Tandem pour l’intérêt général : Alter&Care et Parlons Démocratie

 Philanthropie familiale et associations : ENSEMBLE pour l’intérêt général

5 questions pour 1 tandem en trio :
Bénédicte Gueugnier, Lucie Gueugnier (fondation Alter&Care) et Raphaël Culliford (Parlons Démocratie)

Pourquoi avez-vous choisi de soutenir Parlons Démocratie ?

Bénédicte et Lucie Gueugnier, présidente et directrice générale de la fondation Alter&Care :

Nous avons choisi de soutenir Parlons Démocratie dans le cadre d’un nouvel axe de soutien que nous développons depuis 2 ans au sein de notre fondation : la Citoyenneté. 

Dans une société de plus en plus individualiste, dans laquelle les valeurs collectives ne séduisent plus, il nous semble essentiel de développer la cohésion sociale et d’éduquer – en particulier les jeunes – à la citoyenneté, afin qu’ils deviennent des acteurs responsables et engagés.

Parlons Démocratie est né en 2020 autour du même constat de l’affaiblissement de nos démocraties (baisse de la participation électorale, montée des discours de rejet des institutions, et méfiance généralisée). Convaincus (comme nous) que l’éducation est le premier rempart contre ces menaces, l’association répond à cet enjeu en sensibilisant des milliers de jeunes chaque année autour de modules pédagogiques pour renforcer l’éducation à la démocratie.


En quoi ce soutien de la fondation Alter&Care a-t-il été important pour vous ?

Raphaël Culifford, délégué général de l’association Parlons Démocratie :

Le soutien de la Fondation Alter&Care a été décisif pour permettre à Parlons Démocratie de répondre à une demande croissante des établissements : accompagner des réécritures participatives – par les élèves – des règlements intérieurs des établissements scolaires.

C’est un format que nous avions testé, qui montrait de très forts résultats sur les jeunes : une participation accrue, un climat scolaire apaisé, une confiance retrouvée dans leur capacité à agir, et un engagement renforcé dans leurs choix d’orientation et pour l’intérêt général. Ce format intéressait l’Éducation nationale, et nous recevions de nombreuses demandes d’établissements souhaitant s’engager dans cette démarche, sans disposer des moyens pour y répondre.

La Fondation Alter&Care a pris le risque de nous faire confiance pour le développer à grande échelle, et grâce à leur soutien, près de 10 000 jeunes vont directement bénéficier de cette action, dans une période où il est essentiel de renforcer leurs compétences citoyennes et leur capacité à agir dans leur environnement.

Il est aujourd’hui très important de les inclure directement dans la réflexion sur les règles qui les concernent, de leur montrer que leur voix compte et qu’elle peut transformer leur quotidien.


Qu’est-ce que ce partenariat vous a apporté ?

Bénédicte et Lucie Gueugnier, présidente et directrice générale de la fondation Alter&Care :

Parlons démocratie fait intervenir des professionnels des institutions publiques dans les établissements scolaires pour contribuer à un enseignement moral et civique captivant. Cette association nous a montré que les élèves, les enseignants et les nombreux intervenants bénévoles étaient très motivés à l’idée de renforcer le pouvoir d’agir citoyen.

Nous avons assisté à une simulation de débat parlementaire, organisée avec des élèves de sixième, qui se sont vu remettre une proposition de loi fictive sur le vote à 16 ans. Après avoir préparé leurs amendements avec leur professeur, les élèves ont débattu de manière très impliquée et respectueuse. L’envie est donc bien là (dès le plus jeune âge), il faut juste la faire émerger !

Nous sommes la première fondation privée à avoir accompagné l’association, essentiellement soutenue par les pouvoirs publics. Dans ce cadre, Raphaël a eu à cœur de nous donner régulièrement des nouvelles et de nous impliquer en tant qu’acteur à part entière. Notre collaboration montre que l’alliance du privé et du public peut contribuer à de belles aventures associatives.


Quel impact ce partenariat a-t-il eu pour répondre aux enjeux de votre secteur ?

Raphaël Culifford, délégué général de l’association Parlons Démocratie :

Ce partenariat avec la Fondation Alter&Care a eu un impact structurant pour Parlons Démocratie et, plus largement, pour le secteur de l’éducation à la citoyenneté.

En nous permettant de déployer à grande échelle une démarche participative innovante, il nous a donné les moyens de répondre concrètement aux besoins des établissements et aux attentes de l’Éducation nationale, tout en maintenant une exigence de qualité et de proximité avec le terrain.

