Démocratie : pourquoi et comment s’engager en tant que philanthrope ?

Avec Daniel Sachs, cofondateur de Multitudes Foundation

 

Introduction : Les enjeux de la démocratie aujourd’hui

Un Esprit de Famille a invité Daniel Sachs le 14 octobre 2024 afin d’échanger avec ses membres sur ce sujet essentiel qu’est la démocratie. L’occasion de rappeler les enjeux et risques auxquels nous sommes de plus en plus confrontés.

En effet, bien que perçue comme acquise dans nos sociétés, la démocratie reste fragile. Face aux crises économiques, environnementales, et politiques, elle est constamment mise à l’épreuve. La montée des régimes autoritaires, la désinformation, et la polarisation menacent son fonctionnement dans de nombreux pays. pour relever ces défis, l’engagement citoyen et la revitalisation des institutions démocratiques sont plus que jamais nécessaires.

Ce contexte a poussé de nombreux philanthropes, comme Daniel Sachs, à s’engager activement pour soutenir et renforcer la démocratie. Aussi, à travers la Multitudes Foundation, cofondée par Daniel Sachs, des initiatives innovantes sont mises en place pour aider les personnes les plus éloignées de la politique à s’y engager

Un engagement en faveur de l’inclusion et de la diversité

Daniel Sachs, à travers son parcours, témoigne de l’importance de l’inclusion dans son engagement philanthropique. Très tôt dans sa vie, il a été sensibilisé aux effets de l’exclusion, ayant été lui-même victime de harcèlement scolaire. Cet événement personnel l’a rendu particulièrement sensible aux enjeux d’inclusion et de diversité, des thèmes récurrents dans son action philanthropique. Ce n’est donc pas un hasard si Daniel Sachs considère l’inclusion dans un cadre plus large, celui d’une société diversifiée et respectueuse des droits de tous. Son engagement passe par des programmes visant à lutter contre les discriminations et à renforcer les voix sous-représentées dans les débats politiques, tant au niveau local qu’international.

Les défis de la démocratie en Europe et au-delà

L’Europe a toujours été un bastion de la démocratie, mais elle n’est pas exempte de défis. La montée des partis populistes, l’affaiblissement de la confiance dans les institutions et la désinformation menacent le fonctionnement des démocraties libérales. En réponse à ces enjeux, plusieurs initiatives philanthropiques ont vu le jour. Ainsi, en Suède, pays d’origine de Daniel Sachs, des actions ont été entreprises pour encourager l’engagement citoyen des jeunes. Daniel Sachs a identifié ce problème il y a plus de dix ans et a fondé des programmes pour encourager les jeunes à s’engager dans le processus démocratique. Une initiative phare soutenue est celle de la formation de jeunes leaders, indépendamment de leur affiliation politique, pour qu’ils puissent participer aux processus décisionnels et influencer les politiques publiques de manière constructive. Dans des régions plus répressives, les ONG et les organisations de la société civile font face à de lourdes restrictions. Face à ces contextes difficiles, les philanthropes doivent faire preuve de courage et de créativité pour soutenir les défenseurs des droits humains et promouvoir des réformes démocratiques.

Pourquoi les philanthropes doivent-ils soutenir la démocratie ?

Daniel Sachs souligne que le rôle des philanthropes va bien au-delà de la charité ou du soutien à des causes sociales. Selon lui, un enjeu central est de maintenir et de renforcer les institutions démocratiques. Son engagement philanthropique est né de son observation d’une « déconnexion » croissante entre les jeunes et les institutions politiques, malgré leur engagement social sur des questions telles que l’inclusion et le développement durable. Cette observation, faite il y a quinze ans, a révélé une crise existentielle pour la démocratie.

La société civile, aussi forte soit-elle, ne peut remplacer la politique. Daniel Sachs a reconnu que, sans confiance dans les institutions publiques et sans leaders politiques capables de répondre aux besoins des citoyens, la démocratie ne peut prospérer. Il considère donc que la philanthropie doit jouer un rôle catalyseur pour renforcer cette confiance et attirer les jeunes vers la politique.

