Impliquer la famille dans les structures philanthropiques

Une structure philanthropique familiale peut s’apparenter à une « maison de famille virtuelle » : toutes les générations se rassemblent dans un projet commun. Comment perpétuer ce projet au-delà de la génération fondatrice ? Comment rester unis autour d’un même objectif  malgré l’extrême diversité des personnalités et des parcours ? Quelques retours d’expériences et bonnes pratiques…

Petit-déjeuner des membres d’Un Esprit de Famille au Philanthro-Lab à Paris, le 21 octobre 2021

Deux fonds de dotation et deux fondations ont partagé leur expérience.

Sophie Lacoste, fonds de dotation Porosus 

« Nous agissons évidemment pour l’objet que nous avons fixé mais aussi pour partager, continuer à vivre, grandir ensemble et échanger. »

« Ce fonds de dotation est destiné à transmettre les valeurs que nous avons reçues. Dès le départ, nous avons organisé des séminaires avec les enfants. »

Félicité Hoppenot, fonds de dotation Hoppenot

« La création de ce fonds de dotation vient de cette idée de renforcer les liens familiaux et continuer à rester une famille unie. »

« Le fonds de dotation est porté par la génération suivante, qui drive notre stratégie. »

Cybèle de Brem, fondation Lemarchand 

« C’était très important que chacun puisse trouver sa place… »

« Nous avons le souhait d’intégrer la troisième génération, dont le plus âgé a 17 ans. »

Jacques Vincent, fondation Acteur de mon avenir


« Ma fille et mon gendre, qui ont soutenu la fondation, sont d’accord pour la reprendre dans quelques années, en étendant l’objet. Mon fils et ma belle-fille ont préféré créer leur propre fonds de dotation pour soutenir la cause de la disponibilité de l’eau. »

Reportage dans l’usine de production, d’apprentissage et d’insertion
de la fondation AMIPI à Cholet

Membre d’Un Esprit de Famille, la fondation AMIPI emploie 760 opérateurs en situation de handicap cognitif dans ses 6 usines de montage de faisceaux de câbles destinés à l’industrie automobile. Reportage de FR3 dans l’usine de Cholet (Maine-et-Loire).

Développer les capacités des personnes handicapées reste la priorité pour ces entreprises, dont les clients s’appellent Renault ou Stellantis. Un tiers des salariés de l’usine intègre ensuite une entreprise classique.

Renault vient de signer un contrat de 6 millions € avec AMIPI, même si cela lui coûte 40 % plus cher qu’acheter des câbles en Afrique. « Quand on prend un peu de recul, explique Jean-Dominique Senard, Président du groupe de Renault, cette différence est largement compensée, au-delà de l’épanouissement des personnes concernées, par le bien-être de la société au sens large… »

En savoir plus sur le site de franceinfo

Un Esprit de Famille fête la rentrée à l’Institut de France

Le 13 septembre, Un Esprit de Famille réunissait à l’Institut de France plus d’une centaine de personnes : membres de l’association et personnalités de l’écosystème de la philanthropie.

Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France, a rappelé les grandes missions de cette presitigieuse institution : diffusion des travaux des Académies, protection du patrimoine et philanthropie via les fondations qu’elle abrite.

Sabine Roux de Bézieux, présidente d’Un Esprit de Famille, a rappelé les axes de développement de l’association ces deux dernières années et les perspectives pour 2022 (cliquez sur la présentation ci-contre).

Le Cercle Weber : 10 fondations pour 1 partenariat avec Chemins d’avenirs (visioconférence)

Visioconférence « La philanthropie familiale en action », le 14 juin 2021

Une dizaine de fondations membres d’Un Esprit de Famille soutiennent ensemble des associations qui œuvrent dans le champ de l’éducation : elles forment « le Cercle Weber ». « Nous faisons plus et mieux ensemble », résume Isabelle Bouzoud, présidente de la fondation Brageac. « Notre approche est voisine du financement d’une start-up », ajoute Jacques Vincent, dont la fondation Acteur de mon Avenir est également membre du Cercle Weber. Tous deux nous présentent cette démarche collective et le bilan de deux années de partenariat avec Chemins d’avenirs. Salomé Berlioux apporte son regard de fondatrice et directrice générale de Chemins d’avenirs sur ce partenariat exemplaire.