Grâce à ce soutien, nous avons pu démontrer que des initiatives ambitieuses, centrées sur l’inclusion des jeunes et la valorisation de leur voix, produisent des résultats tangibles : des élèves qui s’impliquent davantage dans la vie collective, qui développent leur esprit critique, qui affinent leur projet d’orientation et qui s’engagent dans l’intérêt général.

Ce partenariat illustre la capacité des fondations familiales à jouer un rôle pionnier pour l’innovation sociale, en donnant aux associations les moyens de transformer des idées prometteuses en actions à fort impact, au bénéfice direct des jeunes et de la société


Quelles sont les clés du succès de votre tandem ?

Bénédicte et Lucie Gueugnier, présidente et directrice générale de la fondation Alter&Care :

Les clés du succès de notre tandem reposent sur la confiance, sur la transparence et sur les échanges réguliers et non « officiels » (en dehors des rapports d’activités, des comptes annuels etc.) entre l’association et la fondation.

Nous avons également invité Raphaël à une journée organisée par notre fondation pour les dirigeants d’associations (sans notre présence) afin qu’ils puissent échanger entre pairs avec l’aide d’un coach spécialisé. Ce soutien extra-financier a renforcé les liens avec Raphaël et Parlons Démocratie |, car il permet de sortir du cadre et de la relation financé / financeur.

Raphaël Culifford, délégué général de l’association Parlons Démocratie :

Les clés de notre tandem avec la Fondation Alter&Care tiennent d’abord à la confiance mutuelle et à la simplicité de nos échanges, qui nous permettent d’agir ensemble avec efficacité et sincérité. Nous partageons un objectif commun : renforcer la cohésion sociale en donnant aux jeunes les moyens de devenir des citoyens responsables et engagés.

La Fondation Alter&Care est la première fondation privée à nous avoir soutenus, à un moment où nous étions essentiellement financés par des partenaires publics. À ce titre, cette relation est particulièrement précieuse : leur confiance a inspiré d’autres mécènes et nous a permis de structurer notre développement tout en conservant notre capacité à innover.

Leur soutien dépasse le cadre financier : ils nous accompagnent par leurs conseils, leurs mises en relation et des moments de réflexion qui nourrissent notre action. La journée de formation qu’ils ont organisée pour les dirigeants associatifs a été, à titre personnel, un moment précieux : elle m’a permis de rencontrer d’autres responsables d’associations, d’échanger sur nos pratiques et de progresser dans mon rôle de dirigeant.

Cette relation de confiance nous donne la liberté d’expérimenter et d’innover au cœur de notre mission, en sachant que nous avançons ensemble, dans un esprit d’équipe, pour répondre aux défis de notre société.

 

      Tandem pour l’intérêt général : La Rotonde et Maison Daddy

      Philanthropie familiale et associations : ENSEMBLE pour l’intérêt général

      5 questions pour 1 tandem :
      Stéphanie Roth (fonds La Rotonde) et Arnaud Bucaille (Maison Daddy)

      Pourquoi avez-vous choisi de soutenir Daddy ?

      Stéphanie Roth, co-fondatrice du fonds La Rotonde :

      Le Covid a mis en lumière le sujet sensible de la solitude et de l’isolement de nombre de nos aînés. L’idée d’intégrer des cafés dédiés aux personnes âgées d’un quartier à des habitats intergénérationnels nous a paru excellente. Les témoignages des locataires ou adhérents de Daddy autant que les chiffres parlaient d’eux même pour en démontrer l’efficience.

      En valorisant naturellement le souci de l’autre, Daddy recréé du lien, des échanges et de l’attention.
      Le bénéfice est double car lorsque les plus jeunes prennent soin des plus âgés, cela nourrit également leur propre quête de sens.


      En quoi ce soutien du fonds La Rotonde a-t-il été important pour vous ?

      Arnaud Bucaille, fondateur Maison Daddy :

      Le soutien de La Rotonde a été déterminant dans une phase stratégique de développement. L’implication pionnière dans notre foncière solidaire a permis de déclencher un effet de levier d’investissement x2 à x4, rendant possible notre projet à Douai : un lieu de vie intergénérationnel avec 31 logements (9 étudiants, 22 seniors) et un café associatif Chez Daddy. Ce lieu vise à lutter contre l’isolement, avec une capacité d’accueil de 1 500 à 2 000 adhérents.

      Ce soutien est arrivé au moment où nous devions prouver la viabilité de notre modèle économique avant un déploiement à l’échelle.

       

      Qu’est-ce que ce partenariat vous a apporté ?

