Jean-Jacques Aillagon : « Il faut garantir aux citoyens une part de responsabilité dans l’intérêt général »

La loi du 1er relative au mécénat, aux associations et aux fondations, dite « loi Aillagon », est le texte fondateur du mécénat et de la phlanthropie « à la française ». Jean-Jacques Aillagon s’est adressé en visioconférence le 3 juin aux membres d’Un Esprit de Famille : il a rappelé les contexte et les principes essentiels de cette loi et a exprimé ses espérances pour l’avenir de la philanthropie et de la culture.

 

Le contexte de la loi de 2003

« J’avais dirigé des établissements culturels, comme le Centre Pompidou, et mesuré à quel point la loi n’était pas incitative pour les soutenir financièrement.

Etant alors ministre de la Culture, j’avais cependant conscience que la loi ne devait pas encadrer seulement le mécénat culturel mais embrasser toute la philanthropie : la recherche médicale, la solidarité, la santé, l’alimentation d’urgence… tout ce qui concerne le développement de l’intérêt général.

J’ai souhaité aussi que les dispositions fiscales de la loi soient d’une très grande simplicité, d’où le choix de la réduction d’impôt plutôt que la déduction d’impôt. Le taux universel de réduction était de 60 %. Ce taux pour les particuliers a été porté à 66 %, ce qui est bénéfique mais s’éloigne de la simplicité initiale. »

                                          Biographie

Ancien ministre de la Culture sous la présidence de Jacques Chirac, Jean-Jacques Aillagon avait, auparavant, dirigé les Affaires culturelles de la Ville de Paris et présidé le Centre Pompidou. Il a, depuis lors, présidé TV5 Monde, installé la collection Pinault à Venise et dirigé Palazzo Grassi, présidé le Château de Versailles et les Arts décoratifs. Jean-Jacques Aillagon est, depuis 2014, président de la mission pour l’inscription de Nice sur la Liste du patrimoine mondial. Il est également conseiller de François Pinault dans ses activités artistiques et culturelles et directeur général de la Collection Pinault.

Les principes fondateurs de la loi de 2003

« Je n’ai cessé de vouloir affirmer certains principes :

  • le mécénat ne doit pas être « la jambe de bois » d’un Etat ou de collectivités publiques défaillants ; il ne justifie pas le désengagement budgétaire de l’Etat : les actions d’initiative privée sont légitimes à côté des actions publiques ;
  • il faut garantir aux citoyens une part de responsabilité dans l’intérêt général. Nous avions imaginé que seul l’Etat était garant de l’intérêt général, avec les collectivités publiques ; or, il appartient à chacun d’entre nous et aux entreprises de prendre une part de responsabilité, dans une fondation, une association, la participation à un parti politique… Une entreprise ou un individu n’aurait pas suffisamment de discernement pour évaluer de façon incontestable ce qui appartient à l’intérêt général ? C’est une façon de penser que je trouve incompatible avec la démocratie.
  • Le mécénat n’est pas une niche fiscale : il y a une part de générosité pure dans les dons, la loi invite les citoyens à payer un impôt supplémentaire, une sorte de don gratuit. Celui qui ne donne rien dépense toujours moins que celui qui donne. »
A propos des fondations familiales

« Les fondations familiales sont l’expression d’une des structures qui constituent la société. La famille a semblé se déliter au cours des dernières décennies. Or, on s’aperçoit que, dans des périodes de crise comme celle que nous vivons, elle fait office de socle protecteur. La famille est un cadre de stabilité, constitutif de nos sociétés. Il faut donc lui reconnaître ce rôle, et d’autant plus quand elle déploie des solidarités à l’extérieur d’elle-même à travers une fondation au service de l’intérêt général. »

L’évolution du mécénat et de la philanthropie 

Sabine Roux de Bézieux, Présidente d’Un Esprit de Famille : Un Esprit de Famille a entrepris une démarche de plaidoyer pour « la Fondation du 21e siècle » : une refonte des statuts des fondations vers plus de simplification et de souplesse. Croyez-vous des évolutions possibles ?

 Jean-Jacques Aillagon : la création des fonds de dotation, au statut très souple, a démontré que des évolutions importantes sont possibles. Il y a là un grand enjeu politique qui mérite un engagement fort de la part du gouvernement. La loi des finances 2020 a plafonné à 2 millions d’euros la capacité de mécénat des grandes entreprises. On essaie de raboter plutôt qu’encourager cette grande chance qu’est le mécénat pour la société… En 2003, le Président Jacques Chirac était lui-même très engagé. Aujourd’hui, l’Etat manque d’une doctrine et d’une vision globale de la philanthropie et de son avenir.

L’évolution de la culture après le confinement 

Tessa Berthon, deléguée générale d’Un Esprit de Famille : je m’adresse à l’homme de culture, comment voyez-vous l’évolution des entreprises culturelles après la crise dramatique qu’elles viennent de vivre ?

Jean-Jacques Aillagon : l’activité culturelle s’est quasiment interrompue pendant le confinement mais la culture ne s’est pas arrêtée. Chacun de nous a continué à exister en tant qu’être culturel. Une formidable créativité a émergé. Nous nous tournons vers l’Etat et les collectivités locales pour qu’ils prennent la mesure du problème, qu’ils financent la réouverture et la remise en fonctionnement des entreprises culturelles.

Coronavirus : UEDF se mobilise

Coronavirus : UEDF se mobilise

 

UEDF s’engage en faveur d’associations et de fondations qui oeuvrent pour ceux qui sont directement ou indirectement les plus touchés par le Covid-19 : maladie, solitude, précarité, éducation…

   

SynLab

SynLab accompagne les enseignants, les cadres et les formateurs à développer leurs potentiels

Contact : Florence Rizzo

Site web : Synlab

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L’arrêt du système éducatif, lié à la guerre sanitaire actuelle, aura des répercussions principalement pour les enfants issus des familles les plus défavorisées, ceux qui ont le plus besoin de leurs professeurs. Il y a donc un besoin urgent de répondre à la demande et contribuer à la continuité éducative.

Fondation AP-HP

L’AP-HP compte 39 hôpitaux en Île-de-France, emploie 100 000 salariés et reçoit neuf millions de patients par an.