Jacques Vincent, fondateur et président de la fondation Acteur de mon Avenir : "Ensemble, nous avons démultiplié notre impact"

Jacques Vincent, fondateur et président de la fondation Acteur de mon Avenir : en 2018, sous l’impulsion de Jean-François Rambicur (fondation ARCEAL), 7 fondations membres d’Un Esprit de Famille soutenant des projets éducatifs ont décidé de cofinancer une association pour avoir plus d’impact. Les critères de sélection ont été établis collectivement : une association qui a pour mission de réduire les inégalités sociales, d’agir dans des zones défavorisées, en soutien à l’Education nationale, qui évalue son impact et son efficacité, a une capacité d’essaimage…

Nous avons auditionné 7 associations, dont Chemins d’avenirs, que la fondation Brageac, membre du Cercle Weber, soutenait depuis 2 ans. Cette association remplissait pleinement nos critères ; elle a recueilli l’unanimité des membres. 3 autres fondations se sont jointes au financement. Nous avons établi une seule convention de financement pour toutes les fondations participantes et précisé les méthodes de suivi.

Ensemble, nous avons démultiplié notre impact, en octroyant 280 000 € à Chemins d’avenirs. Ils ont financé pour moitié la structure, pour moitié son expansion :

  • le salaire de la fondatrice et d’un fundraiser,
  • l’extension géographique avec 3 Académies supplémentaires engagées dans les programmes de Chemins d’avenirs.

Isabelle Bouzoud, présidente de la fondation Brageac : "Le Cercle Weber rassemble douze fondations qui sélectionnent chaque année une association pour la cofinancer à hauteur d’environ 200 000 €."

 

Isabelle Bouzoud, présidente de la fondation Brageac : 10 fondations ont travaillé ensemble : nous nous sommes améliorés, nous avons enrichi nos critères de sélection, d’évaluation, et découvert d’autres projets. Cela crée une émulation sur la façon dont nous gérons nos fondations. Nous faisons plus et mieux ensemble.

Trois ans après sa création, le Cercle Weber rassemble douze fondations qui sélectionnent chaque année une association pour la cofinancer à hauteur d’environ 200 000 €. A la suite du processus de sélection, le lauréat s’est toujours imposé auprès de tous les membres du Cercle. Nous avons décidé de soutenir l’association pendant 2 ans. Certaines fondations peuvent poursuivre leur soutien, à titre individuel.

Il existe très peu d’exemples de fondations qui se mettent d’accord sur le cahier des charges pour cofinancer une association !

Notre soutien a donné plus de visibilité à Chemins d’avenirs, qui a trouvé d’autres interlocuteurs dans sa recherche de financements.

Salomé Berlioux, fondatrice – directrice générale de Chemins d’avenirs

Le partenariat avec le Cercle Weber a été déterminant : il nous a permis d’aller beaucoup plus vite et plus loin, et surtout en confiance, de façon très humaine et efficace.

A l’époque, l’asscociation comptait 3 salariés et j’étais bénévole. Grâce au salaire, j’ai pu me consacrer 100 % à mon idée.

Depuis le début du partenariat, nous avons suivi 2 nouvelles promotions de jeunes : 1 700 jeunes accompagnés individuellement. 5 000 jeunes auront suivi le programme d’ici janvier 2022. 47 établissements scolaires sont partenaires.

Depuis le début du partenariat, nous avons suivi 2 nouvelles promotions de jeunes : 1 700 jeunes accompagnés individuellement. 5 000 jeunes auront suivi le programme d’ici janvier 2022. 47 établissements scolaires sont partenaires.

Focus sur les Ateliers d’avenir

La fondation Neuvoies travaille sur la transformation des bénéficiaires des associations : ces ateliers ont permis aux filleuls de Chemins d’avenirs et à leurs mentors de réfléchir sur tout ce que ce parcours a transformé dans leur vies. Hélène Wintenberger, cofondatrice de la fondation Neuvoies, et Marine Bonnefoi, directrice générale adjointe de Chemins d’avenirs, présentent le bilan de ces ateliers.

FAMAE : quatrième concours international d’innovations sur l’environnement

Membre d’Un Esprit de Famillela fondation FAMAE lance chaque année un concours international d’innovations sur l’environnement pour soutenir des projets qui réduisent notre empreinte environnementale.

Cette année, FAMAE lance le concours « Sustainable innovations challenge » qui couvre les champs de la transition écologique : les déchets, l’eau, l’alimentation, l’habitat, l’énergie et la mobilité.

Doté de 1 000 000 €, il s’adresse à tous les projets innovants portés par des associations, des entreprises, des acteurs publics ou privés. Vous pouvez proposer des projets qui vous semblent pertinents : contact@famae.earth

Plus d’informations sur le site de FAMAE.

Fonds et fondations, signez le Manifeste pour le Climat !

