Fête annuelle du 16 septembre 2019

La 7ème fête de rentrée d’UEDF à l’Institut de France rencontre un franc succès.
Elle a rassemblé plus de 150 acteurs de l’écosystème de la philanthropie privée en France.

Après l’allocution du Chancelier, Monsieur Xavier Darcos, encourageant au développement de la philanthropie, Sabine Roux de Bézieux, notre présidente, a présenté les enjeux et défis de la philanthropie familiale et privée en France et les perspectives d’UEDF.

La Financière de l’Echiquier lauréate du grand prix de la philanthropie

A l’occasion du Grand Forum du Patrimoine de Gestion de Fortune, Investissement Conseils et Profession CGP, le 11 juin dernier au Palais des Congrès, le Grand Prix de la Philanthropie – catégorie Sociétés de Gestion – a été décerné à La Financière de l’Echiquier. Créé par le Groupe Ficade, ce Grand Prix de la Philanthropie vise à mettre en avant les meilleures collaborations entre mécènes du monde de la finance et fondations.

Le Grand Prix de la Philanthropie récompense l’engagement philanthropique de La Financière de l’Echiquier et l’action de la Fondation en faveur des personnes en difficulté sociale ou professionnelle. Pour rappel, la Fondation est financée par un mécanisme de partage des frais de gestion de trois fonds d’investissement ainsi que par des dons externes.

Dirigée par Bénédicte Gueugnier, la Fondation a trois axes d’intervention : l’éducation, l’insertion et la lutte contre la grande exclusion. Elle a notamment créé les Maisons des Jeunes Talents, en 2010, qui offre un hébergement gratuit et un accompagnement individualisé à des étudiants boursiers admis en classes préparatoires aux grandes écoles à Paris.

Le prix est constitué d’un trophée, d’une campagne de communication multimédia et d’un article publié dans l’un des trois magazines du Groupe Ficade, pour une valeur totale de 27.000 euros.

« Cette belle distinction nous encourage à poursuivre notre action de solidarité, qui fédère les collaborateurs de l’entreprise et démontre que finance peut rimer avec bienveillance » a déclaré Bénédicte Geugnier, Directrice de la Fondation Financière de l’Echiquier.

Petit déjeuner du 15 mai 2019

Plus de quarante membres et invités se sont retrouvés chez Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP pour échanger sur le thème « Numérique et inclusion ».

4 associations présentent leurs approches de la lutte contre l’exclusion au travers d’initiatives s’appuyant sur le numérique dans le monde de la culture, de l’insertion, de la formation et de l’accompagnement de SDF.


Micro-Folie présentée par Didier Fusillier, président de l’Établissement public du parc et de la grande halle de la Villette.

Plate-forme de diffusion de contenus culturels au service des territoires, permettant d’amener la culture sous forme digitalisée et ludique aux citoyens.

www.micro-folies.com

Les plombiers du numérique présentée par Florian du Boys, fondateur.

Dispositif d’insertion de jeunes adultes descolarisés dans les métiers des infrastructures numériques

www.lesplombiersdunumerique.org

Digital Académie présentée par Soazig Gros, fondatrice.

Dispositif de lutte contre le décrochage post-bac, regroupé en tiers-lieux d’apprentissage à plus de 1000 formations diplomantes

digit.ac

Entourage présenté par Jean-Marc Potdevin, fondateur.

Réseau social d’entraide aux personnes de la rue, regroupant 62.000 membres, et favorisant l’échange, l’aide et la générosité.

www.entourage.social

Petit déjeuner 19 mars 2019 : L’environnement, bien plus qu’une affaire d’écologie !

Une quarantaine de membres et invités se sont réunis à la Banque Transtlantique pour échanger avec les fondations d’Un Esprit de Famille actives dans le domaine de l’Environnement.

