Tandem pour l’intérêt général : Tout Pour Etre Heureux et Plus Fort

– Philanthropie familiale et associations : ENSEMBLE pour l’intérêt général

5 questions pour 1 tandem à 3 :
Jérôme Adam (fondation Tout Pour Être Heureux), Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie (association Plus Fort)

Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir Plus fort ?

Jérôme Adam, fondateur de la fondation Tout Pour Être Heureux  :

Plus Fort est une pépite pour laquelle nous avons eu un gros coup de cœur.

Depuis 17 ans, l’association agit pour renforcer la santé mentale, prévenir les comportements à risques et favoriser la réussite éducative et sociale, avec déjà 100 000 enfants et adolescents accompagnés et 2 000 adultes formés.

Depuis neuf ans, elle déploie le programme « Plus forts ensemble » auprès des 6-11 ans, en mobilisant à la fois les professionnels de l’enfance, les parents et les enfants à l’échelle d’un quartier, entendu comme une école et son environnement. Cette approche systémique, encore rare, permet une action en profondeur et durable. Les professionnels formés deviennent autonomes et peuvent déployer le programme, notamment s’ils viennent à changer de quartier. Enfin, son impact se mesure aussi à son appropriation par les familles : il est aujourd’hui demandé par les parents eux-mêmes, et pas seulement par les écoles.

Qu’est-ce qui fait la force de votre partenariat avec Tout pour être heureux ?

Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie co-directrices de l’association Plus Fort :

La force de notre partenariat repose avant tout sur une confiance solide et une réelle liberté d’action accordée par la Fondation, qui nous permet de déployer nos initiatives au plus près du terrain.

Nous partageons également une vision profondément commune : placer l’humain, l’éducation et le bien-être mental au cœur de chaque action.

Grâce à ce socle, Plus Fort peut intervenir avec précision et pertinence, en s’appuyant sur une connaissance fine des besoins et des réalités vécues par les enfants, les familles et les professionnels de l’éducation à Marseille.

Qu’avez-vous appris au contact de cette association ?

Jérôme Adam, fondateur de la fondation Tout Pour Être Heureux  :

Pendant deux ans, j’ai sillonné la France avec le film documentaire « Tout pour être heureux ? », à travers plus de 150 ciné-débats réunissant 18 000 spectateurs. Au-delà du constat alarmant sur notre jeunesse (un jeune sur quatre en situation de vulnérabilité psychique), j’ai mesuré le rôle clé des programmes de développement des compétences psychosociales (CPS) pour prévenir les comportements à risque (harcèlement, addictions…) et favoriser la réussite des jeunes. Encore insuffisamment soutenus en France, ces programmes sont souvent portés soit par le champ de la santé, soit par celui de l’éducation.

L’association Plus Fort se distingue en créant un véritable pont entre ces deux univers, habituellement cloisonnés. La permanence psychologique intégrée au programme « Plus forts ensemble » en est une illustration forte : elle renforce la prévention, accompagne les jeunes et leurs familles, et favorise un dialogue essentiel entre éducation et santé.

Pouvez-vous donner un exemple de ce que ce soutien a rendu possible ?

Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie co-directrices de l’association Plus Fort :

Ce soutien nous a permis de répondre concrètement aux besoins exprimés par les familles du quartier Belle de Mai à Marseille, en déployant le programme « Plus Fort ensemble ». Porté par les psychologues de l’association sur trois ans, ce dispositif vise à renforcer les compétences psychosociales des enfants.

En complément du soutien de la Cité éducative, l’appui de la Fondation nous permet aujourd’hui d’accompagner l’ensemble de l’école Cadenat ainsi que le centre social Belle de Mai.

Au total, ce sont 400 enfants et leurs familles, ainsi que 30 professionnels, qui bénéficient de cet accompagnement structurant.


Quelles sont les clés du succès de votre tandem ?

Jérôme Adam, fondateur de la fondation Tout Pour Être Heureux :

S’il ne fallait en retenir qu’une, ce serait l’alignement parfait entre la mission de la fondation et le programme « Plus forts ensemble »

Ce programme couvre en effet les trois piliers d’intervention de la fondation :

  1. Le jeune, avec ses terrains de vulnérabilité : stress, angoisse, troubles…
  2. Son environnement, notamment ses deux premiers cercles de socialisation : la famille et l’école)
  3. Ses connaissances sur les comportements à risque et le développement de ses compétences psychosociales : confiance en soi, liberté de jugement, sécurisation affective.

A cela s’ajoute une relation fondée sur une confiance et une transparence totale, aussi bien dans nos réussites que dans nos difficultés.
Enfin, une conviction partagée : lorsque l’impact est là, il faut savoir rester agile. Éviter les lourdeurs inutiles pour concentrer l’énergie là où elle compte vraiment.

Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie co-directrices de l’association Plus Fort :

  1. Une vision commune forte
    Nous partageons la même ambition : agir simultanément et concrètement pour le mieux-être des enfants, des parents et des professionnels.
  2. Une complémentarité naturelle
    L’association Plus Fort apporte l’ancrage terrain, la proximité et la connaissance des besoins. La fondation apporte les moyens, la structuration et la capacité à donner de l’ampleur aux actions.
  3. Une relation de confiance
    Au fil du temps, nous avons construit une collaboration fluide, fondée sur l’écoute, la transparence et le respect des rôles de chacun.
  4. Une capacité à co-construire
    Les idées, les projets et les réussites ou les déceptions sont partagés, ce qui renforce le sentiment d’unité et d’utilité.