Ce constat rejoint celui de nombreux experts : les démocraties dépendent d’un tissu social inclusif et dynamique. Cependant, lorsque les citoyens ne se sentent pas représentés ou exclus des processus décisionnels, la tentation du repli sur soi ou du soutien à des mouvements populistes augmente. Pour Daniel Sachs, il est donc impératif que la philanthropie s’engage à combler ce fossé, en formant des leaders de demain et en soutenant des initiatives favorisant une plus grande inclusion dans le processus démocratique.

Selon lui, la clé de l’engagement philanthropique en faveur de la démocratie réside dans la mobilisation. En cofondant Multitudes, il a souhaité investir dans une initiative qui soutient la vision d’un leadership politique diversifié et ancré dans des valeurs d’inclusion et de justice sociale.

Multitudes repose sur trois piliers :

  1. financer et incuber des initiatives innovantes pour réimaginer la politique,
  2. mettre en relation les acteurs de cet écosystème,
  3. encourager les acteurs philanthropiques à investir dans cette mission cruciale.

Multitudes Foundation : Repenser la démocratie par l’inclusion et le leadership politique

Fondée par Daniel Sachs, la Fondation Multitudes vise à réinventer la démocratie en investissant dans des initiatives qui renforcent le leadership politique inclusif et représentatif pour rendre la politique plus humaine et pleine d’espoir. Cette organisation soutient des projets partout en Europe qui encouragent les personnes les plus éloignées du pouvoir à prendre une place active dans la vie politique et à défendre une démocratie plus équitable. La mission de Multitudes repose sur un principe essentiel : faire émerger un nouveau leadership politique dans les contextes dits plus ou moins démocratiques.

Multitudes se donne pour mission de redonner aux citoyens, et surtout aux jeunes générations, l’envie et les moyens de participer au processus politique. Pour Daniel Sachs, l’objectif de la fondation est de catalyser les forces de la société civile pour surmonter la méfiance croissante envers les institutions, en soutenant des initiatives qui promeuvent la diversité, la justice sociale, et une représentation politique inclusive.

Conclusion : L’engagement pour la démocratie, une nécessité pour les philanthropes

Dans un monde en constante mutation, la démocratie est plus que jamais sous pression. Daniel Sachs, à travers son travail philanthropique, a montré que les philanthropes ont un rôle crucial à jouer dans le renforcement des institutions démocratiques, en soutenant l’inclusion et la participation des jeunes et des communautés marginalisées. Son expérience, de la création de la Multitudes Foundation à son engagement en faveur de la démocratie, montre que la philanthropie peut être un outil puissant pour revitaliser les institutions démocratiques.

C’est pourquoi les philanthropes doivent non seulement soutenir les initiatives locales, mais aussi travailler à l’échelle mondiale pour défendre les droits humains et promouvoir des réformes démocratiques dans des contextes plus répressifs.

En fin de compte, le soutien à la démocratie est une responsabilité collective, et les philanthropes sont appelés à s’engager pleinement pour garantir un avenir où les institutions publiques sont inclusives, justes et durables.

Un article rédigé en partenariat avec Multitudes Foundation.
© Photos : Multitudes Foundation

Publication du Guide « Fonds de dotation en pratique »

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

A l’occasion du 15ème anniversaire de la création des fonds de dotation en France, un collectif de fonds de dotation a créé un groupe de travail visant la rédaction d’un guide pratique sur la création et la gestion d’un fonds de dotation.