Visioconférence le 10 mai 2021

Lancée en 2020, la Coalition française des fondations pour le Climat (CffC) rassemble les acteurs de l’intérêt général dans un objectif commun : lutter contre le dérèglement climatique. Cet enjeu majeur concerne tous les fonds et fondations, quel que soit leur objet social. Les acteurs et les signataires de la CffC présentent sa genèse, sa gouvernance et ses actions.

Sabine Roux de Bézieux, présidente d’Un Esprit de Famille : « Un point qui me tient à cœur est le lien entre climat et pauvreté. Les dérèglements climatiques ont plus d’impact sur les populations les plus pauvres de la planète que sur les pays développés dans lesquels nous vivons. C’est une réalité qui doit encourager les fondations qui s’intéressent aux questions sociales et humanitaires à participer à cet engagement sans faille pour le climat. »

Benoît Miribel, président du Centre Français des Fondations : « Nous sommes tous concernés par le changement climatique dans nos façons d’agir. 87 fonds et fondations ont rejoint cette Coalition pour faire évoluer leurs pratiques. Au lien entre climat et pauvreté, on peut ajouter le lien entre climat et santé : l’évolution climatique agit sur la santé de la terre et des hommes. En décarbonant, on lutte contre la pauvreté et en faveur d’une santé durable pour tous. »

Marie-Stéphane Maradeix, déléguée générale de la Fondation Daniel et Nina Carasso, responsable du comité de pilotage de la CffC, rappelle la genèse de la CffC. « En 2019, seulement 3 % des fondations en France s’intéressaient aux causes environnementales, selon l’Observatoire de la Philanthropie… Je me suis dit qu’il fallait lancer un Manifeste qui ne soit pas trop engageant mais qui permette de créer une communauté de pratiques. Ce « réveil climat » est arrivé au bon momentum. Il faut y aller ensemble. »

Béatrice de Montleau, responsable de la CffC, détaille le fonctionnement et les actions de la CffC. Deux groupes de travail agissent actuellement :

  • le groupe ODD : mieux appréhender l’ensemble des ODD dans les actions des fonds et fondations ;
  • le groupe Finance et Climat : comprendre les enjeux climatiques dans l’investissement, référencer les instruments financiers qui les prennent en compte.

 

Guillaume Decitre, président fondateur du Fonds de Dotation Decitre, et Dorothée Merville, déléguée générale de la Fondation Hippocrène, apportent leur témoignage en tant que signataires du Manifeste.

La course au changement du bateau LinkedOut (visioconférence)

Visioconférence le 3 mai 2021

Porté par l’association Entourage, LinkedOut est un programme de partage de réseau professionnel avec ceux qui n’en ont pas. Voici un exemple de stratégie d’alliance gagnante : un dispositif de remise à l’emploi innovant, une entreprise engagée et un sportif de haut niveau. Les protagonistes nous font partager cette expérience qui a reçu un trophée Sporsora du marketing sportif.

Jean-Marc Potdevin, président et fondateur d'Entourage

Jean-Marc Potdevin, président et fondateur d’Entourage 

Le bateau LinkedOut est la rencontre de 3 hommes et 3 univers : l’entreprise, le sport et l’action sociale.

Entourage permet à chacun d’agir pour les personnes exclues en créant du réseau autour d’elles. Concrètement, Entourage est aussi une application mobile qui connecte les voisins avec les sans-abris afin de les relancer dans un chemin de vie.

Un certain nombre de personnes sans-abri ont la capacité et la motivation pour travailler. Le programme LinkedOut leur donne la visibilité pour accéder à des opportunités d’emploi par la viralisation des CV et l’accompagnement par des coaches bénévoles. Ouvrir des postes à des personnes exclues (SDF, jeunes sortant de l’ASE, primo-arrivants en France…) est une richesse pour l’entreprise et ses équipes. La première promotion d’une quinzaine de personnes en 2019 a eu un beau succès.

Nous réflechissions au modèle économique de LinkedOut : le Vendée Globe a une grande exposition médiatique et donne de la visibilité.

J’ai rencontré Alexandre Fayeulle qui s’est emparé du sujet, ainsi que son entreprise Advens. Nous nous sommes rendus au Havre avec 5 membres du Comité de la Rue d’Entourage (SDF ou anciens SDF) pour rencontrer le skipper Thomas Ruyant : pouvaient-ils se reconnaître dans ce projet ? L’un d’eux, Eric, nous a convaincus : « Pour une fois, on va nous donner le plus beau, le meilleur pour notre cause, pour faire entendre notre voix. »

Nous avons décidé de tout miser sur la remise en emploi de nos candidats en mettant en valeur la marque LinkedOut sur le bateau.