En résumé, Notre succès repose sur un bel équilibre : des valeurs communes, des forces complémentaires et une relation humaine authentique.

Actualités de la philanthropie Avril 2026

Les actualités d'Un Esprit de Famille

Les collectifs un Esprit de Famille : ce sont nos membres qui en parlent le mieux  !

Découvrez notre vidéo de témoignages.

 

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Un Esprit de Famille et Changer Par Le Don
Les gouvernances d’Un Esprit de Famille et de Changer Par Le Don se sont rencontrées en vue d’un éventuel rapprochement entre les deux structures.
Animées par la même volonté de développer la culture du don, un tel rapprochement apporterait encore plus d’impact à la philanthropie familiale en France.

Un Esprit de Famille auditionné par le Sénat
Le Sénat a créé une commission d’enquête sur les mécanismes de financement des politiques publiques par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé et des risques en matière d’influence, d’absence de transparence financière et d’entrave au fonctionnement de la démocratie.
Cette commission est présidée par Sonia de La Provôté et Colombe Brossel en est la rapporteure.
Dans ce cadre, Un Esprit de Famille, représentée par sa présidente Sabine Roux de Bézieux, sa déléguée générale Guénola Désveaux, et un de ses membres Philippe Le Squeren (fonds de dotation Kiléma), ont été auditionnés le 17 avril dernier.
Cette commission rendra ses conclusions dans un rapport qui sera publié courant 2026.

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Ils nous ont rejoint !

Bienvenue à :

  • Arnaud Fihol dont le fonds de dotation en cours de création se dédie aux causes de la santé et de l’entrepreneuriat.
  • Le fonds de dotation Gérard et Bernadette Mulliez qui œuvre dans les secteurs de la santé en lien avec l’alimentation et de la formation / l’accompagnement aux associations.

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EVENEMENTS RÉSERVÉS A NOS MEMBRES A PARIS

► Mardi 19 mai (webinaire)
Acteurs de Terrain : découverte de 5 associations
Chaque année, Un Esprit de Famille donne la parole à des associations soutenues par ses membres.

► Mardi 26 mai (à l’initiative du Cercle Education Weber)
« Les filles et les sciences : comprendre les freins, ouvrir les parcours »
Chercheuses et actrices de terrain croiseront leurs regards pour décrypter les mécanismes de sous-représentation et identifier des leviers d’action concrets, notamment pour les acteurs de l’éducation et de la philanthropie.

  • Intervenantes :
    • Laure de Saint-Raymond – Mathématicienne, membre de l’Académie des sciences, professeure à l’ENS de Lyon
    • Charlotte Jacquemot – Chercheuse au CNRS, directrice du département d’études cognitives de l’ENS-PSL, auteure de l’étude « Ressenti et discriminations de genre : ce qui freine la féminisation des filières scientifiques »
    • Fatima Bakhti – Présidente de l’Association Femmes Ingénieures
    • Isabelle Huet – Directrice générale d’Elles bougent

    ► Mardi 2 juin
    « Transmettre un avenir souhaitable : quel engagement philanthropique pour les générations futures ? » 
    Une conférence inspirante organisée en partenariat avec la Fondation Caritas France

    • Intervenants :
      • François et Cybèle Lemarchand : Co-fondateurs de la Fondation Lemarchand et entrepreneurs engagés, François Lemarchand et sa fille Cybèle ont construit un projet philanthropique à l’intersection de la nature et de l’humain, articulé avec leur holding familiale. Ils témoigneront de leur démarche de transmission intergénérationnelle.
      • Niels de Fraguier : Entrepreneur, auteur, conférencier, co-fondateur de Vivøices, Niels de Fraguier incarne une nouvelle génération d’acteurs engagés pour un modèle économique et social régénératif.
      • Sylvain et Thomas Breuzard : Fondateur de Norsys et inventeur du concept de « Permaentreprise », Sylvain Breuzard, accompagné aujourd’hui de son fils Thomas, a bâti un écosystème d’engagement (entreprise, fondation actionnaire et réseau associatif) au service d’un numérique responsable et d’une société plus juste.

    ► Mardi 16 juin  (webinaire à l’initiative du Cercle Vulnérabilités)
    Etat des lieux et analyse du rapport des Français à la vulnérabilité 
    Résultats du Baromètre VULNERABLE 2024 réalisé par Advens avec l’IFOP

    RENCONTRES EN REGION RÉSERVÉES A NOS MEMBRES 

    ► Prochaines réunions dans le nord :
    Jeudi 11 juin
    à Lille sur le thème de la philanthropie et l’insertion professionnelle.
    Lundi 15 juin à Lille sur le thème de la transmission intergénérationnelle.

    ► Prochaine réunion dans l’ouest :
    Lundi 1er juin et mardi 2 juin
    à Saint-Malo sur le thème des relations intergénérationnelles au sein des fondations.

    ► Prochaine réunion dans le sud :
    Mercredi 27 mai
    à Marseille, table ronde Un Esprit de Famille avec Sabine Roux de Bézieux, en partenariat avec La Provence.