Les 3 thèmes suivants ont été abordés :
Biodiversité, protéger tout le vivant, protéger l’Homme :
  • Fondation de la Mer, Sabine Roux de Bézieux
  • Fondation Ensemble, Jacqueline Délia Brémond
La Nature au service des plus fragiles :
  • Fondation Lemarchand, Cybèle de Brem
  • Fonds de dotation Green Link, Dominique du Peloux
Développement durable, favoriser une économie compatible avec notre milieu naturel :
  • Fondation FAMAE, Louis-François Saumon

 

Liste des participants au petit déjeuner

 

Petit déjeuner 8 janvier 2019 :
Accueil des nouveaux membres & Nos Tops et nos Bofs

Une cinquantaine de membres et invités concernés par la philanthropie familiale se sont réunis à la Société Philanthropique le 8 janvier 2019.
Deux temps forts pour notre première rencontre de l’année : la présentation des nouveaux membres 2018 et le partage de nos Tops et nos Bofs.

 

Qui sont nos nouveaux membres en 2018 ?

Ce premier petit déjeuner de l’année fut l’occasion d’accueillir et de présenter les dix nouveaux membres qui nous ont rejoint en 2018. Nous mettons en place cette année un système de parrainage de nos nouveaux membres afin de les accompagner au sein d’Un Esprit de Famille.

Chaque nouveau membre, introduit par son parrain, à répondu à ces trois questions :

  1. La création de votre structure philanthropique : avec qui avez-vous crée votre fonds ou fondation ? en quelle année ?
  2. Votre action : à qui vous adressez vous ? quel est votre enjeu sociétal ? votre projet phare ?
  3. Quelles sont vos attentes, vos motivations en rejoignant Un Esprit de Famille ? Comment pouvez-vous vous investir ?

Les dix nouveaux membres accueillis en 2018 sont :

  • Fonds Hoppenot pour des rêves et des projets : Félicité Hoppenot parrainée par Sabine Roux de Bézieux
  • Fonds Art, Culture et Patrimoine : Garance Bernard parrainée par Sabine Roux de Bézieux
  • Fonds Transmission Lab : Nadia Nardonnet parrainée par Sabine Roux de Bézieux
  • Fondation Gérondeau : Marie-Laure Irion de Verdalle parrainée par Tessa Berthon
  • Fonds de dotation Bourdais : Jean-Claude Bourdais parrainé par Tessa Berthon
  • Fonds Vauban : Sophie de Salaberry parrainée par Tessa Berthon
  • Fondation EduClare : Evelyne et Robert Vignon parrainés par Bénédicte Gueugnier
  • Fondation Famae : Eric Philippon parrainé par Dominique du Peloux
  • Fondation Moral d’Acier : Cyrille Duval parrainé par Dominique Riché
  • Fondation en cours de création : Laurent Bataille parrainé par Patrick Bertrand

Certaines pages de présentation et trombinoscopes sont en cours de réalisation. Pour les contacter d’ici là, vous pouvez vous adresser à Anne-Sophie de Lataillade (as.delataillade@unespritdefamille.org – 06 11 40 79 00)

Nos Tops et nos Bofs

Les Tops et les Bofs : témoignages et échanges de bonnes pratiques

“Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends” disait Nelson Mandela.
Réussites et difficultés se suivent et ne se ressemblent pas, tant dans notre organisation interne qu’avec les projets que nous soutenons.
Les membres d’Un Esprit de Famille ont témoigné de leurs Tops et leurs Bofs, ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien, et échangé sur les solutions mises en place pour y remédier.

Bénédicte Gueugnier, Fondation La Financière de l’Echiquier

  • Top : la joie de la rencontre avec les associations. La Bergerie de Berdine loge les cabossés de la vie. J’y ai organisé un séminaire d’entreprise dans lequel les rôles ont été inversés : les résidents sont devenus chez d’équipe et vise versa. Une rencontre de deux mondes éloignés mutuellement enrichissante !
  • Bof : Les déconvenues sur la facturation des projets soutenus. Nous versons 15 K€ à l’association Le Ricochet pour l’achat d’un véhicule neuf. La facture tarde et après plusieurs relances recevons deux factures de véhicules d’occasion achetés avant notre financement pour un montant global de 7 K€. Notre demande de remboursement reste sans suite. Cette déconvenue nous a permis de mettre en place une nouvelle procédure : 80 % du financement se fait sur devis et nous exigeons une facture conforme pour le versement du solde.