En 2020, 200 entreprises ont envoyé des offres d’emplois pour nos 80 candidats. 32 d’entre elles ont recruté 44 candidats. En 2021, LinkedOut se donne l’objectif ambitieux de 150 candidats à Lyon, Lille et Paris.

Aux couleurs de LinkedOut, le bateau va participer prochainement au Tour de l’Europe. Une promotion de jeunes sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance suivre avec attention ce Tour réalisé par Thomas.

Alexandre Fayeulle, président et fondateur d'Advens

Alexandre Fayeulle, président et fondateur d’Advens, leader français de la cybersécurité, et sponsor du bateau LinkedOut 

En particiapant au Souffle du Nord en 2016, qui a financé la participation d’un bateau au Vendée Globe pour mettre en avant le projet Imagine, j’ai compris la formidable alchimie entre un événement sportif et une association.

Avec Thomas Ruyant, nous avons monté un projet sportif très performant pour le Vendée Globe 2020. Nous voulions recréer sa dimension sociétale pour offrir à une association toute la puissance médiatique et mobilisatrice du Vendée Globe. L’impact sociétal est ma raison d’être personnelle et la raison d’être d’Advens, qui fédère les 250 collaborateurs.

J’ai découvert LinkedOut qui rend l’inclusion accessible à tous, grâce à des outils très simples. Avec Thomas Ruyant, nous avons validé le naming du bateau pour LinkedOut à la place d’Advens.

Nous avons pris conscience des enjeux de l’exclusion et sensibilisé les collaborateurs d’Advens. Près de 10 % d’entre eux se sont mobilisés pour devenir coaches des candidats LinkedOut. Nous avons aussi mobilisé nos clients. Nous cherchons à rendre certains métiers de la cybersécurité accessibles à des personnes exclues.

Ce modèle de sponsoring innovant a eu beaucoup d’écho. Les entreprises et les marques ont aujourd’hui l’obligation de donner du sens à leurs activités, avec sincérité, si elles veulent continuer à attirer les talents et les consommateurs. C’est un mouvement de fond dans l’économie et tout le monde est gagnant.

Thomas Ruyant, skipper du bateau LinkedOut

Quelles interventions au Proche et Moyen-Orient ? (visioconférence)

Comment agir en Syrie, au Liban et en Irak ? Trois associations présentent leurs projets menés dans des contextes extrêmement difficiles : L’Œuvre d’Orient, Care et Fraternité en Irak. Au-delà de l’aide alimentaire et sanitaire d’urgence, l’éducation et la réconciliation entre communautés sont au cœur de la reconstruction.

Visoconférence le 15 avril 2021

« En Syrie, les communautés chrétiennes et musulmanes ont la volonté de reconstruire le pays ensemble. »

Pierre Sabatié-Garat, président de L’Œuvre d’Orient

Née en 1856, L’Œuvre d’Orient vient en aide aux communautés chrétiennes locales. Elle est présente dans 24 pays au Moyen-Orient, en Afrique de l’Est, en Inde et en Europe de l’Est.

Au-delà de l’aide alimentaire et sanitaire d’urgence, L’Œuvre d’Orient agit pour que ces communautés puissent rester chez elles et que leur place soit reconnue dans les sociétés locales. Ses actions se focalisent sur

  • l’éducation et la formation professionnelle,
  • la santé et l’action sociale,
  • le soutien à la vie des communautés : églises et patrimoine culturel.
Quelles actions sont menées actuellement en Syrie ?

Nous avons commencé à reconstruire les maisons, les écoles, les dispensaires. Nous avons rouvert des écoles, des centres de formation professionnelle, des centres pour personnes handicapées et personnes âgées. Nous soutenons 2 initiatives locales remarquables :

  • proposer à des jeunes une formation complémentaire d’un an, très concrète, pour les aider à entrer dans la vie active ;
  • aider de petits entrepreneurs à lancer des micro-activités professionnelles au sein de « hope centers« , qui leur procurent un accompagnement financier et administratif.

Ces initiatives donnent de l’espoir aux gens pour reconstruire. Sous les bombes, les communautés chrétiennes et musulmanes ont appris à se connaître et ont la volonté de reconstruire le pays ensemble.

« Je rends hommage à l’accueil des Libanais vis-à-vis des Syriens. »

Philippe Lévêque, directeur de Care France

Fondée en 1945, l’ONG internationale Care est l’un des plus grands réseaux d’aide humanitaire au monde. 

