Notre Présidente, Sabine Roux de Bézieux dans
« Les grands Entretiens de la Philanthropie »

Le Fonds de Dotation Transatlantique donne la parole à des philanthropes engagés dans le cadre des Grands entretiens de la philanthropie. Aujourd’hui, Sabine Roux de Bézieux, présidente de la Fondation de la Mer et de l’association Un Esprit de Famille, évoque pour nous les motivations de son engagement au service de l’intérêt général et sa conception d’une philanthropie familiale et entrepreneuriale.

 

Retrouvez l’intégralité de l’article

sur le site de la Banque Transatlantique

Pourriez-vous nous présenter les origines et les motivations de votre engagement philanthropique ? Quelles causes soutenez-vous aujourd’hui ?

Je me suis engagée au service des autres tout au long de ma vie et pour des causes diverses. À l’âge de 15 ans, mon attention était focalisée sur le soin de personnes âgées ; à celui de 25 ans, elle s’est portée sur la situation des artistes en déshérence. J’ai confiance en la nature humaine et désire donner à chacun les moyens de tracer son propre chemin. J’ai la chance de partager cette ambition avec mes quatre enfants et Geoffroy, mon mari. Ainsi, lorsque ce dernier a vendu sa première entreprise, The Phone House, nous avons tout naturellement choisi de consacrer une part importante des fonds générés à la création de la Fondation Araok (« en avant ! » en Breton). Près de quinze ans plus tard, près d’un million trois cent mille euros ont été versés à une quarantaine d’associations en suivant le fil rouge suivant : permettre à des personnes fragilisées de prendre un nouveau départ dans leur vie. Enfin, j’ai cofondé en 2015 la Fondation de la Mer, pour soutenir une cause qui me tient particulièrement à cœur, à plus forte raison parce qu’elle est mère de toutes les batailles : quel serait le sens des efforts d’éducation et d’insertion si l’état des océans ne permettait plus la vie sur Terre ?

 

La philanthropie est-elle une affaire de famille ? Quelles sont les techniques pour sensibiliser les jeunes générations à la philanthropie ?

Animée par la conviction que la famille peut être le creuset d’une philanthropie « à la française », j’ai créé en 2012, avec une douzaine d’autres fondations l’association « Un Esprit de Famille » (UEDF). Celle-ci rassemble 90 membres animant un fonds de dotation ou une fondation, d’initiative familiale ou privée, soit un total de plus de 200 personnes. Aujourd’hui, davantage de philanthropes privés souhaitent créer une structure philanthropique en famille. Ce sont le plus souvent des parents désireux d’associer leurs enfants dès l’initiation de leur démarche philanthropique. Ces créations fédèrent particulièrement les familles et permettent « d’embarquer » les jeunes générations. Sensibiliser la jeunesse au don et à la philanthropie fait d’ailleurs partie des missions d’UEDF. En tant qu’aînés, nous nous devons de montrer l’exemple, de faire connaître notre engagement et communiquer sur le bonheur qu’il procure et d’être ainsi inspirants. Je crois beaucoup en la force des témoignages. Mon rêve ? Que les histoires de philanthropes, donnant de leur argent et de leur temps, plus inspirantes que les faits divers, contribuent à changer notre société.

Selon vous, l’engagement philanthropique constitue-t-il une suite logique au parcours entrepreneurial ? Quelles relations identifiez-vous entre ces deux démarches ?

L’engagement philanthropique et l’activité entrepreneuriale me semblent indéniablement liés. Ainsi, de plus en plus de jeunes entrepreneurs à la réussite fulgurante créent des structures philanthropiques soit durant leur carrière, soit après la cession de leur entreprise.

Par ailleurs, la philanthropie familiale ou privée se professionnalise de plus en plus grâce à ces entrepreneurs. Parfois surnommés « philentrepreneurs », ils mènent en effet leurs actions philanthropiques avec des méthodes proches de celles en vigueur dans le monde des affaires.