Contact : Rodolphe Gouin

Site web : Fondation AP-HP

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Le fonds d’urgence lancé pour faire face à la situation actuelle a initialement été créé pour soutenir la recherche : d’abord pour le traitement de la maladie, puis pour trouver un vaccin. Aujourd’hui la question du soutien aux équipes médicales émerge. Or l’argent public ne pourra pas tout.

 

Entourage

Agit auprès des SDF, population particulièrement impactée par le Covid-19.

Contact : Jean-Marc Potdevin

Site web : Entourage

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Redonner un réseau à ceux qui n’ont plus de réseau : il s’agit de redonner leur dignité à la fois aux personnes de la rue et aux habitants en les intégrant dans un réseau citoyen. Entourage développe une technologie à rebours des réseaux sociaux traditionnels : centrale pour relier les individus mais qui s’efface au moment de la vraie relation humaine.

 

Empreintes

Empreintes accompagne les personnes en deuil. Dans le contexte sanitaire de surmortalité liée au Covid-19, son action est essentielle.

Contact : Marie Tournigand

Site web : www.empreintes-asso.com

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Être écouté, se sentir moins seul, avoir des repères sur le deuil, favoriser les rituels en contexte de confinement, telles sont les urgences. Via sa ligne d’écoute téléphonique gratuite et via les entretiens en visioconférence, Empreintes participe au relais des soignants et des services funéraires. Aujourd’hui et dans les années à venir, l’action d’Empreintes vise à prévenir durablement les risques de complication sanitaires, sociaux, économiques, familiaux liés au deuil.

Le Rocher Oasis des Cités

Actions éducatives, sociales, culturelles et d’insertion professionnelles auprès des habitants des quartiers urbains en difficulté. (éducation, soutien à la parentalité, insertion sociale et professionnelle).

Contact : Jean-François Morin

Site web : www.assolerocher.org

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La crise sanitaire et sociale que nous vivons aggrave de façon dramatique les inégalités sociales et économiques. Cette crise sanitaire, qui est aussi une crise humaine et sociale, frappe d’abord les plus fragiles. Nous devons repenser immédiatement et pour les semaines, les mois à venir, notre façon d’aider ces personnes et préparer l’après-crise. Plus largement, c’est l’occasion de réinventer notre action pour renforcer durablement le lien qui nous unit. 60% de nos équipes (responsables d’antenne, adjoint, volontaires du Service civique et stagiaires) sont restés habiter dans les 9 quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Le Soliguide par Solinum

Soliguide oriente efficacement les personnes en situation de précarité vers les services de première nécessité.

Contact : Victoria Mandefield (fondatrice et directrice de l’association)

Site web : www.soliguide.fr

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Action spécifique proposée pour faire face à l’urgence :

  • La plateforme Soliguide a pour mission de faciliter l’accès aux services de première nécessité et à la réinsertion, en apportant une information de qualité à tous ceux qui en ont besoin. Depuis le début de la crise, le service a été plus utile et a multiplié par 7 son utilisation. Face à la demande exceptionnelle provoquée par les mesures de confinement, la fermeture de nombreux dispositifs et l’isolement aggravé des personnes en situation d’exclusion, ils ont mis en place un plan d’action, qui implique :
  • La mise à jour complète des informations répertoriées et un investissement complet de leurs équipes pendant la durée de la crise pour rassembler, mettre à jour et diffuser les informations nécessaires,
  • Le développement de fonctionnalités spécifiques pour une coordination flexible et rapide avec les structures sociales qui utilisent nos données.
  • L’élargissement du référencement à toute la France (au-delà des 9 territoires déjà cartographiés) grâce à l’ouverture exceptionnelle d’un formulaire d’ajout collaboratif, la mise en place d’une stratégie de communication d’urgence, et la modération des structures ainsi ajoutées.

 

Pour assurer tous ces développements spécifiques et renforcer leur action pour répondre au mieux à l’urgence, ils ont besoin de 90K€.

Clubhouse France

Clubhouse vise à réintégrer socialement, civiquement et professionnellement les membres de nos clubs, personnes souffrant de troubles psychiques.

Contact : Philippe Charrier

Site web : www.clubhousefrance.org

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Avec le confinement dû a la crise sanitaire, les membres sont particulièrement touchés et en risque car les 3 clubs existants ont dû fermer physiquement.

Nous avons donc développé en urgence un « e-Clubhouse » via un dispositif comprenant des plateformes collaboratives, contacts téléphoniques et par Internet favorisant les échanges quotidiens et la cogestion entre membres – valeur centrale à Clubhouse pour leur réintégration, et les staff. Aujourd’hui près de 200 membres sont actifs sur Slack.

Cette crise sanitaire nous aura donc donné l’occasion de lancer un e-Clubhouse qui doit se structurer! Nous poursuivons aussi certaines sensibilisations et formations à distance, et nous mobilisons pour la sauvegarde financière des clubs.

Bergeries de Berdine

Accueil et inclusion de personnes fragilisées et marginalisées.

Contact : Vinciane Zelverte

Site web : www.berdine.fr

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L’accueil continue d’être assuré pour des bénéficiaires fortement à risque (santé, âge, condition physique…). La production agricole et artisanale n’est pas stoppée mais toutes les ventes, et donc les revenus associés, sont suspendus pendant la période du confinement. La présence d’un médecin bénévole sur place est de l’ordre du miracle ! Le ralentissement économique risque d’impacter notre soutenabilité économique et notre taux d’autofinancement. Les personnes accueillies sont confinées et ne peuvent plus s’ouvrir à l’extérieur comme précédemment (en allant sur les marchés, en livrant le bois…), ce qui a un impact moral et sur le ressenti d’isolement. Les parcours de chaque personne sont en suspens : annulation/report des rdv par les professionnels de santé, démarches administratives et sociales en attente… Notre public est pour la très grande majorité à risque. Nous avons en particulier des personnes âgées, malades (notamment de cancers), et des personnes dont le passif d’addiction rend la santé fragile. De manière générale, le public que nous accueillons depuis 45 ans à la Bergerie de Berdine est très touché, avec parmi notamment les personnes qui sont isolées, sans emploi, parfois sans domicile fixe et souvent hors des réseaux de suivi santé. La crise renforce notre volonté d’améliorer nos conditions d’accueil pour notre public : avoir plus de chambres propices à l’accueil de personnes très fragilisées. La crise fait aussi apparaître, à nouveau, notre chance d’avoir l’appui d’un médecin bénévole sur notre site.