Care a pour mission de lutter contre la pauvreté et de défendre l’accès aux droits fondamentaux, notamment des femmes et des filles. Les projets sont menés à partir des demandes des communautés : santé, éducation, développement économique… Nous travaillons à développer les compétences locales pour leur passer le relais.

Aide d’urgence au Liban

Il y a actuellement environ un million de réfugiés syriens au Liban, sur une population de 4 millions d’habitants. Les Libanais ont ouvert leurs écoles : je rends hommage à leur accueil vis-à-vis des Syriens.

Depuis la pandémie, nous avons par exemple soutenu des femmes qui fabriquent des masques artisanaux, du gel, nous avons formé aux gestes barrières dans les zones rurales…

 

Nos équipes au Syrie et Liban sont dans un épuisement total, il est très difficile de les remplacer. Elles sont dans un grand isolement sur le terrain. Il est très compliqué d’envoyer des fonds car les banques sont dans un délire bureaucratique à cause de règles de conformité.

Nous apportons une aide d’urgence par la distribution de nourriture. Au départ, nous disposions de 20 000 € puis des fondations nous ont soutenus. Nous démarrons également un très gros projet d’agriculture dans la plaine de la Bekaa et au nord car les paysans ratent les saisons agricoles.

 


 

« Nous soutenons les minorités pour qu’elles jouent un rôle positif et apaisant pour la majorité. »

Faraj-Benoît Camurat, fondateur et directeur général 

Né en 2011, Fraternité en Irak a pour mission d’aider les chrétiens et les autres minorités de ce pays à vivre dignement chez eux.

Les chrétiens sont très reconnus en Irak pour la qualité de leurs écoles. Nous les avons aidé à construire une école à Kirkouk, qui accueille les enfants de toutes les communautés ; une école a également été ouverte à Bessorah et deux écoles pour les enfants yezidis déplacés. Les écoles ont été fermées presque un an à cause du coronavirus.

Nous soutenons les minorités afin qu’elles jouent un rôle positif et apaisant pour la majorité. Comment revivre ensemble dans la plaine de Ninive, alors que certains de vos voisins ont soutenu Daech ? La réconciliation ne se décrète pas, elle doit se vivre. Dans cet objectif, nous soutenons l’hôpital de Qaraqosh, dont les cadres sont principalement chrétiens, qui accueille tous les malades sans distinction. Nous soutenons aussi l’hôpital Saint-Raphaël de Bagdad. Un tiers des patients de cet hôpital, de toutes les communautés, sont soignés gratuitement.

Nous avons coconstruit notre programme de relance économique avec la fondation AnBer. Des microentrepreneurs reçoivent une somme pour lancer leur activité, composée à 80 % de prêts à taux 0 et à 20 % de dons. Nous avons aidé à recréer 366 emplois dans la plaine de Ninive, plus d’une centaine de petites entreprises dans le bâtiment, les services, l’agriculture.

La réconciliation est au cœur du sujet : se côtoyer, avoir à nouveau des échanges entre communautés.

Découvrir la Fondation du Patrimoine avec Guillaume Poitrinal (visioconférence)

Guillaume Poitrinal : « La Fondation du Patrimoine est déjà intervenue dans plus d’une commune sur deux en France »

Visioconférence le 29 mars 2021

L’incendie de Notre-Dame a mis en lumière la Fondation du Patrimoine, qui a recueilli les deux tiers des fonds collectés : c’est le plus grand mouvement de philanthropie jamais connu. Mais la Fondation organise actuellement 1700 collectes sur son site Internet pour restaurer un patrimoine non classé certes moins prestigieux, mais qui contribue à la fierté locale et à l’attractivité du territoire. Guillaume Poitrinal, président de la Fondation du Patrimoine, nous présente ses actions et ses enjeux actuels.

La Fondation du Patrimoine a sauvé le magnifique théâtre à l’italienne de ma ville natale, Châtellerault, qui était resté fermé pendant 15 ans. C’est ainsi que j’ai découvert cette formidable institution, créée par Jacque Chirac en 1996. Auparavant, aucune institution ne prenait en charge le patrimoine vernaculaire, non classé, de nos campagnes.

Les fondateurs sont des grandes entreprises du CAC40 ; la Fondation rassemble 70 salariés et un réseau de 700 bénévoles à travers toute la France. Bien que de caractère privé, ses statuts sont inscrits dans une loi de 1996.