Didier Berthelemot, Le Chant des Etoiles

  • Top : la création d’un collectif sur le thème de la fin de vie. Avant 7 ou 8 associations cohabitaient, se connaissaient mais ne se parlaient pas. Aujourd’hui, ce collectif se réunit une fois par mois et cela fait avancer les choses.
  •  La contribution à faire émerger 3 start-up : Visitatio, Pole Phoenix, et Wake Up Café
  • Bof : La difficulté de toucher le grand public sur le sujet de la fin de vie. Il est difficile de trouver les mots pour que ce sujet déborde des cercles qui sont déjà convaincus.

Patrick Bertrand, Fondation Blancmesnil

  • Top : La 3eme génération vient de rejoindre conseil d’administration. Cela a demandé du temps ; la création a été fondée il y a 20 ans et la question de l’intégration des générations a toujours été au cœur de nos préoccupations.
  • Initier et coordonner un collectif d’associations sur une thématique a un poids énorme. C’est un jeu majeur des fondations familiales. Ensemble ils osent des actions collectives et ont impact supérieur, notamment auprès des pouvoirs publics.
  • Bof : Ne pas avoir réussi à faire passer l’idée que les associations ont besoin d’être portées sur leurs frais de fonctionnement.

Isabelle Bouzoud, Fondation Brageac

  • Top : Aider les associations à trouver d’autres financements ou à se mettre en relation sur des sujets communs.
  • Bof : Les conflits entre cousins qui apportent des associations ne répondant pas aux prérequis de présenter des budgets corrects. Pour y remédier, nous avons mieux établi et diffusé nos critères de sélection.

Cyril Maury, Après demain

  • Top : Après 5 ans d’existence, nous avons décidé pour nous professionnaliser et d’embaucher une d’une déléguée générale à mi-temps. Ma belle-fille Alexia s’est portée candidate et ses compétences ont été validées auprès d’un cabinet de recrutement. Cela lui apporte une vraie légitimité, au-delà d’être de la famille.
  • Les associations apprécient qu’on se déplace pour les rencontrer. Gardons du temps pour les rencontrer et travailler les dossiers, c’est aussi important que le financement.
  • Bof : Nous avons refait notre site internet sur lequel nous avons décidé de nous exposer pour partager notre engagement et donner à d’autres l’envie de s’engager dans la philanthropie familiale. C’est à la fois une fierté de chacun des administrateurs de faire partie de la fondation mais pas forcément de l’assumer avec l’extérieur. Il faut que l’on travaille sur le rapport à l’argent.

Crama du Boÿs, Impala Avenir

  • Top : La rencontre des bénéficiaires. Il ne faut pas l’attendre car parfois il n’y a aucun retour. En revanche, on a parfois la chance d’échanger avec les bénéficiaires et de voir comment on a pu changer sa vie et son avenir avec nos petits moyens.
  • Dans le cadre de Maison des Marraines, personnes sans abri et en particulier les jeunes filles qui sortent de l’aide sociale à l’enfance, nous avons réussi à faire œuvrer ensemble différentes associations pour aider les jeunes dans leurs parcours de réinsertion.
  • Bof : En ayant une fondation on peut vite être catalogué et étiqueté.
  • Bien analyser les projets nécessite du temps mais est indispensable. Je rentre du Sénégal où un magnifique château d’eau a été financé par une association espagnole dans une région sans eau.

