Tandem pour l’intérêt général : Brageac et TouPi

 Philanthropie familiale et associations : ENSEMBLE pour l’intérêt général

5 questions pour 1 tandem :
Isabelle Bouzoud (fondation Brageac)
Marion Aubry (association TouPi)

Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir TouPi ?

Isabelle Bouzoud, co-fondatrice de la fondation Brageac  :

Nous avons été particulièrement impressionnés par la qualité de l’équipe, leur connaissance approfondie des besoins, droits et démarches à accomplir pour les parents d’enfants handicapés, la pertinence de la proposition (ligne d’écoute, webinaires, cafés-parents), leur compétence reconnue par les instances officielles. Tout cela permet à TouPi de proposer son expertise pour aider les parents et aidants d’enfants handicapés dans ce qui est un véritable parcours du combattant.

Qu’est-ce qui fait la force de votre partenariat avec la fondation Brageac ?

Marion Aubry, co-fondatrice de TouPi :

Le partenariat de TouPI avec la fondation Brageac s’appuie sur des valeurs communes de solidarité, de transparence, d’écoute.
Lorsque nous avons présenté notre projet à la fondation Brageac, nous nous sommes senties écoutées. Certains mécènes plus institutionnels choisissent sur dossier les associations qu’elles soutiennent. La fondation Brageac a pris le temps de nous rencontrer : non seulement Isabelle et Anne, mais aussi tout le comité de la fondation, et notamment Marc qui nous a accordé du temps après le comité.
La fondation Brageac nous a aussi fait un retour sur nos forces et nos points de vulnérabilité. Auparavant, que notre projet soit retenu ou pas par un mécène, nous manquions de retour sur les raisons pour lesquelles notre projet était choisi ou pas. Le retour que nous a fait la Fondation Brageac était très important pour nous, pour consolider notre projet mais aussi pour mieux comprendre le regard que d’autres mécènes peuvent porter sur notre projet.

Qu’avez-vous appris au contact de cette association ?

Isabelle Bouzoud, co-fondatrice de la fondation Brageac :

Nous avons constaté que malgré des moyens financiers modestes, ceux-ci étaient bien calibrés et adaptés à leur structure, légère et agile. Cette volonté de rester centrés sur la mission qu’ils se sont fixée sans volonté d’essaimage leur permet de ne pas disperser leurs ressources humaines comme financières.

Pouvez-vous donner un exemple de ce que ce soutien a rendu possible ?

Marion Aubry, co-fondatrice de TouPi :

Le soutien de la fondation Brageac permet à TouPI de consolider ses actions d’accompagnement des parents et aidants d’enfants et d’adultes handicapés. Sur les 5 premiers mois de l’année 2026 :
• nous avons répondu à près de 600 parents et aidants sur leurs droits et démarches liés au handicap : c’est 23% de plus que l’année précédente
• nous avons organisé 3 webinaires et formé 160 parents sur leurs droits en tant qu’aidants
Un exemple très concret de notre impact : nous avons aidé Charlotte à récupérer une prestation qui lui avait été injustement supprimée en raison de son congé maternité. Comme elle le dit elle-même, cette prestation, « ce n’est pas juste un complément, c’est ce qui a permis à mon fils de devenir autonome, c’est ce qui m’a permis de garder ma place au sein de la société, c’est aussi ce qui m’a permis de conserver une activité professionnelle ».


Quelles sont les clés du succès de votre tandem ?

Isabelle Bouzoud, co-fondatrice de la fondation Brageac:

Notre relation est basée sur un contact très transparent, une qualité d’écoute et des échanges ainsi qu’une grande confiance de part et d’autre.