IKAMBERE

Prise en charge globale des femmes en situation de précarité, vivant avec le VIH

Contact : Fatem-Zahra Bennis, directrice adjointe

Site web : www.ikambere.com

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Ikambere a dû fermer son accueil de jour aux femmes en grande précarité, atteintes par le VIH, particulièrement vulnérables au COVID 19. L’association continue de s’assurer que les logements de ses bénéficiaires sont adaptés au confinement, qu’elles aient de quoi se nourrir et qu’elles ne souffrent pas d’isolement et de discriminations. La fermeture du centre d’accueil de jour a un impact direct sur le suivi et le soutien que nous apportons quotidiennement aux femmes. Au sein du centre d’accueil, elles pouvaient bénéficier d’un repas complet et gratuit ainsi que de nombreuses activités favorisant le lien social et l’entraide mutuelle. Les femmes que nous accompagnons vivent avec une maladie chronique qui nécessite la prise d’un traitement quotidien. Du fait de cette pathologie, elles sont particulièrement vulnérables au COVID et nous devons tenter de nous assurer qu’elles ont accès à un repas afin de prendre leur traitement. La crise sanitaire accentue les besoins que nous observons au quotidien comme celui de lieux d’hébergement adaptés aux femmes vivant avec une pathologie chronique qui sont trop insuffisants ou encore le grand isolement et discriminations auxquels elles sont confrontées. Le modèle d’IKAMBERE repose en grande partie sur l’accueil physique inconditionnel. La crise nous oblige à repenser notre accompagnement et nos outils de suivi lorsque ceux-ci sont mis en œuvre à distance. Quels moyens (financiers et/ou humains) sont nécessaires pour apporter vos réponses à ces besoins nouveaux ? Financiers : la mise à l’abri et les aides financières.

Break Poverty Foundation

Opération « 10 000 ordinateurs. 100% de votre don sera affecté à l’achat et à l’acheminement des ordinateurs.

Site web : www.breakpoverty.com

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Alors que la pandémie du Covid-19 progresse en France, force est de constater que les familles les plus fragiles font déjà les frais d’une double peine : confrontées elles-mêmes à une perte de revenus, leurs enfants font souvent face à un défi insurmontable : continuer d’apprendre, sans en avoir ni les moyens, ni le soutien parental. Afin d’assurer la poursuite de l’enseignement, les écoles proposent le plus souvent des solutions numériques : visioconférence, mise à disposition de cours en ligne, etc. Mais pour beaucoup, cet accès à l’école à distance restera une cruelle utopie car il n’y a pas d’ordinateur ou de connexion à internet chez eux. Pour faire face à cette urgence, et permettre à ces jeunes de poursuivre leurs études à la maison, Break Poverty Foundation, Emmaüs Connect et le collectif mentorat se mobilisent pour fournir dans les plus brefs délais un ordinateur personnel à 10 000 jeunes afin qu’ils puissent se connecter à l’école à distance. Il est urgent d’agir ! Car pour un grand nombre de jeunes défavorisés, les risques de décrochage sont importants. Pour soutenir l’opération « 10 000 ordinateurs », rendez-vous sur www.breakpoverty.com 100% de votre don sera affecté à l’achat et à l’acheminement des ordinateurs. Un grand merci pour votre soutien !

Siel Bleu à distance

Une offre solidaire pour faire face au COVID 19.
Les conséquences du confinement sont préoccupantes pour toute la société : tous les travailleurs confinés ou au chômage partiel, leurs familles, les soignants ainsi que toutes les personnes fragilisées et leurs proches aidants…

Dans ce contexte, Siel Bleu s’engage pour que :

  • Le lien social perdure : c’est le fondement du collectif et un élément essentiel à notre santé,
  • Chacun continue à se sentir actif et acteur : Bouger et se mobiliser quand on est confiné est primordial pour conserver sa forme et son autonomie sur le long terme, éviter les douleurs et fragilités physiques mais aussi se sentir acteur de son quotidien !

Contact : Jean-Michel (06.88..16.82.02.) ou Floriane

Site web : www.sielbleu.org

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LE PROJET Siel Bleu, c’est habituellement 700 professionnels de l’activité physique adaptée qui accompagnent chaque semaine 140 000 personnes fragilisées (par l’âge, une maladie, un han- dicap, …). Durant le confinement, on vous propose à vous aussi des solutions pour maintenir le lien social et bouger. Tous ces outils vous sont proposés gratuitement car la santé ou le lien so- cial ne sont pas à vendre et, depuis toujours, notre mission sociale est de les rendre accessible au plus grand nombre. Nous voulons, en cette période difficile, continuer à adoucir le quotidien et changer les esprits sur le long terme. Comme nous l’avons toujours dit, l’activité physique nous permet de reprendre confiance, d’aller de l’avant et de créer des liens au-delà de toute barrière. Alors bienvenue à bord !
LES PROGRAMMES PROPOSES
1. Des séances d’activité physique à visionner en live (ou différé) chaque jour à 14h : www.facebook.com/ GroupeAssociatifSielBleu (accessible sans compte facebook)
2. Des séances vidéos accessibles en ligne : activité physique, diététique, détente, … des ateliers et défis à faire de façon autonome seul ou en famille chez soi, en groupe à distance avec vos amis et collègues, sur les lieux d’accueil de personnes fragiles. Ceci avec des contenus adaptés à vos conditions de pratique, vos capacités et vos besoins (postures en télétravail, bouger en confinement, activités adaptés aux publics fragiles, …).

3. Des fiches exercices pour composer son propre atelier : activité physique, idées recettes, … adaptées à chaque public. Tout est à votre disposition pour prendre soin de vous, de vos proches ou des personnes que vous accompagnez au quotidien. Tous ces outils sont disponibles sur le site de Siel Bleu : https://www.sielbleu.org/bouger-en-confinement

POUR SOUTENIR CETTE DÉMARCHE

Tout cela vous est proposé gratuitement. Pour nous permettre de continuer à accompagner des personnes fragiles après la crise, vous pouvez faire un don

L’atelier des artistes en exil

l’atelier des artistes en exil aae) se propose d’identifier des artistes en exil de toutes origines, toutes disciplines confondues, de les accompagner en fonction de leur situation et de leurs besoins, de leur offrir des espaces de travail et de les mettre en relation avec des professionnels (réseau français et européen), afin de leur donner les moyens d’éprouver leur pratique et de se restructurer.
L’atelier des artistes en exil développe également son propre festival pluridisciplinaire, Visions d’exil, en co-construction avec des lieux partenaires.