      Stéphanie Roth, co-fondatrice du fonds La Rotonde :

      Nous avons découvert une forme de philanthropie entrepreneuriale : nous avions initialement envisagé d’accompagner le projet sous la forme classique d’un mécénat, mais Arnaud et Philippe nous ont incité à investir dans une foncière solidaire, créant ainsi une structure économique pérenne pour financer les lieux de vie.

      La recherche du profit n’est évidemment pas l’objectif poursuivi, mais si le capital est en tout ou partie préservé, il pourra servir à financer d’autres projets par la suite.
      Ce modèle économique est intéressant lorsqu’il correspond à la philosophie du projet et sert des associations bien gérées comme Daddy.


      Quel impact ce partenariat a-t-il eu pour répondre aux enjeux de votre secteur ?

      Arnaud Bucaille, fondateur Maison Daddy :

      L’un des grands défis de notre société est l’isolement des personnes âgées : en France, près de 40 % des plus de 60 ans sont touchés par la solitude. Le partenariat avec La Rotonde nous aide à apporter une réponse concrète à cet enjeu, en combinant logement inclusif et lien social via nos cafés Chez Daddy.

      Il renforce notre capacité à démontrer un modèle économique viable / réplicable et à attirer d’autres acteurs solidaires.
      Exemple concret : grâce à ce soutien, nous finalisons l’acquisition d’un ancien hôtel de 1 200 m² à Douai pour y déployer notre concept.

      Ce projet fait partie des tout premiers investissements qui nous permettront ensuite d’attirer des montants de fonds plus ambitieux afin de démultiplier notre impact sur le territoire.


      Quelles sont les clés du succès de votre tandem ?

      Stéphanie Roth, co-fondatrice du fonds La Rotonde :

      Au-delà du capital apporté sur un projet spécifique, notre souhait est de pouvoir contribuer à fédérer d’autres philanthropes vers ce projet ambitieux, dont les importants besoins en capitaux nécessaires pour démultiplier son impact sont contrebalancés par un modèle économique visant à une forme d’autonomie.

      Arnaud Bucaille, fondateur Maison Daddy :

      Le succès de notre tandem avec La Rotonde repose sur une vision partagée : celle d’une philanthropie entrepreneuriale, tournée vers l’impact durable. Leur engagement, leur regard d’investisseur exigeant et leur réseau nous poussent à viser l’équilibre économique, la réplicabilité, et l’autonomie.

      Ce partenariat nous aide à poser les fondations d’un modèle solide, où chaque euro introduit sert à construire une solution pérenne et duplicable. Là où beaucoup de dons financent de l’exploitation sans perspective d’élargissement, nous voulons démontrer qu’un investissement bien pensé peut créer de la valeur sociale… et générer de nouvelles capacités d’action.

          L’homme et la nature, un lien pour se reconstruire. Avec Dominique du Peloux

           Philanthropes en action #13

          « Notre conviction : la nature est un lieu privilégié pour mener des actions de reconstruction personnelle, de réinsertion sociale et professionnelle. »

          avec Dominique du Peloux
          Fondateur de Green Link

          Le constat : en famille, nous sommes partis du constat que dans les pays développés beaucoup de publics vulnérables vivent éloignés des milieux naturels : urbanisation, maladie, isolement, détention sont autant de situations qui séparent ces personnes d’un contact avec la nature.

          La vision : Green Link est né de la conviction profonde que la nature est un lieu privilégié pour développer des actions de reconstruction personnelle, de réinsertion sociale et professionnelle en faveur des plus fragiles.

          La mission : la vocation de Green Link est d’identifier, parfois créer, soutenir, accompagner des projets qui sont tous menés dans le cadre d’un milieu naturel, sauvage ou cultivé, et qui œuvrent auprès de ces publics fragiles pour leur permettre de retrouver le chemin d’une vie personnelle, et professionnelle épanouie.

          Depuis sa création il y a 10 ans environ, Green Link a soutenu plus d’une centaine de projets associatifs rentrant dans sa mission, et publié 4 Livres Blancs sur des thèmes s’y rapportant.

            Qu’est-ce qui est à l’origine de votre engagement  ?

            Dominique du Peloux :

            Les questions environnementales sont depuis toujours au cœur des préoccupations et engagements familiaux. Aussi lorsque j’ai proposé en famille la création d’un outil philanthropique, les grands thèmes de la biodiversité et de la transition écologique ont bien sûr été considérés, puis abandonnés rapidement pour 3 raisons :

            1. L’absence d’une légitimité scientifique sur ces sujets au sein de la famille,
            2. Le sentiment que les moyens à mettre en œuvre pour être actif à grande échelle nous dépassaient,
            3. L’existence de très belles fondations anglo-saxonnes, mais aussi de plus en plus en France, mieux armées et dotées pour faire bouger les lignes.