Marion Aubry, co-fondatrice de TouPi :

L’une des clés du succès de notre tandem est qu’il s’inscrit dans la durée.
La fondation Brageac, qui a accepté de nous soutenir en 2024, a compris que notre besoin de financement n’était pas immédiat, notre budget 2025 étant bouclé. Elle a suggéré que nous affections son don à nos projets 2026. Nous avons d’autant plus apprécié cette flexibilité que cela nous a permis, lors de nos recherches d’autres financements pour 2026, de montrer que nous avions déjà une partie du financement de nos projets qui était sécurisé, ce qui est rassurant pour d’autres financeurs.
L’équipe de la fondation Brageac s’est rendue disponible chaque fois que nous l’avons sollicitée. La plupart des autres mécènes qui nous avaient accompagnés jusque-là étaient plus institutionnels et comme ils ne nous finançaient que pour une année, la relation s’arrêtait après la remise du bilan écrit de fin de projet. Prendre le temps de construire une relation est précieux pour TouPI car nos projets s’inscrivent dans le temps long.

Accompagner les jeunes et les femmes en grande précarité vers l’autonomie. Avec Crama et Florian du Boÿs, Impala Avenir

 Philanthropes en action #22

« Donner les clés de l’autonomie à celles et ceux qui en sont le plus éloignés, telle est l’ambition d’Impala Avenir. »

Crama et Florian du Boÿs, fondateurs d’Impala Avenir

    A la fois fonds de dotation, fondation familiale abritée et association, Impala Avenir monte des projets d’autonomisation en faveur des jeunes les plus précaires en France. Impala Avenir soutient également des projets de développement social et économique en Afrique subsaharienne et en Haïti.

    Quel a été le déclic de votre engagement philanthropique et votre parcours de vie a-t-il influencé vos choix ?

    Crama et Florian du Boÿs :

    Depuis toujours, nous soutenions financièrement des associations qui œuvraient pour l’autonomie des bénéficiaires, l’éducation ou l’entrepreneuriat. Nous avions également une sensibilité particulière, du fait de notre histoire, vis-à-vis de la situation des populations dans les pays les moins développés.

    Lors de la cession de notre entreprise en 2014, il nous a semblé naturel de consacrer une partie du produit de la vente à des causes qui nous tenaient à cœur en créant un fonds de dotation et une fondation abritée chez Caritas, dont l’objet est le soutien de projets français et internationaux d’autonomisation. Assez rapidement, nous avons souhaité nous investir personnellement et avons créé l’association Impala Avenir Développement pour héberger les dispositifs développés par nous-mêmes en France.

     

    « La Maison des Marraines » a fêté ses 7 ans. Pourquoi l’avoir créée et à qui s’adresse-t-elle ?

      Crama du Boÿs :

      J’avais à cœur d’œuvrer sur la problématique du sans-abrisme des femmes.

      En 2018, je mène une étude de terrain auprès des structures existantes et découvre une réalité alarmante : le nombre croissant de jeunes femmes en grande précarité, notamment celles sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

      Ces jeunes, souvent livrées à elles-mêmes dès 18 ans – parfois 21 ans dans les rares cas de prolongement – se retrouvent sans filet de sécurité. Les foyers de jeunes travailleurs, quand ils sont accessibles, ne suffisent pas à combler leurs besoins. Pire, je constate que la plupart des solutions se limitent à un logement inconditionnel, sans accompagnement global pour les guider vers l’autonomie, l’emploi ou la reconstruction personnelle

      Face à ce constat, j’imagine un modèle différent : un accompagnement humain, personnalisé et durable, capable de briser l’isolement et de restaurer la confiance en soi.

      Au départ, le dispositif s’adressait aux jeunes en sortie sèche de l’ASE.  Plus tard, j’ai élargi à l’ensemble des jeunes femmes en précarité de logement. Mais nous faisons le constat que 50% de nos bénéficiaires ont eu un parcours ASE à un moment donné de leur vie.

      Les jeunes, mises à l’abri, se projettent et rejoignent l’autonomie en 8 mois en moyenne.

      Photo : Impala Avenir

       

      Concrètement, comment « La Maison des Marraines » soutient les femmes sans abri ?

      Crama du Boÿs :

      Selon une étude de l’INED (Institut National d’Études Démographiques), environ 40 % des personnes sans abri sont des femmes. Parmi elles, nombreuses sont celles qui ont moins de 25 ans. Elles ne peuvent pas légalement bénéficier du RSA et sont particulièrement vulnérables. L’une des clés essentielles pour aider ces femmes à trouver le chemin vers l’autonomie est la sécurisation du logement.