Dans un monde idéal, oui, la philanthropie serait un complément naturel d’un parcours entrepreneurial. Ça n’est pas toujours le cas mais gageons que cela le sera de plus en plus dans les années à venir et peut-être même une évidence pour les jeunes générations. Il faudra toutefois veiller à ne pas appliquer la rudesse du monde du business, stimulée par la concurrence et les échéances courtes, à la résolution des grands enjeux de l’humanité. Ceux-ci supposent en effet des efforts collectifs, du temps long et des investissements sans réel espoir de retour financier. Je dirais donc : oui au professionnalisme, à la rigueur, au suivi financier et opérationnel et à l’envie d’expérimenter, mais avec un supplément d’âme et d’éternité lorsqu’il s’agit de prendre modestement sa part des maux de notre société.
 

Nous constatons que les philanthropes mènent souvent leurs projets de manière isolée. Comment créer des passerelles entre leurs initiatives ?

Créer des passerelles entre philanthropes est la raison d’être d’Un Esprit De Famille ! Vous avez raison, les philanthropes sont souvent seuls et c’est pourquoi nous nous efforçons au sein de notre association d’échanger sur nos expériences, ainsi que sur les projets et les associations soutenus. Certains de nos membres ont ainsi formé un groupe de travail sur le thème de l’éducation et ont décidé, après un rigoureux processus de sélection, d’accompagner ensemble l’association « Chemin d’Avenir ». Au-delà de cet exemple particulier, nous tenons à développer des actions communes dans les années à venir. Nous accompagnons déjà nos nouveaux membres dans la structuration de leur démarche philanthropique dans une forme de compagnonnage très appréciée et nous partageons une base de données avec plus de 250 associations soutenues par les membres de l’UEDF. Pour aller plus loin, nous avons pour ambition d’optimiser nos propres pratiques en échangeant sur la gouvernance, la stratégie et l’organisation de nos propres structures philanthropiques : chaque philanthrope pourra alors s’inspirer de multiples témoignages.

“Tendances et enjeux des fondations familiales”

Petit-déjeuner du Think Tank de la Philanthropie

 

Les experts du Think Tank de la Philanthropie se sont réunis le 20 juin dernier, à l’Institut Pasteur. Lors de cette matinée, ils ont pu échanger avec Sabine Roux de Bézieux accompagnée de Tessa Berthon, de l’association Un Esprit de Famille, sur les tendances et enjeux des fondations familiales, et leur volonté de faire de ce modèle le moteur du développement d’une philanthropie à la française.

 

Depuis le milieu des années 2000, un fort développement du montant des dons a pu être observé en France. Malgré ces chiffres qui reflètent un dynamisme du secteur, notre pays reste encore très en retard à l’échelle mondiale. Un retard qui peu notamment s’expliquer par le contexte national : la France possède un taux de prélèvements obligatoires à 48%, bien au-dessus de nombreux pays tels que les États-Unis. De plus, contrairement au modèle américain où la philanthropie s’installe comme le principal financeur de la santé, l’éducation ou la culture, c’est à l’État d’endosser ce rôle en France. Pour Sabine Roux de Bézieux il faut donc voir comme une chance le fait que les philanthropes français soient aujourd’hui aussi nombreux à contribuer au financement de ces secteurs, et plus largement aux enjeux sociaux du pays.

Pour renforcer la philanthropie française, Un Esprit de Famille partage sa volonté de développer une culture du don sur plusieurs générations, celle-ci ne pouvant se développer dans l’esprit des Français du jour au lendemain. En effet, l’une des forces de la philanthropie familiale n’est autre que sa capacité à pouvoir s’inscrire dans un temps long.