            L’homme est arrivé dans le « paysage » assez rapidement grâce à la fois aux écologistes intégraux qui prônent l’unicité du combat social et de celui de la défense de l’environnement,  et… au Pape François (Laudato Si, 2015) : « une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (n.49).

            La nature mais pas sans l’homme, Green Link était né !

             

            Pourquoi avoir choisi de relier la nature et l’humain ?

                DdP :
                Ce thème du lien entre l’homme et la nature est en fait d’ordre philosophique mais aussi de plus en plus scientifique : la nature, c’est le vivant. L’homme en fait donc bien partie, mais, selon vos croyances avec, ou non, une place particulière…

                Sans chercher à répondre à cette question, chez Green Link nous sommes simplement convaincus qu’une vie accomplie n’est pas possible en étant séparé durablement du vivant dont nous sommes issus. Ceci est vrai pour tous, mais aussi particulièrement pour ceux qui en sont éloignés en raison d’un accident de la vie, de questions de santé physique ou psychique, de difficultés d’intégration sociale…

                Rapprocher ces publics fragiles de la nature ne va pas tout résoudre, mais simplement enclencher un processus d’ordre sensible, émotionnel, physiologique permettant de retrouver estime de soi, responsabilité, sérénité etc.

                Les travaux scientifiques sur ce sujet se multiplient, depuis la fameuse étude (revue Science, 1984) du professeur Roger Ulrich montrant (sans l’expliquer…) que l’on guérit mieux face à des arbres que devant un mur !

                Aujourd’hui sont établies des corrélations troublantes entre l’exposition à des milieux naturels et l’amélioration des processus permettant de surmonter des difficultés de tous ordres, y compris sociales. Ces travaux sont magnifiquement mis en lumière et répertoriés par Pascale d’Erm dans son ouvrage « Natura » (2019, éditions LLL).

                La veille scientifique sur ces sujets fait bien sûr partie de la mission de Green Link.

                Quels sont les 5 programmes portant l’ambition de Green Link ?

                DdP :
                Après avoir soutenu des projets au fil de l’eau, grâce au cabinet de conseil Equanity et …au Covid qui a contraint nos déplacements, nous avons pris le temps de structurer l’action du fonds à la lumière de ses premières années d’activité.
                Pour l’avenir, se sont alors dégagés assez naturellement 5 Programmes recouvrant les grandes vulnérabilités que nos associations tentent d’adresser.

                Programme Nature et Prisons

                Nature et Prisons a pour objectifs d’encourager la présence de nature en prison et de contribuer à la baisse des récidives en favorisant le développement des peines alternatives « vertes ».

                Exemple : Green Link a créé un partenariat avec le Ministère de la Justice pour organiser un Trophée des plus beaux jardins dans les prisons françaises.

                Un jury professionnel décerne, chaque année sur un thème différent, 3 prix que nous allons porter dans les établissements lauréats.

                Photo : le centre de détention de Nantes, lauréat 2022

                Programme La Nature pour se Construire

                La Nature pour se Construire s’adresse aux jeunes déscolarisés et fragilisés socialement, en favorisant leur reconnexion à une nature souvent sauvage (mer, montagne, marches en nature), et en soutenant les projets alternatifs de filières éducatives et professionnelles en lien avec la nature.

                Exemple : Green Link appuie un éducateur passionné de voile pour lancer l’association « Tous en Mer » qui fait découvrir, par des séjours courts, la navigation et la vie sur l’océan à des enfants issus de quartiers difficiles ou porteurs de handicap. Certains n’ont jamais vu la mer auparavant !

                Photo © Tous en Mer

                Programme La Nature Retrouvée

                La Nature Retrouvée remet les publics fragilisés physiquement et psychiquement en lien avec le vivant et les bienfaits de la nature.

                Exemple : Green Link a aidé l’association « Jardins et Santé », pionnière dans le plaidoyer en faveur des jardins thérapeutiques, existant (ou non !) dans les établissements de soin, à organiser sa transition managériale. La demande des hôpitaux, cliniques, ehpad, IMS, etc. pour la création de ces espaces de nature en faveur des patients, soignants et famille est croissante et pose des questions critiques de financement.

                Photo © Simon de Cyrène Vanves

                Programme Insertion et Métiers Verts

                Insertion et Métiers Verts s’appuie sur des associations contribuant à la transition sociale et écologique en valorisant les filières d’insertion en lien avec la nature.