      La maison des marraines est un accompagnement global, sur mesure de chaque jeune femme qui comprend 5 piliers :

      • Un logement sécurisé pris en charge par Impala Avenir, pour leur permettre de se poser et de réfléchir sereinement à leur avenir.
      • Un accompagnement social et professionnel réalisé par un partenaire local, afin de définir son projet de vie et lever les freins périphériques.
      • Un suivi renforcé par une responsable territoriale (salariée de l’association), qui la suit tout au long du parcours et s’assure qu’elle met tout en œuvre pour aller vers l’autonomie
      • Le soutien bienveillant et le lien affectif d’une marraine ou d’un parrain
      • Des ateliers pour favoriser son autonomie et son bien être (culturel, sportif, coaching…).

      La marraine (ou le parrain) apporte la chaleur humaine et l’ouverture, une vision différente des autres acteurs du dispositif. Elle s’adapte aux besoins et aux souhaits de la jeune femme.

      Vos Dispositifs « Les Plombiers du Numérique » et « Les Geeks du Bâtiment » s’appuient sur des métiers en tension. Quelles sont leurs spécificités et comment facilitent-ils l’accès à l’emploi ?

      Florian du Boÿs :

      Leur objectif commun est en effet de faciliter l’accès à l’emploi mais aussi à des formations diplômantes sur des métiers méconnus et qui ont des besoins importants.

      Les programmes Plombiers du Numérique (insertion dans les métiers des infrastructures numériques – fibre optique, datacenter) et Geeks du Bâtiment (insertion dans les métiers du bâtiment) ont été pensés afin de permettre une insertion professionnelle rapide et durable pour des candidats sans diplôme ni expérience.

      Sur des métiers attractifs et en tension, nous montons des parcours en partenariat avec les entreprises. Ces parcours sont basés sur trois piliers :

      • remise à niveau,
      • apprentissage du geste technique,
      • stages.

      La délégation de la gestion de nos programmes à des acteurs associatifs locaux permet un essaimage rapide du dispositif, tout en continuant à en assurer le contrôle.


      Photo : Impala Avenir

      Quelles sont les clés de succès de vos différents programmes ?

      Crama et Florian du Boÿs :

      L’ADN de l’association Impala Avenir repose sur un principe fort : concevoir nos projets en partenariat avec des acteurs locaux, qui maîtrisent parfaitement leur écosystème et dont l’engagement est total.

      Par ailleurs, la méthodologie d’Impala Avenir permet une duplication efficace sur tout le territoire national avec des ressources humaines et financières limitées.

      Enfin, L’utilisation d’outils de reporting centralisés (comme Airtable) permet un suivi précis des indicateurs (taux de sorties positives, profil des bénéficiaires) et une amélioration itérative des programmes.

      Avez-vous quelques chiffres qui illustrent l’impact de vos actions ?

      Crama et Florian du Boÿs :

      • La Maison des Marraines a hébergé et accompagné plus de 300 jeunes femmes au niveau national 5 villes), avec plus de 70% de sorties positives. La durée d’accompagnement est en moyenne de 8 mois. Pour 3700 euros en moyenne, les jeunes femmes deviennent autonomes (logement de droit commun et rémunération).
      • Les Plombiers du Numérique a permis d’accompagner 1750 jeunes avec 78% de sorties positives sur 15 territoires et 3 métiers, et les Geeks du Bâtiment, 1000 candidats avec 80% de sorties positives sur 40 territoires.

      Nous nous assurons personnellement de l’impact de nos dispositifs en assurant la collecte des informations auprès des bénéficiaires pendant et après leur passage dans nos dispositifs.


      Photo : Impala Avenir

      Pour conclure, quels sont les défis majeurs pour les années à venir, et comment comptez-vous les relever ?