Contact : contact@aa-e.org

Site web : www.aa-e.org

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En février 2020, l’aa-e lançait une campagne de financement participatif pour financer sa classe de français « apprendre le français par l’art » et l’aménagement de ses nouveaux locaux… La situation exceptionnelle a fait changer l’orientation de sa campagne. En raison du confinement, l’aa-e fait face à une situation financière temporaire particulièrement alarmante entre ses subventions en attente pour 2020 et ses recettes habituelles (cessions et ateliers) annulées jusqu’à nouvel ordre : de nombreux artistes se retrouvent sans aucune possibilité de revenus et ne peuvent pas bénéficier des dispositifs de solidarité ou de chômage partiel mis en place par l’Etat et d’autres organismes. L’atelier a plus que jamais besoin de votre aide en attendant le redémarrage de ses projets… Soutenez, relayer la campagne de l’aa-e !

Intermèdes Robinson

Eveil éducatif, social et culturel pour enfants et familles en situation de grande précarité (bidonvilles, hôtels sociaux, cités)

Site web : www.intermedes-robinson.org

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Action spécifique proposée pour faire face à l’urgence : Veille alimentaire et sociale auprès des familles et enfants en grande précarité, visite et suivi systématique des hôtels sociaux et bidonvilles du territoire, aide alimentaire et matériel adapté à la petite enfance, persistance du lien et assistance au confinement (plus de 300 familles)

ANAK-Tnk

Venir en aide aux enfants les plus défavorisés de Manille : enfants des rues,  enfants avec handicap, enfants chiffonniers,  enfants des bidonvilles dans les domaines de l’éducation,  la santé, la nutrition et la protection.

Contact :   contact@anak-tnk.org

Site web : www.anak-tnk.org

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Ce confinement entraîne, à ce jour, deux types de dépenses supplémentaires :

1/ Augmentation des dépenses alimentaires

  • Augmentation du nombre de personnes à nourrir (beaucoup d’employés sont confinés H24, 7/7 dans nos centres)
  • Inflation du prix des denrées alimentaires

2/ Augmentation des charges salariales :

  • Rémunérer de très nombreuses heures supplémentaires pour les employés qui vont rester H24, 7/7 dans nos centres
  • Maintenir le salaire de ceux qui ne peuvent plus accéder à nos centres et que nous ne pouvons décemment pas arrêter de payer (l’état ne les aidera pas comme en France)

Budget : Estimation à ce jour: autour de 30-40 K€ environ
Budget amené à évoluer de façon exponentielle en fonction d’éventuels cas de covid19 à la fondation (dépenses médicales pourront alors être immenses), de l’évolution du prix des denrées alimentaires et de la durée du confinement

Le Théâtre du Cristal

Le Théâtre du Cristal a pour mission de garantir aux personnes en situation de handicap vivant dans la Val d’Oise un accès facilité à l’art et à la culture.

Contact : Olivier Couder contact@theatreducristal.com

Site web : www.theatreducristal.com

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Notre compagnie est composée de quatorze comédiens en situation de handicap. Ce que nous savons faire, c’est jouer, chanter, danser, toutes choses indispensables en temps d’épidémie mais difficilement exploitables en cette période forcée de repli et d’isolement. La vie de troupe est aujourd’hui à l’arrêt, le confinement rendant impossible toute rencontre physique et travaux en face à face. Les comédiens handicapés trouvent le temps long et il est urgent de leur proposer un projet fédérateur pour éviter le développement de la dépression et de l’angoisse. Nous pensons également à nos partenaires, les établissements médicosociaux, avec lesquels les projets artistiques dans le cadre du Pôle Art et Handicap, se sont arrêtés. Nous nous proposons de relever le défi, de briser l’isolement forcé dans lequel nous nous trouvons toutes et tous,  de maintenir ces temps de travail et d’échange et d’en faire un tremplin pour renouer avec notre public. Avec les outils existants, visioconférence, enregistrements ave un ordinateur, téléphone, nous souhaitons mener un travail à distance pour produire un travail artistique autour du théâtre et de l’épidémie. ‘Et si le théâtre était un virus, que nous apprendrait il de la situation dans laquelle nous nous trouvons ? Et qu’est-ce que l’épidémie peut nous apprendre du théâtre ?’ Le virus nous confronte à l’imprévu qui surgit sans crier gare, à l’impensable que l’on croyait à jamais proscrit. Et nous avons collectivement besoin de chercher du sens, nous nous interrogeons sur nos vies, sur la mort, sur la marche du monde.

Utopia 56

Aide alimentaire / hébergement / migrant / mise à l’abri des MNA. L’association UTOPIA 56 vient en aide aux réfugiés avec des actions 24h/24 et 7j/7 sur le terrain. Plus de 150 bénévoles sont mobilisés chaque jour pour des maraudes de distributions, des maraudes d’informations et de l’hébergement solidaire, à Calais, Lille, Paris, Rennes, Toulouse et Tours.

Contact :  Yann Manzi –  yann.manzi56@gmail.com – 06 29 48 54 45

Site web : www.utopia56.com/fr

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Très peu d’associations sont toujours actives aujourd’hui, Utopia 56 essaie de compenser cette pénurie de soutien auprès des populations les plus démunies.

  • Des maraudes de jour et de nuit, 7 jour / 7 : distribution de repas et de produits de première nécessité.
  • Accompagnement individuel pour trouver des solutions pérennes de logement.
  • Suivi des familles hébergeant des mineurs isolés via le dispositif ACCUEILLONS en collaboration avec Médecins Sans Frontières.
  • Mise à l’abri et suivi de familles et femmes isolé.e.s, à Paris, grâce à des paroisses et des cryptes qui ouvrent leurs portes.
  • Travail remarquable de recensement et de plaidoyer pour faire remonter la situation aux pouvoirs publics.

L’association repose essentiellement sur des bénévoles (un seul salarié par antenne) mais a besoin de dons car ils achètent des tentes, distribuent des repas, accompagnent des personnes à l’hôpital, ont besoin d’essence et de véhicules, payent des consultations médicales, … Et des PV pour « non respect du confinement » !

