7 ans de la fondation Caritas

Créée en 2009 à l’initiative du Secours catholique, la fondation Caritas a fêté ses 7 ans le 25 avril 2017. 3 membres d’Un Esprit de Famille ont partagé leur expérience au cours d’une table ronde. 

ont été invitées à s’exprimer sur  l’étude de Nicolas Duvoux  intitulée La  fondation des familles, menée sur le base des interviews de 17 fondateurs.

Nicolas Duvoux est professeur de sociologie à l’Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis, chercheur au CRESPPA-LabToP et rédacteur en chef de La Vie des Idées. Son étude La  fondation des familles répond à de nombreuses questions : quels itinéraires suivent les fondateurs de fondations familiales ? Quelle professionnalisation connaissent-ils ? Quelles relations nouent-ils avec leurs pairs ? Comment la fiscalité impacte-t-elle leurs décisions ?, etc.

UEDF organisera d’ici quelques mois une réunion au cours de laquelle toutes les réponses vous seront données par le principal intéressé !

Accompagner la fin de la vie

L’accompagnement des grands malades et de la fin de la vie est un droit en France mais seules 20 % des personnes concernées en bénéficient. Comment diffuser la culture des soins palliatifs et mourir dans de meilleures conditions ? Comment adoucir les douleurs  du deuil ? Une vingtaine de membres d’Un Esprit de Famille se sont réunis le 9 mars 2017 autour de 4 associations qui agissent pour les soins palliatifs ou accompagnent les personnes endeuillées. 

Le débat était animé par Didier Berthelemot, cofondateur du fonds de dotation Le Chant des Etoiles dont l’un des principaux axes d’intervention et l’accompagnement de fin de vie. Les 4 associations se sont présentées avant de répondre aux questions de l’assistance.

ASP fondatrice forme des accompagnateurs bénévoles
 

Antonio Ugidos, délégué général de l’ASP fondatrice : ASP fondatrice développe l’Accompagnement des Soins Palliatifs dont chacun peut bénéficier dès l’annonce d’une maladie grave évolutive. Cependant, les soins palliatifs sont toujours globalement perçus comme un accompagnement des personnes proches de la mort. Ils prônent une approche holistique de la personne qui prend en compte sa douleur physique, sa souffrance morale, ses questions spirituelles et existentielles. La famille et les proches du malade peuvent également être accompagnés.

2 infirmières ont créé l’ASP fondatrice en 1984. Aujourd’hui, l’association compte 250 bénévoles répartis dans 37 établissements ; plus de 10 000 personnes sont accompagnées par an. Accompagner signifie être présent, être à l’écoute pour que les malades ne se sentent pas abandonnés. Le bénévolat d’accompagnement est encadré par la loi de 1999. Son article 1 stipule : « Toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à de l’accompagnement. » Or 20 % seulement des Français concernés en bénéficient. Un énorme travail d’information et de formation est à réaliser auprès des soignants et des équipes qui accompagnent les malades. D’ailleurs, de plus en plus de médecins s’y intéressent.

Empreintes soutient les personnes qui ont subi un deuil, quelle qu'en soit l'origine
Hélène Tournigand, déléguée générale : je suis devenue bénévole en soins palliatifs à la Maison médicale Jeanne Garnier. J’ai alors découvert le champ du deuil et les besoins énormes pour faire connaître sa réalité, son processus, sa temporalité. Or, selon une étude du CREDOC de 2016, seulement 3 % des Français se sont fait aider lors d’un deuil mais
97 % de ceux qui l’ont fait ont trouvé cette aide irremplaçable.

Empreintes est né il y a 22 ans et accompagne toutes les personnes touchées par un deuil, enfants, adolescents et adultes, quelle que soit la cause du deuil. Empreintes intervient par une écoute téléphonique, des entretiens, des groupes d’entraide et des rencontres organisées un autour d’un thème. Empreintes est également un organisme agréé de formation pour les accompagnateurs bénévoles.

Le deuil est naturel, il fait partie de la vie. Le processus de cicatrisation est moins douloureux avec un accompagnement. L’approche du deuil d’Empreintes est holistique : elle concerne la santé, les émotions, les questions existentielles…. Empreintes développe des formations pour diffuser cette culture du deuil dans les entreprises, les mutuelles, les écoles.

La fondation Saint-Jean de Dieu accueille des populations particulièrement vulnérables en fin de vie à Marseille
Olivier Quenette, directeur de l’EHPAD* de la fondation Saint-Jean de Dieu à Marseille : la fondation Saint Jean de Dieu, reconnue d’utilité publique en 2012 est une émanation de l’Ordre hospitalier du même nom, créé en 1602. La Fondation regroupe 6 établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux en Bretagne, à Paris et Marseille.