                Exemple : la nature offre de beaux métiers pour aider les personnes loin de l’emploi à retrouver le savoir-être et le savoir-faire de la vie au travail. Green Link a soutenu de nombreux Ateliers Chantier d’Insertion présents dans le maraichage, l’entretien d’espaces verts, le génie écologique… En plus, des métiers porteurs !


                Photo © La Brocante Verte

                Programme Nature et Cités

                Nature et Cités : reconnecter les habitants des quartiers prioritaires à la nature en la réintroduisant dans leurs espaces de vie.

                Exemple : dans ces quartiers difficiles, tout le monde est fragile : Green Link sélectionne des projets qui réintroduisent la nature au coeur de la vie de ces familles en grande précarité, avec des objectifs multiples : apaisement, alimentation, insertion.

                Photo © Le Paysan Urbain Marseille

                Ces Programmes ont vocation non seulement à accompagner et mettre en lien des associations qui œuvrent sur le même thème, mais ils ont aussi pour fonction de mettre en lumière les problématiques qui leurs sont propres, parfois à travers la publication de Livres Blancs, ou encore par un travail de réflexion auprès des autorités publiques compétentes.

                Ces 5 Programmes sont devenus la grille de lecture des projets qui nous sont proposés, ils structurent l’activité de Green Link.

                En quoi consistent les Trophées Green Link ?

                  DdP :
                  Nos Trophées visent à récompenser les associations pour leur action au quotidien. L’idée est de ne pas être dans une dynamique d’appel à projets. Il n’y a pas d’exigence non plus sur l’allocation du don pour les lauréats.

                  Le Trophée Innovation : « Insertion & Métiers Verts » (en 2023) avait pour objectif de mettre en lumière les innovations, quelles qu’elles soient, au sein des associations qui œuvrent à l’insertion des personnes éloignées de l’emploi à travers des activités en lien avec la nature.

                  En 2025, à l’occasion de l’Année de la Mer, notre nouveau Trophée « Mer & Rivières » a pour ambition de récompenser des associations qui œuvrent à l’insertion sociale & professionnelle et à la reconstruction personnelle de publics fragilisés, à travers des activités en lien avec le milieu aquatique : la mer, les rivières ou les étangs.

                  Vous avez publié récemment un livre blanc sur l’insertion par les métiers verts.
                  Pourquoi un focus particulier sur ce thème ?

                  DdP :
                  A la suite du Trophée que nous avions organisé sur le même thème, compte tenu du nombre et de la qualité des candidats, nous avons décidé de mettre en lumière ces associations dans un Livre Blanc, ceci avec plusieurs objectifs :

                  • Montrer que les activités menées en insertion dans les milieux de nature peuvent être très innovantes : tant sur les publics accompagnés, les techniques employées, que sur l’agilité de leur modèle économique.
                  • Montrer que ces associations partagent les mêmes bienfaits d’une activité menée en milieu naturel mais aussi les mêmes problématiques (mobilité des personnes, météo défavorable, productivité, investissements…). Ce Livre, nous l’espérons contribuera à les rapprocher et les mettre en lien.
                  • Montrer aux fondations privées, familiales et d’entreprises, que l’insertion, contrairement aux idées reçues, a besoin d’eux. Même si l’administration finance les salaires des personnes en insertion, il reste les encadrants, les locaux, les investissements, parfois lourds, qui ne bénéficient pas toujours, loin s’en faut, de l’aide publique.
                  • Montrer enfin aux collectivités locales que la présence d’un chantier d’insertion en maraichage ou entretien d’espaces verts sur leur territoire, est une contribution positive à tous les programmes d’alimentation durables et de retour à l’emploi qu’elles peuvent mettre en place.

                  Mobilisons-nous pour que les 4 000 chantiers d’insertion qui existent en France, environ 800 dans les métiers verts, puissent continuer à mener leurs actions si nécessaires d’accompagnement auprès des personnes les plus éloignées de l’emploi.

                   

                   

                  Quelles sont vos priorités pour les années à venir ?

                  DdP :
                  Après 10 ans d’activité, nous nous posons bien sûr des questions pour l’avenir sur l’adéquation de nos moyens financiers, l’efficacité de notre action, la gestion de nos bénévoles et experts, l’élargissement de notre Conseil d’administration, etc. mais il me semble que la réflexion fondamentale que nous devons mener est d’un autre ordre : en accompagnant ces magnifiques projets menés dans toute la France par des dirigeants désintéressés et exceptionnels par leur engagement, Green Link contribue modestement à soigner les symptômes d’une société qui génère des vulnérabilités, de tous ordres.

                  Comment Green Link peut-il demain apporter sa contribution pour remédier aux causes qui sont à l’origine de ces difficultés, sociales en particulier ?