      Crama et Florian du Boÿs :

      Concernant la maison des marraines, nous remettons régulièrement en question le dispositif en l’adaptant aux constats relevés. Notre développement territorial est un défi important qui ne doit pas remettre en cause la qualité de l’accompagnement individuel, sur mesure et global de chaque jeune.

      Sur l’insertion professionnelle, le désengagement financier de l’Etat constitue la principale menace de programmes comme les nôtres. La réalité est que sans entreprise, il n’y a pas d’insertion possible.

      Le seul moyen de pérenniser et de développer nos dispositifs passe par l’engagement de la société civile et de plus en plus d’entreprises. En particulier, les fondations privées, leur capacité à innover financièrement et à comprendre les enjeux économiques sont des partenaires essentiels pour nous.

      Favoriser le bien-être est fondamental. Avec Gabriel Pacheco, Nouveau Monde

       Philanthropes en action #21

      « Favoriser le bien-être est fondamental.
      Pour davantage d’équilibre intérieur et de solidarité dans la société. »

      Gabriel Pacheco, fondateur du fonds de dotation Nouveau Monde

        Quel a été le déclic de votre engagement philanthropique et pourquoi avoir créé un fonds de dotation familial ?

        Gabriel Pacheco :

        Mon moteur est de rendre à la société ce qu’elle m’a donné.

        J’ai été boursier tout au long de ma scolarité, et d’une certaine manière, j’ai conscience d’avoir été aidé et accompagné par le système méritocratique français.

        Je me sens aussi très privilégié d’avoir eu cette belle réussite entrepreneuriale et financière alors il me semble normal de contribuer en retour à l’échelle sociétale.

        Le fonds de dotation Nouveau Monde, avec l’aide d’une petite équipe opérationnelle, me permet de contribuer à l’intérêt général tout en dirigeant le réseau immobilier SAFTI que j’ai co-fondé il y a plus de 15 ans.

        La dimension familiale du fonds de dotation vient de la proximité avec mes frères et sœurs. J’avais envie de partager ce pan de ma vie avec eux et je les remercie d’avoir accepté de prendre part à cette aventure philanthropique ! Elle résonne beaucoup avec leur engagement : ma sœur est professionnelle de santé, mon frère dans la restauration végane et mon beau-frère a longtemps évolué dans l’agroécologie. J’ai aussi eu envie d’associer à cette belle action Sandra Françonnet, mon associée depuis plus de 20 ans et avec qui j’entretiens une relation de grande confiance.

        Votre fonds était initialement consacré au développement de la méditation. Pourquoi avoir élargi son champ d’action au bien-être mental ?

        Gabriel Pacheco :

        Le nom Nouveau Monde a toujours été pour moi la référence à un nouveau paradigme, un monde où les gens seraient davantage en harmonie avec eux-mêmes et donc avec les autres.

        Depuis le début de ce projet, la méditation nous apparaît comme un outil efficace de bien-être. Nous ne sommes pas les seuls à le penser : le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU que nous soutenons est en train de déployer à grande échelle dans son personnel une formation massive à la pratique de la méditation de pleine conscience afin d’encourager plus de clarté et de résilience dans ses rangs.

        Ma propre pratique méditative m’a beaucoup aidé au cours de ma carrière d’entrepreneur. Elle a contribué à mon ancrage, me permet de voir les choses plus clairement, d’être dans la relation avec les autres… C’est un facteur d’équilibre et de performance. Je pense vraiment que la méditation peut aider tout un chacun à être plus heureux dans sa vie et à apporter sa pierre à l’édifice.

        Mais après 2 ans d’accompagnement de projets basés sur le développement de la pratique de la méditation pleine conscience, nous avons compris sur le terrain qu’il existait d’autres pratiques tout aussi pertinentes pour améliorer le bien-être mental des personnes.

        Nous avons donc élargi la mission du fonds de dotation pour soutenir la diffusion de pratiques de régulation émotionnelle et relationnelle, principalement auprès des jeunes et des plus vulnérables.