 

Deux modes d’action
  • Délivrer des labels pour que les propriétaires puissent déduire de leurs impôts les travaux qu’ils réalisent sur des monuments non classés d’intérêt patrimonial.
  • Organiser des collectes de fonds : 1700 collectes pour le patrimoine sont ouvertes sur le site de la Fondation, notamment pour restaurer des églises que les maires n’ont plus les moyens d’entretenir. Nous menons ces collectes en partenariat avec de petites associations ou fondations qui nous demandent de l’aide. La fondation du Patrimoine participe et attire d’autres donateurs, publics et privés.

Les bâtiments à restaurer sont des églises, moulins, théâtres, ponts, vieilles locomotives, vieux avions, maisons d’auteurs (Victor Hugo à Guernesey)…, ainsi que le patrimoine naturel, le patrimoine industriel.

Nous sauvons 120 bâtiments par an mais recevons 3000 dossiers : les besoins sont énormes.

 

Nos enjeux actuels
  • Recruter des bénévoles : la Fondation est déjà intervenue dans plus d’une commune sur deux en France. Les bénévoles de terrain sont essentiels, qui montent une association pour sauver un patrimoine local et bénéficient de l’aide de la fondation du Patrimoine pour y parvenir. Nous cherchons actuellement des bénévoles plutôt féminins et en activité pour diversifier les profils. Il faut savoir que le National Trust en Angleterre, équivalent de la fondation du Patrimoine, rassemble 30 000 bénévoles.
  • Etre plus présents sur le numérique, les réseaux sociaux.

Un budget en forte croissance

Le budget de la fondation s’élevait à 30 millions € en 2017. Je me suis donné pour objectif de doubler ce budget en 4 ans. La fondation est affectataire des successions en déshérence, qui sont en diminution. Nous recevons des legs, donations, mécénats d’entreprise. Nos ressources ont été diversifiées : le loto du Patrimoine est un tirage supplémentaire du loto, qui fonctionne bien, ainsi que des jeux de grattage. Un projet par département et un projet par région chaque année bénéficient chaque année de ce loto.

La collecte après l’incendie de Notre-Dame nous a permis de progresser. Nous pouvons être plus efficaces dans la gestion des collectes et la fidélisation des donateurs. Les dons que nous recevons s’étendent de 50 centimes à 100 millions €. Mais la crise sanitaire à réduit de 20 % notre en 2020.

Guillaume Poitrinal est chef d’entreprise. Il a débuté sa carrière chez Morgan Stanley avant de rejoindre Unibail-Rodemco qu’il dirige de 2005 à 2013. Il démissionne pour créer Woodeum puis WO2, deux promoteurs immobiliers spécialisés dans la construction bas carbone et le bois. Dans le même temps il lance le fonds d’investissement ICAMAP, spécialisé dans l’immobilier bas carbone. Il est président de la Fondation du patrimoine depuis 2017 ; son mandat vient d’être renouvelé pour 4 ans.

A quoi sert la Fondation du Patrimoine ? 

Quelle place donnez-vous à l’inclusion sociale dans les projets de restauration du patrimoine ? 

Je crois à la collaboration public-privé : les DRAC (Directions régionales de l’Action culturelle) nous apportent beaucoup de dossiers. Le secteur public ne veut pas intervenir sur des bâtiments privés, dont la restauration bénéficie à un individu ou à une entreprise. Il faut se prendre en mains et arrêter de tout attendre de l’Etat ! Le sujet du patrimoine s’y prête bien.

Comment recréer du lien social pour lutter contre les solitudes ? (visioconférence)

7 millions de personnes souffrent d’isolement relationnel en 2020, soit 13 % des Français.

Le nombre de personnes isolées augmente chaque année et comprend de plus en plus de jeunes. La pandémie accroît la précarité, l’une des principales causes de l’isolement.

Depuis 2010, l’Observatoire de la Fondation de France conduit une étude annuelle sur les solitudes en France : Laurence de Nervaux, responsable de l’Observatoire, analyse les résultats de l’édition 2020.

3 associations présentent leurs actions pour lutter contre l’isolement dans toute la population (Astrée) ou chez des cibles spécifiques comme les agriculteurs (Solidarité Paysans) ou les adolescents (Maison des Adolescents).

 

Visoconférence animée par Cyril Maury, fondateur du fonds de dotation Après-Demain, vice-président d’Un Esprit de Famille

Laurence de Nervaux, responsable de l’Observatoire de la Philanthropie à la Fondation de France

Depuis 10 ans, l’Observatoire de la Fondation de France publie une étude annuelle sur les solitudes. Ces études mesurent « l’isolement relationnel objectif », qui diffère du sentiment de solitude : elles se concentrent sur les contacts des personnes de visu à travers 5 grands réseaux : la famille, les amis, les voisins, les collègues de travail et les activités associatives. Ces critères sont actuellement challengés par la pandémie.