L’EHPAD Saint-Barthélémy à Marseille que je dirige fut créé en 1852 pour accueillir des vieillards pauvres et nécessiteux. L’EHPAD accueille aujourd’hui 245 résidents, issus de la rue, de services psychiatriques, souffrant de maladies neurodégénératives… La moyenne d’âge est 76 ans. Notre approche se veut aussi holistique, en mettant en oeuvre chaque jour les 5 valeurs de l’Ordre : hospitalité, qualité, respect, spiritualité et responsabilité. La plupart des résidents n’ont pas de famille, donc l’accompagnement, de fin de vie ou non, est très important.

La fin de vie est une orientation stratégique de l’Ordre dans les 5 années à venir. A Marseille, nous avons établi une convention avec une équipe de soins palliatifs. Une loi de 2014 oblige à trouver une alternative à l’incarcération à partir de 72 ans. Les personnes âgées sortant de prison sont accueillies dans notre EHPAD depuis 2009 et nous avons le projet d’ouvrir 40 lits supplémentaires pour elles.

*EHPAD : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Visitatio, « start-up » associative, lance un projet innovant d’accompagnement à domicile
Jean François Vié, cofondateur de Visitatio : Visitatio s’inspire d’une expérience emblématique en Inde, dans le Kerala, où la mort est considérée comme une étape de la vie, avant d’être un problème médical : des communautés constituées assurent l’accompagnement de fin de vie. En France, les soins palliatifs se sont d’abord développés en milieu hospitalier et seulement 27 % des Français meurent chez eux. L’effort actuel en faveur du maintien à domicile dessine une perspective dans laquelle la dimension médicale est l’une des composantes de la fin de vie ; les autres composantes à prendre en compte sont les dimensions humaine, familiale, sociale, psychologique et spirituelle.

Le modèle de Visitatio s’appuie sur la mobilisation de la société civile, en partant d’associations locales déjà constituées, dont les membres se saisissent de l’accompagnement en fin de vie. Nous démarrons un pilote fin avril. Nous formons actuellement les équipes pour un accompagnement professionnel, qualitatif  et durable. Nous espérons ainsi renforcer les solidarités locales, tout en mettant en place des indicateurs concrets pour mesurer nos résultats.

Comment se différencie l’accompagnement à l’hôpital de celui à domicile ?
ASP fondatrice : à domicile le bénévole est plus autonome mais il s'intègre dans une équipe
Jean-François Combe, président d’ASP fondatrice et accompagnant bénévole dans un service clinique : au domicile le bénévole est seul avec le malade, il n’est pas entouré des soignants et doit donc être autonome. Les bénévoles à domicile de l’ASP fondatrice sont formés aux premiers gestes de secours. Actuellement, seulement 18 bénévoles sur 250 vont à domicile mais nous voulons développer cette forme d’accompagnement.

Au domicile le bénévole a une proximité, une intimité plus grande avec le malade. Il y a parfois un risque de surinvestissement. Il n’est pas là pour créer du lien, mais pour être présent, ici et maintenant. Pour éviter cet écueil, les bénévoles travaillent en équipe : plusieurs bénévoles se relaient auprès d’un malade.

Empreintes : une éthique du bénévole en 3 axes
Hélène Tournigand : l’éthique du bénévole d’Empreintes se fonde sur des connaissances des pratiques. Elle se décline en 3 axes pour éviter le surinvestissement des bénévoles :

  • une formation pour connaître le processus de deuil et ses répercussions sur les personnes,
  • le respect et la compréhension de la souffrance de la personne endeuillée,
  • la distanciation de son propre vécu.
Les aidants sont souvent très démunis devant les souffrances de leurs proches. Comment aider les aidants ? 
L'aide aux aidants s'est beaucoup développée en France
Plusieurs organismes se consacrent à l’aide aux aidants :

L’ASP fondatrice accompagne le malade et ses proches.

Une personne extérieure formée aux soins palliatifs, sans lien affectif avec le malade, soulage les proches et permet parfois au malade d’exprimer ce qu’il n’ose dire à sa famille.

Comment répondre aux demandes des malades qui veulent en finir avec la vie ? 
Les demandes d'euthanasie diminuent fortement quand les malades sont accompagnés
Les bénévoles formés au soins palliatifs sont là pour accueillir des paroles telles que « Je veux en finir… Je ne suis plus utile à personne… » Une étude a été réalisée à la Maison médicale Jeanne Garnier : quand les malades sont écoutés, accompagnés, que leur souffrance physique, morale, spirituelle est prise en compte, 96 % des demandes d’euthanasie disparaissent. D’où l’urgence de développer la culture des soins palliatifs.

