La fondation Demeter soutient L’Îlot, association qui accueille, héberge et accompagne vers la réinsertion des personnes en grande détresse.
Les bénéficiaires sont des personnes qui font ou ont fait l’objet d’une peine de justice, des sortants de prison ou des personnes qui bénéficient d’un aménagement de peine.
Mission : leur permettre de retrouver un statut de citoyen et de membre du corps social, notamment par l’accès au logement et à l’emploi.
Intervention :
hébergement,
accompagnement des personnes dans leur démarche personnelle et volontaire,
insertion par l’activité économique.
L’Îlot gère 3 ateliers d’insertion par l’activité économique à Amiens : automobile, menuiserie et restauration.
La fondation Cécile Barbier de la Serre soutient l'association Coup de Pouce qui œuvre pour prévenir l’illettrisme des enfants en classe de CP.
La méthode s’appuie sur des recherches scientifiques prouvant que les élèves qui ne savent pas lire, et n’ont pas envie d’apprendre à lire, sont ceux qui ne reçoivent pas de leur entourage familial et social des atouts de réussite constituant une « poussée culturelle favorable ».
Le « coup de pouce Clé » (club de lecture et d’écriture) tend à compenser ce handicap : il apporte à ces enfants un engagement de leurs parents ainsi qu’une rencontre quotidienne avec la culture écrite et le plaisir de la lecture.
Les résultats sont probants : 94 % des enfants pris en charge sortent de la zone dangereuse et 80 % sont de bons lecteurs à l’issue du programme. Entre 75 et 80 % gagnent également en motivation pour travailler, aller à l’école, et en confiance en eux. 85 % des parents acquièrent une capacité à accompagner leurs enfants dans la suite de leurs études et 95 % des enseignants pensent que ce dispositif est complémentaire de leur travail.
Il est aujourd’hui implanté dans 259 villes partenaires et bénéficie à 10 000 enfants pris en charge chaque année dans 2000 clubs coup de pouce répartis dans 1300 écoles (sur 100 000 enfants sortant chaque année en échec scolaire du CP).
Le dispositif est complété depuis 7 ans par la mise en place du « prix des premières lectures » : au cours de l’année, chacun des 10 000 enfants vote pour l’un des 4 ouvrages qu’il a lus dans le cadre des clubs. L’ouvrage élu est ensuite offert à chacun des enfants.
En 2014, la fondation Cécile Barbier de la Serrea permis le financement de 24 clubs coup de pouce Clé des villes du Nord-Pas-de-Calais : à Béthune (7 clubs), Douai (5 clubs) et Wattrelos (12 clubs), ainsi que de 4 clubs Clém (action complémentaire pour prévenir les échecs précoces en mathématiques et en lecture en CE1). Sur les 118 enfants bénéficiant de ces dispositifs, 111 sont sortis de la zone dangereuse.
Une vingtaine de membres d’Un Esprit de Famille se sont réunis le 15 octobre sur le thème des dons externes aux fondations : votre fondation en reçoit-elle ? Par quel processus ? Quelle proportion représentent-ils dans le budget ? Comment donateurs et dons s’inscrivent-ils dans la stratégie de la fondation ? Plusieurs fondations ont partagé leurs expériences, remarquables dans leur diversité mais avec un dénominateur commun : recevoir des dons permet de soutenir plus de projets, donc d’aider plus de personnes dans de plus nombreux pays.
La fondation AnBer distribue 6 fois ce qu’elle donne elle-même
Créée par André et Bernadette Leclercq, la fondation AnBer est reconnue d’utilité publique depuis 2002 et abritante depuis 2009. Sa mission : aider la famille, cellule de base de la société, par l’éducation, le travail et la santé.
La fondation AnBer soutient 250 projets par an + 100 projets par le bais de ses fondations abritées, qu’elle abonde. Grâce aux dons externes, elle distribue chaque année 6 fois ce qu’elle donne elle-même.
« Une partie des contributions nous arrive naturellement de personnes qui apprécient notre projet, explique André Leclercq. Mais nous recevons de moins en moins de dons libres d’affectation, ce qui a conduit notre Conseil d’administration à établir des règles. Par exemple, pour accepter des dons fléchés, nous demandons qu’ils correspondent à un projet en phase avec notre mission.