Télécharger le descriptif en pdf 

Coronavirus : appel aux dons

 

COVID-19 – Faire face à l’urgence pour les plus démunis : Le Secours Catholique et la Fondation Caritas France lancent un appel au don

 
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Le virus fait des victimes sans distinction de couleur, de sexe, d’âge ou de position sociale.
Mais ceux qui vivent à la rue, dans des hébergements provisoires (hôtels sociaux), de fortune (squats, bidonvilles,…) ou sans ressources sont sans solution de protection face à cette pandémie.

Pour faire face à l’urgence de ceux qui n’ont rien le Secours Catholique – Caritas France et la Fondation Caritas France lancent un appel au don afin de :

  • Acheter des chèques services qui permettront aux familles démunies de faire leurs courses dans les magasins actuellement ouverts
  • Soutenir les acteurs associatifs qui accompagnent les plus démunis en cette période de crise sanitaire exceptionnelle

Jean-Dominique Giuliani : « Un grand geste de solidarité européen serait soutenu par l’opinion publique »

Jean-Dominique Giuliani, Président de la fondation Robert Schuman, s’est adressé par visioconférence aux membres d’Un Esprit de Famille le 19 mai. Après avoir brossé un tableau synthétique sur le thème D’où vient l’Europe ?, il a résumé les principaux défis qu’elle rencontre acutellement.

 

Créée en 1991, la fondation Robert Schuman œuvre en faveur de la construction européenne. Elle développe des études sur l’Union européenne, ses politiques, et en promeut le contenu partout dans le monde. Elle provoque, enrichit et stimule le débat européen et apporte une aide concrète aux nouvelles démocraties.

Jean-Dominique Giuliani rappelle que l’Europe est un petit continent : 4 millions de km². Avec près de 500 millions d’habitants, l’Europe reste cependant la première puissance commerciale et le premier PIB de la planète.

D’où vient l’Europe ?

5 ans après l’arrêt des combats de la Seconde guerre mondiale, les bases de l’Union europénne ont rompu avec le cours de l’histoire guerrière du continent, qui était hérissé de murs et de frontières.

L’idée de Jean Monnet, portée par Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères, était d’endiguer les logiques nationales, voire nationalistes. L’acte fondateur de l’Europe est la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), en 1951. Puis la Communauté Economique Européenne fut créée en 1957 avec 6 membres.

La vision de Robert Schuman et Jean Monnet était de mettre en commun quelques intérêts économiques pour que, petit à petit, le partage de ces intérêts crée une union politique. Nous venons d’une Europe essentiellement économique : le marché unique puis la monnaie unique. Par 11 traités successifs, l’Europe s’est intégrée progressivement.

Cette union économique arrive au seuil de de l’intégration politique. Des chantiers à venir très importants touchent au domaine du régalien.

L’Europe, c’est le temps long…

Les défis de l’UE pour exister dans la rivalité entre la Chine et le USA et la montée en puissance de l’Afrique
  • Pour compter dans cette compétition, l’Europe a besoin d’un nouveau pas d’intégration économique. L’euro est devenu la deuxième monnaie de référence du monde mais loin derrière le dollar. Nous aurions besoin d’un Trésor européen, d’un politique monétaire plus agressive.
  • La deuxième priorité est sécuritaire : l’Europe s’est reconstruite pour la paix. Nous aurions besoin d’une armée européenne et en sommes très loin, même si un début de cooperation s’est esquissé.
  • Il manque une dimension politique que nos élites refusent de franchir. Il n’existe pas de sentiment d’appartenance européenne, les institutions européennes sont trop lointaines et compliquées.

Un grand geste serait soutenu par l’opinion publique. Mais chaque fois, les technostructures ou les dirigeants présentent cela comme quelque chose en moins. Le génie de l’Europe doit être d’additionner, de donner des possibilités supplémentaires.

La solidarité européenne a régressé du fait de l’élargissement car il est réalisé sur des critères économiques et non politiques. Le caractère inachevé de l’Europe n’est pas dû à son élargissement mais au défaut de discours politique. La fondation Robert Schuman travaille sur ces sujets.

La fondation Lemarchand lance 3 appels à projets pour 2020-21

 

 

La fondation Lemarchand se concentre sur des thématiques biennales. Pour 2020 et 2021 elle lance trois appels à projets, tous liés intimement à la crise du Covid-19.

Plus d’informations sur le site de la fondation Lemarchand

L’impact du confinement sur les projets d’Impala Avenir

Nos différents projets d’autonomisation des plus démunis évoluent en cette période de crise. Grâce au télétravail, toute l’équipe d’Impala Avenir est en lien quotidien avec les bénéficiaires ; elle continue à se réunir et à travailler activement sur les projets en cours et à venir.

 

 

Projets soutenus en France

Notre équipe se mobilise pour effectuer le suivi des formations des Plombiers du Numérique et pour soutenir psychologiquement les jeunes femmes accueillies dans nos deux Maisons des Marraines.

 

Les Plombiers du Numérique étaient sur le point de lancer leur 14ème école à Grigny fin mars. Toutes nos formations ne reprendront qu’en septembre.

 

Nous restons en contact régulier avec les pensionnaires de la Maison des Marraines : les jeunes femmes ont pris leurs marques et pensent à leurs projets à venir. Leur accompagnement se poursuit en virtuel.

 

Cette crise sanitaire frappe plus durement les populations précaires. Nous nous attendons à une forte augmentation des besoins d’accompagnement des 18-25 ans déscolarisés, éloignés de l’emploi et du logement. Nous constatons une activité réduite des acteurs d’insertion due au confinement, un manque de solutions pour les jeunes majeurs sortis de l’Aide Sociale à l’Enfance et se retrouvant à la rue, l’arrêt total du suivi scolaire des plus démunis par manque de matériel et d’encadrement.

 

Nos perspectives dès la fin du confinement

  • Ouvrir 2 Maisons des Marraines supplémentaires en 2020 et déployer le dispositif dans d’autres villes.
  • Ouvrir 5 autres écoles des Plombiers du Numérique.
  • Etendre le dispositif de l’école des Plombiers du Numérique à d’autres secteurs d’activité en forte tension.