        Scholavie, qui développe le bien-être et la réussite scolaire à l’école grâce aux compétences psychosociales, ou Propolis, qui utilise l’art du récit pour soigner des jeunes atteints de douleurs chroniques, en sont des exemples parmi d’autres que nous soutenons depuis le début d’année 2026.


         © Crédit photo : Propolis

         

        Vous dites que le bien-être mental est fondamental. Qu’est-ce qui freine aujourd’hui son accessibilité ?

        Gabriel Pacheco :

        Le bien-être mental est une composante essentielle de la santé, définie par l’OMS comme un état complet de bien-être total et pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité. Il est essentiel partout, tout le temps, pour chaque individu et pour vivre en société.

        Mais certains n’ont pas conscience qu’il y a des pratiques qui peuvent les aider à aller mieux. Ils n’ont pas connaissance de leur simplicité et de leur impact. Il y a parfois une forme de déterminisme, un manque d’ouverture à d’autres manières de vivre, notamment dans les milieux d’affaire ultra cartésiens. C’est aussi pour beaucoup un sujet de moyens, car on n’apprend pas à l’école à trouver son équilibre intérieur.

        Pour que des pratiques préventives soient largement diffusées, il manque également une prise de conscience collective des coûts de santé publique qu’elles permettent d’éviter.

        Notre budget annuel de l’ordre d’un million d’euros par an représente déjà un bel engagement. Mais les besoins sont immenses et nous ne sommes que peu de financeurs sur les questions de prévention en matière de bien-être mental.

        Beaucoup de projets ciblent les jeunes. Pourquoi en avoir fait une priorité ?

        Gabriel Pacheco :

        Les jeunes, c’est l’avenir de notre société. Un jeune sur 4 présente des symptômes de dépression : il est donc important d’aider au mieux cette population particulièrement exposée qu’il s’agisse de stress, d’éco anxiété, de problématiques relatives aux réseaux sociaux…

        C’est pour cela que nous avons soutenu des groupes de parole pour jeunes éco-anxieux et que nous sommes partenaires de l’Hôpital Robert Debré à Paris pour prévenir le risque de rechute suicidaire chez l’enfant et l’adolescent grâce à une thérapie basée sur la méditation de pleine conscience.

        Découvrir des ressources pour s’équilibrer dès le plus âge permet de mieux traverser la vie, ses crises individuelles et collectives, avec davantage de robustesse. Quand on comprend la polycrise vers laquelle nous tendons, il apparaît très urgent de considérer les questions de régulation émotionnelle et relationnelle des jeunes.

        Comment le « prendre soin » s’applique dans votre relation aux associations ?

        Gabriel Pacheco :

        Dans une relation d’accompagnement que nous souhaitons qualitative et personnalisée, Nouveau Monde est vraiment une ressource clé à destination des associations pour les aider, pour œuvrer à leur développement, pour accompagner et soutenir leurs représentants.

        Je pense à titre d’exemple aux ateliers collectifs proposés sur différentes thématiques comme les RH ou la communication, au cycle de Co-Développement entre dirigeants associatifs ou aux missions flashs destinées à aider les associations sur des sujets opérationnels.

        Très rapidement, nous avons souhaité créer et développer une communauté Nouveau Monde. Cela passe notamment par la proposition d’un événement annuel, célébration collective d’une journée ou plus chaque mois de septembre.


        Photo : Evénement annuel avec les associations

         

        Pouvez-vous nous citer quelques projets coup de cœur que vous avez soutenus ?

        Gabriel Pacheco :

        Nous avons soutenu 24 associations depuis 2024. Certaines de façon ponctuelle, d’autres dans la durée, une partie sur des montants conséquents et d’autres sur des soutiens plus modestes selon le niveau de besoin et de maturité de chaque structure.

        L’exemple le plus évocateur pour moi est certainement celle de l’association qui amène la pratique de l’attention en classe dans les quartiers prioritaires. De cette initiative émane actuellement une nouvelle structure dédiée au bien-être mental en milieu digital, Euneos.

