? Trouver un logement, enclencher une formation, l’Ecole de la Deuxième Chance, rencontrer des entrepreneurs…

Depuis 2015, l’Envol a accompagné plus de 120 jeunes, avec 75 % de sorties positives. La fondation Break Poverty a permis à l’Envol de changer d’échelle, de stabiliser l’emploi dans l’association. Le maillage avec les entreprises du territoire améliore le placement de nos jeunes bénéficiaires. Break Poverty nous fait gagner du temps et améliore notre impact.

 

Rodolphe Dumoulin, Haut-Commissaire à la prévention et la lutte contre la pauvreté dans les Hauts-de-France

Dans chaque région, un commissaire met en œuvre la stratégie nationale de prévention et lutte contre la pauvreté, lancée par le Président de la République en 2018. La pauvreté commençait à reculer en 2019, notamment sous l’impact de la revalorisation de la prime d’activité, qui a quasiment fait disparaître les situations où le retour à l’activité n’était pas encouragé par le système social. Mais la crise sanitaire est un accélérateur du décrochage des jeunes et des demandeurs d’emploi.

Dans les Hauts-de-France, Break Poverty est un catalyseur des réponses publiques et privées. Des ressources publiques et privées font bouger les lignes mais cela va bien au-delà du financement : nous testons des approches innovantes que les institutionnels ne peuvent absorber par manque d’agilité. Il faut que des acteurs privés osent prendre des risques. Nous mutualisons nos différents leviers pour innover ensemble dans l’accompagnement des personnes. Je crois que la société a toujours précédé les pouvoirs publics en matière sociale.

Adrien Baudet, directeur de Koreis, conseil et recherche en impact social

Break Poverty a mis en place un dispositif ambitieux de mesure des impacts de la DAT : un logiciel de suivi des actions et des enquêtes annuelles auprès des entreprises et associations partenaires pour appréhender les retombées de l’action de la DAT. Plusieurs publications sont prévues pour évaluer la progression, de 2021 et 2023 : les actions de prévention de la pauvreté ne peuvent s’apprécier que sur un temps long.

Les données du rapport 2021 ont été collectées dans les 3 territoires pilotes : Nantes, Béthune, Romans-sur-Isère. Les premières conclusions sont très positives.

  • 3000 jeunes bénéficiaires ont été accompagnés dans le cadre de la DAT. 84 % d’entre eux connaissent une évolution positive de leur parcours de vie : diplôme, qualification, emploi…
  • La DAT permet aux associations de renforcer leurs capacités à agir, à se consolider (30 000 € par an, nouveaux mécènes, recrutements, changement d’échelle…) ; 80 % des associations disent que la DAT leur permet de mieux accompagner leurs bénéficiaires.
  • Démocratisation du mécénat social : près d’un tiers des entreprises et philanthropes ont donné pour la première fois dans le cadre de la DAT ; plus de 70 % des entreprises donatrices sont des TPE et PME. La DAT facilite la mise en place du mécénat social, l’identification et l’impact des projets soutenus.

Valérie Daher, directrice de Break Poverty Foundation 

Nous associons au diagnostic les entreprises, les acteurs publics, les associations pour comprendre les enjeux du territoire. Les partenaires du dispositif DAT s’engagent sur 3 ans pour que les associations sélectionnées aient des moyens et de la visibilité. A Romans-sur-Isère, nous en sommes à la fin de la 3è année de la DAT : le dispositif sera pris en mains par la mairie. Dans le cadre de cette passation, de nouveaux projets pourront être soutenus dans les 3 prochaines années.

Nous avons ouvert la Digitale Académie à Romans-sur-Isère, un campus universitaire connecté pour suivre des études supérieures dans la ville : elle connaît un très fort taux de décrochage après le bac car les jeunes peuvent difficilement aller étudier dans des villes universitaires. La Digitale Académie intéresse aujourd’hui beaucoup d’autres municipalités.

Avec la crise du Covid-19, notre engagement auprès des jeunes est plus nécessaire que jamais. L’année dernière, les associations ont été aidées par des dons spécifiques pour répondre à l’urgence sanitaire.

Un programme de formation est à la disposition des acteurs qui souhaitent s’engager dans une DAT.
Les délégués régionaux de Break Poverty accompagnent gratuitement la mise en place de la DAT.

dat-france.org

 

La fondation Entreprendre organise les “Journées des Familles”

La fondation Entreprendre organise les “Journées des Familles”

“Les Journées des Familles” sont des temps d’échanges et de réflexions sur le thème Transmission familiale et jeunes générations.
 
Très engagée pour le développement de l’entrepreneuriat et proche des entreprises familiales, la fondation Entreprendre organise ces journées, articulées à partir du modèle familial Mulliez, autour de 4 grandes thématiques : Gouvernance – Transmission – Affectio – Entrepreneuriat.
 