Les experts du Think Tank ont débattu de la diversité des statuts existants pour les fondations (FRUP, fondation sous-égide, fonds de dotation, etc.) qui ne facilite pas leur bonne compréhension. Face à la complexité du système actuel, Un Esprit de Famille milite pour une simplification des statuts : sur le même modèle que celui des entreprises, le terme « fondation » devrait être un même et unique statut, imposant des obligations variables tout au long de l’évolution d’une structure. En ce sens, l’association propose la création d’un label « fondation familiale » qui serait attribué aux FRUP, fondations sous égide, et aux fonds de dotation.

Dîner des membres d’UEDF le 1.07.19 avec Monsieur Olivier Noblecourt

 

Le premier dîner des membres d’UEDF lundi 1er juillet a rassemblé une soixantaine de fondateurs.

 

Invité : Monsieur Olivier Noblecourt délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté. Retrouvez des extraits de son allocution sur les politiques mises en oeuvre ainsi que quelques photos de l’événement.

Parler de la Lutte contre la pauvreté c’est interroger la totalité de notre modèle social, la capacité à organiser l’appartenance de tout un chacun à ce modèle social. Cela a à voir aussi avec le consentement à l’impôt (crispation dans la crise des gilets jaunes, beaucoup de souffrance….)

Le modèle social ne correspond plus aux conditions de vie dignes auxquelles nos concitoyens aspirent. Notre capacité commune à faire société étant ainsi questionnée.

C’est ça qui a sous tendu l’ambition que le Président de la République a porté quand il a rendu publique, le 13 septembre 2018, la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté que j’ai élaborée dans le cadre d’une concertation et dont j’ai la responsabilité aujourd’hui du pilotage. Tout l’enjeu c’est l’art de l’exécution et pour vous porteurs de structures philanthropiques c’est l’efficacité des actions que vous allez financer et que vous allez permettre. Et bien, je crois qu’on est aujourd’hui dans un temps où l’on a largement de quoi se rassembler. Vous l’avez très bien dit Madame La Présidente dans votre propos liminaire l’enjeu c’est de travailler à une société plus inclusive c’est pourquoi dans la stratégie de lutte contre la pauvreté nous avons décidé de faire deux grands pas de côtés

Modifier de manière très substantielle les objectifs des politiques sociales de ce pays et donc réinterroger notre modèle social globalement.
S’attaquer à la façon dont les politiques sont mises en œuvre aujourd’hui. On ne peut plus avoir des politiques sociales qui soient désarrimées des acteurs de territoires et penser en dehors des personnes concernées.

La lutte contre la pauvreté c’est 8,5 Mds d’euros de crédits, ça concerne tous les âges de la vie. On a travaillé sur 3 grands constats qui sont les 3 limites de notre modèle social actuel avec les grandes orientations qui en découlent.

Premier constat : nous avons des garanties collectives dans notre modèle social qu’on a construit et qui sont devenues inefficaces face à certaines formes de pauvreté.

On a un modèle social assez re-distributif, plus que d’autres modèles comparables, qui prévient plutôt bien les crises économiques. Par exemple depuis 2008 le nombre de chômeurs a augmenté beaucoup plus vite que le nombre de personnes en situation de pauvreté ; c’est donc qu’il y a un filet de sécurité qui a fonctionné.

Mais ces garanties là ne répondent pas aux problématiques des salariés pauvres, des familles monoparentales, à la progression et au durcissement de la pauvreté des enfants, à la pauvreté et l’isolement des personnes âgées.

Il faut revoir l’organisation des ces garanties collectives pour qu’elles puissent mieux fonctionner. Il y a des réformes systémiques qui sont en cours : réforme du système des retraites, fusion d’un certain nombre de prestations, de minima dont la complexité est attentatoire à la confiance dans le modèle social

Le Revenu Universel d’Activité va fusionner le RSA, la prime d’activité, les aides au logement et probablement l’ensemble des autres prestations qui concernent les différents âges de la vie les allocations minimum vieillesse, l’allocation adulte handicapé, l’allocation spécifique de solidarité

Le Revenu Universel d’Activité c’est un peu moins de 50 Mds d’euros de prestations et un quart de la population française concernée. La loi sera adoptée par le parlement en 2020 et la réforme mise en place à l’horizon 2022-23. Cela va permettre de simplifier l’accès au droit et d’investir le temps qu’on va gagner pour renforcer les politiques d’accompagnement.