Par ailleurs, une prise en charge précoce par les soins palliatifs est économiquement rentable : ses conséquences sont moins de traitements, moins de maladies psychosomatiques, moins d’absentéisme des proches dans leur travail.

L’équilibre de la loi française est très spécifique : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie. L’objectif des soins palliatifs est de faire disparaître la souffrance mais pas la personne qui souffre.

Toute notre société est orientée vers l‘efficacité et l’utilité : il est nécessaire de respecter et soutenir les personnes qui, à certains moments de la vie, ne se sentent pas « utiles ».

 

Développer en France une culture des soins palliatifs

Cession/transmission de titres d’entreprise :
un levier philanthropique à anticiper

Petit déjeuner organisé le 24 janvier 2017 par la fondation d’Auteuil 

De nombreux chefs d’entreprises ou cadres dirigeants se posent la question de leur engagement philanthropique après avoir vendu leurs titres. Or plus le projet philanthropique est anticipé, plus les avantages sont importants pour le donateur et pour l’organisme bénéficiaire, plus l’impact est fort pour l’intérêt général. Les formes d’action avant la vente des titres ne manquent pas – don de titres en pleine propriété, donation temporaire d’usufruit ou donation en nue-propriété – et différents degrés d’engagement sont également envisageables.

Crama Trouillot du Boÿs, cofondatrice et présidente du fonds de dotation Impala Avenir, membre d’Un Esprit de Famille, a choisi avec son mari de créer ce fonds doté de titres de leur entreprise avant cession ; leur valeur assure l’autonomie de fonctionnement du fonds pour 5 ans. Au cours du petit déjeuner qui rassemblait un grand nombre de banquiers et quelques journalistes, Crama Trouillot du Boÿs a relaté les différentes étapes pour rendre actif le fonds de dotation et l’importance d’adhérer à des associations telles qu’Un Esprit De Famille pour l’accompagner dans sa démarche.

Les nouvelles formes de philanthropie

Deux avant-gardistes de la philanthropie, membres d’Un Esprit de Famille ont créé des modèles novateurs : Alexandre Mars (fondation Epic) et Pascal Vinarnic (fondation Demeter). 30 membres d’Un Esprit de Famille se sont réunis autour d’eux pour échanger sur les nouvelles formes de philanthropie. Tessa Berthon (fondation la Ferthé, membre du conseil d’administration d’UEDF) menait les débats dont voici des extraits. 

Tessa Berthon : la fondation Epic, née en 2014, se présente comme une start-up à but non lucratif qui a pour mission d’offrir un avenir meilleur aux jeunes de 0 à 25 les jeunes dans le monde ; son action est basée sur la confiance à qui l’on donne, la traçabilité de ce que l’on donne et la transparence de l’objet auquel on donne. La fondation Demeter, née en 1994, met en œuvre des projets pilotes pour renforcer les compétences et l’autonomie financière des structures qui mènent des actions humanitaires et sociales ; la fondation Demeter leur apporte à la fois appui financier et conseil.

Pouvez-vous nous expliquer plus précisément en quoi vos fondations innovent dans la philanthropie ?

Alexandre Mars
Avant de créer Epic, j’ai effectué une étude de marché pendant 2 ans et un tour du monde. J’ai rencontré beaucoup de gens qui aimeraient donner plus mais ne le font pas parce qu’ils n’ont pas confiance dans les associations, à la suite à plusieurs scandales, et parce qu’ils manquent de temps et de connaissances. Il est difficile de choisir parmi les très nombreuses organisations de solidarité existantes.

Epic propose des outils qui répondent à ces problématiques.

  • Nous avons créé un processus unique de sélection, avec l’aide de 150 partenaires (fondation Gates, Ashoka, Fondation de France…). L’année dernière nous avons reçu 1900 candidatures d’associations. 8 personnes chez Epic les analysent selon 45 critères de sélection. Nous retenons au final moins de 1 % des candidats : nous soutenons entre 7 et 12 nouvelles organisations chaque année, pour une durée de 3 ans. Nous recherchons des financements pour ces organisations, sans aucune commission pour Epic car je finance moi-même ce processus de sélection et toute la structure d’Epic. Nous sommes présents dans de nombreux pays pour répondre aux souhaits des donateurs qui veulent investir localement.
  • Deuxième outil, qui favorise la traçabilité : notre application mobile permet de suivre la réalité du terrain des programmes sélectionnés. Par ailleurs, nous continuons à analyser les organisations choisies et partageons tous les semestres les résultats avec les donateurs.
  • Troisième outil d’expérience et de transparence : les donateurs visitent les organisations, où qu’elles soient. Nous avons filmé ces organisations en réalité virtuelle pour mieux percevoir encore la réalité du terrain.