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    NOS CERCLES & GROUPES DE REFLEXION

    • Le Cercle Citoyenneté travaille sur des problématiques en lien avec le vivre-ensemble.
    • Le Cercle Culture co-finance un projet autour de la culture et du handicap en partenariat avec le Théâtre National de Bretagne.
    • Le Cercle Environnement est co-animé par le fonds Yes Futur et le fonds Astrolabe.
    • Le Cercle Handicap est animé par HappyCap foundation
    • Le Cercle Insertion est co-animé par la fondation Acome et la fondation Cassiopée. Il a pour but d’échanger et de soutenir des associations en France dans le domaine de l’insertion et de la réinsertion par le biais de la formation et l’accompagnement de publics défavorisés ou éloignés de l’emploi.
    • Le Cercle Vulnérabilité approfondit chaque trimestre un sujet.
    • Le Cercle Weber soutient collectivement des associations dans le domaine de l’éducation.
    • Le Groupe New Gen réunit la nouvelle génération de philanthropes dont les perceptions et les formes d’engagement peuvent différer de celles de leurs aînés.
    • Le Cercle Santé – Bien-être est en train de se constituer

    Les actualités des membres d'Un Esprit de Famille

    ►► NOS INTERVIEWS DE PHILANTHROPES EN ACTION

    Philanthropes en action #20 : Promouvoir l’égalité des chances en faveur des filles et des femmes, avec Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière, fonds de dotation Horizon(s).
    Découvrez leur interview

    ► Le fonds KILEMA a inauguré Kiléma Le Lieu, le premier tiers-lieu culturel pensé pour et avec des personnes en situation de handicap, et toutes les autres. Kiléma Le Lieu abrite une librairie accessible, un café inclusif, un espace de travail partagé et une programmation culturelle ouverte à tous.

    ► La fondation Hippocrène a remis ses 4 Prix Inspiring Young Europeans le 7 avril dernier. L’occasion d’annoncer le lancement d’un nouveau prix : Le Prix de la Citoyenneté développé avec le Cercle Citoyenneté Un Esprit de Famille.
     
    ► Le fonds Dapat a organisé la 5ème édition des Prix Dapat qui récompense celles et ceux qui agissent au quotidien pour rendre visibles les invisibles.

    ► Le fonds EGAL ACCES a organisé un webinaire sur la prévention et la lutte contre le harcèlement scolaireLien du replay (à partir de 4m30) 

    Les actualités de l'écosystème

    ► Premières Rencontres des Fondations Actionnaires organisées par Prophil et sa communauté De Facto
    Sabine Roux de Bézieux interviendra dans le cadre de cet événement qui se tiendra le 9 juin de 9h à 18h au ministère de l’Economie et des Finances.
    Pour s’inscrire

    ► Exilés, quel espace pour un regard chrétien ?
    Le 18 mai de 19h30 à 21h à l’Espace Bernanos – 4 rue du Havre – 75009 Paris
    Intervenants : Claire Dognin, déléguée générale de la Fondation Caritas France, Didier Fassin, professeur au Collège de France et Xavier Malle, évêque de Gap.
    Echanges animés par Jean-François Rambicur, président de la fondation Arceal, vice-président d’Un Esprit de Famille.
    Plus d’informations et inscription

    Lire Ecouter Voir

    • Philanthropie, la voie de l’optimisme :  témoignage de Sophie Lacoste dans cette vidéo, aux côtés de Sabine de Soyres. 
    • Changeons de cadre : c’est le titre de cet article de la Fondation de France qui invite à réfléchir au cadre fiscal et juridique de l’intérêt général pour une meilleure prise en compte des spécificités associatives. 
    • La philanthropie dans un temps de chaos : ou apprendre à naviguer sans boussole dans un monde de forte turbulences. Lire l’article paru dans Défis Humanitaires.

    Actualités de la philanthropie Mars 2026

    Les actualités d'Un Esprit de Famille

    Les collectifs un Esprit de Famille : ce sont nos membres qui en parlent le mieux  !

    Découvrez notre vidéo de témoignages.

     

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    Ils nous ont rejoint !

    Bienvenue à :

    • Frédéric et Géraldine Bardeau, cofondateurs du fonds de dotation Join Forces, abrité Roi Baudoin, dont la mission est de soutenir la convergence, la coordination et la consolidation des associations et des ONG.
    • Christophe Winckler, fondateur du fonds de dotation La Poule Rousse dont les 4 piliers d’action sont : Encourager l’écologie – Préserver la biodiversité – Renforcer le lien social – Prévenir les exclusions

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    EVENEMENTS RÉSERVÉS A NOS MEMBRES

    ► Le 10 mars
    Webinaire : La gouvernance des petites et moyennes fondations / fonds de dotation – Bonnes pratiques et témoignages 

    • Avec le témoignage de Didier Berthelemot (Le Chant des Etoiles), Cyril et Margot Maury (Après-Demain), Fabrice Vernière (Horizons).
    • Echange animé par Marie-Stéphane Maradeix, Chaire innovation sociale de l’ESSEC.

    ► Le 24 mars
    Webinaire : Comment mieux accompagner les associations ? Du simple soutien au véritable partenariat.

    • Intervenants : Suzanne Chami, Directrice de l’Institut IDEAS, Danielle et Patrick de Giovanni, fondateurs du fonds DAPAT et de DAPAT Tisseurrs de lien, Philippe Mobbs, responsable associé du programme bénévolat de gouvernance de Passerelles et Compétences, Sandra Barba de l’association Vivre Femmes.
    • Echange animé par Stéphane Godlewski, co-délégué UEDF Sud et DG Fondaher.

    ► Le 26 mars
    Webinaire : Mieux comprendre l’Aide Sociale et en décrypter l’actualité

    • Intervenant : Cécile Fara, Break Poverty
    • Echange animé par Mariane Gay-Wibaux, présidente exécutive de la fondation Cassiopée.