Notre dernière étude relate une enquête sur le terrain réalisée sur 3000 personnes en janvier 2020, donc avant la pandémie.

  • L’isolement relationnel progresse fortement : 7 millions de personnes sont concernées, soit 14 % des Français en 2020 (10 % en 2010).
  • Les personnes âgées sont les plus concernées : 1 sur 3 est isolée.
  • La situation des jeunes est préoccupante : 13 % des jeunes sont en isolement relationnel en 2020, contre 2 % en 2010.
  • 22 % des Français n’ont qu’un seul réseau de sociabilité, le réseau amical étant le plus stable. Le réseau familial progresse, les réseaux de voisinage et associatif s’affaiblissent chaque année.

Les facteurs aggravants

  • La précarité mais les personnes qui disposent de hauts revenus sont désormais concernées : de 6 à 11 % de 2016 à 2020.
  • La santé : les malades limitent leurs contacts, notamment de peur d’être un poids pour leurs proches.
  • L’horizon de mobilité a un lien très direct avec l’isolement relationnel. Il se réduit à cause contraintes financières, de contraintes de santé, du temps de travail.

 

Quelles sont incidences de la crise du Covid sur l’isolement ?

Une enquête a été menée en mai et juin 2020, puis en janvier 2021.

  • Les personnes isolées ont moins mal vécu le premier confinement, le poids de la solitude étant partagé par tous. Le premier confinement a généré un sursaut de solidarité qu’il faut faire durer.
  • Comme la précarité augmente, l‘isolement, qui lui est fortement lié, augmente.
  • La communication à distance ne remplace pas la sociabilité de visu. Les personnes qui ont une forte sociabilité basculent plus facilement dans la communication à distance.
  • L’accoutumance à la restriction des liens sociaux peut générer une peur de l’autre : moins on se voit, moins on se fait confiance.
  • La distanciation sociale supprime les contacts intermédiaires : ainsi elle amoindrit notre capacité d’empathie et c’est une menace pour la cohésion sociale.

Astrée : rompre la solitude à tous les âges

Djelloul Belbachir, délégué général de l’assocation Astrée

Depuis plus de 30 ans, Astrée se donne pour mission de rompre l’isolement à tous les âges de la vie. On parle souvent du sentiment de solitude des personnes âgées mais les plus jeunes sont largement concernés.

Nous intervenons grâce à notre expertise de l’écoute personnalisée et de l’accompagnement relationnel. 700 bénévoles d’Astrée agissent dans 21 villes en France. Ils sont formés à l’écoute et s’engagent à suivre des groupes de régulation tous les mois pour débriefer des situations qu’ils rencontrent.

Astrée agit dans 3 directions :

  • Accompagner des adultes : le même bénévole accompagne la même personne dans la durée, 1 h 30 à 2 h par semaine. Les bénévoles deviennent des personnes de confiance. Les personnes accompagnées ont en moyenne 49 ans : 75 % sont des femmes, 86 % vivent seules et 60 % sont inactives. La solitude a des conséquences sociales et sanitaires : par exemple, 43 % des personnes qui se sentent seules consomment des psychotropes, contre 11 % pour l’ensemble de la population.
  • Accompagner 3000 jeunes :
    • Collégiens : « Attentifs aux autres » est notre programme de soutien par les pairs ; l’accent est mis sur l’accueil en 6è car cette transition est délicate.
    • Lycéens : des professeurs sont formés pour mettre en place des points d’écoute pour les jeunes.
    • Etudiants : nous favorisons la mise en relation de jeunes qui n’ont pas bénéficié d’intégration pendant la crise du Covid.
  • Faire avancer la cause : le sujet de la solitude est mal connu. Il faut briser le tabou : Les deux tiers des personnes qui vivent dans la solitude n’osent pas en parler. Nous avons lancé la journée nationale des solitudes le 23 janvier, notamment avec des spots télévisés qui ont un gros impact. Nous avons créé un kit de sensibilisation pour que chacun puisse agir à son échelle.

Solidarité Paysans : combattre l'isolement de familles d'agriculteurs et les soutenir pour résoudre leurs difficultés

Elisabeth Chambry, directrice de l’association Solidarité Paysans de Bretagne

Lutter contre l’isolement est un axe de travail important de notre association : il est prépondérant dans les difficultés que rencontrent les paysans que nous accompagnons. Solidarité Paysans de Bretagne fait partie du réseau Solidarité Paysans qui comprend 30 associations régionales.

En Bretagne, nous accompagnons chaque année 350 familles rurales, dont beaucoup de producteurs de lait : c’est un métier très prenant et difficile.