Notre modèle est en constante évolution et nous sommes prêts à partager notre base qui répertorie 2500 organisations.

Pascal Vinarnic
Si Alexandre a choisi d’innover dans la façon de faire, Demeter a l’ambition d’innover dans la façon de financer. Nous testons une idée en lançant un projet pilote pour 25 à 50 bénéficiaires sur 3 à 5 ans. A partir des résultats, nous faisons grandir l’idée et la généralisons.

Entre 1994 et 2006, Demeter s’est penché sur la microfinance. Nous avons financé une quarantaine d’institutions de microfinance en Inde et en Amérique du Sud pour analyser comment des femmes en position d’agent économique changent la nature de la communauté. Les taux de remboursement étaient excellents. Mais à court terme, la microfinance ne fait pas sortir les femmes de la pauvreté : une femme qui gagne 1 $ par mois et emprunte 250 $ gagne 3 $ par mois au bout de 3 ans. Ce fut une grosse déception… Il faut analyser les retours sur 20 ans pour une sortie de pauvreté : au Bendaglesh, les enfants des femmes qui ont emprunté vont à l’université.

Depuis 10 ans, Demeter travaille sur l’entrepreneuriat comme voie d’insertion ou de réinsertion des jeunes à risque de 16 à 24 ans (délinquants, drogués, handicapés…), soit 850 millions de jeunes dans le monde qui n’ont pas accès à l’emploi. Ma conviction est qu’on peut les insérer par le travail. L’entrepreneuriat permet au jeune de reprendre le contrôle de ses décisions et de sa vie. Demeter a financé des projets pilotes avec des fonds d’investissement, par exemple The Financer à New York : ce fonds finance chaque année 80 anciens délinquants qui ont passé entre 10 et 15 ans en prison. Ils sont accompagnés pour créer leur entreprise pendant 6 mois avant et 12 mois après leur sortie de prison. Résultats au bout de 7 ans : 85 % de réinsertion, – 5% de récidive, pour un coût de 35 000 $ par personne (à New York, le coût pour la collectivité d’une récidive s’élève à 75 000 $). Ce type de projet souligne également la valeur du mentorat : 5 à 8 personnes de diverses compétences s’occupent de chaque jeune.

Actuellement, Demeter travaille sur un Contrat à Impact Social (CIS) proposant une alternative à l’incarcération à Marseille : le programme d’Alternative à l’Incarcération par le Logement et le Suivi Intensif (AILSI) pour des personnes déférées en comparution immédiate, sans domicile et vivant avec une maladie psychiatrique sévère. Le CIS est un outil financier correspondant à une donation remboursable : suivant le taux de réinsertion, les pouvoirs publics remboursent aux investisseurs privés leur mise de départ. En cas de succès, le programme est étendu.

Tessa Berthon : quelles sont les limites de vos modèles ? Quelles difficultés principales rencontrez-vous ? 

Alexandre Mars
La plus grande difficulté est de convaincre les gens de donner, c’est un challenge de tous les jours ! Notre plus grand avantage est la jeune génération qui veut être employée par des entreprises qui donnent du sens au travail. En France, Caudalie donne 1% de ses revenus pour la protection des femmes. Cojean donne 10% de ses profits. Il faut structurer la philanthropie et qu’elle devienne une obligation pour les entreprises. Le plus compliqué est toujours de changer les mentalités.

 

Pascal Vinarnic
L’une de nos difficultés principales est de mesurer l’imapct de nos actions. Il n’existe pas de mesure homogène de l’impact social. Quels sont les bons critères de réinsertion ou d’éducation ? Comment comparer les coûts et les bénéfices pour la société du bracelet électronique ? On est en retard dans ce domaine. Il faut accepter de mesurer l’impact, définir ce qu’il faut mesurer et développper des méthodologies et des outils. Dans le CIS de Marseille (le plus important CIS en Europe), 4 millions d’euros sur un budget de 17 millions sont consacrés à mesurer l’impact du programme.

 

Tessa Berthon : quelle est la part de votre financement dans le budget des associations que vous soutenez ? 
Alexandre Mars
Epic finance des organisations entre 250 000 euros et 20 millions de budget. Dans certains pays, il existe des organisations extraordinaires qui fonctionnent avec un budget restreint. Notre contribution financière se limite à 20 % des ressources financières pour que les organisations ne soient pas dépendantes. Nos dons ne sont pas affectés à un projet précis.
Pascal Vinarnic
Sur un pilote, Demeter peut monter à 50% du budget mais j’exige 50% de financement local : il est très important de travailler avec un partenaire local qui connaît bien le terrain. Demeter finance l’investissement et le fonctionnement sur 3 à 5 ans. Les 2 années suivantes, nous aidons les associations à trouver d’autres financements.