Il nous arrive par ailleurs d’aider des associations à récolter des dons : ce fut le cas récemment avec une équipe qui a fait construire une école au nord du Cameroun.
Les dons externes que nous recevons nous permettent d’aider de plus en plus de personnes dans de plus en plus de pays. [1] »
La fondation CAJJED, abritée par la fondation AnBer : un accueil familial
Elisabeth Terrien, fondatrice, précise le cheminement de création de la fondation CAJJED : « Il y a un an et demi, nous avons créé notre fondation familiale sur le thème de l’éducation et de la dignité des personnes, notamment pour partager la valeur du don avec nos enfants. La fondation AnBer a accueilli notre projet avec une grande simplicité, nous soutenant dans notre motivation et nos démarches. L’objet de CAJJED entre dans les statuts de la fondation AnBer.
Celle-ci a abondé notre premier don à un projet pour les enfants des rues du Togo et de construction d’une école au Burkina Faso. Cela nous a donné de l’élan ! CAJJED commence à recevoir des dons externes pour développer ses projets. »
Fondation AMIPI – Bernard Vendre : des dons pour insérer les personnes handicapées dans la société grâce au travail manuel
Depuis 50 ans, la fondation AMIPI – Bernard Vendre permet à des personnes en situation de handicap cognitif de progresser par le travail manuel et de trouver leur place en entreprise (Bernard est le nom du fils trisomique de Maurice Vendre, l’un des fondateurs).
« 3 familles ont porté ce projet, explique Jean-Marc Richard, président de la fondation : comment donner un avenir à des jeunes handicapés grâce au travail ? On connaît aujourd’hui la plasticité du cerveau : avec des apprentissages bien pensés, un jeune peut développer de nouvelles connexions synaptiques ; son cerveau peut évoluer et le travail manuel joue un rôle fondamental.
Dès 1985, l’activité de câblage a été identifiée comme un support d’apprentissage adapté aux besoins des publics accueillis par la fondation. Nous sommes devenus le seul câblier français qui a gardé ses usines en France. Nous avons créé 7 usines en région Pays de Loire et Centre où 700 personnes handicapées travaillent, avec l’objectif de s’insérer dans la société. Les usines sont gérées par la fondation. En 20 ans, 1500 personnes ont trouvé un emploi non subventionné dans une entreprise, ce qui représente une économie sociale de 350 millions d’euros.
La fondation est reconnue d’utilité publique depuis 2005. Ses ressources viennent :
des familles fondatrices : 3 millions € par an ;
de l’Etat : 10 millions € reçus comme entreprise adaptée (mais les 10 millions de taxes payées annulent cette subvention) ;
des entreprises industrielles grâce à la politique RSE : 3 millions €.
Nous avons le projet de créer une usine à Nantes à l’horizon 2020. Notre objectif n’est pas de créer une grande usine mais de résoudre les problèmes d’une population : nous faisons travailler des personnes fragiles pour qu’elles progressent très vite et deviennent employables.
Il faut savoir qu’en Allemagne, 25 % des emplois sont dans le secteur industriel et en France, 14 % : un bon outil industriel est indispensable pour accueillir les populations les plus fragiles. »
Fondation Hippocrène : le Cercle des amis pour étendre notre action
Dès 2009, la fondation Hippocrène a commencé à se poser la question : comment accroître la surface de la fondation pour soutenir plus de projets ?
Michèle Guyot-Roze, présidente : « Mes parents ont créé la fondation Hippocrène qui soutient des projets d’éducation culturelle et sociale à l’Europe : les jeunes Européens doivent se rencontrer pour agir ensemble et développer une citoyenneté européenne.
300 projets nous arrivaient chaque année et nous ne pouvions en soutenir que 45. C’est ainsi que nous avons eu l’idée de créer le Cercle des amis de la Fondation, dont mon mari est président, pour accroître notre action car nous étions obligés de refuser des projets très intéressants. »
« Nous avons créé ce Cercle, poursuit Jimmy Guyot-Roze, à partir de nos relations, par cercles concentriques. Il n’a pas de structure juridique propre pour éviter des pesanteurs administratives supplémentaires. Nous avons choisi une action symbolique que les amis peuvent financer : le prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale. Il consiste à récompenser des professeurs et des classes qui travaillent avec des classes d’autres pays européens pour construire un projet commun. Ce prix devenant de plus en plus visible, nous pouvons recruter de nouveaux amis et solliciter l’aide dans des fondations d’autres pays d’Europe (Allemagne, Pologne).