  Forte de plus de 3000 fonds de dotation actifs en France, cette forme juridique a rencontré un grand succès auprès de porteurs de projets (institutions culturelles, écoles, associations) et de philanthropes (particuliers ou entreprises). Le fonds de dotation est un véhicule philanthropique de droit privé, recevant des dons et legs afin de réaliser ou soutenir des missions d’intérêt général. Après 15 ans de fonctionnement, plusieurs points de doctrine juridique relatifs aux fonds de dotation devaient être précisés. Ce guide rassemble dans un document unique l’ensemble des textes législatifs et administratifs qui s’appliquent aux fonds de dotation, ainsi que les meilleures pratiques du secteur. L’ouvrage présente dans des fiches thématiques tous les aspects d’un fonds de dotation depuis sa création à sa gestion, en passant par sa fiscalité et le financement de ses projets et tous les éléments clés de la vie des fonds de dotation. Le guide « Fonds de dotation en pratique », gratuit et libre de droits, est accessible à tous les créateurs et gestionnaires de fonds de dotation notamment sur les sites internet du Centre Français des Fonds et Fondations (CFF), de l’IDAF, de la Direction des Affaires Juridiques du ministère de l’Economie et des Finances et de KPMG Pulse. Philippe Gaboriau, directeur général du Fonds de dotation du Louvre commente : « Je suis heureux que ce guide puisse servir l’intérêt général et le développement des meilleures pratiques dans la gestion des fonds de dotation. Cet outil philanthropique durable et vertueux offre la possibilité à tous les acteurs du monde philanthropique de se projeter sur le temps long. » Irène Scolan, expert-comptable et associée KPMG ajoute : « Contribuer à la création de ce guide a permis de constituer un socle de connaissances sur les fonds de dotation et ainsi partager les bonnes pratiques pour que chacun puisse s’engager, gérer et réussir son projet philanthropique. »  ► Pour télécharger le guide : c’est ici 

Méthodologie : Ce guide a été rédigé entre avril 2022 et juillet 2023 par Philippe Gaboriau, directeur général du fonds de dotation du Louvre et Irène Scolan, Associée KPMG, département Economie Sociale et Solidaire, et a fait l’objet d’un processus de relecture par le Centre Français des Fondations et Fonds de dotation ainsi que par plusieurs entités membres du collectif de fonds de dotation (Fonds de dotation du musée du Louvre, Fonds de dotation Transatlantique, Un Esprit de Famille, Fonds de dotation du Festival de Cannes, Fonds de dotation Anyama, Fonds de dotation Merci, Fonds de dotation Transmission Lab, Fonds de dotation Break Poverty Foundation, Fonds de dotation Le Chant des Étoiles, Fonds de dotation de la Haute Vallée des Forges). Il a ensuite été soumis à la relecture de la Direction des Affaires Juridiques du ministère de l’Economie et des Finances ainsi qu’à celle de Madame Catherine Chadelat, conseillère d’Etat honoraire et membre du comité de suivi des fonds de dotation (mis en place par le ministère de l’Economie et des Finances dès 2009). Biographies des rédacteurs et relecteurs Philippe Gaboriau : Philippe dirige le Fonds de dotation du Louvre depuis avril 2014 et participe à la fois à la levée de fonds auprès de donateurs qu’à l’investissement des 360 millions d’€ de la dotation du Fonds de dotation du Louvre (plus important fonds de dotation en France par sa taille). Ingénieur agronome de formation, il a débuté sa carrière en 2004, en Espagne et en Italie, dans le marché de données financières. Il a rejoint en 2007, Primonial Asset Management, puis Barclays Wealth & Investment à partir de 2010. Irène Scolan Depuis plus de 20 ans au sein de KPMG, Irène est au service des dirigeants des entités de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Elle pilote à Paris les activités d’Expertise comptable et de Conseil d’une équipe spécialisée dans l’accompagnement des dirigeants et gestionnaires des fonds de dotation et des autres entités de l’ESS. Expert-comptable, Irène a participé à l’écriture de plusieurs ouvrages professionnels. Dans un secteur en transformation, porteur de sens et d’engagement, Irène a à cœur depuis toujours, d’apporter le meilleur à ses clients, pour leur permettre de réussir leurs projets, éclairer leur prise de décision, sécuriser leurs activités et leur transparence financière, combiner leur performance économique, leur impact social et sociétal.   A propos du Centre Français des Fonds et Fondations (CFF) Centre Français des Fonds et Fondations (CFF) : Créé en 2002, le Centre français des Fonds et Fondations regroupe actuellement plus de 500 membres et poursuit sa vocation de regrouper toutes les fondations et les fonds de dotation, sans distinction de statut juridique, de mode opératoire, de moyens, de fondateurs ou de mission d’intérêt général. A propos de KPMG en France et de KPMG Pulse Leader de l’Audit et du Conseil, KPMG réunit en France 11 000 professionnels engagés à agir pour une nouvelle prospérité, au service des entreprises de toute taille. 100 ans après sa création, KPMG devient en France entreprise à mission avec pour raison d’être d’œuvrer et d’innover avec passion pour bâtir la confiance, allier performance et responsabilité, faire grandir les talents au cœur de l’économie, des territoires et de la société. Fort de son modèle multidisciplinaire, KPMG combine les expertises sectorielles, ESG et numériques. KPMG apporte à ses clients la puissance d’un réseau mondial pluridisciplinaire dans 143 pays et se singularise par son maillage territorial en France. Créée en 2020, KPMG Pulse est l’offre de KPMG dédiée aux TPE/PME et entités de l’ESS.  Elle combine toutes les composantes essentielles au pilotage de leur activité au quotidien : comptabilité, audit, juridique, fiscalité, gestion sociale avec un ancrage local fort. Le département Economie Sociale et Solidaire de KPMG accompagne les acteurs du secteur avec un réseau de 450 professionnels spécialisés répartis dans 200 bureaux. Engagé dans les territoires et les écosystèmes de l’ESS, KPMG Pulse contribue chaque année à la production d’études, de webconférences et de publications spécialisées sur l’ESS. Parce que les TPE et de PME et entités de l’ESS sont motrices de la croissance française, nos collaborateurs les accompagnent au quotidien avec un conseil personnalisé, adapté à tous les moments de leur vie d’entrepreneur, pour décider en confiance. www.kpmg.fr  Economie sociale et solidaire (ESS) : accompagnement PME/TPE – KPMG Pulse (kpmg-pulse.fr)   Contacts Presse Philippe Gaboriau / Fonds de dotation du Louvre : philippe.gaboriau@dotation-louvre.fr Nicolas Mitton / Centre Français des Fonds et Fondations : nicolas.mitton@centre-francais-fondations.org Rizana Siddique / KPMG : rizanasiddique@kpmg.fr      