 

 

Pour conclure 
  1. Les processus de sélection sont essentiels mais n’occultent pas la dimension émotionnelle du don qui est souvent le fruit d’un coup de cœur ou d’une rencontre.
  2. Les associations sont extrêmement diversifiées ; la recherche d’efficacité est nécessaire mais ne doit pas niveler cette diversité.
  3. De nouveaux outils et de nouvelles structures pour faciliter l’investissement socialement responsable sont en train d’émerger, comme les benefit corporations (B corps : sociétés d’impact social).

Jeunes entrepreneurs de la « catosphère »

A l’initiative de Bénédicte Gueugnier (Fondation Financière de l’Echiquier) et de Sabine Roux de Bézieux (Fondation Araok), une trentaine de membres
d’Un Esprit de Famille et du Club RCF (qui soutient la radio RCF) s’est réunie le 4 janvier pour découvrir 3 projets associatifs développés par de jeunes entrepreneurs catholiques :

  • Isha Formation : modules de formation pour les femmes, par Claire de Saint-Lager ;
  • Hozana : site de prière en ligne, par Thomas Delenda ;
  • Lights in the Dark  : évangélisation par internet, par Christophe Marger et Jean-Baptiste Maillard.

Un bel engagement de vie de la part de ces trentenaires ambitieux et professionnels !

 

Jeunes entrepreneurs chrétiens.
De gauche à droite : Alexandre Iaschine (Efesia), Thomas Delenda (Hozana), Christophe Marger (Lights in the Dark) et un représentant d’Aleteia, média en ligne qui propose une vision chrétienne de l’actualité.
Jean-Baptiste Maillard (Lights in the Dark) et Claire de Saint-Lager (Isha Formation).

Fondation Hippocrène : Michèle Guyot-Roze passe
le relais à son neveu Alexis Merville

Après 10 ans à la tête de la Fondation Hippocrène, Michèle Guyot-Roze passe le relais à Alexis Merville dans le cadre d’une transition familiale partagée. Michèle est également Secrétaire générale d’Un Esprit de Famille. 

Alexis Merville, neveu de Michèle Guyot-Roze et petit-fils des fondateurs Jean et Mona Guyot, était jusqu’alors Vice-président, fonction que Michèle reprend. C’est donc la même équipe familiale qui continuera à s’occuper de la Fondation. Michèle souhaite en effet « assurer des transitions en douceur en mettant la nouvelle génération aux commandes ».

Les membres du conseil administration ont salué l’action de Michèle Guyot-Roze : notamment le doublement du montant des soutiens financiers accordés en dix ans, la création du Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe et son extension européenne, le Young Europeans Award, le développement avec son mari Jimmy Roze du Cercle des amis de la Fondation Hippocrène, sa participation dans de nombreux cercles de fondations et conseils d’administration.

Pour Alexis Merville, il s’agit « d’entreprendre cette transition sur des bases solides, avec efficacité et dans un esprit partagé ». Alexis a participé activement à la vie et aux décisions prises pour la Fondation depuis son origine, en étant également en charge de sa stratégie financière depuis dix ans. Il a conscience
de « l’ampleur des défis à relever pour une fondation européenne à un moment où l’Europe même est remise en question ».

Plus d’informations sur la fondation Hippocrène

Propos d’Europe, un projet culturel de la fondation Hippocrène 

10 nouveaux jeunes coachés par la fondation ACTEUR DE MON AVENIR

10 jeunes vont suivre le programme de coaching proposé par ACTEUR DE MON AVENIR dans le lycée professionnel Marc Seguin – Marcel Sembat de Vénissieux (69). 

Tous élèves de 1ère professionnelle, ils sont venus signer solennellement leur inscription au programme ACTEUR DE MON AVENIR-BTS du lycée pour
3 ans. Grâce à un partenariat conclu entre le lycée et la fondation ACTEUR DE MON AVENIR – Institut de France, ils seront accompagnés par un coach professionnel jusqu’à la validation de leur première année de BTS.

En France, à la fin du collège, 2/3 des élèves entrent en seconde générale et 1/3 prennent la voie professionnelle. Parmi ces derniers, un grand nombre de jeunes n’osent pas poursuivre des études générales ou ne sont pas en position de choisir la filière professionnelle qui leur convient.

