L’insertion professionnelle des jeunes non qualifiés – Un cas d’école : les Plombiers du Numérique

Les Plombiers du Numérique :

l’insertion des jeunes non qualifiés, un cas d’école

Visioconférence le 1er février 2021
animée par Florian du Boÿs, fondateur du fonds de dotation Impala Avenir et des Plombiers du Numérique 

Plus d’un million de jeunes en France étaient considérés comme NEET (Not in Education, Employment or Training) avant la crise du covid-19. La situation s’est encore aggravée. Les politiques d’insertion se sont multipliées depuis 40 ans, avec peu d’efficacité. En quoi innovent les Plombiers du Numérique, formation par le geste non diplômante ?
Thibault Guilluy, Haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises rattaché au ministère du Travail, Nadège Vezinat et Nicolas Duvoux, sociologues spécialistes de la pauvreté en France apportent leurs points de vue. Alain Le Mell, Secrétaire général de l’association Impala Avenir Développement, expose les spécificités des Plombiers du Numérique.

Les Plombiers du Numérique reposent sur trois piliers : une formation par le geste non diplômante, en entreprise, avec accompagnement social

Alain Le Mell, Secrétaire général de l’association Impala Avenir Développement

Les Plombiers du Numérique, ce sont 18 écoles ouvertes depuis 2017 ; 3 sur le métier de technicien data center, 15 dans le secteur de la fibre optique. Le taux de sortie positive (jeunes en emploi à l’issue de la formation) s’élève à 70 %.

Ce dispositif d’insertion pour les jeunes actifs non occupés repose sur 3 piliers :

  1. un dispositif court (3 à 4 mois) avec accompagnement social pour placer les jeunes dans des conditions favorables à une formation ;
  2. une formation par le geste pré-qualifiante non diplômante dans des métiers du futur : la fibre optique, les data centers ; pas de notes ni de diplôme, on délivre une attestation de compétences ;
  3. les jeunes suivent des stages en entreprise, la plupart ne connaissant ni les métiers ni le monde de l’entreprise.

 

 

Les écoles fédèrent un ensemble d’acteurs sur chaque territoire ; l’association Impala Avenir Développement assure l’ingénierie du projet.

  • Les partenaires industriels prennent les jeunes en stage.
  • Les mécènes financent les plateaux techniques (60 à 80 000 € pour chaque école) : financeurs publics, fonds de dotation Impala Avenir, collectivités locales.
  • Les opérateurs de compétences (OPCO) financent la formation professionnelle.
  • Les porteurs de projet, acteurs de l’insertion, accompagnent les jeunes : les Apprentis d’Auteuil, les Ecoles de la Deuxième Chance…

L’espoir est mobilisateur

Nadège Vezinat, Maître de conférences (URCA-Regards), sociologue de l’action publique

Les interviews des stagiaires mettent en valeur les caractéristiques et les bénéfices de la formation.

  • Le rapport au geste est très positif : il se différencie de mauvais souvenirs scolaires.
  • La formation est courte mais les jeunes la vivent comme longue : ils ont souvent enchaîné des stages d’observation d’une semaine. 4 mois sur une même thématique, dans une dynamique de groupe (8 jeunes sont formés ensemble) contribue à les stabiliser.
  • Les perspectives d’emploi sont réelles. Des entreprises les accueillent, ils sont considérés : c’est déterminant. L’espoir est mobilisateur.

Le rôle des prescripteurs est essentiel pour que le jeune atterrisse dans le bon dispositif qui lui fournit une réponse globale personnalisée : logement, mobilité (permis de conduire), santé…

Dispositifs d’insertion et entreprises se rencontrent rarement. L’association Impala Avenir Développement est un médiateur actif.

L’école des Plombiers du Numérique met la société française face à ses contradictions

Nicolas Duvoux, Professeur en sociologie, Philanthropy & Social Sciences Program (PSSP)

Il existe en France un foisonnement d’initiatives d’insertion autour de deux politiques.

  • La formation professionnelle et continue s’adresse d’abord aux salariés en emploi. Elle se coule dans un moule scolaire, donc non adapté aux jeunes décrocheurs. Les Plombiers du Numérique les font entrer directement dans le concret, auprès d’employeurs.
  • Depuis 40 ans, les politiques d’insertion sont destinées à ramener les gens vers la société, en levant des freins périphériques. Mais elles sont souvent déconnectées du monde de l’entreprise.

Le dispositif des Plombiers du Numérique met la société française face à ses contradictions :

  • l’école fonctionne à la reproduction sociale, le lien est fort entre origine sociale et obtention de diplômes ;
  • le poids des diplômes est très important dans les parcours de vie, le lien est fort entre formation initiale et statut d’emploi.

Aider des personnes à développer leur potentiel mais aussi sensibiliser les entreprises, la société à l’inclusion

Thibault Guilluy, Haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises rattaché au Ministère du Travail

Chaque jeune a sa situation particulière, son histoire particulière, sur son territoire particulier. Il faut orienter et coordonner tous les dispositifs vers les besoins du jeune : d’où le portail 1jeune1solution.

Le plan 1jeune1solution s’appuie sur plusieurs leviers.

  1. Aider financièrement les employeurs à recruter des jeunes.
  2. Réformer la formation professionnelle pour la réorienter vers ceux qui en ont le plus besoin : les demandeurs d’emploi et les NEETs. 200 000 formations supplémentaires sont financées en 2021.
  3. Promouvoir le service civique : les jeunes s’y sentent utiles et entendus ; ils y développent leurs compétences.
  4. Repenser l’accompagnement pour tous les jeunes qui cherchent un emploi.

Il sera nécessaire de mesurer l’impact et l’adéquation aux besoins des jeunes de toutes ces offres de services.

Le service public de l’insertion connecte les conseillers d’insertion avec les offres d’emploi sur leur territoire. 2 500 contrats de travail ont été signés la semaine dernière.

Le rôle des fondations dans l’inclusion est important :

  • elles innovent, proposent une nouvelle approche ; pour changer d’échelle, il faut une hybridation avec la ressource publique.
  • Il serait intéressant que les fondations travaillent plus sur l’ingénierie que sur des projets, par exemple sur les coopérations. On a tendance à valoriser l’idée plus que l’impact.
  • Utiliser la dimension open source : ce qui est réalisé par les Plombiers du Numérique peut être répliqué par d’autres structures. Comment unir les forces et mutualiser ?

L’inclusion, c’est réconcilier la dimension humaine avec la performance économique ; c’est aider des personnes à développer leur potentiel mais aussi sensibiliser les entreprises, la société à l’inclusion.