Il y a aujourd’hui les droits à la santé qui font l’objet de réformes structurantes. Depuis le 1er avril le renouvellement CMU complémentaire est automatique pour les allocataires du RSA c’est une simplification majeure. A venir en novembre 2019 la fusion des aides à la complémentaire santé et CMU complémentaire. Ce sont environ 1,5 millions de ménages concernés par ces mesures.

Objectif quitter l’âge des droits pour entrer dans l’âge de l’émancipation. Il s’agit de s’attacher à ne pas donner seulement des droits et allocations certes indispensables à la survie de ceux en situation de pauvreté mais à répondre à leurs attentes. Les personnes souhaitent être en capacité de maitriser leur destin, de faire des choix, d’être respectées et prises en compte comme acteurs d’un parcours de vie avec notamment l’accès au marché du travail

Aujourd’hui notre système social dans une très large part déresponsabilise les personnes, les met en situation de passivité voir même de dépossession des choix qui gouvernent leur vie. Ainsi être en situation de pauvreté ce n’est plus seulement manquer de ressources, c’est aussi avoir le sentiment de ne plus maîtriser les choix qui structurent sa vie. Cela crée une sorte de citoyenneté minorée c’est ce qui justifie ce modèle social de l’émancipation que le Président de la République a appelé de ses vœux.

 

Deuxième constat : les politiques de prévention sont insuffisantes

« La prévention : cesser d’en parler en faire ».

Les dépenses de prévention sont incroyablement peu élevées par rapport aux besoins c’est d’autant plus grave que nous sommes dans le pays du déterminisme social ; prévalence du poids de la naissance dans le destin social. Dans le champ de l’éducation et de la réussite scolaire des individus c’est démontré par les enquêtes Pisa et les travaux de l’OCDE. De plus, beaucoup d’enfants ont la pauvreté en héritage ; en France c’est un sur 5 qui grandit en situation de pauvreté et il faudrait 6 générations pour qu’il atteigne le revenu médian.

Si on veut que les enfants pauvres d’aujourd’hui ne soient plus les adultes pauvres de demain alors il faut assumer de mettre d’avantage de moyens sur la prévention sur la politique éducative et commencer là ou c’est le plus efficace c’est à dire dès le plus jeune âge.

Le programme « Parler Bambin » que j’ai créé à Grenoble il y a plus de 10 ans est un bon exemple de la théorie de l’investissement social. Cela a été développé ultérieurement par Florent de Bodman avec « 1001 mots ».

Les travaux du Prix Nobel d’économie James Heckman ont démontré que tout euro investi dans les 3 premières années de la vie est bien plus efficace en termes de correction des inégalités que ceux investis plus tard. C’est du bon sens il s’agit de « frapper tôt pour frapper fort »

La politique de lutte contre la pauvreté porte en elle des changements majeurs notamment sur la politique familiale pour permettre aux enfants pauvres d’accéder aux différents modes d’accueil. Aujourd’hui les enfants qui tireraient le plus grand bénéfice de ces modes d’accueil (collectifs ou individuels) sont ceux qui y accèdent le moins : paradoxe insupportable.

Une étude scientifique (Etude dite Cohorte Elfe) qui porte sur 18 000 enfants démontre qu’à deux ans les écarts de compétence langagière liés à l’origine sociale sont énormes et le meilleur outil pour les corriger c’est l’accueil notamment en structures collectives. Or ces enfants en situation de pauvreté n’y ont pas accès car pour pouvoir demander une place en crèche, dans 70 % des communes, il faut que les deux parents travaillent. On est en train de changer ça avec l’association des maires de France et la branche famille de la sécurité sociale pour faire de la mixité sociale dans les modes d’accueil et pour changer la pratique des travailleurs sociaux, leur faire comprendre qu’il faut proposer un projet éducatif pour l’épanouissement de l’enfant et son développement cognitif (réduction des inégalités par les politiques éducatives).