Les actualités d’octobre 2024

Les actualités d'Un Esprit de Famille

    EVENEMENTS A VENIR RESERVES A NOS MEMBRES

    ► A Paris, mardi 19 novembre
    Table ronde Fonds de dotations
    15 ans après, enjeux et perspectives
    Intervenants :

    • Aurélia de Garsignies, responsable philanthropie à la Banque Transatlantique
    • Laurent Guilmois, notaire associé, cabinet Lacourte
    • Didier Berthelemot, président du fonds Le Chant des Etoiles
    • Philippe Le Squéren, fondateur du fonds Kiléma

    ► A Marseille, mardi 19 novembre
    En immersion dans un quartier marseillais avec l’association Le Rocher et la fondation Brageac
    Au coeur de l’action et des cités
    A la rencontre des bénévoles, des habitants et des responsables de l’antenne locale.

    ► A Paris, mercredi 27 novembre
    Conférence Innovation en philanthropie avec Société Générale Private Banking
    Les contrats à impact social
    Un fondateur familial viendra témoigner de son expérience.

    A Paris, jeudi 12 décembre
    Table ronde Culture et handicap
    Quand la culture accompagne le changement de regard sur la diversité, notamment le handicap, et incite à agir.
    Intervenants :

    • Olivier Saby, magistrat, membre du Conseil d’Etat, cofondateur de ImpactFilm
    • Walé Gbadamosi-Oyekanmi, entrepreneur, investisseur et philanthrope
    • Des représentants du Cercle Culture et du Cercle Handicap

    RETOUR SUR NOS EVENEMENTS PASSES

    ► « Culture et insertion » à l’Hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence
    Les membres Un Esprit de Famille Sud se sont réunis à Aix-en-Provence autour du sujet «Philanthropie et inclusion sociale par la culture».
    Une rencontre organisée à l’initiative de l’un de nos membres, la Fondation DENIBAM, en partenariat avec le fonds de dotation Culture pour l’Enfance et le soutien des délégués régionaux Un Esprit de Famille Sud.

    Lire l’article sur cet événement. 