Il faut lever les freins posés par l’héritage culturel de la « diplômite » dans notre monde moins linéaire, où savoir s’adapter est essentiel. Qui sont les personnes, quelles sont leurs compétences ? Ce sont les données intéressantes.

Pour en savoir plus : L’insertion professionnelle des jeunes non qualifiés – Un cas d’école,
par Nadège Vezinat et Nicolas Duvoux.

Sophie Cluzel : « Ce qui m’anime, c’est que l’on puisse regarder la personne en situation de handicap
avec une présomption de compétence sur ses choix de vie »

Visioconférence le 11 janvier 2021

Droits au logement, scolarisation en milieu ordinaire, l’emploi, la parentalité…  Sophie Cluzel, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des Personnes handicapées, mène de front tous ces enjeux d’inclusion. La France progresse à grands pas pour que la personne en situation de handicap soit considérée comme un.e citoyen.ne à part entière et non plus seulement comme un sujet de soins.

J’ai quatre enfants dont la dernière est porteuse de trisomie 21 : c’est la source de mon engagement auprès des personnes en situation de handicap. Dans un premier temps, j’ai choisi de travailler dans des collectifs et fédérations d’associations d’aide aux personnes en situation de handicap car ensemble, nous sommes plus forts. Mon combat est l’accueil à la crèche du quartier, à l’école du quartier, à l’entreprise à côté de chez soi : c’est ainsi que nous faisons monter le degré d’acceptation de la différence.

La loi fondatrice sur la citoyenneté des personnes handicapées et l’égalité des chances date de 2005 : les personnes handicapées sont des citoyens à part entière et non plus des sujets de soins.

Je suis passée de la vie associative à la vie politique en rencontrant le candidat Emmanuel Macron, avec lequel je partage le même regard sur l’inclusion des personnes en situation de handicap : elles sont d’abord et avant tout des citoyens, avec des besoins spécifiques. Pendant des années, elles n’avaient pour seule solution que les établissements médico-sociaux. Depuis 1977, l’Italie a fermé ses établissements médico-sociaux et les enfants en situation de handicap sont scolarisés dans les écoles publiques. Même évolution en Espagne… La désinstitutionalisation a été un vrai mouvement dans les années 1980-90.

En France, par délégation de service public, les grandes associations ont pris soin des personnes en situation de handicap et les ont protégées mais nous n’avons pas encore totalement infléchi la bascule vers une complète diversité de choix de vie. Changement de paradigme politique, mon Secrétariat d’Etat est rattaché au Premier Ministre et non au ministère de la Santé : tous les ministères sont engagés dans cette politique publique des droits des personnes en situation de handicap.

Mère de quatre enfants, dont une fille trisomique, Sophie Cluzel s’engage en 1998 dans le militantisme associatif en faveur du handicap. Elle fonde et préside différentes associations de scolarisation d’enfants handicapés. Elle a été en particulier présidente de la FNASEPH (Fédération Nationale des Associations au Service des Élèves Présentant une Situation de Handicap).

Elle a été administratrice de l’UNAPEI (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) entre 2011 et 2013. A ce titre, en janvier 2012, elle organise le premier Grenelle de l’intégration des jeunes handicapés dans la société, où près de 50 associations locales ou nationales rédigent une plateforme de mesures qui sont transmises aux candidats à l’élection présidentielle.

Le 17 mai 2017, Sophie Cluzel a été nommée Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées.

Simplifier l’accès aux droits

Mon action est basée sur la simplification de l’accès aux droits, en coordination avec les départements qui sont chefs de file des politiques de solidarité : ils gèrent les guichets d’accès aux droits créés par la loi de 2005, les Maisons Départementales des Personnes Handicapées. Les résultats sont très inéquitables sur le territoire. J’ai lancé une feuille de route et un baromètre en octobre 2020 qui visent à améliorer rapidement le service rendu aux personnes.

Depuis 2019, de nombreuses personnes handicapées bénéficient de l’octroi de droits à vie, sans obligation de les renouveler en déposant un dossier tous les 3 ans. A présent, les personnes handicapées majeures protégées sous tutelle ont le droit de voter, de se marier et se soigner, sans en référer au juge de tutelle. J’ai également affirmé le droit à la parentalité pour les personnes en situation de handicap avec une aide spécifique ouverte depuis le 1er janvier.

Sous l’égide du Président de la République, le 11 février 2019 s’est tenue la grande conférence nationale sur le handicap, priorité du quinquennat pour accompagner les personnes handicapées dans leurs choix de vie : habitat, scolarisation, travail.

Droit au logement : beaucoup de projets d’habitat inclusif

Les personnes en situation de handicap peuvent choisir entre l’habitat collectif et vivre seules. Un “entre-deux” émerge avec l’habitat inclusif : la colocation de 5 à 8 personnes avec un service d’accompagnement inconditionnel. C’est un apprentissage à l’autonomie, qui s’effectue au cœur des villes : un vrai sujet de transformation sociétale.

Scolariser en milieu ordinaire

L’école inclusive est en marche et nous devons encore avancer en ce qui concerne la pédagogie adaptée et les moyens humains déployés. Il faut ouvrir la porte aux orthophonistes, aux rééducateurs… Des maternelles accueillent des enfants autistes très encadrés, avec beaucoup de personnel médico-social en appui.

Nous sommes dans un temps de transformation : 80 000 enfants sont encore scolarisés dans les établissements médico-sociaux. L’Education Nationale a fait un bond en avant colossal mais il existe encore des réticences quand l’école se considère incompétente en raison du manque de formation sur la pédagogie adaptée.

La première classe d’Ile-de-France pour enfants polyhandicapés, qui sont les invisibles de la République, est ouverte depuis septembre 2020 dans un village des Yvelines. 6 enfants apprennent au milieu des autres.

Droit à l’emploi : accompagner pour rendre autonome

Emplois protégés, emplois dans les entreprises adaptées, emplois accompagnés en milieu ordinaire : en France, nous avons des dispositifs d’accompagnement très variés. Mais les personnes sont en permanence en rupture de parcours à cause du silotage des politiques publiques. En 2017, nous avons hérité d’un empilement de politiques très spécialisées, qu’il faut à présent simplifier pour sécuriser les parcours.

Un manifeste pour l’inclusion a été signé en 2019 par des entreprises du CAC40, qui s’engagent sur des objectifs très précis. Je crois qu’on ne progresse que sur ce qui se mesure : il faudrait disposer d’un baromètre de l’emploi pour connaître le taux d’emploi direct des personnes en situation de handicap dans les entreprises. Aujourd’hui, les personnes handicapées représentent seulement 3, 7 % des effectifs des entreprises privées ; les entreprises publiques atteignent presque le taux de 6 %.