    ► Le 7 avril
    Webinaire : Découverte des lauréats Acteurs de Terrain 2026

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    NOS CERCLES & GROUPES DE REFLEXION

    • Le Cercle Citoyenneté travaille sur des problématiques en lien avec le vivre-ensemble.
    • Le Cercle Culture co-finance un projet autour de la culture et du handicap en partenariat avec le Théâtre National de Bretagne.
    • Le Cercle Environnement est co-animé par le fonds Yes Futur et le fonds Astrolabe.
    • Le Cercle Handicap est animé par HappyCap foundation
    • Le Cercle Insertion est co-animé par la fondation Acome et la fondation Cassiopée. Il a pour but d’échanger et de soutenir des associations en France dans le domaine de l’insertion et de la réinsertion par le biais de la formation et l’accompagnement de publics défavorisés ou éloignés de l’emploi.
    • Le Cercle Vulnérabilité approfondit chaque trimestre un sujet.
    • Le Cercle Weber soutient collectivement des associations dans le domaine de l’éducation.
    • Le Groupe New Gen réunit la nouvelle génération de philanthropes dont les perceptions et les formes d’engagement peuvent différer de celles de leurs aînés.

    Les actualités des membres d'Un Esprit de Famille

    ►► NOS INTERVIEWS DE PHILANTHROPES EN ACTION

    Philanthropes en action #18 : Soutenir l’innovation sociale et les alliances éducatives, avec Dorothée et Olivier Camino, fondation Altitudes. 
    Découvrez leur interview

    Philanthropes en action #19 : Accompagner la grande vulnérabilité, avec Didier Berthelemot, fonds de dotation Le Chant des Etoiles.
    Découvrez son interview

    Philanthropes en action #20 : Promouvoir l’égalité des chances en faveur des filles et des femmes, avec Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière, fonds de dotation Horizon(s).
    Découvrez leur interview

    ► Pour la 18ème année, la Fondation Feuilhade lance un appel à candidatures pour le Prix de la Solidarité de Proximité©.
    Le thème 2026 est « l’entraide face à la maladie ». N’hésitez pas à partager si vous connaissez des petites associations qui travaillent sur ce sujet. 
    Date limite de réception des candidatures : Vendredi 1er mai 2026 à minuit.

    Les actualités de l'écosystème

    Institut IDEAS : lancement du MÉTHODO IDEAS, un outil en accès libre pour aider les associations, fonds de dotation et fondations à mettre en œuvre, en autonomie, les 90 pratiques de gouvernance, finance, pilotage et évaluation, du Guide IDEAS. 

    Sénat : création d’une Commission d’enquête sur les mécanismes de financement des politiques publiques par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé. Les auditions ont commencé en février 2026.

    France Générosités : décryptage de la loi de finance 2026.

    Lire Ecouter Voir

    Etude « Les temps de l’action philanthropique » 
    Réalisée par l’Observatoire Philanthropie & Société de la Fondation de France, cette étude met en lumière la diversité des approches adoptées par les fondations pour gérer différentes temporalités, entre soutien financier à court terme et action à long terme.

    Promouvoir l’égalité des chances en faveur des filles et des femmes, avec Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière, Horizon(s)

     Philanthropes en action #20

    « Pour faire progresser l’égalité des chances, il faut agir simultanément sur les représentations, les parcours et les organisations. »

    Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière, co-fondateurs du fonds de dotation Horizon(s)

      Notre réflexion de philanthropie a germé dans notre esprit à partir de fin 2021.

      Rapidement, nous avons imaginé d’associer nos enfants à ce projet. Pour leur parler de cette idée, nous avons saisi l’opportunité, en juin 2022, d’un voyage en famille avec nos deux filles, notre nièce et leurs conjoints. Nous leur avons proposé de participer à notre aventure philanthropique et leur avons exposé les raisons de ce choix, que chacun, chacune était libre d’accepter. Quelques mois plus tard, en avril 2023, nous avons choisi collectivement les causes que nous souhaitions soutenir.

      La première s’est imposée naturellement : les Troubles du Neurodéveloppement.
      Notre fille aînée, Léa, est dyspraxique et nous avons vécu à ses côtés les défis liés aux adaptations nécessaires, notamment dans son parcours scolaire mais aussi dans la vie quotidienne de la famille. Soutenir et aider les familles confrontées aux TND est ainsi devenu le premier pilier de notre engagement.

      La seconde cause est née d’un constat partagé.
      Les conjoints de nos filles et de notre nièce, tous trois professionnels du numérique, soulignaient, tout en le regrettant,  la faible présence de femmes dans leurs métiers. Un constat que nous avions également fait dans le monde de l’entreprise. De cette réflexion est née notre volonté d’agir pour l’égalité des chances des filles et des femmes, de l’éducation à la vie professionnelle.

      Nous avons ensuite créé le fonds de dotation Horizon(s) en décembre 2023. Après plusieurs mois de structuration (gouvernance, logo, site internet,etc…), nous avons lancé nos premiers appels à projets sur les deux causes en septembre 2024. Entre les deux, nous avons rejoint le collectif Un Esprit de Famille pour pouvoir partager notre expérience avec des « pairs».

      Dans votre parcours, vous avez été témoins d’inégalités hommes – femmes dans le monde de l’entreprise. Vous êtes par ailleurs parents de deux filles. Comment ces deux réalités – professionnelle et familiale – ont-elles convergé pour donner naissance au fonds Horizon(s) ?

      Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière :

      Le sujet de l’égalité femmes-hommes a toujours été central dans notre couple.