Rendre effectif les droits essentiels des enfants :

Quelques chiffres : 300 000 sont en situation attentatoire à leurs droits et vivent dans un logement indigne ou surpeuplé ; 30 000 à l’hôtel depuis plus de 6 mois ; 5 000 à la rue dans des bidonvilles. C’est 1 enfant sur 7 dans les zones d’éducation prioritaire qui arrive le ventre vide …

Situations d’autant plus inacceptables qu’on peut apporter des réponses pour peu qu’on se retrousse les manches et avec une approche concrète des problèmes.

Ainsi les pouvoirs publics ont débloqué des crédits pour la sortie des bidonvilles, pour payer un petit déjeuner à 100 000 enfants et pour aider les communes à mettre en place une tarification sociale des cantines.

Le maintien en formation de notre jeunesse face au drame du décrochage scolaire. Ce sont les ni en emploi ni en étude ni en formation, aujourd’hui désignés par l’acronyme NEET — « Not in employment, in education or training » que certains appellent les invisibles car ils ne rentrent dans aucune case ; 60 000 sont mineurs !

Nous allons créer, avec la loi portée par JM Blanquer sur l’école de la confiance, une obligation de formation jusqu’à 18 ans pour contraindre les jeunes à rester dans un parcours de formation et faire entrer ça dans la « psyché « des nouvelles génération. Cela contraindra aussi les Pouvoirs Publics localement à se donner pour obligation d’accompagner tout jeune dans un parcours de formation.

Ce qui permet à notre droit de sortir de la logique du droit mou pour aller vers une effectivité du droit.

 

Troisième constat : les politiques d’accompagnement sont à développer, l’enjeu des politiques d’accompagnement des plus fragiles.

Un modèle social basé sur les prestations déresponsabilise la collectivité et les individus. Nous refusons ce modèle comme si les prestations sociales étaient la réponse à l’alpha et l’oméga des politiques sociales.

Nous pensons exactement l’inverse.

Il faut investir sur ce qui compte et en priorité l’accès au marché du travail. Notre modèle social doit rester arrimé à la valeur du travail, au sens du travail ; la dignité de chacun par le travail.

Aujourd’hui le défi c’est le redéploiement des politiques d’accompagnement pour les plus éloignés, ces politiques ont été désinvesties par les territoires contraints par les prestations sociales. Les montants ont été divisés par 3 en trente ans.

Un exemple, quand Rocard crée le RMI la Loi impose au département d’investir 20 % des dépenses de prestation aux politiques pour l’insertion aujourd’hui c’est moins de 7 % de la dépense des départements pour l’accompagnement dépenses soit 680 Millions d’euros contre 11Mds d’euros pour le RSA

Chaque individu a une responsabilité vis à vis de la société et réciproquement. Nous ne voulons pas l’individualisme, pas le chacun pour soi mais une société de responsabilité (référence au personnalisme d’Emmanuel Mounier). Nous souhaitons une société de droits et de devoirs.

Renforcement de toutes les politiques d’accompagnement à l’emploi accompagnement medio social, avec les associations Territoires zéro chômeur de longue durée, IAE insertion par l’activité économique (100 000 places supplémentaires) etc…

Capacité à ancrer dans la vie quotidienne des plus fragiles l’art de l’exécution

Mise en place de nouveaux outils sur les territoires : fonds de contractualisation Etat/Département l’objectif est de changer la relation entre l’état et les collectivités souvent très politique et juridique. `

L’Etat, avec les collectivités, définit des objectifs et mesure avec des indicateurs très précis l’atteinte de ces objectifs

L’Etat finance les résultats pas les moyens. L’Etat se désintéresse des moyens, ce sont aux collectivités de les choisir sur l’insertion, sur la sortie de l’aide sociale à l’enfance…

A ce jour, tous les départements sauf deux ont délibéré favorablement pour s’engager dans une nouvelle relation contractuelle.