Eric Vincent : Acteur de mon avenir

  • Top : Le montant des dons de la famille reste inchangé cette année malgré la suppression de l’ISF.
  • Bof : Je cherche depuis 2 ans à repasser ma fondation à une autre fondation ou association pour reprendre l’activité et les fonds associés. Nous intervenons dans 5 établissements de région parisienne pour accompagner des jeunes de 3e à terminale à réussir en voie professionnelles (250 jeunes et 10 coachs par an)

Elisabeth Terrien, CAJJED

  • Top : Aller sur le terrain. A l’occasion de l’inauguration d’un collège de 500 élèves financé par plusieurs partenaires à laquelle 1000 personnes ont participé. L’impact sur le terrain est plus large que ce que nous avions imaginé. Nous avons servi d’intermédiaire entre les partenaires pour faciliter la circulation de la parole.
  • Bof : Nous avons besoin de rechercher de fonds auprès de partenaires mais cela pousse à être créatif.
  • L’implication de la famille en dehors du CA est parfois frustrante. On a le sentiment que cela n’avance jamais assez vite. Il faut se rappeler qu’on avance à notre rythme, et qu’on est dans une mission à long terme.

Dominique du Peloux, Fonds Green Link

  • Bof : Séduits par les projets de certains projets, nous avons parfois sous-estimé les questions de transmission au sein de l’association, et donné trop vite. Nous aurions dû faire travailler les associations sur leurs questions de transmission avant de leur donner de l’argent.
  • Top : Trouver de l’innovation dans le monde social qui passe par beaucoup de bon sens et des idées parfois toutes simples. Par exemple, Territoire zéro chômeur qui recycle des indemnités chômage versées à des personnes qui ne travaillent pas et d’en faire des salaires pour des gens qui travaillent.
Liste des participants

Afin de favoriser les échanges entres les membres d’Un Esprit de Famille, nous vous invitons à cliquer sur la Liste des membres et invités présents

Petit déjeuner 8 novembre 2018 : Mesure d’impact

La mesure d’impact, tout le monde en parle. Mais concrètement, comment l’appliquer ?

Le 8 novembre 2018, une trentaine de fonds et fondations membres d’Un Esprit de Famille se sont réunis autour de quatre intervenants aux profils variés. Interviewés par Sabine Roux de Bézieux, ils ont partagé leurs expériences et répondu aux interrogations des membres.

Un académique : Kévin André, cofondateur de Kawaa et expert associé à la Chaire entrepreneuriat social de l’Essec.
Kévin André, cofondateur de Kawaa et expert associé à la Chaire entrepreneuriat social de l'Essec,

D’un point de vue académique, il existe trois manières d’aborder l’étude d’impact :

  1. approche philosophique : D’un côté, de nombreux économistes considèrent que le développement humain ne peut être mesuré. De l’autre, ce qui n’est pas mesuré n’existe pas. Sans céder à la “mythologie du chiffre”, comme disait Edgar Morin, l’Indice de Développement Humain doit être mesuré pour faire exister les valeurs sociales à côté des valeurs financières. L’IDH est parfaitement imparfait mais néanmoins nécessaire.
  2. approche méthodologique : Il existe de nombreuses méthodes adaptées à chaque stade d’avancement et d’enjeu stratégique :
    • d’abord le contrôle quantitatif pour comprendre le besoin auquel au répond,
    • puis lorsque le projet financé est très mur, une approche de randomisation par groupes de comparaisons et d’échantillonnage,
    • et entre les deux, la méthode classique de suivi par indicateurs pour comprendre la rentabilité sociale du projet, et une approche de monétarisation pour mesurer le coût évité (SROI).
  3. approche stratégique : La mesure d’impact challenge la raison d’être de l’entreprise et l’oblige à se poser la question de son utilité.

Vous avez fondé une entreprise sociale : une mise en pratique concrète de ce vous avez enseigné à l’Essec pendant des années ?