Un dîner annuel rassemble environ 150 amis de la fondation qui partagent nos objectifs. Le Cercle des amis est éclectique et les dons sont d’une ampleur très variée. Le Cercle est invité à tous nos événements : vernissages, concerts… Ces 150 donateurs externes se renouvellent en partie d’une année sur l’autre. Notre objectif est de développer le Cercle avec la génération des 40 ans pour préparer l’avenir. »
Fondation Feuilhade pour la solidarité de proximité : les amis de la fondation soutiennent de petits projets exemplaires et réplicables
Tristan de Feuilhade, fondateur : « J’ai créé cette petite fondation il y a 8 ans à partir d’un héritage de 150 000 euros. La fondation est hébergée par l’Institut de France. Elle remet chaque année les prix de la solidarité de la proximité.
Nous lançons un appel à candidature pour de petits projets de solidarité mettant en œuvre l’entraide, qui sont exemplaires et reproductibles. Le prix est une récompense, pas un financement et nous nous engageons à parrainer et à faire connaître les projets. Dans la centaine de projets reçus, nous en choisissons 5, soumis ensuite à un comité de sélection. La remise officielle des prix est importante pour la fondation et les lauréats qui sont heureux de cette reconnaissance, au-delà de la somme attribuée.
20 personnes sont impliquées dans la remise des prix : diffusion de l’appel à candidatures, sélection des projets, organisation de la remise de prix, gestion du site Internet… Nous avons fédéré les amis de la fondation dans une association et ils se réunissent tous les mois. Les membres paient une cotisation de 30 € et sont de 3 types :
les bénévoles, forces vives de la fondation,
les personnes qui soutiennent la cause en cotisant à l’association,
les membres d’honneur (donateurs).
Aujourd’hui, l’association rassemble 50 personnes et nous cherchons à élargir ce cercle car les petites initiatives que nous récompensons peuvent être à la source de grandes idées…
Chaque année, l’association organise un événement, payé par les cotisations, qui rassemble les amis de la fondation. Cette année, le thème était : vivre ensemble avec nos différences dans une cité. Les forces vives sont dans l’association et la fondation apporte les moyens pour agir. »
[1] Sur 5,5 milliards d’euros d’ISF récoltés, seulement 120 millions vont aux fondations et 250 millions aux PME : la marge de développement est énorme !
Tristan de Feuilhade, fondateur : « J’ai créé cette petite fondation il y a 8 ans à partir d’un héritage de 150 000 euros. La fondation est hébergée par l’Institut de France. Elle remet chaque année les prix de la solidarité de la proximité.
Nous lançons un appel à candidature pour de petits projets de solidarité mettant en œuvre l’entraide, qui sont exemplaires et reproductibles. Le prix est une récompense, pas un financement et nous nous engageons à parrainer et à faire connaître les projets. Dans la centaine de projets reçus, nous en choisissons 5, soumis ensuite à un comité de sélection. La remise officielle des prix est importante pour la fondation et les lauréats qui sont heureux de cette reconnaissance, au-delà de la somme attribuée.
20 personnes sont impliquées dans la remise des prix : diffusion de l’appel à candidatures, sélection des projets, organisation de la remise de prix, gestion du site Internet… Nous avons fédéré les amis de la fondation dans une association et ils se réunissent tous les mois. Les membres paient une cotisation de 30 € et sont de 3 types :
les bénévoles, forces vives de la fondation,
les personnes qui soutiennent la cause en cotisant à l’association,
les membres d’honneur (donateurs).
Aujourd’hui, l’association rassemble 50 personnes et nous cherchons à élargir ce cercle car les petites initiatives que nous récompensons peuvent être à la source de grandes idées…
Chaque année, l’association organise un événement, payé par les cotisations, qui rassemble les amis de la fondation. Cette année, le thème était : vivre ensemble avec nos différences dans une cité. Les forces vives sont dans l’association et la fondation apporte les moyens pour agir. »
[1] Sur 5,5 milliards d’euros d’ISF récoltés, seulement 120 millions vont aux fondations et 250 millions aux PME : la marge de développement est énorme !