    ► « Philanthropie intergénérationnelle » à Nantes 
    12 fondateurs de l’ouest se sont retrouvés pour parler de la philanthropie familiale et intergénérationnelle.
    Deux duos familiaux ont témoigné de leur vision, leur motivation et leur pilotage commun : Pierre-Henri Dewulf, président du FDD « J’M » et sa fille Hortense, Cyril Maury président du FDD « Après-Demain » et sa fille Margot.
    Leurs regards sont parfois différents, mais nous avons été touchés par cette vraie joie qui les unit dans l’action.

    ► « Philanthropie et démocratie » avec Daniel Sachs
    Pour la 3ème édition 2024 de notre série « Regard de philanthrope », nous avons eu le plaisir d’échanger avec Daniel Sachs, entrepreneur suédois ayant créé plusieurs organisations visant à revitaliser la démocratie, dont la Fondation Multitudes.
    Il a apporté un éclairage sur les motivations de son engagement et les enjeux de la philanthropie en matière de démocratie et de politique non partisane. Un grand merci aux équipes de la Banque Transatlantique pour leur accueil.

      NOS CERCLES & GROUPES DE REFLEXION

      • Le Cercle Insertion est co-animé par la fondation Acome et la fondation Cassiopée. Il a pour but d’échanger et de soutenir des associations en France dans le domaine de l’insertion et de la réinsertion par le biais de la formation et l’accompagnement de publics défavorisés ou éloignés de l’emploi.
      • Le Cercle Handicap est co-animé par HappyCap foundation et Ahadi Foundation. 
      • Le Cercle Environnement est co-animé par le fonds Yes Futur et le fonds Astrolabe.
      • Le Cercle Weber soutient collectivement des associations dans le domaine de l’éducation.
      • Le Cercle Culture co-finance un projet autour de la culture et du handicap à travers 6 structures philanthropiques et en partenariat avec le Théâtre National de Bretagne.
      • Le Cercle Vulnérabilité approfondit chaque trimestre un sujet.
      • Le Cercle Citoyenneté travaille sur des problématiques en lien avec le vivre-ensemble.
      • Le Groupe New Gen réunit la nouvelle génération de philanthropes entre 25 et 40 ans dont les perceptions et les formes d’engagement peuvent différer de celles de leurs aînés.

      NOUVEAUX MEMBRES

      Bienvenue à Matthieu Taravella dont la famille a créé le fonds de dotation ALTAPHIL. Son champ d’action est l’aide, l’insertion, le logement et l’éducation des migrants et de la population immigrée en France.

        Les actualités des membres d'Un Esprit de Famille

        Les actualités de l'écosystème

         La France s’engage à 10 ans et organise à cette occasion une série d’événements en région et à Paris.

         Parcours Philanthropie Systémique de l’initiative collective Racines 
        Vous êtes un professionnel ou administrateur d’un fonds ou d’une fondation ?
        Ce parcours, dont le but est de soutenir la professionnalisation et la structuration du secteur de la philanthropie sur le changement systémique, peut vous intéresser. 
        Plus d’information par mail à : initiativeracines@gmail.com ou sur ce lien.

        ► Conférence mardi 12 novembre à 14h30 au Conseil Economique, Social et Environnemental : « Comment redonner confiance dans les médias ? « 
        En savoir plus et s’inscrire

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        Un monde plus inclusif grâce à la culture et la lecture. Avec Philippe Le Squeren

        Les philanthropes en action #3

        Un monde plus inclusif grâce à la culture et la lecture

        avec Philippe Le Squéren, président du fonds de dotation Kiléma

        Quelle est l’origine de votre engagement ?