Kawaa est une start up qui se propose de préserver et développer le lien social dans un monde de plus en plus numérique qui paradoxalement nous connecte mais ne nous relie pas. Notre enjeu est d’abord de stabiliser notre modèle économique et nous mettons pour l’instant de côté la mesure d’impact. En revanche, en tant qu’entreprise sociale, il nous faudra bien se prouver à nous même, à la société, et à nos investisseurs qu’on est utiles au regard de cet sujet sociétal.

Une praticienne : Emeline Stievenart, directrice associée de Kimso, cabinet de stratégie et impact social.
Emeline Stievenart, directrice associée de Kimso, cabinet de stratégie et impact social

Concrètement, comment faire simple et utile quand on a un projet ?

  • Avec un porteur de projet :
    • On commence par une phase de cadrage descriptive et qualitative : se projeter dans la restitution des résultats et clarifier la raison pour laquelle on va se lancer dans une démarche d’impact social qui est chronophage et coûte cher.
    • Ensuite on clarifie les parties prenantes et les effets attendus : comprendre qui sont les bénéficiaires, leurs besoins et la valeur ajoutée de la solution apportée (renforcer ces structures, améliorer leur capacité à lever des fonds, à se professionnaliser).
    • Ce rapport qualitatif est nécessaire mais pas suffisant; il faut mettre en place un indicateur quantitatif. Comme on a rarement les moyens de mener des études lourdes avec des groupes de comparaison, on reste dans le pragmatisme avec des enquêtes auprès des bénéficiaires ou la comparaison des résultats avec les statistiques disponibles. La question centrale de l’impact social : en quoi on a vraiment été utile ? A qui on aurait manqué si on avait pas été là ? Vigilance : toujours se demander si les changements que vivent nos bénéficiaires sont vraiment dus à nous ou à d’autres facteurs.
  • Avec des fondations (financeurs) au travers de 3 exemples :
    • Les fondations d’entreprise qui co-construisent un projet avec une association peuvent évaluer l’impact de ce collectif d’actions entre les différentes parties prenantes (bénéficiaires et collaborateurs).
    • De plus en plus de fondations financent les études d’impact pour les associations ou les aident à s’outiller pour qu’elles soient autonomes dans leur mesure d’impact.
    • D’autres fondations financent des formations pour les porteurs de projets qui agissent sur une même thématique (Sida, précarité energétique) avec la richesse que représente l’échange de pratiques.

Combien coûte une étude d’impact, quel est le montant minium ? Une étude d’impact externe mobilisant les consultants d’un cabinet de conseil coûte autour de 20 000 €. On réduit le coût en outillant et formant les associations.

On cherche avant tout à éviter la déception du “rapport sur étagère” dû aux processus de décision pas toujours rationnels en politique et dans l’entreprise.

Et deux membres d’Un Esprit de Famille :

L’une représente une approche quantitative qui consiste à mettre en oeuvre une mesure qui vise à améliorer en permanence

et l’autre qui a une approche plus qualitative qui est de développer un projet et de montrer que ça marche pour que ça puisse être ensuite être déployé de manière plus large, voire nationale, avec éventuellement le soutien des pouvoirs publics.

 

Eléonore de Lacharrière, déléguée générale de la Fondation Culture & Diversité

Hélène Vareille, fondatrice et présidente de The Vareille Foundation, projet “Un violon dans mon école”.

 

Éléonore de Lacharrière, déléguée générale de la Fondation Culture & Diversité

Culture & Diversité est une fondation d’entreprise familiale, Fimalac, créée, dirigée et détenue entièrement par Marc de Lacharrière il y a 12 ans avec comme mission l’accès aux arts et à la culture pour les jeunes des milieux modestes. La réflexion sur l’évaluation s’est posée dès sa création.

Nous avons développé des programmes de démocratisation culturelle sur lesquels nous avons décidé de ne pas faire d’évaluation en tant que telle (progression des résultats scolaires, différence entre filles et garçons). Nous avions envie d’axer notre action sur le plaisir et l’épanouissement des jeunes qui participaient à nos programmes avec un postulat de partage de valeurs culturelles. En tant que financeur, nous n’avons aucun objectif de réplication de prise en main par les pouvoirs publics et donc pas d’obligation d’évaluer.