Je suis favorable à l’accompagnement de l’entreprise plutôt qu’à de nouvelles mesures coercitives : mettre à disposition du matériel, comme des claviers en braille, développer le job coaching qui est gratuit pour les entreprises, améliorer le sourcing des personnes handicapées.

Le DuoDay est un vrai levier de changement de regard, qui lève également l’autocensure des personnes handicapées : une personne handicapée travaille avec une autre personne pendant une journée. Près  de 10 000 duos se sont constitués le 19 novembre 2020. Deux éditions auront lieu en 2021, en mai et en novembre.

Le monde du handicap a démontré une résilience très importante durant cette crise : la fabrication des masques a été lancée par les consortiums d’entreprises adaptées. Les personnes  en situation de handicap sont très volontaires et performantes sur les adaptations, contrairement aux idées reçues. Elles peuvent devenir autonomes parce que bien accompagnées. Ce qui m’anime, c’est que l’on puisse regarder la personne en situation de handicap avec une présomption de compétence sur ses choix de vie et sa volonté de vivre au milieu des autres, comme les autres.

 

Comment susciter l’engagement pour une société plus durable et inclusive ?

Dans un contexte de crise sanitaire, sociale et politique, 73 % des jeunes considèrent cependant que la vie qu’ils mènent correspond à leurs attentes et 74 % d’entre eux sont confiants dans leur propre avenir*. Beaucoup ont envie de s’engager pour transformer la société mais ils ont souvent besoin d’être accompagnés pour passer à l’action.
Trois associations ont présenté aux membres d’Un Esprit de Famille le 8 décembre 2020 leurs différents programmes et outils pour inciter les jeunes et moins jeunes à s’engager, pour que leur enthousiasme se transforme en projets concrets à impact social et/ou environnemental.

Baromètre annuel “Jeunesse&Confiance” publié par VersLeHaut, le think tank dédié aux jeunes et à l’éducation

Unis-Cité, pionnier du service civique

Marie Trellu-Kane, cofondatrice et présidente exécutive d’Unis-Cité : il manquait à l’éducation des jeunes une étape d’engagement citoyen sur le terrain ; une étape de rencontres et de brassage, qui toucherait idéalement toute une classe d’âge.

Des fonds privés ont permis le développement d’Unis-Cité. Nous avons mené des actions de plaidoyer pour convaincre les pouvoirs publics, avec des données sur l’impact à l’appui : les jeunes qui ont fait leur service civique rebondissent davantage et mieux dans le monde professionnel ; ils prennent confiance en eux ; certains expriment, que, pour la première fois, ils se sentent français. Le service civique bénéficie depuis 2010 d’un cadre législatif. L’indemnité (demi-SMIC) est prise en charge par l’Etat en grande partie.

Quel est le rôle d’Unis-Cité depuis que le service civique est un dispositif public ?

  1. Nous avons gardé notre modèle historique d’engagement sur 9 mois en équipe, avec une grande mixité sociale. Nos processus de recrutement misent sur la diversité, par exemple en incluant 6 % de jeunes en situation de handicap. Nous accueillons 5000 jeunes chaque année.
  2. Qu’est-ce que des jeunes non professionnels peuvent réaliser pour la société ? Nous expérimentons, nous avons un rôle de laboratoire de projets sociaux : éduquer aux écogestes, soulager des familles avec des enfants en situation de handicap, sortir de leur isolement des personnes âgées…
  3. Nous agissons pour le développement du service civique par du plaidoyer et en menant des actions de formation. Une classe d’âge ayant 800 000 jeunes, la marge de progression est importante !

Nous proposons aux jeunes de nombreux programmes. Par exemple, des jeunes présents depuis plus d’un an sur le territoire avec le statut de réfugié peuvent participer au programme VolontR, qui vise à accélérer l’intégration culturelle, sociale et professionnelle des jeunes réfugiés allophones de 18 à 25 ans, via une mission dans la mixité. 3000 jeunes refugiés dans les équipes profitent ainsi d’une intégration très forte et rapide.

Les jeunes peuvent bénéficier du programme Rêve et Réalise, mené en partenariat avec le fonds de dotation Entreprendre et + : ils imaginent eux-mêmes où ils veulent agir, ce qu’ils ont envie de changer. Leur projet peut devenir une entreprise sociale.

Enactus : innover et entreprendre en équipe au service de la société

Mélanie Sueur Sy, directrice générale d’Enactus et Benjamin Rolland, directeur d’Enactus Organisation.

Avoir 20 ans aujourd’hui, c’est souvent vivre dans un studio ou chez ses parents, galérer dans sa recherche de stage ou de premier emploi, étudier à distance, réduire sa vie sociale, ses activités sportives, renoncer à découvrir le monde… Pourtant, les jeunes veulent s’engager avec un sentiment d’urgence pour plus de justice sociale, pour la transition écologique… mais beaucoup ne le font pas, faute d’accompagnement. Nous essayons de donner à chacun confiance en sa capacité d’agir. Nous accompagnons des lycéens, des étudiants, des professionnels à passer à l’action, à développer leurs compétences pour innover et entreprendre au service de la société.

Créé aux Etats-Unis il y a 45 ans, Enactus accompagne chaque année 72 000 jeunes  dans 37 pays. Le parti pris d’Enactus est d’agir au sein des institutions, de faire évoluer les pratiques pédagogiques de l’intérieur.

  1. Enactus Lycéens : ce parcours est coconstruit avec l’Education nationale. 12 ateliers dans l’année sont organisés pour concevoir un projet à impact social et environnemental. Exemple : le lycée professionnel Camille Claudel à Mantes-la-Ville a mis en œuvre l’application Handiapp pour permettre à des personnes à mobilité réduite d’identifier et s’inscrire à des activités sportives adaptées. Les enseignants considèrent que le parcours d’Enactus a un impact très positif sur la scolarité des lycéens.
  2. Enactus étudiants: nous proposons un parcours de 10 mois personnalisé pour générer des projets qui ont un impact social ou environnemental. Ces jeunes développent confiance en eux et compétences professionnelles. Parfois, ils créent leur entreprise sociale : par exemple, Lunettes de ZAC recycle des lunettes usagées pour produire des lunettes à bas coût.
  3. Enactus Organisations vise les professionnels et organisations. Comment permettre aux collaborateurs d’une entreprise de s’engager dans une dynamique porteuse de sens ? Enactus outille également des organisations existantes par des formations de formateurs, la conception d’une semaine de sensibilisation à l’emploi social…

Nous sommes tous reliés par la même raison d’être et des convictions.