Les établissements de l’Éducation Nationale, qui ont la responsabilité de l’orientation avec les familles, ont mis en place des dispositifs qu’ils améliorent d’année en année. La connaissance de l’entreprise, des métiers et des cursus sont bien couverts. Mais peu de dispositifs existent pour aider le jeune à construire la confiance en lui et à trouver la motivation nécessaires pour faire les choix d’orientation qui engagent son avenir. C’est ce créneau qu’ACTEUR DE MON AVENIR essaie de couvrir avec ses programmes de coaching.


Hakan, de la promotion 2014/16 du programme au lycée professionnel
de Vénissieux, témoigne de son expérience.
https://www.youtube.com/watch?v=1r5Z_uLOMvc

Entreprendre &+ amplifie son action

Six années écoulées ont permis de valider les actions d’Entreprendre &+ en faveur du développement de l’entrepreneuriat social en France et de le faire connaître comme un acteur sérieux et engagé.

 

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« Nous avons été heureux de jouer le rôle de déclencheur, d’incubateur ou d’accélérateur pour des projets qui sont aujourd’hui reconnus à divers titres :

Ces premiers résultats prometteurs nous ont encouragés à poursuivre et amplifier notre action en fédérant davantage d’entrepreneurs philanthropes portés par les mêmes valeurs et en accompagnant plus de porteurs de projets socialement innovants.

En 2016, 6 nouveaux mécènes nous ont ainsi rejoints, mus par la même envie de s’engager financièrement et humainement pour faire germer des graines d’entrepreneurs sociaux en partageant avec eux leurs connaissances, leurs expériences et leurs réseaux.

L’équipe opérationnelle se renouvelle et se consolide, elle aussi : Madeleine Ceyrac Laming quitte fin décembre la direction de notre fonds de dotation et devient COO (Chief Operating Officer) de Ticket for Change dont elle était déjà Mentor et Secrétaire Générale depuis 3 ans. Son énergie et son implication ont joué un rôle décisif dans la réussite d’Entreprendre &+.

Florence Casalis, qui a rejoint l’équipe en juin 2016, assure désormais la co-direction du fonds en binôme avec Félicie Goyet qui vient de nous rejoindre.

L’année 2017 s’annonce déjà riche pour Entreprendre&+ avec l’accompagnement de nouveaux projets comme Stagiaires Sans Frontières ou encore
la Fabrique Singa. Nous espérons par ailleurs que d’autres mécènes rejoindront l’aventure pour contribuer à dessiner l’économie de demain ! »

Arnaud de Ménibus, fondateur d’Entreprendre &+

Contacts

florence-casalisFlorence Casalis, Directrice du Mécénat,
fcasalis@entreprendreetplus.org
T : 01 56 89 86 58

felicie-goyetFélicie Goyet, Directrice Projets et Prospective
fgoyet@entreprendreetplus.org
T : 01 56 89 86 88

 
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Actions en Asie

4 associations œuvrant en Asie ont présenté leurs projets à 15 fondations membres d’Un Esprit de Famille,
le 4 octobre dernier. 

Ces 4 associations ont détaillé leurs domaines d’intervention, leurs modes d’actions et leurs modèles de financement.

Mékong Plus

Mékong Plus

Bernard Kervyn, qui vit au Vietnam depuis 24 ans, a cofondé l’association Mékong Plus en 1994. Aujourd’hui, l’association agit dans 800 villages au Vietnam et au Cambodge. Sa mission est le développement communautaire, c’est-à-dire le développement pour, mais surtout avec les populations locales. Ses outils, microcrédit et soutien sur le terrain, sont des solutions très peu coûteuses pour répondre à tous les besoins essentiels des populations les plus pauvres : emploi, éducation, santé, loisirs, environnement.

Chiffres clés

  • Plus de 200 000 bénéficiaires par an, dont 1 200 ménages extrêmement pauvres (- de 100 € de revenu annuel/personne).
  • En 3 à 5 ans, les ménages peuvent sortir définitivement de la pauvreté avec un investissement moyen de 130 €/ménage.
  • Les projets sur le terrain sont financés à plus de 50 % par la population elle-même.
  • Budget de l’association : 800 000 € par an, dont 56 % issus de fondations et ressources privées.
  • 200 collaborateurs au Vietnam, 16 au Cambodge.

bernard-kervynBernard Kervyn, directeur régional Vietnam et Cambodge :

« Mon métier est de donner les moyens aux personnes les plus défavorisées de sortir de la pauvreté. Une fois la confiance gagnée et les solutions de soutien procurant des résultats, les bénéficiaires ont le souci de partager ces solutions qui leur ont permis de sortir de la pauvreté, d’où un effet démultiplicateur. »

Life Project for Youth (LP4Y)

Life Project For Youth (LP4Y)

Aux Philippines, au Vietnam, en Inde et en Indonésie, LP4Y a créé un écosystème d’intégration de 18 mois pour et avec les jeunes issus de l’extrême pauvreté et de l’exclusion (moins de 1,5 $/jour). Le cœur de la valeur sociale de LP4Y est cette transformation d’un jeune subissant sa vie d’exclu en un adulte entrepreneur de sa vie. Cette transformation rejaillit sur sa famille et, plus largement, sur la communauté dans laquelle il vit.