Par contre, sur nos programmes d’égalité des chances, de suivi individualisé de jeunes pour les amener vers des études et une vie professionnelle culturelle, nous avons mis en place dès le départ une évaluation totalement systématisée, chaque année avec les mêmes questions, ce qui nous a permis pour les 10 ans d’agglomérer toutes ces évaluations. Cette évaluation en 360 est un formidable outil de conduite du changement qui permet année après année d’améliorer nos programmes et de les orienter vers les besoins réels des bénéficiaires.

Je suis plutôt très critique sur les évaluations en particulier dans le domaine de la culture et dans les fondations d’entreprise :

  • Dans le domaine de la Culture, le manque ou le trop d’évaluation fait dire n’importe quoi : “nous avons emmené des jeunes en très grande difficulté à Versailles, il ont vu le beau et leur vie a été transfigurée” ou “des études montrent que par 1€ mis dans l’atelier théâtre au lycée on réussirait mieux son bac, on réussirait son premier entretien d’embauche car on saurait mieux parler, on ne serait pas au chômage, on ne deviendrait pas dealer, on irait pas en prison et on coûterait beaucoup moins à la société”.
  • Les fondations d’entreprise ont de plus en plus besoin de chiffres car ce qui n’est pas comptabilisé n’existe pas. Elles ont à justifier de l’argent qui va à la fondation et pas à la participation, à l’augmentation de salaire, aux actionnaires. Cette montée de l’évaluation engendre une double dérive :
    • Les sommes alloués à l’évaluation sont croissantes et souvent disproportionnées par rapport aux sommes mises sur les programmes.
    • La diminution de la prise de risque et la convergence des financements vers les grosses associations qui ont déjà eu plusieurs évaluations et sur lequel le risque est limité car tous les autres y sont allés.

Dans ce contexte, les fondations familiales ont un rôle important à jouer pour toute une frange des associations qui peinent à percevoir des financements car elles ne sont pas en mesure d’assurer l’évaluation et la minimisation du risque. Un bon projet n’est pas forcement celui dont l’évaluation montre que les bénéfices sont bons.

Hélène Vareille, fondatrice et présidente de The Vareille Foundation, projet "Un violon dans mon école".

Notre fondation, crée en 2014, est exclusivement familiale. Dès le début, nous étions polarisés sur le bon usage de notre financement et l’évaluation de nos actions pour obtenir un résultat utile.

Le décrochage scolaire est un fléau : En France 100.000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme ; le coût total pour la société d’un décrocheur scolaire est estimé à 230.000 € (étude BCG/MENJVA, 2012, rapport final 2016). La pratique d’un instrument a un impact scientifiquement prouvé dans les progrès des enfants.

Le projet majeur de la Fondation, « un violon dans mon école » est un programme d’enseignement intensif du violon à l’école. Il permet aux enfants de 4 à 8 ans, situés dans des zones défavorisées de développer de nombreuses capacités d’apprentissage fondamentales pour l’acquisition efficace des connaissances et la prévention du décrochage scolaire.

En chiffres : à la rentrée 2018, près de 900 enfants bénéficient du programme au sein de 8 écoles (4 en France et 4 en Suisse). À plein régime, dès 2020, ces 8 écoles représenteront un contingent de 1600 enfants qui pratiquent le violon.

La mesure d’impact fait partie intégrante du projet. Nous avons mis en place une évaluation sur le long terme et de manière systématique avec des groupes de comparaison d’enfants du même quartier et de la même tranche d’âge pour comprendre les changements.

Notre démarche s’appuie sur des projets de recherche en lien avec les neurosciences. Elle est justifiée par cet enjeu de changement d’échelle et par la conviction d’être dans un enjeu de politique publique.