Plusieurs générations d’une même famille (jusqu’à 7 à 8 membres) se retrouvent et réfléchissent ensemble sur ces sujets, avec d’autres familles.
 
Au programme
  • Les comportements en famille
  • Les principes fondateurs pour travailler en famille
  • La gouvernance et dualité des pouvoirs
  • Les moyens spécifiques dédiés à la famille.
Deux rencontres ont lieu en 2021, en mai et en octobre. 

 

 

Femmes en grande précarité : quel accompagnement ?

Femmes en grande précarité : quel accompagnement ?

Elles sont difficiles à dénombrer : 64 000 femmes sont en grande précarité en France (chiffre de 2012) ; ce nombre a considérablemeent augmenté avec la crise du covid-19. Or, le 115 (Samu social) ne dispose que de 24 places par jour pour les femmes. 4 structures spécialisées dans l’accompagnement des femmes en grande précarité ont présenté aux membres d’Un Esprit de Famille leurs actions d’accueil, d’hébergement, de réinsertion sociale, médicale et professionnelle. Accompagnées, la vie de ces femmes peut changer.

Visoconférence animée par Crama Trouillot du Boÿs, fondatrice de la Maison des Marraines, administratrice d’Un Esprit de Famille

Fondation Lecordier : pas d'injonction à l'insertion, l'accès à l'autonomie est déjà un immense progrès

Agnès Lecordier, cofondatrice et présidente de la fondation Lecordier

Dédiée aux femmes seules en grande précarité, la fondation Lecordier a été créée en 2008 par mes deux sœurs et moi-même. Elle est abritée par l’Institut de France.

Cette population est très difficile à dénombrer. En 2012, 40 % des SDF étaient des femmes, soit 64 000 femmes sans abri en France. Les chiffres ont explosé avec le covid-19. Leur espérance est de vie est de 46 ans.

Quel a été leur parcours de vie ? Des jeunes femmes sortent de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) à 18 ans et se trouvent à la rue sans aucune ressource (30 % des SDF sont passés par l’ASE) ; des travailleuses précaires, des femmes âgées non déclarées en tant que conjoint travailleur, celles qui ont travaillé au noir, des femmes atteintes de maladies psychiatriques non soignées sont le public de la rue.

Les logements sociaux ne sont plus adaptés à l’évolution de la société française : 35 % des ménages français ne comprennent qu’une seule personne mais seulement 5 % des logements sociaux sont de petite taille, non destinés aux familles.

La fondation Lecordier ne finance pas de lieux mixtes, souvent sources de violences pour les femmes. Pour nous, il est important que les femmes soient hébergées et accompagnées par d’autres femmes. Nous ne finançons pas non plus de lieux avec des enfants. Souvent, on a retiré leurs à enfants à des femmes, ce qui peut créer de fortes tensions entre elles.

Notre mission n’inclut pas d’injonction à l’insertion : ces femmes sont épuisées. Il faut prendre le temps de l’accompagnement pour qu’elles s’apaisent et, ensuite, construisent leur projet d’insertion. L’accès à l’autonomie est déjà un immense progrès.

La fondation Lecordier a accompagné plus de 15 associations dans le développement de nouvelles actions depuis 2008, pour un montant de plus de 2 millions d’euros : hébergements, mises à l’abri d’urgence, repas, actions de santé et d’hygiène, de réinsertion. Nous sommes fidèles à nos associations partenaires. Nous préférons soutenir de petites structures qui mènent des actions de terrain ciblées. La Fondation mène également des actions de sensibilisation auprès des pouvoirs publics.

Agir pour la Santé des Femmes : la santé, porte d'entrée de l'accompagnement

Nadège Passereau, déléguée générale ADSF – Agir pour la santé des femmes

Créé en 2001, l’ADSF est spécialisé dans la santé et l’accès aux soins des femmes en grande précarité. Ces femmes de tous âges ont été victimes de violences, d’exploitation sexuelle, d’addictions ; elles ont des souffrances psychiques non traitées. Elles ont des problèmes nutritionnels, physiologiques mais ne savent pas où se soigner.

Notre démarche est d’aller vers elles avec un camion médicalisé. Notre équipe mobile comprend des sages-femmes, des psychologues. Nous intervenons dans les gares, le métro, le bois de Vincennes, dans les hébergements d’urgence, en Ile-de-France et à Lille. Nous faisons intervenir des femmes repères, issues du public visé : elles sont un maillon fort de l’accompagnement.

Ensuite, nous leur proposons un accueil, un abri et un accompagnement adaptés, à partir d’un diagnostic de santé global : bilan de vie, souffrances psychiques et physiques. Elles peuvent participer à des groupes de parole. Elles construisent leur projet, à leur rythme.