                  Voilà qui pourrait être le programme des années à venir, sans interrompre bien sûr notre travail d’accompagnement de ceux qui tous les jours sont au service des plus fragiles.

                  La prévention et pas seulement le soin, voilà un beau projet !

                  Actualités de la philanthropie Mai 2025

                  Les actualités d'Un Esprit de Famille

                    ASSEMBLEE GENERALE

                    L’Assemblée Générale un Esprit de Famille se tiendra mercredi 11 juin à 18h.

                    EVENEMENTS RESERVES A NOS MEMBRES

                    ► UN ESPRIT DE FAMILLE OUEST, en visio, mardi 3 juin
                    Invitée : Fanny Lepoivre, déléguée générale de la Fondation Territoriale 44.

                    ► UN ESPRIT DE FAMILLE SUD, en présentiel (en juin)
                    Intervenant : 
                    Matthieu Leduc, notaire chez Excen. 

                    En présentiel à Paris et en visio, mardi 27 mai  
                    « Comprendre les enjeux de l’IA pour la philanthropie, notamment dans le secteur de l’éducation ».

                    Intervenants :
                    Guilhem Ménard, co-fondateur de Share it et Manon Léger, co-fondatrice de Latitudes.

                    ► En visio, mardi 24 juin
                    2ème session Acteurs de Terrain 2025 avec la mise en lumière de 5 nouvelles associations lauréates.

                    ► A Paris, jeudi 3 juillet : « Regard de philanthrope ».
                    > IntervenantAlexandre Fayeulle, Président et Fondateur d’Advens & Advens for People and Planet, initiateur de la coalition « Vulnérables » et soutien des skippers Thomas Ruyant et Sam Goodchild pour le Vendée Globe 2024.

                    SAVE THE DATE

                    A Paris, lundi 22 septembre : Soirée annuelle Un Esprit de Famille, un rendez-vous important de l’écosystème.

                    APPEL DES FONDS ET FONDATIONS POUR L’OCEAN

                    Le 22 avril dernier, le Cercle Environnement Un Esprit de Famille lançait le premier Appel des fondations et fonds pour l’océan dans le cadre de l’année de la mer et dans la perspective du sommet de l’UNOC (conférence des Nations unies pour l’océan) à Nice en juin prochain.

                    Cet Appel, soutenu par Admical, le Centre Français des Fonds et Fondations, le collectif transition écologique de la Fondation de France, la Fondation du patrimoine, la Fondation Terre Solidaire et la Fondation de la Mer, a déjà rassemblé plus de 40 signataires.

                    Et vous ? Pour manifester votre soutien et signer l’Appel, c’est ICI.


                    NOS CERCLES & GROUPES DE REFLEXION

                      • Le Cercle Citoyenneté travaille sur des problématiques en lien avec le vivre-ensemble.
                      • Le Cercle Culture co-finance un projet autour de la culture et du handicap en partenariat avec le Théâtre National de Bretagne.
                      • Le Cercle Environnement est co-animé par le fonds Yes Futur et le fonds Astrolabe.
                      • Le Cercle Handicap est co-animé par HappyCap foundation et Ahadi Foundation. 
                      • Le Cercle Insertion est co-animé par la fondation Acome et la fondation Cassiopée. Il a pour but d’échanger et de soutenir des associations en France dans le domaine de l’insertion et de la réinsertion par le biais de la formation et l’accompagnement de publics défavorisés ou éloignés de l’emploi.
                      • Le Cercle Vulnérabilité approfondit chaque trimestre un sujet.
                      • Le Cercle Weber soutient collectivement des associations dans le domaine de l’éducation.
                      • Le Groupe New Gen réunit la nouvelle génération de philanthropes dont les perceptions et les formes d’engagement peuvent différer de celles de leurs aînés.

                          Les actualités des membres d'Un Esprit de Famille

                          Les actualités de l'écosystème

                           Chaire philanthropique de l’ESSEC :
                          Le 5 juin à 18h, rencontre avec Jérôme Kohler à l’occasion de la sortie de son livre « La main qui donne : Philanthropie, contrat social et démocratie ».
                          En savoir plus

                           Ateliers des fondations du CFF : 
                          19ème édition du 30 juin au 2 juillet. En savoir plus

                          Lire Ecouter Voir

                          • Etude : Comment les associations intègrent la transition écologique dans leur projet ? Quels sont les obstacles ? Quelles solutions pour mieux les accompagner ?
                            La Fondation Terre Solidaire a mené une étude nationale pour répondre à ces questions. En savoir plus
                          • Enquête : le Mouvement associatif, le Réseau National des Maisons des Associations (RNMA) et Hexopée ont mené avec l’Observatoire Régional de la Vie Associative (ORVA) des Hauts-de-France une enquête auprès des dirigeants associatifs pour évaluer l’impact des baisses de financement public sur le secteur associatif. En savoir plus

                          Donner le goût de l’Europe aux jeunes européens. Avec Dorothée Merville

                           Philanthropes en action #12

                          « Donner le goût de l’Europe aux jeunes européens. »

                          avec Dorothée Merville

                          Directrice de la fondation HIPPOCRENE

                          Pour les jeunes qui peuvent profiter de la mobilité européenne, l’Europe est concrète et plus facile à appréhender.