      Tous les deux Directeurs Financiers dans des entreprises de la Tech, nous avons veillé à organiser notre vie familiale et professionnelle de manière équilibrée. Cette logique d’équipe nous a d’ailleurs conduits à travailler au sein des mêmes entreprises sans difficulté. Nous avons naturellement transmis cette culture de l’égalité à nos deux filles. En leur rappelant qu’aucun métier ni aucune responsabilité n’est assigné à un genre, et que chacun doit pouvoir choisir librement sa voie.

      Voir aujourd’hui nos filles et notre nièce engagées dans leurs parcours professionnels et familiaux a renforcé notre conviction qu’il fallait agir plus largement. La création du fonds Horizon(s) s’inscrit dans la continuité de nos engagements personnels et professionnels.

      Nous avons abordé ce projet avec une ambition presque entrepreneuriale, tout en restant attentifs à préserver l’équilibre familial. C’est dans cet esprit que nous nous sommes faits accompagner afin de structurer notre démarche sans perdre ce qui en fait la force : sa dimension familiale.

      Le fonds Horizon(s) est une aventure philanthropique familiale. En quoi le regard et l’engagement de la nouvelle génération ont-ils influencé vos choix et vos actions ?


      Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière :

      Nous aimons parler de la place de nos “jeunes” au sens large. Le fonds est gouverné de manière pleinement collégiale. Nous sommes huit administrateurs, chacun avec le même droit de vote.

      Nous sommes des participants à la fois actifs et intéressés de voir comment les jeunes générations appréhendent les sujets de philantrophie.

      Passée la surprise de s’être vus proposer de participer à cette aventure, nous pouvons constater qu’ils ont tous maintenant intégré cette dimension dans leur quotidien.

      Pour les projets 2025, tous les dossiers ont été étudiés et notés individuellement. Puis un top 5 a été retenu avant une analyse approfondie en binômes et une validation collective. Le processus, très participatif, s’est révélé exigeant en temps.

      Pour 2026, nous avons fait évoluer l’organisation avec la création d’un comité de sélection, chargé d’identifier les projets prioritaires avant leur examen par des binômes dédiés.

      L’engagement de nos jeunes est réel. Mais leurs vies professionnelles et familiales sont naturellement prenantes. Nous sommes donc dans une phase d’ajustement, afin de construire ensemble une philanthropie familiale durable, équilibrée et fidèle à notre ambition commune.

      De la scolarité à la vie professionnelle, vous accompagnez les filles et les femmes tout au long de leur parcours long. Quels sont les leviers sur lesquels vous avez choisi d’agir en priorité, et pourquoi ?

      Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière :

      Les réponses à nos appels à projets nous ont confirmé qu’il fallait agir à plusieurs moments du parcours.

      Au-delà de l’orientation et de l’accès à l’emploi, il nous est apparu essentiel de traiter le sujet à la racine : les stéréotypes de genre, qui influencent très tôt les choix et les ambitions.

      Nous soutenons donc des actions dès l’école sur les représentations, puis au collège et au lycée pour favoriser notamment l’accès des filles au numérique.

      Nous accompagnons également des dispositifs de reconversion vers les métiers de l’informatique, ainsi que des initiatives promouvant l’entrepreneuriat et le leadership féminin.

      Concrètement, quels sont les projets que vous avez décidé de soutenir et comment viennent-il promouvoir l’égalité des chances en faveur des filles et des femmes ?

      Nous soutenons aujourd’hui six associations engagées en faveur de l’égalité des chances des filles et des femmes. Notre accompagnement peut être à la fois financier, ponctuel ou pluriannuel, et opérationnel, via du mécénat de compétences, y compris sur des sujets structurants.

      Nous accompagnons par exemple Becomtech dans son développement national, notamment sur le déploiement d’un CRM, et DesCodeuses dans le renforcement de son pilotage financier.

      Nous soutenons également Action’Elles sur un programme dédié au leadership et à l’entrepreneuriat féminin, ainsi que Les Pilotes sur un programme de rôle-modèles 100 % féminin.

      En amont, nous intervenons aussi sur la sensibilisation aux stéréotypes de genre, avec Pépite Sexiste et une initiative portée par la Région Normandie autour d’une fresque de la diversité de la mixité.

      Notre conviction est simple : pour faire progresser l’égalité des chances, il faut agir simultanément sur les représentations, les parcours et les organisations.

      Pour conclure, quels sont selon vous, les principaux enjeux pour faire réellement bouger les lignes ?

       

      Catherine Aiello Vernière et Fabrice Vernière :

      Nous sommes convaincus que soutenir des projets concrets qui luttent contre les inégalités de chances est indispensable. Chaque initiative compte et contribue à faire évoluer les trajectoires individuelles.

      Mais nous mesurons aussi que le véritable changement est sociétal. Il suppose d’agir en profondeur sur les stéréotypes de genre, sur les représentations, sur ce qui façonne très tôt l’idée que chacun se fait de sa place dans la société. C’est un travail de long terme, plus systémique, qui doit venir en complément des actions ponctuelles.

      Notre réflexion s’oriente aujourd’hui vers cette dimension : comment contribuer à ancrer durablement l’évidence que les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes accès au sport, aux métiers, aux fonctions, aux mêmes rémunérations, etc ?

      Faire que les filles et les femmes disposent des moyens de réaliser pleinement leurs aspirations au même titre que les hommes n’est pas seulement une question d’équité. Cela rendra notre société plus juste, plus innovante et plus équilibrée, où chacun peut déployer son potentiel.