Mode collaboratif de mise en œuvre des politiques sociales avec des conférences régionales : nous rassemblons dans un même cadre de travail les acteurs privés, les entreprises, les collectivités locales, les associations qui agissent dans le champ social de l’insertion sur le marché du travail, dans le domaine éducatif, de la santé …

Ce cadre vise à « dessiloter » les politiques publiques.

Création d’une plateforme numérique collaborative 600 acteurs mobilisés à l’échelle nationale 10 000 dans quelques mois. Tout est partagé (les bonnes pratiques, les expériences réussies, les initiatives régionales…) c’est inédit en matière sociale.

Mise en place d’un fonds d’investissement social doté de 100 Millions d’euros.

Destiné à la petite enfance, l’éducation, l’insertion, la lutte contre l’isolement. Soutien de projets sur les territoires déploiement essaimage de solutions qui fonctionnent en partenariat avec ceux qui financent déjà ce type d’initiatives. Le repérage des bonnes pratiques est essentiel c’est ce que vous faite grâce à votre capacité à sourcer les projets intéressants. Nous sommes preneurs de travailler avec vous, d’additionner nos moyens, nos compétences, nos expertises, nos ressources et d’être destinataire de vos recommandations en la matière. Identifier ce qui a été le plus efficient.

Engagement d’acteurs privés et d’entreprises à travers des dotations d’actions territoriales, à travers le plan 10 000 entreprises pour l’inclusion et l’insertion professionnelle ( piloté par JM Borello et Florence Poivey)

L’action Tank créée il y a quelques années avec Martin Hirsch, association qui vise à développer des modèles ni gain ni perte : des entreprises qui renoncent à leur bénéfice pour des produits de 1 ère nécessité ou service essentiel pour des personnes en situation de pauvreté. Par exemple sur le lait maternisé la marge représentait 50 € par mois pour une femme seule au RSA.

Soit on augmente le RSA soit l’industriel renonce à sa marge : c’est le pari fait avec programme « Manger Malin ».

 

Conclusion

Notre philosophie c’est l’hybridation, l’addition des compétences, des bonnes volontés c’est l’Esprit de famille. C’est cette volonté de constituer des communautés d’acteurs solidaires et engagés, engagés sur des valeurs communes.

Je me réfère à l’intitulé du premier rapport de M. Hirsch « Au possible nous sommes tenus ». Vous êtes déjà sur le front du possible le montagnard que je suis ne peut s’empêcher de rappeler ce soir que « la cordée avance grâce au premier mais au rythme des derniers ». Nous sommes tous tenus au possible mais en capacité de faire davantage et je sais que c’est votre volonté.

Petit déjeuner du 13 juin 2019

A l’initiative du Cercle Weber, une quarantaine de membres et invités se sont retrouvés chez Gide Loyrette Nouel pour échanger sur le thème « Education et fracture territoriale, quelles solutions ? ».

Pierre Vermeren, normalien, agrégé d’histoire, professeur des Universités à Paris 1 Panthéon-Sorbonne a introduit cette rencontre. Avec son regard d’historien, il ausculte l’échec des politiques publiques et économiques depuis la fin des années 70.

Dans son dernier livre « La France qui déclasse », il analyse le mouvement des « gilets jaune » comme étant la conséquence de l’abandon assumé des activités de production depuis quarante ans en France. Cette désindustrialisation destructrice d’emplois entraine irrémédiablement la paupérisation de la majorité du territoire et des classes moyennes qui y vivent. Une faillite entrainant le désenchantement des classes populaires et les populismes qui l’accompagnent.