  • Passer à l’action: nous sommes des spécialistes de la pédagogie par l’expérience.
  • Entreprendre en équipe : nous privilégions une expérience collective et formons à la posture collaborative.
  • Lier et réconcilier l’économie et le social.
Makesense, fabrique de communautés citoyennes

Alizée Lozac’hmeur, co-fondatrice et directrice de Makesense : depuis 10 ans, Makesense propose des programmes de mobilisation collective et donne des outils pour que chacun.e s’engage au profit d’une société plus durable et inclusive. Nous nous adressons à trois publics :

  • les jeunes de 18 à 30 ans : 200 000 dans le monde ont déjà bénéficié de nos programmes,
  • les porteur.ses de projets à impact social et environnemental,
  • les collaborateur.trices qui souhaitent contribuer à la transformation de leur entreprise.

Je voudrais partager avec vous deux notions sur lesquelles nous travaillons beaucoup.

  • Le parcours d’engagement : chacun.e arrive chez Maksense avec une trajectoire et un niveau d’engagement différents. Nous lui apportons des outils et des expériences pour qu’il.elle passe des étapes : prendre conscience des problèmes, se sentir concerné.e, identifier des solutions concrètes, aider des porteur.ses de projets dans leur développement, mobiliser d’autres personnes autour de soi pour un effet “boule de neige”.
  • Des communautés dans une centaine de villes dans le monde organisent des événements, des ateliers, des programmes pour mobiliser des personnes. Le ciment est la communauté, les gens avec lesquels on a envie d’agir : Makesense est une fabrique de communautés citoyennes. Les différents programmes s’articulent autour des objectifs s’éveiller et se former, s’engager, soutenir des projets, se rassembler.

Nos trois enjeux aujourd’hui sont :

  • nous faire connaître pour mobiliser toujours plus de jeunes,
  • former des mobilisateurs pour accompagner toutes ces jeunes ;
  • digitaliser pour un parcours fluide ; notre vraie ambition est toujours le digital au service de la rencontre et de la création de communautés.

Bénédicte Gueugnier reçoit l’Axylia l’award « Personnalité altruiste »

Le 1er décembre, Axylia, spécialiste de la finance responsable, a dévoilé le palmarès de la 11ème édition des [PROFIT FOR NON PROFIT] AWARDS. Le jury a notamment récompensé Bénédicte Gueugnier, qui a reçu l’ « Award de la Personnalité altruiste ». 

Le jury a tenu à mettre en lumière la contribution de Bénédicte Gueugnier à l’avènement d’une finance altruiste, qui instaure et développe une forte culture du don. Elle a créé un précédent, qui au-delà de son impact direct, a servi d’exemple à d’autres acteurs de la gestion d’actifs.

Bénédicte Gueugnier a rejoint La Financière de l’Échiquier en 1996, comme responsable de la gestion privée, puis du marketing et de la communication. En 2005, La Financière de l’Echiquier est la première société de gestion à créer sa fondation, qui s’engage à redistribuer une partie de ses frais de gestion. Bénédicte Gueugnier en prend aussitôt la tête.

Outre la distribution de dons aux associations, la Fondation se lance dans une action opérationnelle en 2010 en ouvrant Les Maisons des Jeunes Talents, un programme d’égalité des chances, pour permettre de loger et d’accompagner des élèves issus de milieux modestes pendant toute la durée de leur classe préparatoire. Depuis 2010, les Maisons ont permis à 200 jeunes de se présenter aux concours des grandes écoles, avec un taux de réussite remarquable de 98 %.

« La COVID-19 a rappelé la modernité et la nécessité de la philanthropie. La finance s’y convertit un peu plus. Les engagements des sociétés de gestion se multiplient et supplanteront un jour les dons générés par les solutions financières » a rappelé Vincent Auriac, fondateur des Awards.

Dès 2009, Axylia, maison de finance responsable, s’est engagé en tant qu’acteur de l’innovation sociale et a lancé les [profit for Non Profit] Awards, avec la conviction qu’une finance et qu’une économie altruistes supplanteront le modèle actuel.

Adrien Taquet : « Je crois à un pacte pour l’enfance qui concerne chaque membre de la société »

Visioconférence avec les membres d’Un Esprit de Famille, le 30 novembre 2020

25 000 plaintes pour agression sexuelle sur mineur sont déclarées tous les ans, 5 % des jeunes bénéficiaires de l’Aide Sociale à L’Enfance suivent des études supérieures… Adrien Taquet affronte chaque jour ces réalités et veut faire bouger les lignes par des actions de prévention et de protection : soutien à la parentalité du quatrième mois de l’enfant jusqu’à 2 ans, 22 mesures de luttes contre les violences faites aux enfants, réorganisation de l’Aide Sociale à l’Enfance… Il est sur tous les fronts.

Actuellement en charge de l’enfance et des familles, j’ai toujours à cœur de mêler prévention et protection. La protection passe souvent par un meilleur accompagnement à la parentalité.

Les trois piliers de mon action sont

  1. la prévention : accompagner les 1000 premiers jours de l’enfant,
  2. la lutte contre les violences,
  3. notre système institutionnel de protection : l’aide sociale à l’enfance.

Je crois à un « pacte pour l’enfance » qui concerne chaque membre de la société, l’ensemble des acteurs, dont bien sûr les acteurs privés. Ensemble, nous mettrons en œuvre des solutions.

1. Accompagner les 1000 premiers jours de l’enfant

Nous avons l’ambition d’une politique de la toute petite enfance. Le concept des 1000 premiers jours existe depuis les années 1980 : les neurosciences ont montré que ce qui se passe durant ces 1000 jours a des répercussions toute la vie. Au cours de cette période se forgent les inégalités sociales, de santé, comportementales : il est évidemment préférable de lutter contre les inégalités au moment où elles se forment. Le Président de la République, très attentif à ce sujet, a réuni une commission autour du neuropsychiatre Boris Cyrulnik pour proposer des recommandations. Le rapport de la commission, finalisé en septembre dernier, préconise 4 champs d’action.

  • Développer des messages de santé publique : sur les dangers des écrans, les violences ordinaires… Des études montrent que les parents considèrent qu’il est de plus en plus difficile d’être parent ; ils ont besoin d’être accompagnés.
  • Généraliser l’entretien prénatal précoce : il ne concerne aujourd’hui que 28 % des grossesses.