Les personnes en difficulté nous appellent, souvent pour une urgence, comme un huissier qui arrive. Nous gérons l’urgence puis déployons une approche globale. Plusieurs rencontres sont nécessaires pour établir un diagnostic partagé puis coconstruire un plan d’actions. Nous aidons les personnes dans les démarches, notamment administratives, qui peuvent être très lourdes.

Nous visons aussi une aide à la personne, affaiblie par des années de difficultés. Agriculteur est la profession qui connaît le plus fort taux de suicide. Nous aidons la personne à se reconstruire intérieurement et extérieurement pour qu’elle se mobilise dans l’objectif du redressement. Les accompagnements peuvent s’étaler sur plusieurs années.

Une famille est accompagnée par un salarié en binôme avec un bénévole qui a un rôle de pair – l’association compte 10 salariés et 120 bénévoles. Il y a aussi un portage collectif car les problématiques sont complexes et transverses : par exemple, la comptabilité n’est plus tenue, ce qui coupe également les droits sociaux et les crédits.

Quelles sont les causes des difficultés ? Les problèmes de santé sont une cause majeure. Également des problèmes de structures d’exploitation, familiaux, de financement…

Les partenaires de nos accompagnements sont les travailleurs sociaux, les services des conseils départementaux, la fondation Abbé Pierre pour le logement, diverses organisations agricoles…

Les freins rencontrés sont l’isolement et le manque d’information, le déni de la situation, la perte de confiance et de mobilisation, la peur d’être jugé.

Maisons des Adolescents : écouter et accompagner les jeunes en difficulté

Delphine Rideau, directrice de la Maison des Ados de Strasbourg et secrétaire générale de l’Association Nationale Maisons de Adolescents

110 Maisons des Adolescents existent en France depuis 2000 : ce sont des lieux d’écoute et d’accompagnement des jeunes de 11 à 25 ans, ainsi que de leurs familles et leurs proches. La deuxième cause de mortalité chez les adolescents est le suicide. Des ruptures de période sont difficiles à gérer, comme l’entrée en 6è et en 2è.

Les équipes des Maisons des Ados sont pluridisciplinaires, rassemblant professions médicales, paramédicales et travailleurs sociaux.

  • Le socle de l’activité est d’accueillir et accompagner par des entretiens individuels ; ils sont gratuits, sans formalité administrative, avec ou sans rendez-vous. L’anonymat est possible. La radicalisation est une tentation notamment quand on n’est pas écouté.
  • Les entretiens individuels, mais aussi des ateliers artistiques, sportifs ou culturels aident à exprimer des souffrances. Le cirque, le théâtre ou la photographie ont une composante thérapeutique.
  • Le troisième mode d’intervention en cours de développement est la mobilité, pour aller vers les jeunes. Beaucoup d’antennes existent dans des villes secondaires.
  • Un quatrième mode d’intervention est en développement sur les territoires numériques. C’est un formidable outil pour nous contacter de façon anonyme et entretenir des relations avec des jeunes qui vivent dans des zones rurales, entre des rendez-vous physiques.

Nous intervenons de plus en plus en milieu scolaire pour la prévention primaire : sexualité, addictions, famille, scolarité, thème particulièrement sensible depuis la crise sanitaire. Les jeunes ont beaucoup de difficultés à rester investis dans leur parcours scolaire, les décrochages sont difficiles à vivre pour eux et leur famille.

Notre projet des ambassadeurs de La Maison des Ados de Strasbourg est soutenu par la Fondation de France : des étudiants en travail social ou psychologie sont ambassadeurs de la Maison des Ados sur les réseaux sociaux, dans la logique des pairs aidants.

Brik’école est un projet de solidarité pour les décrocheurs scolaires. Il n’existe pas de solution pour des grands décrocheurs dans l’Education Nationale. Nous avons un projet de scolarité adaptée, avec ateliers et soins.

Le réseau VIRAGE prévient la radicalisation de jeunes isolés et décrocheurs qui sont des proies pour les mouvements idéologiques radicaux et parfois violents. Le transgénérationnel est un bon outil de prévention et de prise en charge des jeunes en dérive radicale : l’échange avec des personnes de la génération des grands-parents est souvent plus porteur qu’avec la génération des parents.

La solitude est un phénomène lié à l’évolution des sociétés occidentales : individualisation des modes de vie, défiance envers les institutions, développement des sociabilités virtuelles… Les pays du Sud de l’Europe connaissent plus de sociabilité familiale qui sont des réseaux très résilients, pour toute la vie.

Un Esprit de Famille
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