Les fondations et associations ont souvent de multiples projets et développer et d’actions à mener avec un minium de ressources humaines et financières. Beaucoup de fondations familiales, notamment, n’ont pas de salarié et sont gérées par les fondateurs eux-mêmes, qui font face à une masse de travail importante et ont besoin d’être aidés. Plusieurs organisations peuvent procurer des soutiens : le service civique des jeunes grâce à Unis-Cité, le bénévolat de compétences, mis en place par Passerelles et Compétences, et les emplois solidaires, gérés par Nouvelles Solidarités face au chômage (SNC). Ces ressources humaines peuvent aussi être proposées par les fondations aux associations qu'elles soutiennent. Un Esprit de Famille a rassemblé le 12 mai 2015 au cours d'une table ronde ces 3 organisations afin de mieux connaître les solutions qu'elles proposent.
Marie Trellu-Kane, fondatrice et coprésidente d’Unis-Cité : le service civique, une étape de solidarité et d’apprentissage de la diversité dans la vie des jeunes
Avec deux amies, comme moi étudiantes à l’ESSEC, nous avons créé Unis-Cité en 1994 pour permettre à des jeunes de consacrer une étape de leur vie à la solidarité. Notre vision était que tous les citoyens, en particulier les jeunes, ont un rôle à jouer pour faire avancer la société ; tous, nous pouvons agir dans le respect de nos différences culturelles, sociales et de croyances.
Nous avons commencé avec 24 jeunes il y a 20 ans et, en 2014, plus de 2000 ont effectué leur service civique dans une cinquantaine de villes en France. L’association Unis-Cité est ouverte à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans condition de diplôme ni de compétences. Pendant 6 à 9 mois, nous leur proposons des missions au service de la communauté. Les jeunes fonctionnent en équipe pour favoriser la mixité sociale et cultuelle.
Ils sont mobilisés sur 5 grandes missions :
L’éducation, à travers le programme Néo-citoyens : les jeunes interviennent dans des écoles en difficulté pour des actions de prévention contre la violence.
La solidarité intergénérationnelle et la prévention de l’isolement des personnes âgées : les « Intergénéreux » interviennent dans les maisons de retraite ou à domicile pour des visites de convivialité, pour proposer des sorties, recueillir la mémoire des personnes âgées, valoriser leurs savoirs…
La santé : mener dans activités avec les enfants de quartiers défavorisés autour du « bien manger » pour les encourager, ainsi que leurs parents, à adopter une alimentation plus saine et à pratiquer une activité physique régulière.
Le développement durable : 450 jeunes, en 2014, sont allés dans les quartiers populaires pour aider des familles à adopter des gestes éco-citoyens et réduire leurs factures énergétiques.
Depuis la loi du 10 mars 2010 qui institue le service civique volontaire, l’Etat finance 80 % des indemnités mensuelles de nos jeunes, qui gagnent 573 € par mois. Les 20 % restants sont donnés par nos partenaires. Par exemple, la collectivité locale du Val d’Oise nous finance pour accompagner des enfants autistes dans le département.
Depuis 5 ans, nous avons mis en place 2 nouveaux programmes :
Rêve et réalise : les jeunes s’engagent pendant 9 mois à monter leur projet solidaire, par exemple une action pour lutter contre le racisme, pour créer des emplois dans le quartier…
Programme Booster auprès des décrocheurs scolaires mineurs : si on propose à des jeunes en échec scolaire de réaliser des actions solidaires pendant 7 ou 8 mois, 86 % d’entre eux retournent à l’école par la suite.
Comment une association ou une fondation peut-elle bénéficier des talents des jeunes en service civique ?
Depuis 2012, il est possible pour une fondation ou une association de se faire agréer par l’Etat pour recevoir des jeunes volontaires sur une période de 6 à 12 mois. L’Etat verse son indemnité et la structure d’accueil complète de 110 € par mois et par jeune. Le dossier d’agrément est obtenu pour une mission d’intérêt général accessible à tout jeune, quelles que soient ses qualifications, et non concurrentielle à l’emploi. La deuxième exigence est l’accompagnement des jeunes : un encadrant les aide à accomplir leur mission et à réfléchir à leur projet d’avenir. Il est recommandé de ne pas mobiliser un jeune seul : le service civique est une étape de mixité sociale, qui le place dans une dynamique collective.