        Le projet KILEMA est familial. Cécile et moi sommes parents de 4 enfants. Nous avons créé le Fonds de dotation KILEMA en 2022 pour pallier un manque d’offre culturelle adaptée pour notre dernière fille Lucie, aujourd’hui âgée de 19 ans et porteuse d’une trisomie 21. Depuis sa naissance, nous avons été confrontés à de nombreux problèmes d’accès aux droits (école, santé, accessibilité, etc.), mais aussi à la culture, au livre et à la lecture en général. Résultat : elle ne connaît aucun des classiques de la culture populaire, contrairement à ses frères et sœurs (Antoine, Zoé, Gabin).
        Dès lors, comment envisager une inclusion réelle sans partage culturel ?
        Cécile est traductrice et linguiste, tandis que je suis ingénieur et chef d’entreprise. En 2022, grâce aux fruits de la cession d’une entreprise créée 10 ans plus tôt, nous avons décidé d’agir pour un monde inclusif par la culture. Le projet s’appellera KILEMA, qui signifie « handicap » en malgache. Dès le départ, le projet a été très ambitieux et a voulu s’inscrire dans une démarche holistique avec tous les acteurs de l’inclusion en France : associations, fondations, pouvoirs publics, collectivités locales, entreprises. Nous voulons prendre notre part et apporter la pièce du puzzle que nous connaissons et pouvons construire, mais nous pensons également que chacun peut faire sa part à la hauteur de ses capacités. Je suis convaincu depuis longtemps que l’on ne peut rien faire seul. C’est pourquoi nous avons créé plusieurs structures distinctes avec la transparence maximale comme étendard : – un Fonds de dotation (KILEMA fonds de dotation), – une maison d’édition commerciale détenue par ce fonds (KILEMA Editions), – et une association (KILEMA Tiers Lieu).

           

        Qu’est-ce que KILEMA peut apporter à l’inclusion ?

        Lors de son discours de politique générale devant l’Assemblée, le 1er octobre dernier, M. Barnier a évoqué le 5e chantier de son gouvernement : la fraternité, notamment pour le handicap. Il a dit : « La fraternité, c’est aussi développer une politique culturelle accessible à tous… ». Chez KILEMA, c’est exactement ce que nous pensons. La culture est essentielle à l’émancipation, à la liberté de pensée et donc à l’inclusion dans une société hiérarchisée et complexe. Le Premier ministre a ajouté : « L’accès à la culture est à la fois un facteur essentiel d’ouverture personnelle, une condition pour faire progresser l’égalité des chances et l’un des ciments de notre lien social. » Tout est dit !
        Avec KILEMA, nous avons décidé de le faire !
        D’abord, avec la maison d’édition KILEMA Éditions, nous traduisons et éditons un maximum d’ouvrages de la littérature classique en FALC. À ce jour, nous avons édité   « Les trois Mousquetaires », « L’étranger », « Cyrano de Bergerac », « L’histoire de l’impressionnisme » en partenariat avec le Musée d’Orsay et une vingtaine d’autres titres classiques, jeunesses et contemporains à découvrir sur www.kilema.fr. Il en reste des milliers à faire… Nous avons aussi choisi de porter cette culture auprès des personnes présentant des troubles du neurodéveloppement, comme la trisomie, et de nous rapprocher des publics en implantant, au cœur des cités, des Tiers Lieux culturels et inclusifs. Le cœur de chaque Tiers Lieu est une librairie innovante, un espace de conseil et d’innovation. Le travail est immense, mais avec le conseil d’administration et tous nos partenaires, nous sommes déterminés à réussir. Un livre traduit en FALC nécessite 8 mois de travail et 30 k€ d’investissement. Un Tiers Lieu, c’est 400 k€ d’investissement et 300 k€ de fonctionnement annuel. Comme tout cela est indispensable, nous allons le faire.

        Le FALC, c’est quoi ?

        Le FALC (Facile à Lire et à Comprendre) est une méthode de rédaction et d’adaptation des informations pour rendre les textes accessibles aux personnes ayant des difficultés de compréhension.

        À l’origine, le FALC était surtout utilisé pour simplifier des documents administratifs, juridiques ou de santé, dans une démarche inclusive. Le FALC a été normalisé en 2009 au niveau européen avec la norme ISO 21801-1.

        Le FALC est aussi un processus qui implique la traduction d’un texte par un professionnel formé, puis une relecture par des personnes en situation de handicap. Cela permet non seulement de rendre la culture accessible, mais aussi d’offrir des emplois à des personnes en situation de handicap intellectuel, dans des tâches intellectuelles qui ne peuvent être remplacées.

        KILEMA Éditions a ajouté un ensemble de règles spécifiques d’écriture, de traduction et de mise en page à la norme européenne pour pouvoir l’appliquer à la littérature.

        Qu’est-ce qui est le plus innovant dans votre projet ?