 

Projets en Afrique

Deux projets financés par la Fondation Impala Avenir, viennent de se concrétiser :

Petit déjeuner du 30 janvier 2020 chez Lacourte Groupe Notaires – Avocats

Une trentaine de membres de notre association s’est retrouvée chez notre partenaire Lacourte Groupe Notaires – Avocats sur le thème : 

FDD, FSE, FRUP, DTU, RAAR….

Quoi de neuf chez les acronymes de la philanthropie ?

Avec les interventions de 

 

  • Sabine Roux de Bézieux, présidente d’UEDF 
    Point sur le plaidoyer d’UEDF à la commission Philanthropie missionnée par le Premier Ministre : comment votre association propose de repenser le régime actuel des fondations pour le simplifier, le sécuriser, et doter la France d’un dispositif compétitif et cohérent avec ses principes.

  • Laurent Guilmois, notaire associé, Thomas Maertens, notaire associé, Caroline Schwab, notaire
    État de la pratique juridique et fiscale de ces 5 dernières années. Mini abus de droit fiscal et l’ingénierie patrimoniale philanthropique.

 

Petit déjeuner du 21 novembre 2019 : changer de regard sur le handicap

Une quarantaine de membres de l’association s’est retrouvée le 21 novembre dernier pour échanger sur le thème «Changer de regard sur le handicap pour une société plus inclusive : des initiatives inspirantes».

Le restaurant « Le Reflet », doté d’une équipe extraordinaire composée en majorité par des personnes porteuses d’une trisomie 21, a accueilli cette rencontre.

Avec les interventions de :

  • Thibault Guilluy, Directeur Général de l’Association pour la Réinsertion Economique et Sociale et Président du Conseil de l’Inclusion dans l’emploi, a introduit cette rencontre.
  • Flore Lelièvre, Présidente du restaurant Le Reflet et de l’association Trinôme 44
  • Céline Aimetti, Déléguée Générale cofondatrice de l’association Clubhouse France
  • Jean-Marc Richard, Président de la Fondation AMIPI
  • Sophie Gérondeau et Marie Laure Irion, respectivement Fondatrice et Déléguée Générale de la Fondation Gérondeau

 

Suite à ce petit déjeuner, un cercle handicap a été créé au sein d’Un Esprit de Famille réunissant une douzaine de fondations.

Impala Avenir ouvre une seconde Maison des Marraines à Saint-Ouen L’Aumône (95)

Après l’ouverture en avril de la Maison des Marraines à Champs-sur-Marne (77), Impala Avenir a ouvert une seconde Maison des Marraines à Saint-Ouen L’Aumône (95) en septembre. Encouragés par les premiers résultats du dispositif dans le 77, la direction régionale de l’AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes), l’E2C (Ecole de la Deuxième chance/Hub de la réussite) et Impala Avenir ont souhaité étendre le projet à d’autres implantations en Ile-de-France.

En plus des 20 chambres de Champs sur Marne, 15 chambres sont disponibles à Saint Ouen l’Aumône dont 3 sont déjà occupés par des jeunes femmes en situation de grande précarité de logement engagées dans un parcours d’accompagnement global par l’E2C de Cergy Pontoise.

A Champs sur Marne, deux jeunes femmes ont quitté la maison des marraines, l’une vers l’emploi l’autre en formation professionnelle avec logement sécurisé.

Nous travaillons à présent à l’essaimage du dispositif, sur l’ensemble de l’Île de France, ainsi que dans le Nord.

UN DISPOSITIF IDENTIFIE PAR LES POUVOIRS PUBLICS

Les 13/14 Septembre, Olivier Noblecourt a invité Impala Avenir au 1 an du plan pauvreté du gouvernement non seulement pour présenter le projet Maison des Marraines mais aussi en mettant à disposition un stand très visible.

Nous avons rencontré les ministres Agnes Buzyn, Christel Debos et Adrien Taquet, ainsi que de futurs partenaires potentiels de nos dispositifs.

Le 11 Octobre, lors de l’inauguration des Villages AFPA, Muriel Pénicaud a manifesté un vif intérêt pour le déploiement de la Maison des Marraines dans les villages AFPA situés dans des régions où les jeunes issus de l’Aide Sociale à l’Enfance sont les plus nombreux.

IMPALA AVENIR SE STRUCTURE

Le projet la Maison des Marraines sera géré par l’association Impala Avenir Développement tout comme le dispositif des Plombiers du Numérique. Nous avons lancé des recrutements pour accompagner le développement des projets.

IMPALA AVENIR RECHERCHE DES CO-FINANCEURS

Le budget actualisé sur trois ans, pour héberger simultanément jusqu’à 100 jeunes femmes, dépasse maintenant 400.000 Euros. Nous avons besoin de votre soutien avant de bénéficier de subventions publiques.

Dîner des membres d’UEDF le 1.07.19 avec Monsieur Olivier Noblecourt

 

Le premier dîner des membres d’UEDF lundi 1er juillet a rassemblé une soixantaine de fondateurs.

 

Invité : Monsieur Olivier Noblecourt délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté. Retrouvez des extraits de son allocution sur les politiques mises en oeuvre ainsi que quelques photos de l’événement.

Parler de la Lutte contre la pauvreté c’est interroger la totalité de notre modèle social, la capacité à organiser l’appartenance de tout un chacun à ce modèle social. Cela a à voir aussi avec le consentement à l’impôt (crispation dans la crise des gilets jaunes, beaucoup de souffrance….)

Le modèle social ne correspond plus aux conditions de vie dignes auxquelles nos concitoyens aspirent. Notre capacité commune à faire société étant ainsi questionnée.

C’est ça qui a sous tendu l’ambition que le Président de la République a porté quand il a rendu publique, le 13 septembre 2018, la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté que j’ai élaborée dans le cadre d’une concertation et dont j’ai la responsabilité aujourd’hui du pilotage. Tout l’enjeu c’est l’art de l’exécution et pour vous porteurs de structures philanthropiques c’est l’efficacité des actions que vous allez financer et que vous allez permettre. Et bien, je crois qu’on est aujourd’hui dans un temps où l’on a largement de quoi se rassembler. Vous l’avez très bien dit Madame La Présidente dans votre propos liminaire l’enjeu c’est de travailler à une société plus inclusive c’est pourquoi dans la stratégie de lutte contre la pauvreté nous avons décidé de faire deux grands pas de côtés

Modifier de manière très substantielle les objectifs des politiques sociales de ce pays et donc réinterroger notre modèle social globalement.
S’attaquer à la façon dont les politiques sont mises en œuvre aujourd’hui. On ne peut plus avoir des politiques sociales qui soient désarrimées des acteurs de territoires et penser en dehors des personnes concernées.