Unis-Cité conseille et soutient les structures qui demandent l’agrément pour accueillir des jeunes en service civique.
Patrick Bertrand, fondateur et président de Passerelles et Compétences : le bénévolat de compétences pour accompagner les structures à mission d’interêt général
Depuis 13 ans, l’association Passerelles et Compétences promeut le bénévolat de compétences : nous mettons en relation des associations de solidarité et des professionnels, dans le cadre de missions ponctuelles bénévoles. Comme Unis-Cité, nous pensons que chaque citoyen détient une parcelle de la solution aux défis de la société ; en apportant nos talents et nos compétences, nous pouvons aider à résoudre ces problèmes.
Des « Passerelles » existent dans 20 villes de France : ce sont des bénévoles qui gèrent l’ensemble des relations avec les associations et les professionnels qui donnent leur temps. Les Passerelles :
aident les associations à réfléchir à leurs besoins et à bien les identifier ;
identifient le professionnel qui correspond à la mission. En général, ils ont le choix entre plusieurs bénévoles pour une seule mission. Ils déterminent le bénévole pour cette mission avec des critères objectifs, sans mettre les autres en concurrence avec lui ;
accompagnent toute la réalisation de la mission entre le bénévole et l’association : l’objectif est de créer une « histoire » et donner envie au bénévole de pérenniser son engagement dans l’association.
Passerelles et Compétences a réalisé l’année dernière 500 missions, pour une valorisation de 2,5 à 3 millions d’euros si elles étaient achetées dans le secteur marchand. Aujourd’hui, nous avons un vivier de 5 000 personnes bénévoles, dont 80 % sont en activité professionnelle.
Comment une association ou une fondation peut-elle utiliser Passerelles et Compétences ?
Vous avez tous dans votre entourage des associations qui cherchent en permanence des compétences pour se développer, être efficaces et impactantes ; de notre côté, nous connaissons de nombreux bénévoles qui attendent que l’on fasse appel à eux.
Les associations participent à 40 % au financement du fonctionnement de notre association. Nos partenaires, des dons et subventions financent les 60 % complémentaires. Des fondations qui soutiennent des associations demandeuses peuvent, par exemple, financer les 60 % complémentaires.
Nous développons de nouveaux programmes :
les bénévoles ont envie d’agir en équipe : des missions collectives, comme Phosphore en association avec Pro Bono Lab, est un « marathon » qui réunit une équipe de volontaires pendant une journée pour répondre aux besoins d’une association.
les petites associations ont besoin d’échanger au fil de l’année, c’est pourquoi nous avons créé le bénévolat d’accompagnement : des bénévoles accompagnent ces associations pendant 9 mois ;
pour les associations qui se posent des questions techniques, nous lancerons en septembre 2015 unsystème de questions/réponses : un bénévole répond aux questions, en s’appuyant sur tout un réseau d’autres bénévoles.
Vincent Godebout, délégué général de Solidarité Nouvelles face au Chômage : les emplois solidaires au service des structures de l’Economie Sociale et Solidaire et de la lutte contre le chômage
Fondée en 1985, Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC) est une association quipropose à des chercheurs d’emploi unsoutien humain personnalisé effectué par un réseau d’accompagnateurs bénévoles à travers toute la France. 2 700 chercheurs d’emploi sont accompagnés par 2000 membres bénévoles répartis dans 140 groupes locaux de solidarité, avec un taux d’issue positive de 62 % en fin d’accompagnement.
Solidarités Nouvelles face au Chômage crée et finance aussi pour des chômeurs de longue durée, accompagnés par son réseau, des emplois solidaires à durée déterminée dans des associations partenaires. Ces emplois solidaires sont un outil complémentaire à l’accompagnement. Ils sont créés et financés par SNC grâce aux contributions de ses membres et de ses donateurs, à hauteur de 115 % du SMIC pendant 1 an. Depuis l’année dernière, les emplois solidaires sont ouverts à l’ensemble des structures de l’ESS : entreprises sociales, coopératives, mutuelles… Pendant l’emploi, les salariés sont accompagnés par 2 bénévoles.
Par SNC, il est donc possible de contribuer à la solidarité nationale en donnant de son temps pour l’accompagnement et en finançant des emplois pour des personnes qui en étaient dépourvues.