Adrien Taquet est entré au gouvernement en 2019, après un parcours d’homme de communication. Directeur général d’Euro RSCG (2004-2007), puis directeur-associé chez Leg (2008-2012), il crée et dirige l’agence de publicité Jésus et Gabriel de 2013 à 2017.

Cofondateur d’En marche, il est élu député dans la deuxième circonscription des Hauts-de-Seine en 2017. A l’Assemblée nationale, membre de la commission des affaires sociales, il s’investit particulièrement sur les sujets sociaux, de santé et d’éducation, dans une optique permanente d’émancipation et d’inclusion. Il est nommé secrétaire d’État en charge de la Protection de l’Enfance auprès d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Le 26 juillet 2020, il est nommé secrétaire d’Etat en charge de l’Enfance et des Familles auprès d’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé.

  • Bâtir un parcours d’accompagnement des parents, qui sera financé dès cette année. Il se déploie dès le quatrième mois de l’enfant, notamment par des visites à domicile post-partum. La dépression post-partum est un vrai sujet de santé publique. Des parcours spécifiques sont prévus pour les parents qui accueillent un enfant en situation de handicap, pour les parents handicapés, pour les enfants prématurés…
  • Permettre aux parents d’être présents : le temps du congé paternité a été doublé, avec une semaine obligatoire, mais il est encore mal vu. Il faut mener une réflexion globale sur les congés parentaux. Les entreprises qui proposent une politique familiale disposent d’un atout certains pour recruter les meilleurs talents.
2. Lutter contre les violences

Il faut s’attaquer urgemment à la question des violences faites aux enfants : 25 000 plaintes parviennent chaque année pour agression sexuelle sur mineur, un chiffre sûrement en dessous de la réalité. 700 000 enfants sont victimes de harcèlement scolaire tous les ans. 6 millions de Français ont été victimes d’inceste. Les violences sont perpétrées dans le cercle intrafamilial.

Il faut aussi savoir que la prostitution infantile explose en France, même dans des écoles huppées. L’acte sexuel est banalisé et dégradé par la pornographie trop facilement accessible.

Les entreprises privées sont réticentes à s’investir sur ces sujets, qui mettent à mal un fondement de notre société : la famille. Mais je crois au rôle de transformation exercé par le secteur privé. Un de mes enjeux est de faire de ce sujet un enjeu : c’est le plus difficile. Il faut que tout le monde s’en empare.

Une commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants, pour lever le tabou de l’inceste, sera opérationnelle prochainement.

Le 20 novembre dernier, à l’occasion des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant ont été annoncées les 22 mesures du plan de lutte contre les violences faites aux enfants, dont :

  • renforcer la prévention des violences sexuelles à l’école,
  • expérimenter une ligne d’écoute pour les potentiels auteurs de violences identifiés,
  • durcir les peines contre la pédophilie…

3. L’Aide Sociale à l’Enfance

C’est une compétence départementale mais qui demande une coordination nationale pour être plus efficace. Une décentralisation excessive a nui à cette coordination entre les responsables des institutions. La création du Secrétariat d’Etat en charge de l’Enfance et des Familles prouve que l’Etat s’y investit à nouveau.

340 000 enfants bénéficient de l‘Aide Sociale à l’Enfance. La moitié des ces enfants reste dans sa famille, l’autre moitié est placée dans des foyers ou des familles d’accueil. Ces enfants ont de vraies difficultés dans leur scolarité : seulement 5 % d’entre eux suivent des études supérieures. Nous essayons d’améliorer cet état de fait. Nous avons notamment lancé un appel à projets pour mettre en place du soutien scolaire destiné aux enfants de l’ASE.

Le soutien des fondations familiales à des associations comme Les Apprentis d’Auteuil, La Voix De l’Enfant, L’Enfant Bleu ou à de plus petites structures spécialisées est essentiel pour faire avancer tous ces sujets.

Futurs philanthropes, candidatez pour être accompagnés par le Philantro-Lab !

Le Philanthro-Lab est le premier incubateur de projets philanthropiques. Il accompagne l’émergence, le développement et la pérennisation de projets d’intérêt général, ainsi que l’implication des philanthropes et du grand public.
Le Philantro-Lab lance un nouvel appel à projets destiné à des personnes qui envisagent d’initier une démarche philanthropique et souhaitent bénéficier d’un accompagnement pour structurer leur approche.
 

Le programme d’incubation consiste en une résidence gratuite de 6 mois pour les philanthropes, intégrant

  • un accompagnement individualisé par l’équipe du Philanthro-Lab, des pairs et des mentors,
  • un accès gratuit aux formations et aux conférences,
  • à la mise en relation avec des mécènes, des porteurs de projet et des experts du secteur.
Le formulaire de candidature pour les philanthropes qui souhaitent rejoindre le programme d’incubation est publié sur www.philanthro-lab.org
 
La date limite de réception des candidatures est le 31 décembre 2020 pour un démarrage du programme en février 2021.
 

Art et culture : vecteurs de cohésion sociale ?

« Parce qu’elle relève de la transmission tout autant qu’elle est un apprentissage de la liberté, la culture sous toutes ses formes est une arme puissante et collective, à mettre entre toutes les mains. »* Deux associations et deux institutions culturelles ont présenté le 5 novembre aux membres d’Un Esprit de Famille leurs actions innovantes pour faire découvrir et aimer à des publics qui en sont éloignés les métiers de l’image, l’opéra, la musique, le musée ou le cinéma.

*Extrait de l’éditorial de La Croix, le 21 mai 2020

LE BAL : former les jeunes à la fabrication des images

 

Marie Doyon, responsable de La Fabrique du Regard : créé par Raymond Depardon en 2010 dans une ancienne salle de bal, LE BAL est un lieu dédié aux arts visuels dans le 18è arrondissement. Lieu de vie, qui dispose d’un café et d’une libraire, le BAL est aussi un espace d’expositions de tous les formats d’images : photos, vidéos, films…

C’est aussi un lieu de formation : la plateforme pédagogique La Fabrique du Regard forme les jeunes à et par l’image. Nous cherchons à faire comprendre aux jeunes que l’image est une fabrication, donc à développer leur esprit critique en leur apprenant toute la mécanique de fabrication. Ils ont accès

  • à des ateliers d’ouverture culturelle : des conférenciers les accompagnent dans des lieux d’exposition ; en 2020, la thématique de ces ateliers est « Voir, c’est croire », l’image comme preuve : quel rapport de crédulité avons-nous avec les images ? Comment sont-elles manipulées, falsifiées, transformées ? ;
  • à des interventions d’artistes : réalisateurs, vidéastes, iconographes… proposent des méthodologies, des outils pour débattre.