La lutte contre la pauvreté c’est 8,5 Mds d’euros de crédits, ça concerne tous les âges de la vie. On a travaillé sur 3 grands constats qui sont les 3 limites de notre modèle social actuel avec les grandes orientations qui en découlent.

Premier constat : nous avons des garanties collectives dans notre modèle social qu’on a construit et qui sont devenues inefficaces face à certaines formes de pauvreté.

On a un modèle social assez re-distributif, plus que d’autres modèles comparables, qui prévient plutôt bien les crises économiques. Par exemple depuis 2008 le nombre de chômeurs a augmenté beaucoup plus vite que le nombre de personnes en situation de pauvreté ; c’est donc qu’il y a un filet de sécurité qui a fonctionné.

Mais ces garanties là ne répondent pas aux problématiques des salariés pauvres, des familles monoparentales, à la progression et au durcissement de la pauvreté des enfants, à la pauvreté et l’isolement des personnes âgées.

Il faut revoir l’organisation des ces garanties collectives pour qu’elles puissent mieux fonctionner. Il y a des réformes systémiques qui sont en cours : réforme du système des retraites, fusion d’un certain nombre de prestations, de minima dont la complexité est attentatoire à la confiance dans le modèle social

Le Revenu Universel d’Activité va fusionner le RSA, la prime d’activité, les aides au logement et probablement l’ensemble des autres prestations qui concernent les différents âges de la vie les allocations minimum vieillesse, l’allocation adulte handicapé, l’allocation spécifique de solidarité

Le Revenu Universel d’Activité c’est un peu moins de 50 Mds d’euros de prestations et un quart de la population française concernée. La loi sera adoptée par le parlement en 2020 et la réforme mise en place à l’horizon 2022-23. Cela va permettre de simplifier l’accès au droit et d’investir le temps qu’on va gagner pour renforcer les politiques d’accompagnement.

Il y a aujourd’hui les droits à la santé qui font l’objet de réformes structurantes. Depuis le 1er avril le renouvellement CMU complémentaire est automatique pour les allocataires du RSA c’est une simplification majeure. A venir en novembre 2019 la fusion des aides à la complémentaire santé et CMU complémentaire. Ce sont environ 1,5 millions de ménages concernés par ces mesures.

Objectif quitter l’âge des droits pour entrer dans l’âge de l’émancipation. Il s’agit de s’attacher à ne pas donner seulement des droits et allocations certes indispensables à la survie de ceux en situation de pauvreté mais à répondre à leurs attentes. Les personnes souhaitent être en capacité de maitriser leur destin, de faire des choix, d’être respectées et prises en compte comme acteurs d’un parcours de vie avec notamment l’accès au marché du travail

Aujourd’hui notre système social dans une très large part déresponsabilise les personnes, les met en situation de passivité voir même de dépossession des choix qui gouvernent leur vie. Ainsi être en situation de pauvreté ce n’est plus seulement manquer de ressources, c’est aussi avoir le sentiment de ne plus maîtriser les choix qui structurent sa vie. Cela crée une sorte de citoyenneté minorée c’est ce qui justifie ce modèle social de l’émancipation que le Président de la République a appelé de ses vœux.

 

Deuxième constat : les politiques de prévention sont insuffisantes

« La prévention : cesser d’en parler en faire ».

Les dépenses de prévention sont incroyablement peu élevées par rapport aux besoins c’est d’autant plus grave que nous sommes dans le pays du déterminisme social ; prévalence du poids de la naissance dans le destin social. Dans le champ de l’éducation et de la réussite scolaire des individus c’est démontré par les enquêtes Pisa et les travaux de l’OCDE. De plus, beaucoup d’enfants ont la pauvreté en héritage ; en France c’est un sur 5 qui grandit en situation de pauvreté et il faudrait 6 générations pour qu’il atteigne le revenu médian.

Si on veut que les enfants pauvres d’aujourd’hui ne soient plus les adultes pauvres de demain alors il faut assumer de mettre d’avantage de moyens sur la prévention sur la politique éducative et commencer là ou c’est le plus efficace c’est à dire dès le plus jeune âge.

Le programme « Parler Bambin » que j’ai créé à Grenoble il y a plus de 10 ans est un bon exemple de la théorie de l’investissement social. Cela a été développé ultérieurement par Florent de Bodman avec « 1001 mots ».

Les travaux du Prix Nobel d’économie James Heckman ont démontré que tout euro investi dans les 3 premières années de la vie est bien plus efficace en termes de correction des inégalités que ceux investis plus tard. C’est du bon sens il s’agit de « frapper tôt pour frapper fort »

La politique de lutte contre la pauvreté porte en elle des changements majeurs notamment sur la politique familiale pour permettre aux enfants pauvres d’accéder aux différents modes d’accueil. Aujourd’hui les enfants qui tireraient le plus grand bénéfice de ces modes d’accueil (collectifs ou individuels) sont ceux qui y accèdent le moins : paradoxe insupportable.

Une étude scientifique (Etude dite Cohorte Elfe) qui porte sur 18 000 enfants démontre qu’à deux ans les écarts de compétence langagière liés à l’origine sociale sont énormes et le meilleur outil pour les corriger c’est l’accueil notamment en structures collectives. Or ces enfants en situation de pauvreté n’y ont pas accès car pour pouvoir demander une place en crèche, dans 70 % des communes, il faut que les deux parents travaillent. On est en train de changer ça avec l’association des maires de France et la branche famille de la sécurité sociale pour faire de la mixité sociale dans les modes d’accueil et pour changer la pratique des travailleurs sociaux, leur faire comprendre qu’il faut proposer un projet éducatif pour l’épanouissement de l’enfant et son développement cognitif (réduction des inégalités par les politiques éducatives).