La motivation du jeune à rejoindre les centres de formation LP4Y est le premier critère de validation de sa candidature. Il est alors invité à rejoindre une équipe de 15 jeunes constituée autour d’une micro-activité économique (programme). A travers les micro-activités développées par chaque Life Project Center (LPC) et une pédagogie de coaching adaptée, les jeunes expérimentent ensemble la création, le développement et la gestion d’entreprise.

Chiffres clés

  • 1,2 milliard de jeunes entre 15 et 24 ans, dont 600 millions vivent avec moins de 1,5 $/jour.
  • 56 % des jeunes qui travaillent demeurent pauvres, selon le critère de 2 $/jour.
  • LP4Y a accompagné 940 jeunes depuis sa création en 2009.
  • A l’issue de la formation dans le LPC, 80 % des jeunes ont trouvé un travail décent et 5 % ont crée leur propre activité économique.
  • 59 professionnels sur le terrain forment les jeunes.

lucie-taurines2Lucie Taurines, présidente LP4Y Paris :

« Notre outil pédagogique a fait ses preuves et peut être répliqué dans d’autres pays. Il existe une clé commune pour tous les pays, au-delà de la pédagogie, l’amour du jeune : découvrir ces jeunes exclus avec un regard neuf et les valoriser. Toutes les difficultés de leur vie leur ont permis d’acquérir des compétences. »

Agir pour le Cambodge

Agir pour le Cambodge

Ecole hôtelière gratuite, Sala Baï forme une centaine de jeunes Cambodgiens défavorisés par an. Créée en 2002 et gérée par l’association Agir pour le Cambodge, l’école se situe à Siem Reap près d’Angkor : plus de 400 hôtels entourent la cité historique.

Les candidats, âgés de 17 à 23 ans, sont issus de familles très défavorisées et sont choisis sur leur motivation. Leur niveau scolaire minimum est la sixième (grade 6). Priorité est donnée aux jeunes filles (70 % des élèves), en raison de leur plus grande vulnérabilité et de leurs difficultés à accéder à l’éducation et aux emplois stables.

La formation dure 11 mois dans l’une des 5 disciplines : restaurant, cuisine, réception, service d’étage et soins et beauté. Le douzième mois est consacré à la recherche d’emploi : 100 % des élèves trouvent un travail dans le mois.

Chiffres clés

  • Au Cambodge, 77 % de la population vit dans les campagnes sans eau ni électricité, ni commerces.
  • En 13 ans, plus de 1 300 jeunes ont été formés et ont trouvé un emploi. Ils sont devenus financièrement autonomes et ont amélioré les conditions de vie de leur famille.
  • L’équipe des 25 collaborateurs de Sala Baï est entièrement cambodgienne.
  • 35 % du budget de fonctionnement de l’école est autofinancé : le restaurant d’application, l’hôtel et le spa d’application génèrent des revenus.

emmanuelle-dethomasEmmanuelle Dethomas, présidente d‘Agir pour le Cambodge :

« Les jeunes élèves de Sala Baï n’ont au départ aucune vision de leur avenir… Et au bout d’un an de formation, ils vont travailler dans des hôtels 4 à 5 étoiles. La recette du succès est la motivation et l’accompagnement ; les travailleurs sociaux soutiennent les jeunes et connaissent aussi leurs familles. »

Watever

Watever

Créé en 2010, Watever cherche à améliorer les conditions de vie des populations qui vivent sur les rivages des océans et des grands fleuves. L’association leur donne accès à des solutions flottantes adaptées à leur situation économique, sociale, culturelle et climatique.

Watever a été cofondé par Yves Marre, arrivé au Bangladesh en 1994 en convoyant une péniche depuis la France pour la transformer en hôpital flottant. Watever intervient principalement au Bangladesh, pays le plus menacé par les effets des changements climatiques et deuxième plus grand delta de la planète. Sa flotte, la plus nombreuse du monde, est dangereuse et source d’innombrables accidents.

L’association développe 4 programmes complémentaires au Bengladesh :

  • assistance à la construction navale en accompagnant le chantier naval Tara Tari ;
  • soutien à la création de la société de sauvetage en mer M.S.R.S (Maritime and Security Rescue Society) ;
  • centre de formation pour construire et réparer des bateaux composites ;
  • recherche sur un bio composite à base de bambou pour une construction navale sûre et durable revalorisant le savoir-faire des charpentiers traditionnels.