Tous les bénévoles suivent un programme de formation en plusieurs modules : acculturation, écoute, techniques de recherche d’emploi et connaissance des étapes de l’accompagnement. Le modèle est très souple : l’accompagnement peut durer de un mois ou 2 ans, selon le besoin du chercheur d’emploi. Les accompagnateurs se retrouvent tous les mois au sein de 140 groupes de solidarité pour échanger, réceptionner les profils de postes, échanger sur la vie de l’association…
Comment une association ou une fondation peut-elle bénéficier des emplois solidaires de SNC ?
SNC dispose d’un vivier de personnes compétentes dans tous les métiers et dans toutes les régions : nous sommes présents dans toutes les grandes villes de France et, de plus en plus, dans les villes moyennes.
Une association ou une organisation sans but lucratif qui veut développer une activité, sans avoir les moyens financiers de le faire, peut contacter SNC pour proposer une offre d’emploi. Le salaire de la personne sera pris partiellement ou totalement en charge par SNC. Le contrat de travail est conclu entre l’association partenaire et la personne accompagnée pour une durée déterminée, à temps plein ou partiel. Le salarié est accompagné par la structure bénéficiaire ou un bénévole de SNC. Il se crée ainsi une relation tripartite entre l’employeur, le bénéficiaire et SNC.
Le chômage n’est pas une fatalité, chacun peut lutter contre ses effets en donnant du temps, en partageant avec d’autres…
Comment Un Esprit de Famille peut contribuer à l'éducation au « vivre ensemble » ? Dans le désir de poursuivre l’esprit du « 11 janvier », une vingtaine de membres d’Un Esprit de Famille se sont retrouvés le 5 février pour y réfléchir avec des pionniers engagés sur ce sujet.
Trois invités, acteurs reconnus de l’éducation au « vivre ensemble » ont apporté leur témoignage : Marine Quenin, fondatrice de l’association Enquête, Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister, et Antoine Arjakovsky, fondateur de la formation Agapan.
Marine Quenin
J'ai créé Enquête avec une amie, il y a 5 ans, pour développer des outils de découverte de la laïcité et des faits religieux destinés à la classe d’âge 7-11 ans. Il existe une réticence à aborder le sujet des religions à l’école. Mais on a peur de ce qu’on ne connaît pas et Enquête apprend à aborder ce thème de façon apaisée. L’association propose des ateliers, des outils et des formations aux enseignants. Tous les outils sont développés sous un angle laïc et non confessionnel. Il faut apprendre aux enfants à aborder le fait religieux avec respect.
Nous organisons une quinzaine d’ateliers par an et les retours des enfants, de leurs parents et des enseignants sont très positifs ; l’état d’esprit des enfants change, ils s’approprient la laïcité, ce qui veut dire accepter l’autre. Ils comprennent mieux l’environnement dans lequel ils évoluent.
Samuel Grzybowski
Sous l’apparente unité nationale, il existe de grandes diversités mais une diversité est laissée pour compte en France, celle des religions. Coexister rassemble 20 groupes locaux où coexistent jeunes juifs, chrétiens, musulmans et athées. Chaque groupe identifie un besoin social (orphelins, personnes âgées….) sur lequel ses membres vont travailler ensemble. Leur diversité de convictions nourrit leur engagement sur le terrain. Après cette action commune, ces jeunes sont invités à rencontrer d’autres jeunes dans des lycées et les collèges, pour animer des ateliers sur l’un de ces 3 thèmes :
l’enseignement du laïc et du fait religieux (avec Marine Quenin),
la lutte contre les préjugés religieux.
Nous promouvons une façon de vivre ensemble sans heurt à motif religieux. L’objectif est de permettre à tous les Français, quelles que soient leurs convictions, de se connaître et se côtoyer.
Coexister est porté par 600 bénévoles : 30 par groupe depuis janvier 2015 (15 auparavant) et 17 volontaires en service civique. Les demandes de sensibilisation venues des lycées ont récemment beaucoup augmenté. Il y a une vraie prise de conscience, un travail de 6 ans qui porte ses fruits et a un vrai potentiel d’impact dans la société.