        Les Eclaireuses et Eclaireurs de la Nature sont également emblématiques. Il s’agit d’un scoutisme autour de la proximité avec la nature, son respect et la méditation de pleine conscience grâce à des temps spirituels laïques de grande qualité.


         © Crédit photo : Eclaireuses et éclaireurs de la nature

        L’association Des enfants et des arbres qui renforce l’autonomie et la confiance des élèves en leur faisant planter des arbres à grande échelle sur des exploitations agricoles, est aussi un projet que j’aime beaucoup car il reconnecte les enfants à la terre, les agriculteurs aux écoles, le savoir à l’expérience.


         © Crédit photo : Jean-Luc Perreard 

         

        Pour conclure, comment voyez-vous les défis majeurs du bien-être mental des prochaines années et comment souhaitez-vous y répondre ?

        Gabriel Pacheco :

        En se projetant vers l’avenir il y a évidemment beaucoup de défis, en France et ailleurs. Avec Nouveau Monde, nous voulons y répondre avec beaucoup d’enthousiasme, d’envie de faire, d’aider, d’accompagner… Bref, d’apporter notre pierre à l’édifice !

        Nous ne sommes qu’au début de l’aventure, le fonds est en activité depuis à peine 3 ans et il y a encore énormément de choses à développer. Nous lançons d’ailleurs notre premier appel à projets à l’été 2026 pour identifier des pépites qui prennent soin du bien-être mental des jeunes et des plus vulnérables.

        J’espère du fond du cœur que davantage de philanthropes vont s’intéresser à ce sujet du bien-être mental car il est central pour atténuer les violences et mieux vivre ensemble.

         

         

        Tandem pour l’intérêt général : Anyama et France Répit

         Philanthropie familiale et associations : ENSEMBLE pour l’intérêt général

        5 questions pour 1 tandem :
        Audrey Schmitt (fondation Anyama) et Laure de la Cotardière (France Répit)

        Qu’est-ce qui vous a convaincu Anyama de soutenir France Répit ?

        Audrey Schmitt, fonds de dotation Anyama :

        L’enjeu des proches aidants représente un défi sociétal et démographique majeur, malheureusement souvent invisibilisé. Ce qui nous a immédiatement convaincus chez France Répit, c’est la pertinence de leur modèle et leur capacité à penser le répit de manière globale, en intégrant les dimensions médicale, psychologique, sociale et environnementale.

        Au sein d’Anyama, nous sommes particulièrement attentifs au lien entre la santé et la nature. France Répit a su démontrer que l’environnement et les espaces d’accueil jouent un rôle thérapeutique fondamental pour les familles épuisées. D’autre part, nous avons été marqués par la solidité de leur vision stratégique et leur volonté de fédérer divers acteurs de terrain pour transformer durablement l’accompagnement des aidants.

        Qu’est-ce qui fait la force de votre partenariat avec Anyama ?

        Laure de la Cotardière, France Répit :

        La force de notre partenariat réside dans sa dimension globale et dans la posture singulière qu’adopte Anyama. Nous ne sommes pas dans une relation asymétrique entre un mécène et un bénéficiaire, mais dans une véritable dynamique de collaboration.

        Anyama comprend les réalités du terrain et accepte de s’engager sur le temps long, ce qui est rare et précieux. Le conseil d’administration d’Anyama et son équipe opérationnelle s’impliquent activement à nos côtés à travers un accompagnement extra-financier qui s’adapte à nos besoins. Ce soutien intellectuel nous offre un espace de réflexion sécurisant.

        C’est un partenariat exigeant mais qui respecte notre identité et notre propre rythme de développement institutionnel.

        Qu’avez-vous appris au contact de cette association ?

        Audrey Schmitt, fonds de dotation Anyama :

        Au contact de France Répit, nous avons compris qu’un soutien purement financier, s’il est indispensable, reste insuffisant pour garantir la pérennité d’un projet de cette envergure. Cela a renforcé notre conviction quant à l’importance de l’accompagnement extra-financier. Chez Anyama, nous essayons de nous positionner non plus comme de simples financeurs, mais comme de véritables partenaires, capables d’apporter une expertise en matière de gouvernance, de ressources humaines ou de structuration juridique.