                          Pour les autres, il est compliqué de se figurer le rôle important que l’Union européenne peut avoir sur notre quotidien. En particulier quand on est éloigné des grandes villes et que son environnement local, familial et scolaire ne permet pas cette ouverture.

                          Et pourtant, cela crée une inégalité de plus car face aux enjeux actuels, l’échelle européenne constitue un véritable levier de réflexion et d’action.

                          C’est tout l’objet de la mission de la Fondation Hippocrène : permettre de vivre une expérience européenne concrète, en donnant le goût de l’Europe aux jeunes, à tous les jeunes, afin de leur donner des clés supplémentaires pour leur avenir.

                          Depuis sa création, la Fondation Hippocrène a soutenu environ :

                          • 1200 projets associatifs au bénéfice direct de plus de
                          • 150 000 jeunes ayant touché plus de
                          • 8 millions de personnes à travers les media et les réseaux sociaux.

                            Quelle est l’origine de la fondation HIPPOCRENE  ?

                            Dorothée Merville :
                            La genèse de la Fondation Hippocrène est assez atypique. Elle a été créée en 1992 par mes grands-parents, Jean et Mona Guyot, avec un statut de FRUP (fondation reconnue d’utilité publique) et pour mission de « Donner le goût de l’Europe aux jeunes ». Ma tante Michèle Guyot-Roze a pris la suite de la présidence en 2006, puis mon frère Alexis Merville en 2016, ma mère Nicole Merville étant Vice-présidente.

                            C’est le parcours professionnel de mon grand-père qui l’a conduit à ce projet qui était novateur il y a une trentaine d’années. En tant que proche collaborateur de Jean Monnet au moment de la création de la CECA (Communauté européenne du Charbon et de l’Acier), il a été marqué par la philosophie Monnet tout au long de sa carrière de banquier chez Lazard. Il a appliqué cette méthode du concret, de la coopération entre plusieurs pays, des petits-pas, à la création de la Fondation Hippocrène.

                            Quant au nom de la Fondation, il fait référence à l’histoire du cheval Pégase dans la mythologie, Hippocrène (source du cheval en Grec) étant le nom de la source qui a jailli sous son sabot et qui a inspiré les poètes et les muses.
                            En tant qu’homme discret, il ne souhaitait pas associer directement son nom à celui de la fondation mais Hippocrène fait référence à ses deux passions : l’équitation et la poésie.

                            Qu’est-ce qui vous a motivée à rejoindre cette aventure familiale ?

                              DM :
                              En tant que 3ème génération, les circonstances sont différentes que lorsque l’on fait partie du processus de création. C’est à un moment de transition professionnelle que j’ai commencé par « donner un coup de main ». Puis je me suis progressivement passionnée pour ce projet familial qui s’est avéré à la fois structurant, inspirant et plein de sens. Cela fait maintenant 15 ans que c’est devenu mon activité principale.

                              Comment votre action philanthropique soutient-elle les initiatives qui promeuvent la citoyenneté européenne ?

                              DM :
                              Notre conviction est qu’il faut un déclencheur pour se sentir citoyen européen.

                              C’est la raison pour laquelle nous soutenons des projets qui donnent le goût de l’Europe aux jeunes, un préalable au fait de s’ouvrir au sentiment de citoyenneté européenne.

                              Nos soutiens sont donc prioritairement fléchés sur des projets qui permettent aux jeunes de vivre l’Europe, en réalisant leur projet en coopération avec des jeunes d’autres pays de l’UE. L’Europe n’est donc pas traitée comme une thématique mais de manière transversale au sein de la mise en œuvre et la pédagogie du projet. Nous partons des thématiques d’engagement des jeunes, et l’Europe est vécue comme un moyen de renforcer l’impact des projets.

                              Cela nous amène à soutenir des projets très variés qui ont tous pour point commun les thématiques jeunesse et les valeurs européennes.

                              Quel est le projet que vous soutenez depuis le plus longtemps ?