        Techniquement, l’édition en FALC pour la littérature existait avant KILEMA. Nous n’avons rien inventé. L’équipe éditoriale de KILEMA, composée de 5 professionnelles salariées et de Cécile bénévolement, a simplement adapté ce concept.

        Cependant, nous avons entamé une démarche de recherche et d’innovation pour automatiser certains processus avec une société d’ingénierie internationale. Même si la France est en retard par rapport à la Suède et à l’Espagne, il nous faut créer un marché qui n’existe pas encore. Les librairies et bibliothèques n’accueillent que très peu nos livres, car elles n’ont pas aujourd’hui le public concerné. Nous devons donc créer ce marché en ciblant les accompagnants, les écoles, les associations et les lieux de vie.

        Sur le plan organisationnel, nous avons dû innover dans un contexte juridique, réglementaire et fiscal complexe. Nous nous sommes fait accompagner par un cabinet spécialisé en philanthropie (cabinet DELSOL) pour structurer ce projet de collecte, distribution et opération.

        Nous cherchons également à changer le regard de la société et à la faire évoluer, notamment en portant un plaidoyer innovant.

        Cela fait partie des missions du Fonds de dotation et de son conseil d’administration.

        La création de Tiers Lieux hybrides représente également une forme d’innovation. Il nous faut trouver un modèle économique pérenne respectant toutes les contraintes réglementaires.

        Mon expérience de chef d’entreprise me montre qu’il est difficile de rentabiliser une activité concurrentielle. Nous devons donc trouver un modèle qui crée de la valeur pour l’ensemble de la société, au-delà du simple aspect comptable.

        Cela nécessite la participation de tous les acteurs privés, publics et sociaux. C’est aussi ça l’innovation. Elle se trouve partout, y compris dans le Tiers Lieu parisien (Porte de Clichy, Paris 17), où nous souhaitons faire collaborer différents acteurs autour de l’innovation en communication, par exemple.

        Selon vous, quelle place peut prendre la philanthropie familiale dans la société ?

        Notre société française repose sur trois valeurs fondamentales : liberté, égalité, fraternité. La philanthropie familiale est étroitement liée à la fraternité. Elle doit être visible sur ce sujet, car elle peut permettre à des projets formidables d’éclore dans les territoires à travers toute la France.

        Pour être acceptée et écoutée, elle doit, selon moi, respecter certains principes : la laïcité, l’apolitisme, la transparence, et ne pas se substituer aux fonctions de l’État.

        Les fondations et Fonds de dotation familiaux donnent du sens à leurs réussites grâce à des actions philanthropiques, et la société a tout à gagner en favorisant leur action.

        Pour que cela fonctionne mieux en France, il faut renforcer la confiance entre tous les acteurs. Je rêve d’un cadre réglementaire qui permettrait de créer des structures comme KILEMA sans multiplier par trois les risques juridiques, financiers et sociaux, comme c’est le cas actuellement avec la création de trois structures à but philanthropique. Sans compter que cela triple aussi les coûts.

        Le regroupement des structures philanthropiques familiales, comme au sein d’Un Esprit de Famille, devrait permettre de multiplier les actions, plutôt que de les additionner.

        Qu’est-ce que vous apporte le Cercle Handicap d’Un Esprit de Famille ?

        Il y a un peu plus d’un an, j’ai été convaincu de rejoindre Un Esprit de Famille pour les échanges et les rencontres. C’est ce que j’y ai trouvé, mais bien plus encore. J’ai ressenti une volonté sincère d’agir, avec une grande liberté de parole dans un contexte très convivial, et c’est important.

        Chaque fondation ou fonds de dotation a son histoire et ses compétences, voire une expertise unique. Les discussions sont toujours très enrichissantes, avec une volonté évidente de faire avancer une cause rapidement.

        Le thème de l’inclusion et du handicap est très vaste et touche finalement tous les aspects de la vie en société.

        Je suis convaincu que la philanthropie familiale est encore en construction en France. Il faut avancer avec conviction et transparence, mais il faut avancer. Les projets ont besoin de cette philanthropie à toutes les étapes de leur vie : émergence, déploiement, essaimage, exploitation.

        Il n’y a pas de phase où la philanthropie familiale ne peut pas s’enrichir et soutenir les projets.