Les actions de la Fabrique du Regard sont menées hors les murs : écoles, centres sociaux… Les bénéficiaires sont des jeunes de 6 à 25 ans habitant des quartiers de politique de la ville, qui n’ont pas accès à la culture.

Nos objectifs : développer l’esprit critique, raccrocher les élèves à l’enseignement, développer des compétences en les expérimentant dans des projets, lutter contre l’autocensure des jeunes.

La plateforme collaborative Ersilia permet l’essaimage de La Fabrique du Regard : les jeunes y trouvent des outils pour éditorialiser des contenus, accéder à des films, des textes, des photos, des liens vers des sites de musées… Des modules pédagogiques sont proposés par un enseignant, un artiste, des jeunes, une structure partenaire, pour stimuler de nouvelles pratiques et partages d’expériences. Grâce à Ersilia, nous touchons des zones rurales et d’outre-mer. Nous travaillons actuellement sur la modélisation pour en faire profiter un nombre plus important de jeunes et d’enseignants.

Théâtre des Bouffes du Nord : élargir les publics de l’opéra et de la musique de chambre 

 

Clémentine Aubry, administratrice du Théâtre : le théâtre des Bouffes du Nord renaît en 1974 grâce à Peter Brook qui en fait un lieu de créations et d’échanges. Il est situé dans des quartiers populaires, où la mobilité est forte. La configuration du lieu, qui ne cache pas la patine du temps, génère une composante désinhibante pour les spectateurs et les artistes.

Le Théâtre accompagne des équipes artistiques pour créer et diffuser leurs spectacles : musiques, théâtre, opéra… Peter Brook allait jouer dans les écoles, les prisons… Nous cherchons à faire perdurer cet état d’esprit pour brasser des publics les plus larges possible. Avec nos fidèles partenaires (centres d’animation, associations…) et les artistes, nous coconstruisons des spectacles.

« L’opéra c’est vous » est un projet de découverte et d’appropriation de l’opéra, qui est habituellement considéré comme élitise. Autour d’une œuvre d’opéra, l’équipe artistique coconstruit un spectacle avec des élèves de lycée. L’œuvre finale sera composite car l’objectif est de sensibiliser à l’opéra mais aussi de donner à pratiquer, à éprouver, pour que chacun y implique un peu de son histoire personnelle. Des participants issus de milieux très différents doivent collaborer. Certains écrivent, d’autres créent des costumes, d’autres jouent de la musique, d’autres travaillent à la régie… La forte cohésion de groupe est consolidée par une semaine de résidence et de répétition au théâtre.

Nous continuons actuellement les ateliers dans les lycées, même si le théâtre est fermé.

Le théâtre des Bouffes du Nord produit des spectacles et s’associe à des lieux en régions pour faire découvrir la musique de chambre : c’est le programme « La belle saison », qui compte aujourd’hui 17 lieux partenaires. Des musiciens en résidence animent des ateliers avec des écoles, des EHPAD, des écoles de musique. L’un des objectifs de ce programme est d’intégrer dans le parcours de jeunes artistes cette composante de transmission, de création avec de non-artistes, qui enrichit leur carrière.

Le théâtre des Bouffes du Nord est très peu subventionné. Les projets d’éducation artistique et cultuelle sont à 100 % financés par le mécénat. Les partenaires sont des interlocuteurs avec qui nous maintenons un dialogue constant : grâce à leur expertise, ils nous accompagnent dans la progression de nos projets et son évaluation.

Ciné-ma différence : donner accès à la culture aux personnes en situation de handicap 

 

Catherine Morhange, cofondatrice et présidente de l’association Ciné-ma différence : les porteurs de handicap, 1 à 2 millions de personnes en France, sont peu présents dans la vie sociale. Les familles concernées renoncent au cinéma parce que leur enfant peut être bruyant, s’exprimer de façon inhabituelle. Pour remédier à cette exclusion, avec d’autres parents nous avons conçu Ciné-ma différence en 2005. Nous rendons accessibles des séances de cinéma « ordinaires », pour que chacun, avec ou sans handicap, y soit accueilli et respecté tel qu’il est.

Le dispositif imaginé par Ciné-ma différence est conçu pour informer, entourer et apaiser les spectateurs. Des bénévoles formés accueillent les personnes handicapées, leur famille, et informent clairement le public sans handicap. Quelques aménagements techniques sont apportés : lumière s’éteignant doucement, son abaissé pour ne pas agresser des personnes aux oreilles très sensibles, pas de publicité ni de bandes-annonces. Les séances se déroulent ainsi sereinement. Le public handicapé découvre le cinéma et peut ensuite parfois se rendre à une séance normale.

Le dispositif est présent dans 70 salles. En 2019, plus de 400 séances ont été organisées.

En 2018, l’association a créé le dispositif Relax destiné au spectacle vivant : les séances se déroulent dans un environnement bienveillant et détendu où chacun peut vivre ses émotions. L’Opéra Comique à Paris est l’établissement pilote du dispositif Relax. 25 spectacles Relax ont déjà eu lieu, dont un opéra baroque de 3 h 30 !

Comment faire pour que Relax se répande ? Il faut dépasser les peurs et gênes de part et d’autre. Cinéma-ma différence accompagne les institutions culturelles qui veulent accroître leur accessibilité. Chacun a droit à la culture, même ceux qui ne sont pas « dans la norme ».

Actuellement, nous envoyons des ressources culturelles par voie numérique pour garder le lien avec nos spectateurs. Les formations continuent à distance.

Notre financement vient de ressources propres (cotisations des membres, prestations de formations), de financements publics et privés.

Après chaque séance, nous proposons un questionnaire sur notre site Internet pour avoir un retour sur l’impact, auprès des personnes en situation de handicap ou non.

Le Musée du Louvre : accompagner la découverte du Musée et le porter hors les murs

 

Matthieu Decraene, sous-directeur du développement des publics et de l’éducation artistique et culturelle : au service de tous les Français, le Louvre a une mission éducative et sociale. Voici les 3 piliers de nos actions d’inclusion sociale :

  • La formation : il faut être accompagné pour franchir la porte d’un musée. Nous formons une communauté active de relais pour aider des enseignants, des acteurs sociaux et du domaine du handicap dans leurs visites du musée.
  • Le développement d’offres adaptées : par exemple, la petite galerie du Louvre présente chaque année une exposition thématique adaptée aux plus jeunes ; hors les murs, le Louvre propose le programme « le Louvre à jouer » : des enfants se mettent dans la peau d’un gardien ou d’un conservateur de musée ; plus de 2000 enfants ont bénéficié de ce dispositif itinérant.
  • Les partenariats pour toucher les publics dans leur cadre de vie, aller à leur rencontre sur leur territoire. Nous sommes partenaires des trois Académies de Versailles, Paris et Créteil. Avec l’AP-HP, nous développons « Le Louvre à l’hôpital » : l’exposition itinérante sur la couleur bleue a tourné dans 11 sites de l’AP-HP. Des ateliers sur l’archéologie ont été organisés dans un centre commercial en Seine-et-Marne.