                                DM :
                                Nous soutenons 40 à 50 projets chaque année dont certains depuis leurs débuts.

                                Nous sommes très fiers de suivre sur la durée deux associations qui œuvrent chacune à leur manière au développement de la citoyenneté européenne des jeunes par les jeunes : le Parlement européen des Jeunes et les Jeunes Européens-France, que nous suivons depuis plus de 25 ans et avec lesquels nous avons construit une véritable relation de confiance au fil des années et des équipes.

                                Cette possibilité de suivre sur le temps long fait partie de la grande force d’une fondation comme la nôtre.

                                Quels sont les programmes que vous avez mis en place ?

                                DM :
                                Nous avons développé 3 programmes que nous avons développés en complément de notre action de fondation redistributrice.

                                Le prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe

                                Nous avons lancé en 2010 le Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe en partenariat avec le ministère de l’éducation nationale. Ce prix, qui s’adresse aux établissements du primaire et du secondaire, a pour objectif de donner envie d’Europe dès l’école, en récompensant des projets scolaires réalisés en partenariat avec des classes d’autres pays d’Europe. Les prix sont remis au Parlement européen de Strasbourg par des députés européens et après un passage par l’hémicycle lors d’une séance de votes. Cela permet de faire le lien entre un projet de classe et la citoyenneté européenne.

                                Inspiring Young Europeans

                                En 2020, nous avons initié l’écosystème d’engagement de la jeunesse européenne « Inspiring Young Europeans » avec 19 organisations. Porté par la Fondation Hippocrène, IYE est composé actuellement de 23 organisations qui informentsensibilisent et engagent la Jeunesse sur tous les enjeux qui les concernent. En favorisant l’entraide et la coopération entre ses membres, IYE a pour mission de démultiplier leur impact en mutualisant leurs compétences et leurs expériences et en construisant des projets communs avec des partenaires européens.

                                En 2023 nous avons lancé, ensemble, le Prix Inspiring Young Europeans qui a pour objectif d’encourager les associations à s’approprier l’échelle européenne grâce à une dotation financière et un accompagnement sur mesure par les membres de l’écosystème. Les dotations sont apportées par des partenaires qui apportent également leurs réseaux et leurs expertises sur des thématiques en lien avec les valeurs européennes et la jeunesse.

                                 L’Ode à la Joie

                                Nous avons également à cœur de développer des projets culturels européens. Depuis 2024 nous travaillons avec le Centre européen de Musique pour valoriser l’Ode à la Joie de Beethoven dans le cadre d’activités artistiques et citoyennes, afin que les citoyens européens puissent se réapproprier leur hymne européen. Un challenge est notamment en cours jusqu’au 21 juin 2025. 

                                Vous êtes membre active du Cercle Citoyenneté Un Esprit de Famille. En quoi ce dernier vient-il nourrir votre réflexion ?

                                DM :
                                Donner le goût de l’Europe aux jeunes, notre mission, a pour objectif d’ancrer les jeunes à travers une expérience européenne afin qu’ils puissent se sentir pleinement citoyens européens.

                                Ma participation au Cercle Citoyenneté Un Esprit de Famille est particulièrement enrichissante par rapport à notre action à plusieurs niveaux : nous avons une approche « terrain » au sein du Cercle Citoyenneté qui nous conduit à aller à la rencontre des associations et de bénéficiaires.

                                Partager ces expériences entre fondations est encore plus pertinent car cela nous permet de partager nos visions et nos expertises.

                                C’est d’autant plus intéressant sur cette thématique qui est très transversale et finalement intrinsèque à beaucoup de fondations.

                                D’un point de vue très pragmatique, cela me permet de m’informer sur les méthodes et axes choisis par les associations françaises pour promouvoir la citoyenneté chez les jeunes. Cela me fait gagner en expertise et m’aide également à identifier les éventuelles associations qui pourraient s’intéresser à la citoyenneté européenne.

                                Quel est, selon vous, l’un des principaux enjeux de l’Europe dans le contexte actuel ?

                                DM :
                                J’ai traversé 17 années d’aventure européenne avec la Fondation Hippocrène, aux côtés de Michèle Guyot-Roze, ma tante, Présidente de 2006 à 2016 et depuis avec mon frère Alexis Merville, l’actuel Président. Le projet est en constante évolution même si la mission reste identique et semble également de plus en plus pertinente dans le contexte actuel.

                                L’Union européenne a été créée en réaction à la guerre et sa première valeur, c’est la paix. La démocratie a permis de construire et de développer l’Union Européenne.

                                Avec les défis que nous devons relever, l’Union européenne représente une force bienveillante, riche de ses valeurs et de son unité dans la diversité.