        Pouvez-vous donner un exemple de ce que ce soutien a rendu possible ?

        Laure de la Cotardière, France Répit :

        Le soutien d’Anyama a été déterminant dans une phase charnière de notre évolution. Plutôt que de financer exclusivement des projets visibles du grand public, Anyama a accepté de soutenir notre structuration interne, un besoin vital mais souvent très difficile à faire financer. Leur appui nous a permis de consolider notre équipe et d’améliorer nos outils de gestion et de communication.


        Quelles sont les clés du succès de votre tandem ?

        Audrey Schmitt, fonds de dotation Anyama :

        La confiance mutuelle, l’exigence et la notion de temps long. Notre partenariat repose sur un dialogue transparent, où les difficultés peuvent être abordées sans crainte.

        Pour une fondation familiale, la clé n’est pas nécessairement d’apporter des montants colossaux, mais d’intervenir au bon moment et sur les bons leviers. Un financement ciblé, même modeste, couplé à un appui stratégique, offre un effet de levier considérable. Nous acceptons de financer ce qui est souvent délaissé par les subventions classiques : le fonctionnement, la structuration interne et le temps de coordination.

        C’est cette acceptation du risque structurel et cette volonté de construire une vision partagée, dans un cadre exigeant mais bienveillant, qui font aujourd’hui la réussite de notre tandem.

        Laure de la Cotardière, France Répit :

        La transparence, la proximité et la capacité d’adaptation. Avec Anyama, nous avons la liberté de partager nos doutes, nos vulnérabilités et nos ajustements stratégiques sans craindre de remettre en cause notre financement. Cette honnêteté intellectuelle est la clé de voûte de notre relation.

        De plus, la souplesse inhérente à une fondation familiale leur permet d’ajuster leur soutien à nos besoins réels, plutôt que de nous imposer un cadre rigide. Ils ont compris qu’une aide financière, même lorsqu’elle n’est pas assortie de montants démesurés, devient extrêmement puissante dès lors qu’elle est ciblée et assortie d’un accompagnement extra-financier.

        C’est cette alliance entre agilité, soutien structurel et exigence partagée qui garantit la pérennité de notre action commune.

        Tandem pour l’intérêt général : Tout Pour Etre Heureux et Plus Fort

         Philanthropie familiale et associations : ENSEMBLE pour l’intérêt général

        5 questions pour 1 tandem à 3 :
        Jérôme Adam (fondation Tout Pour Être Heureux), Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie (association Plus Fort)

        Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir Plus fort ?

        Jérôme Adam, fondateur de la fondation Tout Pour Être Heureux  :

        Plus Fort est une pépite pour laquelle nous avons eu un gros coup de cœur.

        Depuis 17 ans, l’association agit pour renforcer la santé mentale, prévenir les comportements à risques et favoriser la réussite éducative et sociale, avec déjà 100 000 enfants et adolescents accompagnés et 2 000 adultes formés.

        Depuis neuf ans, elle déploie le programme « Plus forts ensemble » auprès des 6-11 ans, en mobilisant à la fois les professionnels de l’enfance, les parents et les enfants à l’échelle d’un quartier, entendu comme une école et son environnement. Cette approche systémique, encore rare, permet une action en profondeur et durable. Les professionnels formés deviennent autonomes et peuvent déployer le programme, notamment s’ils viennent à changer de quartier. Enfin, son impact se mesure aussi à son appropriation par les familles : il est aujourd’hui demandé par les parents eux-mêmes, et pas seulement par les écoles.

        Qu’est-ce qui fait la force de votre partenariat avec Tout pour être heureux ?

        Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie co-directrices de l’association Plus Fort :

        La force de notre partenariat repose avant tout sur une confiance solide et une réelle liberté d’action accordée par la Fondation, qui nous permet de déployer nos initiatives au plus près du terrain.

        Nous partageons également une vision profondément commune : placer l’humain, l’éducation et le bien-être mental au cœur de chaque action.