Antoine Arjakovsky
J’ai proposé de créer une formation à la culture éthique et religieuse car les enseignants en France n’y sont pas formés. Avec le soutien des dirigeants œcuméniques, j’ai lancé il y a un an Agapan : une formation destinée aux enseignants, qui comprend un volet interactif en elearning et des stages en présentiel. Nous avons créé une trentaine de modules (histoire du judaïsme, du christianisme, de la libre pensée, éthique…). Nous sommes associés à Coexister pour le module « Vivre ensemble ». 2 parcours sont possibles : un master avec la formation complète ou seulement quelques modules, en fonction des besoins de chacun. Le ministère de l’Education nationale nous a donné son soutien.
Nous abordons aussi la question de l’environnement : le rapport à la création est expliqué par les grandes religions et c’est un angle important pour protéger l’environnement.
Nos outils pédagogiques peuvent être utilisés par les enseignants avec souplesse. Nous rencontrons beaucoup d’enthousiasme mais avons peu de moyens ! 150 enseignants ont suivi la formation Agapan cette première année.
Vous démontrez qu'il existe des expériences très concrètes en France. Mais comment changer d’échelle ? Comment toucher des milliers de collégiens, de jeunes, d’enseignants ?
Marine Quenin
Actuellement, nous sommes très sollicités par les villes, les centres sociaux et l’Education nationale. Pour changer d’échelle, il existe pour nous 2 voies :
déployer les ateliers car nous utilisons des outils et des méthodes différents de l’école, qui lui sont complémentaires.
former les enseignants, à la fois en formation initiale et continue. Il faudrait former dans chaque académie des personnes ressources qui proposent des outils très opérationnels aux enseignants. Et il faut développer de nouveaux outils.
Samuel Grzybowski
Samuel : pour nous, trois actions où le changement d’échelle est possible grâce à des moyens supplémentaires : le nombre de groupes, de jeunes sensibilisés et de formations dispensées.
un groupe sur deux abandonne faute de moyens. Les jeunes et les projets sont là mais il faut 1000 euros par an pour faire fonctionner un groupe (repas et allers-retours sur Paris).
il faudrait rémunérer les jeunes qui interviennent dans les lycées, il faut également les former. Beaucoup de jeunes ne peuvent être formés car ils n’ont pas assez de moyens pour des allers-retours sur Paris.
la formation globale proposée toute l’année sur différents thèmes a besoin aussi d’être développée.
Antoine Arjakovsky
Agapan va changer d’échelle cette année car nous avons reçu l’agrément formation continue de l’enseignement catholique, qui accepte de financer la formation des enseignants qui le souhaitent. Mais accroître l’audience demande un appui de communication très important vers les enseignants.
Je crois qu’en France, nous sommes actuellement dans une situation d’urgence pour rendre compatibles les valeurs de liberté et de fraternité.
Existe-t-il une définition commune et simple de la laïcité ?
Marine Quenin
On remarque des lignes de clivage intra partis sur la définition de la laïcité. Il faut arrêter de nier la présence du religieux dans la laïcité, ne pas en parler est explosif. Mais c’est en train de changer et ce que nous proposons contribue à faire bouger les lignes.
Antoine Arjakovsky
On a identifié la laïcité avec la neutralité et la neutralité avec l’agnosticisme. Or, neutralité veut dire impartialité et indépendance. On a mis un couvercle sur une « marmite » d’aspirations religieuses qui existe depuis la nuit des temps. Aucun pays d’Europe n’est laïc comme la France et la laïcité française n’existe nulle part ailleurs.
Samuel Grzybowski
Samuel : nous discutons avec l’Observatoire de laïcité, constitué de personnes de sensibilités différentes. Nous avons réalisé que le discours laïc en France est complexe mais la loi est simple. Nous avons décidé de nous centrer sur la loi :
présentation de l’Eglise et de l’Etat,
neutralité de l’Etat,
garantie de la liberté de religion et de conscience.
Il est intéressant de savoir qu'au cours des discussions précédant le vote de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, l'objectif d'Emile Combes était d'éradiquer les religions et celui d'Aristide Briand était de les accepter, avec l’égalité de toutes les communautés.
La religion ne fait pas seulement partie de la sphère privée. Mais l’expression de la laïcité est en train de changer car l’optique aujourd’hui est plutôt de garantir l’expression du confessionnel.