Pierre Vermeren affirme que l’un des piliers de la crise morale et sociale dans laquelle se trouve les classes populaires et moyennes tient à la crise de l’école. « L’école de la République, conçue par Jules Ferry pour que l’instruction soit soumise à l’examen critique de la connaissance et à l’autorité de la science, s’est départie de son rôle, devenant une instance éducative parmi d’autres ».

Salomé Berlioux, fondatrice de l’association Chemins d’avenirs, soutenue par le Cercle Weber (groupe de 8 fondations membres d’Un Esprit de Famille ) a présenté son association dont l’objectif est de révéler le potentiel des jeunes de la France périphérique

« Nous avons fondé Chemins d’avenirs pour qu’un dispositif agisse en faveur des collégiens, lycéens et étudiants des zones rurales et des petites villes de France. Parce que nous pensons que chacun d’eux a du potentiel, le potentiel de reprendre l’exploitation agricole de ses parents ou celui d’enseigner, le potentiel de créer son entreprise ou de devenir journaliste, ou un potentiel qui ne se traduit encore par aucune vocation mais qui ne demande qu’à émerger »

S. Berlioux – Chemins d’Avenir

“Philanthro…quoi ? Développer la culture du don à la française”

Première « agora » qui réunit, sous l’impulsion du Ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, mécènes, fondations, entreprises, associations pour débattre et proposer un modèle philanthropique à la française.

Les Conclusions de Gabriel ATTAL, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Reprise par le ministre des propositions UEDF : 

  • Insérer la philanthropie dans les programmes de l’EN
  • Mettre en place un label fondation familiale
  • Simplifier le nombre de statuts de fondations

Autres annonces :

  • Soutien des pouvoirs publics au giving Tuesday 2019, le pendant du Black Friday
  • Dons de RTT à ceux qui ont des engagements associatifs
  • Renforcement du soutien aux petites associations locales
  • Etc…

Un message du ministre pour les membres d’UEDF :

Le point de vue du ministre sur les sujets d’actualité :

  • La réserve héréditaire : se dit pour un assouplissement
  • Le mécénat d’entreprise : les pouvoirs publics doivent le soutenir et l’encourager
  • La participation des fonctionnaires aux efforts collectifs, l’Etat doit être exemplaire : arrondis sur salaire et mécénat de compétences
  • Le label d’intérêt général pour les associations faisant appel aux plateformes de dons

 

Et une conviction du ministre : La Philanthropie n’est pas une niche

Un document plus exhaustif sur cette matinée du 6 juin

Sabine Roux de Bézieux,
Présidente d’Un Esprit de Famille

Petit déjeuner du 15 mai 2019

Plus de quarante membres et invités se sont retrouvés chez Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP pour échanger sur le thème « Numérique et inclusion ».

4 associations présentent leurs approches de la lutte contre l’exclusion au travers d’initiatives s’appuyant sur le numérique dans le monde de la culture, de l’insertion, de la formation et de l’accompagnement de SDF.


Micro-Folie présentée par Didier Fusillier, président de l’Établissement public du parc et de la grande halle de la Villette.

Plate-forme de diffusion de contenus culturels au service des territoires, permettant d’amener la culture sous forme digitalisée et ludique aux citoyens.

www.micro-folies.com

Les plombiers du numérique présentée par Florian du Boys, fondateur.

Dispositif d’insertion de jeunes adultes descolarisés dans les métiers des infrastructures numériques

www.lesplombiersdunumerique.org

Digital Académie présentée par Soazig Gros, fondatrice.

Dispositif de lutte contre le décrochage post-bac, regroupé en tiers-lieux d’apprentissage à plus de 1000 formations diplomantes

digit.ac

Entourage présenté par Jean-Marc Potdevin, fondateur.

Réseau social d’entraide aux personnes de la rue, regroupant 62.000 membres, et favorisant l’échange, l’aide et la générosité.

www.entourage.social