Chiffres clés

  • Près de 50 % de la population mondiale vit à moins de 100 km des océans.
  • Sur le quart de la surface de la France, le Bengladesh abrite 170 millions d’habitants.
  • Le coût d’un bateau en composite : 600 euros. 1 bateau est construit par 15 élèves au cours d’une formation de 3 mois.

Hervé Renou, coordinateur de Watever :

« Nous sommes là pour montrer la voie, lancer les projets, pour démontrer qu’une autre technologie est possible : le bateau comme vecteur de développement durable. »

S’en est suivi un échange sur l’appropriation locale des actions des associations et les moyens humains et financiers d’assurer leur pérennité.

Au final, des synergies sont à construire entre les associations, qui apprennent des modèles des autres, et entre les fondations pour cofinancer les associations.

Charity Speed dating

22 fondatrices et fondateurs membres d’UEDF se sont réunis autour d’un petit déjeuner pour un « Charity speed dating ».

Les membres étaient rassemblés en 3 groupes correspondant chacun à un thème en rapport avec la mission des fonds/fondations présents :

International, Culture et éducationSolidarité

Chacun a présenté : 

  • Ce que fait sa fondation,
  • Ce qu’il attend d’un travail en commun au sein d’UEDF,
  • Les associations ou projets pour lesquels il aimerait travailler avec d’autres membres.

 

Table Culture et éducation

Anne Bellanger, fonds Anima
Tessa Berthon, fondation La Ferthé,
Romain Worms, neveu du fondateur de la fondation Tsadik,
Bénédicte Boissonnas, fondation Scaler,
Jacques Vincent, fondation Acteur de mon Avenir,
Bénédicte Gueugnier, fondations Financière de l’Echiquier et Alter Care

 

Table International

Sabine Roux de Bézieux, fondation Araok
Etienne Wibaux, fondation Cassiopée 
Isabelle Bouzoud, fondation Brageac Solidarité 
Marie Mitterrand, fondation Yara Les Nouveaux Constructeurs 
Patrick Bertrand, fondation Blancmesnil 
François Dufourcq, fondation Lucq et Lucq Espérance 
Adrianne Rybercook
Eric Bourdais de l a Charbonnière.

Table Solidarités 

Didier Berthelemot, Le Chant des Etoiles
Frédéric Bellanger, fonds Anima
Sylvie Wibaux, fondation Cassiopée
Louis de Montferrand, la Société Philanthropique
François Rebeyrol, fondation Agir Sa Vie
Laurent Ryckelynck, fondation Neuvoies

Pistes de travail en commun pour les membres d’UEDF

Financer une thèse sur le lien entre pauvreté et dislocation du lien
familial
: démontrer que la famille est vertueuse et que sa dislocation coûte cher à la société (exclusion et pauvreté) ;

Sourcing, recommandations, partage et cofinancement de projets :

  • mutualiser la connaissance des associations
  • mettre à jour et en valeur la base des associations soutenues dans l’Intranet
  • Le Chant des Etoiles travaille avec une personne compétente qui lui recommande les associations les plus pertinentes sur un sujet (autour de l’insertion des personnes fragiles).
  • Interventions des porteurs de projets dans les réunions UEDF.

Alléger le travail des associations

  • Comment les aider à mieux se structurer ?
  • Comment aider les associations à obtenir des aides ? Projet de formation avec Passerelles et Compétences
  • Les aider à pérenniser leurs financements
  • Simplifier et mutualiser les procédures, par exemple les dossiers de sélection de projets
  • Comment aider les associations à innover, le financement de l’innovation étant risqué ?
  • Soutien à la gestion financière des fonds et fondations ; mieux connaître les outils de financement alternatif.
  • Partage de prestataires de services : sites Internet, newsletters…
  • Partager les expériences de transmission à la famille du fondateur
  • Session de travail sur la manière de susciter des médias positifs et libres avec l’école de journalisme soutenue par la fondation Cassiopée, RSF, Sparknews et Children Radio Foundation en Afrique.
  • Session de travail sur l’ISF et les fondations 
  • Session de travail sur la stratégie des fondations généralistes

 

Projets à partager

  • Fondation la Ferthé
  • Fondation Tsadik
    • Enquête
    • King George VI au Zimbabwe : transport et équipement de thérapeutes qui se déplacent à domicile. Budget 20 000 dollars par an pour 160 enfants (dont 2 thérapeutes, des ateliers, financement de la mobilité).
  • Fondation SCALER
  • Le Chant des Etoiles