      Nous croyons en la force du collectif.
      C’est à cette ambition que nous souhaitons contribuer, humblement mais résolument.

      Actualités de la philanthropie Février 2026

      Les actualités d'Un Esprit de Famille

      Par et pour ses membres.
      Faire plus, ensemble.
      Deux piliers au cœur de notre ADN !

      Chez Un Esprit de Famille, nous croyons en une philanthropie familiale incarnée, engagée et collaborative.

      Nos espaces d’échange et de partages d’expériences, nos actions de cofinancement et nos visites terrain permettent de nous inspirer et de renforcer l’impact de chacun.

      Cette dynamique et cette fierté d’appartenance sont les fruits de l’implication active de nos membres. Ils enrichissent notre action collective et nous encouragent à être toujours au plus près de leurs attentes.

      Et parce que ce sont nos membres qui créent ces collectifs, ils en sont les meilleurs ambassadeurs !

      Aussi, nous sommes très heureux de vous dévoiler notre dernière vidéo de témoignages.

      Un grand merci à tous, membres, mécènes, partenaires, de faire vivre cet esprit de famille qui nous unit !

      Toute l’équipe Un Esprit de Famille

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      Ils nous ont rejoint !

      Bienvenue à :

      • Christophe de Labrouhe, fondateur du fonds de dotation YRIX Education qui soutient le financement d’outils pédagogiques innovants, pour les enfants non francophones scolarisés en classes élémentaires.

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      EVENEMENTS RÉSERVÉS A NOS MEMBRES

      ► A Nantes, le 3 mars
      Rencontre : Comment mieux accompagner les associations ? 

      ► Le 10 mars
      Webinaire : La gouvernance des petites et moyennes fondations / fonds de dotation – Bonnes pratiques et témoignages 

      • Avec le témoignage de Didier Berthelemot (Le Chant des Etoiles), Cyril et Margot Maury (Après-Demain), Fabrice Vernière (Horizons).
      • Echange animé par Marie-Stéphane Maradeix, Chaire innovation sociale de l’ESSEC.

      ► Le 24 mars
      Webinaire : Comment mieux accompagner les associations ? Du simple soutien au véritable partenariat.

      • Echange animé par Stéphane Godlewski, co-délégué UEDF Sud et DG Fondaher.

      ► Le 26 mars
      Webinaire : Mieux comprendre l’Aide Sociale et en décrypter l’actualité

      • Intervenant : Cécile Fara, Break Poverty
      • Echange animé par Mariane Gay-Wibaux, présidente exécutive de la fondation Cassiopée.

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      NOS CERCLES & GROUPES DE REFLEXION

      • Le Cercle Citoyenneté travaille sur des problématiques en lien avec le vivre-ensemble.
      • Le Cercle Culture co-finance un projet autour de la culture et du handicap en partenariat avec le Théâtre National de Bretagne.
      • Le Cercle Environnement est co-animé par le fonds Yes Futur et le fonds Astrolabe.
      • Le Cercle Handicap est animé par HappyCap foundation
      • Le Cercle Insertion est co-animé par la fondation Acome et la fondation Cassiopée. Il a pour but d’échanger et de soutenir des associations en France dans le domaine de l’insertion et de la réinsertion par le biais de la formation et l’accompagnement de publics défavorisés ou éloignés de l’emploi.
      • Le Cercle Vulnérabilité approfondit chaque trimestre un sujet.
      • Le Cercle Weber soutient collectivement des associations dans le domaine de l’éducation.
      • Le Groupe New Gen réunit la nouvelle génération de philanthropes dont les perceptions et les formes d’engagement peuvent différer de celles de leurs aînés.

      Les actualités des membres d'Un Esprit de Famille

      ► Retour sur notre dernier Regard de Philanthrope avec Yann Bucaille-Lanrezac sur le thème « Entrepreneuriat à impact, quand la philanthropie nourrit l’innovation sociale. »
      > Synthèse des échanges ICI

      Philanthropes en action #18 : Soutenir l’innovation sociale et les alliances éducatives, avec Dorothée et Olivier Camino, fondation Altitudes. 
      Découvrez leur interview

      ► Le fonds Kiléma vient d’ouvrir Kiléma Le Lieu, café-librairie inclusif situé dans le 17ème à Paris, 24 avenue de la Porte de Clichy.

      ► Le fonds Nouveau Monde élargit son périmètre : il soutiendra désormais plus largement des pratiques de régulation émotionnelle et relationnelle au service du bien-être mental, tout en gardant comme socle la méditation de pleine conscience.

      Les actualités de l'écosystème

      ► CFF et Admical : vers une nouvelle entité
      Le 12 janvier dernier, les Conseils d’administration d’Admical et du CFF ont décidé « d’étudier la création d’une entité nouvelle, fondée sur une ambition commune : amplifier une dynamique durable, responsable et éthique de contribution à l’intérêt général, en s’appuyant sur la force du mécénat, de la philanthropie, des fonds de dotation et des fondations en France, au service d’un contrat social et écologique renouvelé. »

      ► Campagne La France qui (se) bat
      France Générosités et Le Mouvement Associatif lancent prochainement une campagne de communication grand public intitulée « La France qui (se) bat ».
      Son fil rouge : « Il y a au cœur de notre pays, un battement discret mais essentiel. Celui des associations, des fondations, des bénévoles, des citoyens qui agissent au quotidien.« 
      Son objectif : valoriser notre tissu associatif et mettre en avant l’urgence de le soutenir au service de l’intérêt général.
      Un Esprit de Famille s’y associera en relayant les messages et actions menées.
      >> Si vous souhaitez plus d’informations et contribuer à son financement, contactez Laurence Lepetit, déléguée générale France Générosités : llepetit@francegenerosites.org