Rendre effectif les droits essentiels des enfants :

Quelques chiffres : 300 000 sont en situation attentatoire à leurs droits et vivent dans un logement indigne ou surpeuplé ; 30 000 à l’hôtel depuis plus de 6 mois ; 5 000 à la rue dans des bidonvilles. C’est 1 enfant sur 7 dans les zones d’éducation prioritaire qui arrive le ventre vide …

Situations d’autant plus inacceptables qu’on peut apporter des réponses pour peu qu’on se retrousse les manches et avec une approche concrète des problèmes.

Ainsi les pouvoirs publics ont débloqué des crédits pour la sortie des bidonvilles, pour payer un petit déjeuner à 100 000 enfants et pour aider les communes à mettre en place une tarification sociale des cantines.

Le maintien en formation de notre jeunesse face au drame du décrochage scolaire. Ce sont les ni en emploi ni en étude ni en formation, aujourd’hui désignés par l’acronyme NEET — « Not in employment, in education or training » que certains appellent les invisibles car ils ne rentrent dans aucune case ; 60 000 sont mineurs !

Nous allons créer, avec la loi portée par JM Blanquer sur l’école de la confiance, une obligation de formation jusqu’à 18 ans pour contraindre les jeunes à rester dans un parcours de formation et faire entrer ça dans la « psyché « des nouvelles génération. Cela contraindra aussi les Pouvoirs Publics localement à se donner pour obligation d’accompagner tout jeune dans un parcours de formation.

Ce qui permet à notre droit de sortir de la logique du droit mou pour aller vers une effectivité du droit.

 

Troisième constat : les politiques d’accompagnement sont à développer, l’enjeu des politiques d’accompagnement des plus fragiles.

Un modèle social basé sur les prestations déresponsabilise la collectivité et les individus. Nous refusons ce modèle comme si les prestations sociales étaient la réponse à l’alpha et l’oméga des politiques sociales.

Nous pensons exactement l’inverse.

Il faut investir sur ce qui compte et en priorité l’accès au marché du travail. Notre modèle social doit rester arrimé à la valeur du travail, au sens du travail ; la dignité de chacun par le travail.

Aujourd’hui le défi c’est le redéploiement des politiques d’accompagnement pour les plus éloignés, ces politiques ont été désinvesties par les territoires contraints par les prestations sociales. Les montants ont été divisés par 3 en trente ans.

Un exemple, quand Rocard crée le RMI la Loi impose au département d’investir 20 % des dépenses de prestation aux politiques pour l’insertion aujourd’hui c’est moins de 7 % de la dépense des départements pour l’accompagnement dépenses soit 680 Millions d’euros contre 11Mds d’euros pour le RSA

Chaque individu a une responsabilité vis à vis de la société et réciproquement. Nous ne voulons pas l’individualisme, pas le chacun pour soi mais une société de responsabilité (référence au personnalisme d’Emmanuel Mounier). Nous souhaitons une société de droits et de devoirs.

Renforcement de toutes les politiques d’accompagnement à l’emploi accompagnement medio social, avec les associations Territoires zéro chômeur de longue durée, IAE insertion par l’activité économique (100 000 places supplémentaires) etc…

Capacité à ancrer dans la vie quotidienne des plus fragiles l’art de l’exécution

Mise en place de nouveaux outils sur les territoires : fonds de contractualisation Etat/Département l’objectif est de changer la relation entre l’état et les collectivités souvent très politique et juridique. `

L’Etat, avec les collectivités, définit des objectifs et mesure avec des indicateurs très précis l’atteinte de ces objectifs

L’Etat finance les résultats pas les moyens. L’Etat se désintéresse des moyens, ce sont aux collectivités de les choisir sur l’insertion, sur la sortie de l’aide sociale à l’enfance…

A ce jour, tous les départements sauf deux ont délibéré favorablement pour s’engager dans une nouvelle relation contractuelle.

Mode collaboratif de mise en œuvre des politiques sociales avec des conférences régionales : nous rassemblons dans un même cadre de travail les acteurs privés, les entreprises, les collectivités locales, les associations qui agissent dans le champ social de l’insertion sur le marché du travail, dans le domaine éducatif, de la santé …

Ce cadre vise à « dessiloter » les politiques publiques.

Création d’une plateforme numérique collaborative 600 acteurs mobilisés à l’échelle nationale 10 000 dans quelques mois. Tout est partagé (les bonnes pratiques, les expériences réussies, les initiatives régionales…) c’est inédit en matière sociale.

Mise en place d’un fonds d’investissement social doté de 100 Millions d’euros.

Destiné à la petite enfance, l’éducation, l’insertion, la lutte contre l’isolement. Soutien de projets sur les territoires déploiement essaimage de solutions qui fonctionnent en partenariat avec ceux qui financent déjà ce type d’initiatives. Le repérage des bonnes pratiques est essentiel c’est ce que vous faite grâce à votre capacité à sourcer les projets intéressants. Nous sommes preneurs de travailler avec vous, d’additionner nos moyens, nos compétences, nos expertises, nos ressources et d’être destinataire de vos recommandations en la matière. Identifier ce qui a été le plus efficient.

Engagement d’acteurs privés et d’entreprises à travers des dotations d’actions territoriales, à travers le plan 10 000 entreprises pour l’inclusion et l’insertion professionnelle ( piloté par JM Borello et Florence Poivey)

L’action Tank créée il y a quelques années avec Martin Hirsch, association qui vise à développer des modèles ni gain ni perte : des entreprises qui renoncent à leur bénéfice pour des produits de 1 ère nécessité ou service essentiel pour des personnes en situation de pauvreté. Par exemple sur le lait maternisé la marge représentait 50 € par mois pour une femme seule au RSA.

Soit on augmente le RSA soit l’industriel renonce à sa marge : c’est le pari fait avec programme « Manger Malin ».

 

Conclusion

Notre philosophie c’est l’hybridation, l’addition des compétences, des bonnes volontés c’est l’Esprit de famille. C’est cette volonté de constituer des communautés d’acteurs solidaires et engagés, engagés sur des valeurs communes.

Je me réfère à l’intitulé du premier rapport de M. Hirsch « Au possible nous sommes tenus ». Vous êtes déjà sur le front du possible le montagnard que je suis ne peut s’empêcher de rappeler ce soir que « la cordée avance grâce au premier mais au rythme des derniers ». Nous sommes tous tenus au possible mais en capacité de faire davantage et je sais que c’est votre volonté.

Un Esprit de Famille
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