Le contexte du covid-19 bouleverse ces programmes. Notre activité dans les classes est cependant maintenue. Nous avons organisé un « été culturel et solidaire » pour des publics fragiles. Nous avons mis ne place une nouvelle plateforme de micro-learning. Le tournant numérique nous permet de toucher un public plus nombreux : nous développons des visites virtuelles du musée.

Les programmes d’activités artistiques et culturelles sont financés par les Académies, la préfecture, des fondations d’entreprise et des mécènes.

En 2021, le site louvre.fr offrira de contenus renouvelés et en septembre ouvrira le studio dédié aux jeunes et l’éducation.

Le CFF lance la Coalition Française des Fondations pour le Climat

Le Centre Français des Fonds et Fondations a lancé officiellement le 18 novembre la Coalition Française des Fondations pour le Climat. 

Partenaire du CFF, Un Esprit de Famille s’associe pleinement à cette initiative.

Sont notamment intervenus au cours de la visioconférence de lancement Sarah El Haïry, Secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Valérie Masson-Delmotte, Coprésidente du Groupe 1 du GIEC, Nicolas Hulot, Président d’honneur de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Hugues Sibille, Président de la Fondation Crédit Coopératif, Erik Orsenna, écrivain, académicien et Président de l’Initiative pour l’Avenir des Grands Fleuves…

Vidéo de l’atelier du CFF du 18 novembre : Agir pour le climat avec la Coalition des Fondations Françaises pour le Climat

L’objectif de cette mobilisation est de montrer que chaque fondation et fonds de dotation, quelle que soit sa taille, son mode opératoire et ses missions peut être acteur dans la prise en compte du changmeent climatique.

Un manifeste est proposé à la signature de toutes les fondations et tous les fonds de dotation en France et en Europe, signifiant l’importance de l’enjeu du climat pour le signataire.

Plus d’informations sur le site du CFF 

LA PHILANTHROPIE FAMILIALE
DANS LES MEDIAS

Les quatre conditions d’une philanthropie climatique efficace 

The Conversation, 16 octobre 2020

Par Éléonore DelanoëChargée de recherche, chaire Philanthropie, ESSEC ;
       Arthur Gautier, Professeur, directeur exécutif de la chaire Philanthropie, ESSEC
       Charles Sellen, Global Philanthropy Fellow, Lilly Family School of Philanthropy, IUPUI

« Malgré des moyens insuffisants pour affronter l’ampleur de la crise climatique, la philanthropie a plusieurs cartes utiles à jouer : intégrer le climat dans l’ensemble des programmes et des causes, investir et agir dans une logique bas carbone, faire levier sur les décideurs publics en réunissant une pluralité d’acteurs autour de la table. »

La philanthropie familiale mobilisée 

Challenges, 18 juin 2020

« L’association Un Esprit de Famille, présidée par Sabine Roux de Bézieux et qui rassemble une centaine de fondations familiales qui versent au total 200 millions d’euros par an à l’intérêt général, a mené l’enquête auprès de ses membres : 45 ont soutenu des actions d’urgence contre le Covid-19, 40 vont augmenter leurs dons. »

Sarah El HaÏry : « Notre pays est profondément engagé et philanthrope »

France Inter, 9 juin 2020

Députée Modem de Loire-Atlantique, Sarah El HaÏry est l’auteure d’un rapport sur la philanthropie. Elle est l’invitée de Mathilde Munos.

« Quand on fait des études sur le mécénat et sur la philanthropie, la fiscalité n’est jamais le premier point, c’est d’abord et avant tout une cause qui vous touche, c’est pour cela qu’une partie des propositions sont sur l’éducation à la philanthropie, je crois à cette culture nationale. »

« La philanthropie est une solidarité consentie, celle qui doit émerger par la propre volonté des citoyens. J’ai voulu que ce mot soit réapproprié par tous. Le premier des philanthropes est le bénévole, celui qui donne de son temps, également de son argent ou de ses compétences. »

La révision du mécénat des particuliers et d’entreprise à l’épreuve de la crise

Le Figaro, 9 juin 2020

Dans leur rapport remis à Édouard Philippe, deux députées appellent à revoir tous les dispositifs existants.

Les députées Sarah El Haïry (MoDem) et Naïma Moutchou (LREM) remettront ce mardi à Édouard Philippe leur rapport sur l’évolution du cadre de la philanthropie en France.
Qualifiée de « dynamique et inventive » dans le document que Le Figaro a pu consulter, la philanthropie joue « un rôle de ciment social et sociétal clé » en France.

Avec la crise, la philanthropie est en première ligne

Le Monde, 5 juin 2020

Après une année 2019 dynamique, le secteur des fondations fait face à nombre d’incertitudes liées à la situation sanitaire et économique.

Pendant la crise, les fondations ont réagi à l’urgence et mobilisé des centaines de milliers d’euros pour la santé, la recherche, le social. Et après ? « Nous incitons nos membres à poursuivre leur générosité envers les plus démunis, sans oublier les domaines parfois délaissés durant la crise, comme la recherche hors Covid-19 et la solidarité internationale  les impacts sociaux du confinement dans certains pays sans filet de sécurité pourraient être importants », explique Benoît Miribel, président du Centre français des fonds et fondations (CFF).

Edouard Tétreau : réécrire le contrat social français

La société française est de plus en plus parcellisée, le fait majoritaire issu des élections de plus en plus contesté. La crise sanitaire apporte fatigue, désarroi et paupérisation.
Pour sortir de ce contexte délétère, Edouard Tétreau propose la réunion d’Etats généraux en mai 2022, en s’appuyant sur l’histoire de France : depuis le 5è siècle, ils se sont avérés un outil efficace pour sortir de crises majeures.
Que seront les Etats généraux du XXIè siècle ?