        Grâce à ce socle, Plus Fort peut intervenir avec précision et pertinence, en s’appuyant sur une connaissance fine des besoins et des réalités vécues par les enfants, les familles et les professionnels de l’éducation à Marseille.

        Qu’avez-vous appris au contact de cette association ?

        Jérôme Adam, fondateur de la fondation Tout Pour Être Heureux  :

        Pendant deux ans, j’ai sillonné la France avec le film documentaire « Tout pour être heureux ? », à travers plus de 150 ciné-débats réunissant 18 000 spectateurs. Au-delà du constat alarmant sur notre jeunesse (un jeune sur quatre en situation de vulnérabilité psychique), j’ai mesuré le rôle clé des programmes de développement des compétences psychosociales (CPS) pour prévenir les comportements à risque (harcèlement, addictions…) et favoriser la réussite des jeunes. Encore insuffisamment soutenus en France, ces programmes sont souvent portés soit par le champ de la santé, soit par celui de l’éducation.

        L’association Plus Fort se distingue en créant un véritable pont entre ces deux univers, habituellement cloisonnés. La permanence psychologique intégrée au programme « Plus forts ensemble » en est une illustration forte : elle renforce la prévention, accompagne les jeunes et leurs familles, et favorise un dialogue essentiel entre éducation et santé.

        Pouvez-vous donner un exemple de ce que ce soutien a rendu possible ?

        Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie co-directrices de l’association Plus Fort :

        Ce soutien nous a permis de répondre concrètement aux besoins exprimés par les familles du quartier Belle de Mai à Marseille, en déployant le programme « Plus Fort ensemble ». Porté par les psychologues de l’association sur trois ans, ce dispositif vise à renforcer les compétences psychosociales des enfants.

        En complément du soutien de la Cité éducative, l’appui de la Fondation nous permet aujourd’hui d’accompagner l’ensemble de l’école Cadenat ainsi que le centre social Belle de Mai.

        Au total, ce sont 400 enfants et leurs familles, ainsi que 30 professionnels, qui bénéficient de cet accompagnement structurant.


        Quelles sont les clés du succès de votre tandem ?

        Jérôme Adam, fondateur de la fondation Tout Pour Être Heureux :

        S’il ne fallait en retenir qu’une, ce serait l’alignement parfait entre la mission de la fondation et le programme « Plus forts ensemble »

        Ce programme couvre en effet les trois piliers d’intervention de la fondation :

        1. Le jeune, avec ses terrains de vulnérabilité : stress, angoisse, troubles…
        2. Son environnement, notamment ses deux premiers cercles de socialisation : la famille et l’école)
        3. Ses connaissances sur les comportements à risque et le développement de ses compétences psychosociales : confiance en soi, liberté de jugement, sécurisation affective.

        A cela s’ajoute une relation fondée sur une confiance et une transparence totale, aussi bien dans nos réussites que dans nos difficultés.
        Enfin, une conviction partagée : lorsque l’impact est là, il faut savoir rester agile. Éviter les lourdeurs inutiles pour concentrer l’énergie là où elle compte vraiment.

        Guénaëlle Pérelle et Sandrine Lamétairie co-directrices de l’association Plus Fort :

        1. Une vision commune forte
          Nous partageons la même ambition : agir simultanément et concrètement pour le mieux-être des enfants, des parents et des professionnels.
        2. Une complémentarité naturelle
          L’association Plus Fort apporte l’ancrage terrain, la proximité et la connaissance des besoins. La fondation apporte les moyens, la structuration et la capacité à donner de l’ampleur aux actions.
        3. Une relation de confiance
          Au fil du temps, nous avons construit une collaboration fluide, fondée sur l’écoute, la transparence et le respect des rôles de chacun.
        4. Une capacité à co-construire
          Les idées, les projets et les réussites ou les déceptions sont partagés, ce qui renforce le sentiment d’unité et d’utilité.

        En résumé, Notre succès repose sur un bel équilibre : des valeurs communes, des forces complémentaires et une relation humaine authentique.