      ► 20 ans de l’Institut IDEAS
      Le 28 janvier dernier, l’Institut IDEAS – Un Esprit de Famille appartenant à son Collège de membres associés – célébrait son anniversaire autour d’une table ronde intitulée : « Démocratie, de battre son cœur va-t-il continuer ? »

      Lire Ecouter Voir

      • Documentaire « Le Projet » soutenu par la fondation Hippocrène : ce film permet aux jeunes de revisiter de manière pédagogique les heures les plus sombres de l’histoire, à travers le témoignage d’Izio Rosenman, rescapé d’un camp de concentration, et sa rencontre avec un professeur d’histoire et ses élèves. 

      Accompagner la grande vulnérabilité, avec Didier Berthelemot, Le Chant des Etoiles

       Philanthropes en action #19

      « Au Chant des Etoiles, nous essayons de nous interroger en permanence sur le sens du mot accompagnement. »

      Didier Berthelemot, cofondateur du fonds de dotation Le Chant des Etoiles

        15 ans d’engagement sur la grande vulnérabilité…

        Créé il y a 15 ans par Brigitte et Didier Berthelemot, Le Chant des Étoiles est un fonds de dotation qui travaille sur la grande vulnérabilité. Il est recentré aujourd’hui sur 3 axes principaux : l’humanisation de la fin de vie, la grande précarité et la réinsertion de sortants de prison.

        Depuis 2010, le fonds a soutenu plus d’une cinquantaine d’associations, privilégiant les structures de petite ou moyenne taille, parfois des « startups associatives ».

        Son approche ? Un accompagnement sur le long terme, un financement affecté presque exclusivement aux frais de structure, et une philosophie guidée par trois questions clés :

        • Que signifie vraiment le mot « accompagner » ?
        • Faut-il « faire plus » ou « faire mieux » ?
        • Ce qui ne se mesure pas peut-il avoir de la valeur ?

        À travers cette interview, Didier Berthelemot partage les origines de son engagement, ce que lui apporte le collectif Un Esprit de Famille, la vision de sa contribution aux enjeux du secteur associatif.

         

        Qu’est-ce qui est à l’origine de votre engagement ?

        Didier Berthelemot :

        Notre engagement est le résultat conjugué d’une réflexion avec mon épouse Brigitte, d’engagements associatifs antérieurs et d’une envie profonde : soutenir des associations qui agissent au plus près de personnes particulièrement vulnérables. Je suis conscient que ce mot peut être perçu comme un peu vague. Mais si je prends l’exemple de la fin de vie, chacun comprendra que c’est le moment de l’ultime vulnérabilité.

        Aujourd’hui, nous avons recentré l’action du fonds autour de 3 axes : humanisation de la fin de vie, grande précarité, et soutien à la désistance, qui désigne le processus de réinsertion et sortie de la délinquance. Nous cherchons aussi à être présents auprès d’associations qui aident d’autres associations, par exemple sur les sujets de gouvernance, d’accès aux ressources digitales.

        Le nom « Chant des Etoiles » vient d’un poème de Victor Hugo : c’est la toute fin de  « Booz endormi », merveilleux poème que je vous engage à lire… Avec une correction orthographique puisque le Champ des Etoiles de Hugo devient le Chant des Etoiles. Comme le suggérait Véronique en préparant cet interview, peut-être est-ce une façon, par ce chant, de donner une voix à ceux que l’on n’entend pas…

        Trois éléments me semblent importants pour décrire ce que nous tentons de faire :

        • Le premier, c’est nous questionner en permanence sur le sens du mot accompagnement.
        • Le deuxième, c’est une attention maximale pour bien comprendre la mission sociale.
        • Le troisième, c’est s’interroger sur la mesure de ce que l’on soutient. Tout est-il mesurable ?


        Crédit photo : milan-ivanovic-unsplash

        Vous êtes membre Un Esprit de Famille depuis plusieurs années, que vous apporte ce collectif ?

        Didier Berthelemot :

        Il y a toujours un danger de travailler « en silo », chacun étant tellement concentré sur ses priorités qu’on oublie une chose toute simple : on est plus intelligent à plusieurs !

        Un Esprit de Famille a été pour moi – et est toujours – un formidable espace de partage, de bienveillance, de questionnement, de travail en commun.

        Chaque année, nous sommes plus nombreux, et c’est bien. Mais l’important, c’est que les intentions initiales des fondateurs sont toujours là : écouter, partager, agir.

        Quelle est votre vision de l’accompagnement des associations ?

        Didier Berthelemot :

        Au Chant des Etoiles, nous essayons de nous interroger en permanence sur le sens du mot accompagnement et d’abord sur son origine. Je ne suis pas latiniste mais une des origines plausibles, c’est que le mot pourrait venir de « ad cum panem » : aller vers, être avec, apporter du pain.

        Ad, aller vers…

        Depuis l’origine, le Chant des Etoiles va vers les associations, en tout cas s’efforce de le faire.  Pour les associations soutenues depuis 15 ans, je pense que, le plus souvent, c’est nous qui avons fait le premier pas.

        Nous identifions et nous travaillons une thématique. Nous allons voir une association après ce travail préalable, quand nous pensons qu’il y a pertinence, que nous pouvons apporter un soutien financier, mais pas que cela.
        Cette démarche d’aller vers est constitutive, je pense, du Chant des Etoiles. Pas de site internet, peu de visibilité, mais une veille permanente.