Edouard Tréteau

Conférence avec des membres d'Un Esprit de Famille | 12 octobre 2020

Edouard Tétreau est essayiste, éditorialiste, enseignant et conseiller de dirigeants économiques et politiques. Après douze années dans les médias et la finance, il fonde MEDIAFIN en 2004, dont il est aujourd’hui l’associé-gérant.

 Edouard Tétreau est le « chroniqueur du mercredi » pour Les Echos. Auteur de plusieurs essais chez Grasset, il a publié en septembre 2020 Les Etats généraux en 2022 (éd. De l’Observatoire).

Ses engagements européens l’ont conduit à créer le site www.etatsunisdeurope.com.

En dehors de la France, ses mandats le conduisent régulièrement en Chine (Young Leader de la France China Foundation) et aux Etats-Unis, où il est administrateur de la Maison Française à Columbia University, New York, et trustee du think tank Committee for Economic Development, Washington DC.

Le contrat social français est en lambeaux

Il est très difficile actuellement de faire des plans au-delà de 72 h : allons-nous être à nouveau confinés ? Les entreprises vont-elles vivre une nouvelle fermeture qui va se faire effondrer leur chiffre d’affaires mais aussi l’envie, la capacité à se projeter ?

700 000 jeunes arrivent sur le marché du travail, à qui on demande de patienter. Cela induit désarroi, inertie, et sentiment d’injustice. Je cite l’exemple de l’association Sport dans la Ville, la principale association d’insertion professionnelle par le sport en France. Chaque année, Sport dans la Ville forme une promotion d’environ 1000 jeunes issus de quartiers défavorisés ; les entreprises partenaires leur proposent entre 900 et 950 stages. Actuellement, le nombre de stages, CDD et alternances proposés s’élève à 150…

Le Secours populaire a publié une récente enquête : au printemps 2020, 1,2 million de personnes avaient accès à ses services ; aujourd’hui, il compte 45 % de nouveaux inscrits, notamment des familles, des étudiants qui n’ont plus de job d’appoint… Je m’inquiète pour demain de la révolte des chefs de famille.

Des liens de cause à effet évidents dans le passé sont en train de s’effriter : le lien entre travail, rémunération et patrimoine. Il devient normal de recevoir une rémunération sans travailler : c’est le cas avec le chômage partiel. Il existe une décorrélation encore plus grande entre l’état général de l’économie et la valorisation des actifs financiers : le cours des actions continue de s’envoler.

La société est fragmentée, désorientée, elle cherche d’autant plus de sens qu’elle du mal à se trouver une histoire commune. Prenons l’exemple de la colonisation : j’ai un arrière-grand-père, militaire et ingénieur, qui a participé à la colonisation d’une partie de l’Afrique. Il a travaillé à la construction de villes, de réseaux ferrés. Puis la colonisation est devenue un crime contre l’humanité. On a du mal à se trouver un socle commun.

 

Alors, faisons-en sorte d’avoir un avenir en commun. C’est le principe de la démocratie : quel avenir voulons-nous pour notre pays ? Mais nous touchons actuellement aux limites du fait majoritaire : il devient de plus en plus insupportable pour la minorité qui va contester, revendiquer, bloquer. La société est de plus en plus parcellisée, les réalités de plus en plus inacceptables. L’Etat est omnipotent mais n’arrive plus à fonctionner.

Je crois qu’il y a encore une chance pour éviter une destruction de la nation française : ce sont les Etas généraux.

Les Etats généraux, consubstantiels de la nation française

On ne connaît généralement que ceux de 1789, qui ont complètement dérapé. Terminés en juin 1789, ils sont devenus une Constituante aux mains des insurrectionnels qui a pavé le chemin vers une prise de pouvoir violente et une guerre civile… Les Etats généraux de 1789 sont un accident de l’histoire.

Mais on a oublié que les Etats généraux sont consubstantiels à la nation française, depuis l’époque de sainte Geneviève, au Vè siècle. Au Moyen-Age, ils étaient rassemblés tous les 6 ans. Philippe le Bel réunit la nation en janvier 1302 à Notre-Dame, composée des 3 ordres : le tiers-état, le clergé et la noblesse. Il s’agissait à l’époque de taxer les richesses du clergé pour renflouer les caisses de la nation en guerre dans les Flandres.

Les Etats généraux sont un outil de gestion des crises majeures en France, depuis que notre pays existe. Dès qu’il y avait un problème de légitimité, de consentement à l’impôt, on les convoquait. C’est un outil que l’Histoire nous tend pour continuer à écrire l’histoire de notre pays, sans violence.

Quand on se lance dans une dynamique d’Etats généraux, il faut un président fort. Or, le seul moment en France où le président est fort, c’est au début de son mandat, donc en mai 2022.

 

Les Etats généraux partent du terrain,
des communes, des familles

C’est une forme de démocratie participative.

Commencer par un audit me semble essentiel : partager la connaissance de nos forces et faiblesses, de ce qui est possible à réaliser ou non. Qu’est-ce qu’une dette qui représente plus de 100 % de notre PIB ? Nous sommes la deuxième nation maritime au monde : mettons-nous cet atout en valeur ?

Les Etas généraux rassembleraient 1200 personnes, dont 600 personnes du terrain qui prêteraient un serment démocratique. A ce corps majoritaire on adjoint deux corps minoritaires :

  • 300 délégués des élus de la nation : des représentants politiques de terrain, et non des partis politiques parisiens.
  • 300 représentants de ceux qui ont vocation de servir les autres : les syndicats participatifs, les associations et les cultes.

 

Je suis un farouche antijacobin, sauf pour les prérogatives régaliennes que sont l’armée, la police, la justice et la diplomatie. Les services de santé, d’éducation, doivent être ancrés sur le terrain. Je crois que nous sommes arrivés au bout du centralisme républicain.

Cette délégation du peuple travaillera à une nouvelle Constitution.

Je ne suis pas certain qu’on arrive à la présidentielle de 2022 dans un climat de stabilité sociale. Nous avons un contrat social à réécrire.

Les Etats généraux de l’éducation 

« Le think tank Vers le Haut, dédié aux jeunes et à l’éducation, a lancé il y a un an les Etats généraux de l’éducation. 7 thèmes éducatifs sont étudiés au cours de 7 journées de co-construction et soirées publiques dans 7 villes de France. L’idée est de rassembler des propositions issues des acteurs de terrain, de rédiger une Charte de l’éducation et la proposer au gouvernement pour l’adjoindre à la Constitution. Tous les citoyens peuvent apporter leurs propositions sur la plateforme etatsgeneraux-education.fr. »

Elisabeth Terrien, présidente-cofondatrice de la fondation CAJJED, membre du comité directeur du think tank Vers le Haut