On cherche aujourd’hui à proposer de petits lieux d’accueil disséminés par rapport aux grands centres car ces femmes errent beaucoup. La mobilisation est forte depuis 2 ans pour ouvrir des centres d’accueil dédiés aux femmes mais les travailleurs sociaux ne sont pas formés à leurs spécificités. Quand elles arrivent dans nos structures, plus de 60 % d’entre elles demandent d’accéder à un médecin.

Entre 20 et 30 % des femmes suivies ont un bon niveau d’éducation : jeunes filles très diplômées qui ont vécu des violences, femmes migrantes… Dans le cas de violences, ce sont souvent les femmes qui perdent leur logement. De nombreuses jeunes filles étudiantes demandent de l’aide depuis le covid-19, qui a des répercussions dramatiques pour elles.

L’association salarie des professionnels médicaux, psychologues et travailleurs sociaux ; 70 bénévoles professionnels médicaux et psychologues interviennent également.

Claire Amitié : l'amour avant le social

Augustin de Montalivet, président de Claire Amitié France

Claire Amitié accueille, accompagne et forme des jeunes femmes en difficulté pour qu’elles deviennent actrices de leur vie et prennent leur place dans la société.

Depuis 1946, Claire Amitié gère en France des maisons qui hébergent des jeunes femmes en grande détresse et précarité. Elles y vivent comme dans une famille, accompagnées par des animatrices. L’association s’est ensuite développée à l’international : des foyers ont ouvert en Afrique francophone, au Cambodge et au Brésil.

Claire Amitié accueille environ 2 300 personnes par an, en France et à l’international. En France, Claire Amitié gère 500 places d’hébergement : les jeunes femmes, avec ou sans enfants, vivent dans des CHRS (Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) ou des Centres maternels, avec les enfants les plus jeunes.

Isabelle Godet, directrice générale de Claire Amitié France 

Nous avons en premier lieu la volonté de porter un regard bienveillant et personnalisé sur chaque femme pour l’aider à grandir, avec la certitude que sa vie peut changer. Chacune a en elle les capacités de son développement pour devenir libre et responsable. Notre approche essaie d’englober toutes les dimensions de la personne. Notre intention première est que l’amour précède le social.

Pour accompagner quelqu’un, il faut l’approcher, prendre le temps de le connaître au-delà d’un dossier qui nous est envoyé et acquérir la juste distanciation.

Nous essayons de nous situer en amont des grosses difficultés par un accompagnement social resserré pour que les jeunes femmes ne tombent pas dans la grande précarité. C’est pourquoi certains établissements sont dédiés à des jeunes de 18 à 25 ans, qui ne touchent pas le RSA. Nous avons aussi ouvert des services qui accueillent les 16 à 21 ans. Elles sont logées et apprennent à se prendre en charge : tenir un logement, cuisiner, travailler, se soigner, gérer les relations avec les autres… et nous aimons beaucoup faire la fête dans les établissements !

Une fois l’accompagnement terminé, la maison reste la famille des jeunes femmes qui ont été hébergées.

Pour les situations d’urgence, nous avons aussi ouvert des places hivernales pour des femmes avec enfants et des femmes isolées.

La Maison des Marraines pour des jeunes filles autonomes qui peuvent et veulent s'en sortir rapidement vers une formation ou un métier

Crama Trouillot du Boÿs, fondatrice et présidente du fonds de dotation Imapala Avenir, pour le projet La Maison des Marraines

La Maison des Marraines accueille depuis deux ans des jeunes femmes sans enfant, issues de l’ASE. A 18 ans, elles n’ont plus de dispositif d’accompagnement, sauf la Garantie Jeunes dans certains départements. La Maison des Marraines assure la continuité du parcours pour empêcher le passage à la rue. Nous hébergeons aussi des jeunes en très grande souffrance, victimes de violences, qui ne viennent pas de l’ASE.

La Maison des Marraines propose à ces jeunes de 18 à 25 ans un hébergement de 3 mois renouvelables, avec un accompagnement social et professionnel. La Maison des Marraines s’adresse donc à des jeunes autonomes qui peuvent et veulent s’en sortir rapidement vers une formation ou un métier.

5 Maisons des Marraines sont ouvertes depuis 2018, 3 en Ile-de-France et 2 dans les Hauts-de-France. Elles hébergent 75 personnes.

Notre partenaire l’AFPA (Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes) met à notre disposition des logements vacants. La jeune fille bénéficie de l’ensemble des services de l’AFPA : cantine, formation professionnelle, accompagnement social. Un accompagnement renforcé vers l’emploi ou la formation professionnelle est assuré soit par L’Ecole de la Deuxième Chance en Ile-de-France, soit par les missions locales dans les Hauts-de-France.

Nous proposons également l’accompagnement d’une marraine “hors les murs”, extérieure au dispositif, qui va aider la jeune fille à créer du lien social. Pendant le confinement, les jeunes se sont retrouvées toutes seules dans leur chambre, sans lien social. Ce lien de la marraine leur a permis de tenir dans l’isolement.