        Aller vers les associations qui, elles-mêmes, vont vers les personnes les plus en fragilité.

        Cum, être avec…

        Ça veut dire quoi, être avec ?

        C’est une forme de disponibilité sur le long terme. Nous accompagnons longtemps, parfois pendant 10 ans. Nous apprenons à bien nous connaître. Nous allons sur les lieux où les associations agissent. Nous passons du temps à comprendre la mission sociale.

        Notre question clé est : de quoi avez-vous besoin ?
        Ce n’est pas que nous puissions tout faire, mais c’est l’association qui, mieux que nous, sait ce dont elle a besoin.

        J’observe que le champ de la discussion évolue beaucoup avec le temps. En année 1, nous allons parler principalement du budget. En année 3 ou 4, nous sommes beaucoup plus centrés sur la mission, et c’est plus important.

        Être avec, c’est aussi répondre présent à des moments difficiles.
        Nous n’avons pas de baguette magique, mais nous essayons d’être disponibles et à l’écoute.
        Le fait de bien se connaitre, de travailler sur la confiance est pour nous essentiel. Que l’association sache ce que nous pouvons faire, et ce que nous ne ferons pas.
        Nous nous interrogeons souvent sur ce que nous pouvons mettre en place pour aider une association « en crise ». Par exemple l’accès à des ressources externes, un diagnostic « flash », un point stratégique…

        J’ai la chance d’être entouré par des personnes très expérimentées et engagées :  Camille Agopian, Déléguée Générale, et Jean-Marie Destrée qui vient maintenant en soutien de Camille, pour quelque temps, avec sa longue et profonde expérience.

        Panem, le pain…

        Je termine enfin par le Panem, le pain. On pourrait l’appeler d’un autre nom, pour évoquer le volet financier du soutien. Le pain que l’on partage, le pain qui nourrit. Je n’en dis pas plus.

         

        Que pensez-vous de l’injonction fréquente faite aux associations, à savoir toujours plus de croissance ?

        Didier Berthelemot :

        Au bout de 15 ans de compagnonnage avec les associations, nous avons eu le temps de réfléchir à cette question, à cette tension permanente : une association doit-elle faire toujours plus parce que les besoins sont là, pressants ? 

        Ou, de temps en temps, ne faut-il pas ralentir et se poser la question du « faire mieux » à la place de « faire plus » ?

        Parfois, les deux sont possibles. Pas toujours, je dirais même : pas souvent.

        Nous sommes dans un monde où il y a une pression, presque une obligation de « passer à l’échelle », d’augmenter constamment le nombre des bénéficiaires.

        Dans certains cas c’est parfaitement légitime et justifié. Dans d’autres cas, il nous est arrivé de demander à une association : « Et si on appuyait un peu sur le bouton pause ? »

        La pression financière est commune à toutes les associations. Elles peuvent être amenées à répondre à un appel à projet pas tout à fait dans le champ habituel de leurs compétences, ce qui les oblige à tordre un peu leur mission. Et même de temps en temps leur vision. Quand nous le pouvons, quand la confiance réciproque est là, nous essayons de travailler avec l’association sur son « cœur de mission », sur ce qu’elle fait mieux que les autres. Nous l’aidons à se recentrer, parfois avec un regard tiers, comme un consultant en stratégie.

        Consacrer de l’énergie et du temps pour une meilleure compréhension de la mission sociale me parait être une nécessité toujours plus forte.

        A contre-courant de ce qui est souvent dit, vous posez une question intéressante : « Ce qui ne se mesure pas peut-il avoir de la valeur ? »

        Didier Berthelemot :

        Cette question peut sembler un peu décalée, hors sol, inutile.

        Nous sommes dans un monde où la mesure d’impact traverse l’ensemble des associations et des fondations. Le financeur souhaite -légitimement- savoir quel est l’impact de son don. L’association veut mesurer son efficacité, ses résultats, tant pour elle-même que pour ses soutiens financiers.  Mais est-ce toujours possible et est-ce toujours pertinent ?
        Chaque association doit-elle nécessairement passer par la mesure d’impact ?

        Notre sujet « cœur », c’est l’accompagnement de fin de vie. Comment mesurer l’impact sur cette thématique ?

        Ce qui peut se quantifier (ex : le nombre de visites), n’a aucun intérêt. La guérison, ce n’est plus possible.

        Les accompagnants, les personnes engagées en soins palliatifs utilisent souvent l’expression :   « on ne peut pas rajouter des jours à la vie, mais on peut rajouter de la vie aux jours ».

        Une association que nous soutenons depuis longtemps s’appelle « Être là ». Tout est dit.
        Ce sujet peut faire peur ; il suscite des débats parfois houleux, des prises de position tranchées et opposées.
        Pourtant, bénévoles et soignants sont acteurs et témoins chaque jour de ce que peut apporter à la personne en fin de vie la culture palliative : écoute, prise en charge de la douleur, accompagnement jusqu’au bout dans cette ultime vulnérabilité.

        Je profite de cette prise de parole pour témoigner mon admiration et ma reconnaissance envers à tous ceux, médecins, soignants, bénévoles, accompagnants familiaux, qui, chacun à leur place, accompagnent et humanisent les fins de vie.

        Leur impact n’est probablement pas mesurable. Pourtant, ce qu’ils donnent est, à mes yeux, infiniment précieux. 
        Ce sera mon mot de la fin…

        Un Esprit de Famille
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