        Culture et inclusion sociale

        Quel est le point commun entre l’Hôtel de Caumont,
        le peintre nabi Pierre Bonnard
        et l’inspirante fondation familiale Denibam ?

        (Réponses possibles et à choix multiples)
        Aix en Provence : en effet mais facile.
        Le soleil : il y en avait ce jour-là, tant mieux.
        Le sujet culture et philanthropie : sans aucun doute !

        Explications en images et dans le texte !

        Philanthropie et inclusion sociale par la culture

        Cette semaine, les membres Un Esprit de Famille Sud se sont réunis à Aix-en-Provence pour échanger sur le thème «Philanthropie et inclusion sociale par la culture».

        Une rencontre organisée à l’initiative de l’un de nos membres très engagé sur cette cause d’intérêt général, la Fondation DENIBAM, en partenariat avec le fonds de dotation Culture pour l’Enfance et le soutien des délégués régionaux Un Esprit de Famille Sud.

        Pour la petite histoire, l’Hôtel de Caumont, aujourd’hui renommé Caumont Centre d’Art, a été construit en 1715 dans le tout nouveau quartier Mazarin. Exceptionnel par son architecture et ses jardins en plein centre-ville, cet hôtel particulier est aujourd’hui un centre d’art qui accueillait, lorsque nous y sommes allés, l’exposition « Bonnard et le Japon ».

        Comment la culture peut-elle aider les jeunes enfants les plus fragilisés à se sentir moins exclus ?

        Quelques éléments de réponse ont été apporté par ce duo qui œuvre ensemble depuis 2016.

        Premier acteur français pour l’accès à l’éducation culturelle et à la pratique des arts pour les enfants les plus fragilisés, le fonds de dotation est actif dans le Sud de la France depuis près de 10 ans.
        Il y développe des programmes innovants d’éducation artistique et culturelle adaptés aux jeunes avec handicaps, aux enfants malades et hospitalisés mais aussi à destination de jeunes en situation d’exclusion. Ses actions vont de la médiation culturelle dans les lieux de culture à la pratique artistique.
        Dans ce cadre, 2500 enfants bénéficiaires sont accueillis chaque année à l’Hôtel de Caumont.

        Du côté de la fondation familiale DENIBAM créée en 2012, son engagement s’articule autour de 3 axes :

        • enfance et éducation,
        • insertion et développement territorial,
        • santé.

        Donner accès à l’art

        Lorsque la Fondation rencontre Culture pour l’Enfance en 2016, elle décide de soutenir ses projets destinés à faire grandir les enfants en leur donnant accès à la beauté et à l’art.

        Cet accompagnement extra-financier & financier pluriannuel garantit une pérennité des actions menées et aussi plus de sérénité pour les équipes.

        Pour la co-fondatrice de DENIBAM, « Aller assister à des ateliers en classe ou des visites à Caumont permet de donner vie aux projets que je soutiens et ça me donne encore plus de motivation à continuer, car je vis l‘impact en direct ! C’est plus parlant pour moi que des chiffres dans un dossier. ».
        Et de conclure : « cette démarche philanthropique nous permet d’être acteur dans la société, d’y faire de belles rencontres et de coopérer à de belles actions. Mais surtout cela donne du sens à notre chance ! ».

        Une belle journée d’échanges et de découvertes qui s’est terminée par le plaisir de découvrir (ou de re-découvrir) le peintre Bonnard et l’influence de l’art du Japon sur son œuvre. Une exposition qui permet de montrer comment Bonnard – celui que l’on surnommait autrefois le « Nabi très Japonard » – a intégré dans son traitement de l’espace, du temps et du mouvement, l’esthétique de l’art japonais, pour créer des œuvres en rupture avec le naturalisme et l’impressionnisme.

        Pierre Bonnard avait lui aussi envie de donner du sens à son art pour les générations futures. Il a déclaré quelques jours avant de mourir « J’espère que ma peinture tiendra. Sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l’an 2000 avec des ailes de papillon ».

        En 2024, son message nous est bien parvenu et donne des ailes aux philanthropes que nous représentons au sein d’Un Esprit de Famille.